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Jean-luc G
89 abonnés
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3,0
Publiée le 4 septembre 2016
Attiré par le sujet - ce que vivent les couples pendant la période grise de la « pas encore séparation »- ce film a répondu à mes attentes. Un bonne radiographie de situations très actuelles dans notre société occidentale: la rupture est proche mais tout interfère dans le cheminement mental de la femme et du mari: les enfants qui ne veulent pas choisir, le souvenir des années amoureuses, les parents omniprésents et plus tellement protecteurs, les amis qui eux doivent choisir, l’argent qui cristallise les tensions et les désaccords, les origines sociales aux antipodes. Lafosse a su capter beaucoup de situations qui sonnent juste. Sans être exceptionnels, Béjo et Kahn interprètent avec justesse la descente en accordéon de ce couple rattrapé par l’usure du temps. Cependant son film ne dépasse pas le niveau d’un bon téléfilm. La musique est rare, mais les mélodies au piano soulignent avec subtilité quelques-uns des passages cruciaux. Cinéma aout 16
Très juste, parfaitement dialogué et sobrement scénarisé, "L'économie du couple" aborde de manière réaliste un sujet délicat : l'éclatement d'un couple. Du bon labeur de la part du réalisateur, parfaitement secondé par d'excellents acteurs.
Marie et Boris, parents de deux jumelles, se séparent mais ce dernier reste squatter dans la maison de Marie qu'il a entièrement rénovée. Cédric Kahn et Bérénice Bejo sont excellents dans ce film tourné quasiment à huis clos. On sent que le réalisateur, Joachim Lafosse, a poussé ces deux acteurs dans leurs derniers retranchements. Cédric Kahn joue à merveille le rôle du père manipulateur mais sensible qui veut reconquérir sa femme mais qui ne s'en donne pas les moyens (pour exemple, le repas entre amis où il s'invite). Je reproche à ce film une vingtaine de minutes de trop avec notamment les disputes récurrentes sur les parts de chacun dans le divorce. Cela reste du bon cinéma français.
Coup de coeur de Bulles de Culture, L'Économie du couple est un film à l’écriture parfaite. Le réalisateur arrive à y donner une tension dramatique telle qu'elle provoquera un malaise constant chez le spectateur.
Film très juste avec des acteurs emportés par leur rôle, une interprétation vraiment magistrale. Les conflits qui se jouent dans ce partage avant divorce contiennent toutes les dimensions d'un couple. La scène de la danse est poignante.
Bien sûr, "c'est pas gai, gai", malgré une ou deux scènes qui nous permettent de souffler en nous faisant rire, mais les séparations sont-elles joyeuses ? Les acteurs sont tous excellents, même les jumelles jouent "juste"... On entre vraiment dans cet univers lourd et pesant, et pourtant, le couple a dû s'aimer follement... Pourquoi se séparent-ils ? On ne le sait pas vraiment. L'usure, sans doute (en tout cas pour elle).... Le décor est beau, même si les hortensias du jardin sont toujours fleuris et immaculés au fil des saisons... La magie du cinéma, sans doute.!...
Bref, si vous n'avez pas peur d'un coup de blues, allez voir ce film s'il est toujours projeté dans les salles, ne serait-ce que pour la justesse du sujet et l'interprétation hors pair de ses deux acteurs principaux.
Avis aux âmes sensibles (dont je fais partie) : ce film recèle une violence difficilement supportable. Non pas une violence physique, ni même (quoique les propos visent au coeur) verbale. Pas de coups, pas d'insultes. Ici la violence est potentielle, elle est possible, elle peut venir d'un coup, tant les deux protagonistes de ce couple en fin de parcours sont eux-mêmes à bout, tendus à l'extrême, au bord du craquage. L'intelligence formidable de la réalisation consiste entre autres à cadrer l'action dans cet espace ténu, situé entre la cohérence et le chaos, dans lequel évoluent les personnages, qui peinent à conserver devant leurs deux filles une apparence de famille relativement unie, le sourire, la "normalité", alors qu'ils se devinent chacun au bord du gouffre, et semblent parfois n'avoir qu'une envie : y faire plonger l'ennemi. L'homme est assez massif, potentiellement dangereux, même pour les adultes : la scène du dîner entre amis, incroyable, a un parfum de carnage. Une scène de trêve - bouleversante - dans cet enfer : la chorégraphie des jumelles devant leurs parents. Rien n'est à mettre à l'écart dans ce film merveilleusement joué par tous - de Marthe Keller à Bérénice Bejo, en passant par les deux gamines - à tel point qu'une cérémonie comme les césars pourra sans doute difficilement négliger cette "performance". C'est accessoire mais ça m'a paru tellement évident sur le coup... A noter d'ailleurs la diction absolument parfaite de Bérénice Bejo et de Cédric Khan, qui parviennent à rester techniquement irréprochables, compréhensible, audibles, même au plus fort de leurs querelles.
