Synopsis : Une galeriste en péril, un mariage désintéressé, et le retour d’un amant jadis aimé au travers de son roman. En tournant les pages de cet ouvrage, elle se retrouve prise aux mains tantôt de son imagination et de son passé.
Mise en scène : Tom Ford n’est pas styliste pour rien, quand on regarde son film on se sent immédiatement transporté dans un univers ou le beau exalte les humeurs de chacun.
Le générique introductif est plutôt déconcertant, voire même dérangeant. Habitué à voir des femmes filiformes portées ses tenues, Tom Ford nous offre à voir des femmes rondes, nues. Que cela signifie-t-il, la représentation d’une société ou l’acceptation de soi passe par le regard de l’autre ? Sans nul doute, mais l’ambiance est déjà posée.
Je ne m’attendais à un tel déroulement d’histoire en lisant le résumé. C’est aussi pour cela que j’aime bien ne pas les lire avant, comme de regarder les bandes annonces qui sont de plus en plus des images livrées en pâture aux spectateurs, enfin bref.
La froideur des personnages reflètent bien cette idée de vie nocturne ou les animaux traquent et se font traqués. La scène qui m’a réellement fait entrer dans le film est celle ou le jeune couple se fait arrêté par une bande de cinglés en pleine nuit justement. J’ai immédiatement senti ce mal être m’habité à cet instant. Et cette sensation ne vous quitte plus pour le reste du film jusqu’au dénouement dont on finit par se douter.
Le parallélisme de la vie de la galeriste, de ses flash-back et de son imagination qu’elle nous fait partager pour illustrer les propos de l’écrivain, tous ces éléments sont savamment utilisés.
Acteurs :
-Amy Adams : je n’ai vu joué cette actrice que trop rarement et souvent dans des rôles ou l’élégance et la froideur sont de mise. Elle le porte à ravir, en espérant qu’elle ai des rôles encore plus submergeant car elle contrôle à la perfection le flux d’émotions qu’il faut utiliser à l’instant T.
-Jake Gyllenhaal : comme le vin, cet acteur devient meilleur à chaque prestation, que dire de plus, le mystère lui sied à merveille.
-Aaron Taylor-Johnson : cela fait bien longtemps que je n’avais pas vu joué cet acteur (Kick Ass 2) est mon plus récent souvenir. Au début j’ai bien failli ne pas le reconnaitre. Sa prestation est digne de grands psychopathes (No country for old man), ce look lui va à ravir.
-Michael Shannon : on ne peut pas parlé du film sans parlé de lui, son personnage est tellement abimé que pendant l’espace d’un instant l’idée que
ce soit lui le meurtrier me traverse l’esprit.
Avis :
Les décors et les costumes sont évidemment très soignés. J’ai juste un problème avec les costumes des personnages quand ils sont dans le désert du Texas, aux voitures, tout cela me fait penser aux années 60-70, alors que l’action se passe de nos jours, enfin je crois (plusieurs fois la question m’a traversé l’esprit, mais oui il y a un téléphone portable qui se balade donc c’est forcément les années actuelles). Peut-être est-ce simplement moi qui ai du mal avec le style vestimentaire de cette région (le look cow-boy mal fagoté).
Hormis ces éléments qui ont un peu déstabilisé mon visionnage, le film est un bijou esthétique, et pas seulement sur la forme mais aussi sur le fond. Une seule question subsiste pour ma part, est-il possible pour nous aussi de lire l’ouvrage ?