Joachim Lafosse saisit avec justesse l’ambiance tendue qui se dégage de la déliquescence de ce couple, cette frontière entre l’amour et la haine qui se franchit sans prévenir. Huis-clos jusqu’aux dernières scènes du film,"L’économie du couple" est tendu, angoissant mais le propos, au final, reste creux. L’intérêt du film résidant plus dans la tension entre ces deux êtres, parfaitement véhiculée par Bérénice Bejo et Cédric Kahn, que dans cette histoire de partage des biens.
Résumons : un bonne femme crispée et crispante dès le premier plan, un type pas moins pénible empêtré, on le devine, dans les dettes de jeux, deux gamines mal élevées, quelques amis médiocres et sans humour incapables d'aider ces deux gus qui n'ont manifestement lu ni Freud ni Marschall Rosenberg, le tout évoluant dans un appartement tout droit sorti de Elle décoration (le cœur du problème, si on comprend bien), des dialogues minimalistes ("respecte les règles", "arrête — non, toi, arrête — non, arrête" , "ne mélange pas tout", "qu'est-ce que ma mère vient faire là-dedans") — on n'a bien vite qu'une seule envie : qu'ils se séparent enfin, et qu'on puisse rentrer chez soi. On aurait pu croire le titre ambigu — faire l'économie du couple — il ne l'est pas : il n'est question que d'argent dans cette histoire : monsieur veut la moitié du fric, madame propose un tiers, il faut attendre que passe une heure de film pour avoir une ébauche de débat se risquant à transformer ce naufrage autant conjugal et que cinématographique en épisode de lutte des classes, malheureusement cette audace est aussitôt reléguée aux oubliettes. Dommage, car par ailleurs tout cela est très bien joué et l'image est jolie. Bref, on peut faire l'économie de ce film.
Un huit-clos composé de plans séquences magnifiques (tournées en petite caméra Stab-one) qui donnent force et réalisme à la prestation des deux acteurs. Bérénice Béjo et Cédric Kahn offrent une prestation d'une justesse surprenante. L'écriture et la mise en scène y sont remarquables. Belle surprise.
Acteurs sublimes de justesse. J ai aimé la réalité de la dureté de ses moménts tellement bien joué. Cependant j ai moins apprécié le sujet traité de façon assez platonique.
Ce film est un bijou il nous transporte au sein de cette famille en plein conflit avec tant de réalité de vérité d émotion de non dits. Les parents jouent remarquablement bien.
Dans ce genre d'affrontement entre deux ex, le spectateur est souvent peu ou prou amené à prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Mais ici, faute de savoir réellement ce qui s'est passé jour après jour entre les deux protagonistes pour qu'ils en arrivent là, on est tenté de les renvoyer dos à dos. Et de se contenter de suivre assez passivement leurs désaccords, coups de gueule et points sur les i réciproques. Le spectateur ne manquera par contre pas d'empathie envers les deux enfants, dont l'amour est encore intact envers chacun de leur parents (encore trop jeunes pour prendre parti). C'est une vraie souffrance. C'est un vrai drame. C'est la vraie vie. Mais tout cela est tellement banalisé autour de soi qu'on peine à avoir des émotions.
Quel casting, quel jeu d'acteur! L'économie du couple fait entrer le spectateur dans l'intimité d'une famille en plein déchirement. Bérénice Bejo nous tire les larmes en un regard tandis que Cédric Kahn nous tire nos tripes en un soupir. Joachim Lafosse maîtrise le moindre détail, même celui qui semble insignifiant mais qui devient indispensable dans un tout. Les effets de flou, les zooms, les bruits parasites, tout est une invitation au voyage chez ce couple en perdition.