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calamarboiteux
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5,0
Publiée le 5 novembre 2009
1938, le policier Lucien Cordier (Philippe Noiret) est la tête de turc des blancs du village africain où il a été nommé. Humilié par son chef, il change d’attitude et se fait justicier. Tavernier adapte le livre de Jim Thompson « 1275 âmes », et la première excellente idée est d’avoir transposé l’action dans la France coloniale d’avant guerre : cela permet de donner à Cordier un rôle équivalent à celui du sheriff Nick Corey. Le film reprend beaucoup de ce livre caustique, tant dans les scènes que dans l’esprit, gommant seulement les motivations fricardes des habitants de Pottsville (USA oblige !). La seconde qualité du film est d’avoir su transformer cette comédie grinçante en une épopée centrée autour d’un personnage que l’on découvre sans cesse plus complexe, qui se prend progressivement pour le Christ, investi dune mission, mais se comporte en fait en justicier sommaire et manipulateur, un personnage très inquiétant magnifiquement campé par Noiret. S’ajoute à la peinture de ce destin une galerie de portraits de fripouilles ou/et de dégénérés particulièrement délectable, chacun méritant un satisfecit, Guy Marchand et Eddy Mitchell en tête. En contrepoint a cet univers de turpitudes, dont on ne peut que se dire qu’il est proche de la réalité coloniale de l’époque, le réalisateur introduit deux personnages l’un plus sensé (le frère du souteneur), l’autre plus pure (Anne), renforçant la crédibilité de l’ensemble. Sur le plan technique, c’est l’abondance des déplacements qui frappe, souvent suivis en « steadycam », avec le côté voyeur que ce matériel induit. Les plans quasi fixes de la brousse écrasée par le soleil viennent en contrepoint, balisant un décor dans lequel une certaine déraison peut ‘installer ; la musique jazzy un peu boiteuse de Philippe Sarde ainsi que les dialogues sont en parfaite adéquation avec ce monde glauque. Une grande réussite, une œuvre profonde, à laquelle on peut seulement reprocher une conclusion lapidaire.
Du très bon cinéma avec un scénario en béton! La transformation du personnage joué par Noiret est remarquable, les dialogues sont dignes d'Audiard, c'est presque parfait! Je mets seulement trois étoiles car j'ai été un peu déçu par la fin. A ne pas manquer cependant!
On parle souvent d'un film bête et méchant. Ce film est la preuve qu'on peut être intelligent et méchant. L'histoire se déroule dans un village africain colonisé. Il s'agit d'un portrait au vitriol d'un policier misantrope (Philippe Noiret dans l'une de ses prestations les plus inspirées) qui a des raisons de l'être tant les personnages qui l'entourent sont exécrables: des souteneurs imbuvables, des collègues imbus de leur personne et cruels, une femme glaciale et infidèle, un "beau-frère" idiot (grandiose Eddy Mitchell), une maîtresse grossière et stupide,... Ces colons (les colonisés sont infiniment plus sympathique mais aussi beaucoup moins intéressants) ne sont en fait qu'un triste miroir dans lequel se reflète une grande partie de l'humanité. Certains préfèrent rire de ce film (il ne manque d'ailleurs pas d'humour), moi il me ferait plutôt réfléchir à notre misérable condition. Heureusement et malgré tout, un espoir persiste et je vous invite à regarder attentivement les derniers plans de ce chef-d'oeuvre pour vous en rendre compte. Ils resterons très longtemps gravés dans vos mémoires.
Un bon film sur un sujet pas facile à traiter. Belle mise en scène solide bien appuyée par un scénario fort. Les acteurs sont excellents et bien dirigés.Une ambiance lourde et suffocante pour une belle réussite
Un superbe film francais avec des grands acteurs, la creme de l'époque. C'est drole , cynique ,corrosif , caricatural dans l'Afrique au temps des colonies. Noiret, Marielle , Marchand et Eddy Mitchell.....
Ce n'est peut-être pas le meilleur des films français réalisés mais c'est sans aucun doute mon préféré. "Coup de torchon" est un bijou de cinéma, un film à l'humour noir et corrosif qui pose un regard impitoyable et sans merci sur la nature humaine. Adaptation d'un roman de Jim Thompson effectuée par Bertrand Tavernier et Jean Aurenche, transposée d'une petite ville américaine à une ville d'Afrique coloniale française en 1938, le film s'avère rapidement être savoureux, porté par l'immense prestation de Philippe Noiret qui trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Dans la peau de Lucien Cordier, ce policier bon vivant un peu lâche qui se transforme peu à peu en meurtrier manipulateur poussé par ses instincts, l'acteur dévoile une immense palette de jeu, pouvant être aussi sympathique que terrifiant. Truffé de répliques cultes, aussi drôles que cyniques ou absurdes, "Coup de torchon" est solidement mis en scène par Tavernier qui connaît très bien son métier. Épaule par de solides seconds rôles (Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Jean-Pierre Marielle et Eddy Mitchell), Noiret porte sur ses épaules ce film noir et brut, parfois drôle et parfois très sombre.
16 219 abonnés
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4,0
Publiée le 29 mars 2021
Il existait des rèalisateurs « gâtès » . Bertrand Tavernier ètait de ceux-là! Hommage à ce grand amoureux du 7ème art avec ce cynique et immoral "Coup de torchon" sorti en 1981 sur les ècrans! Une rèvolte contre la bêtise dont l'humour gènialement fèroce et dècapant tient encore la route quarante ans après! On passe de la bouffonnerie pure à la tragèdie totale avec des acteurs en contre-emploi complet! On n'a toute la panoplie avec le poltron exterminateur, la garce soumise, le fanfaron jovial, le demeurè pervers, le souteneur...Le tout, dans un monde sombre et dèsespèrè avec des personnages ni honnêtes ni travailleurs! De plus les rèpliques fusent dans tous les sens et sont aussi cocasses qu'inoubliables (« Tu veux bien coucher dans son lit mais tu ne veux pas boire dans son bol ! »). Une oeuvre majeure avec un casting royal (Noiret, Marielle, Huppert...).
Un des grands films du cinéma français. un scénario en béton dans l'afrique colonisée. Des acteurs époustouflants , même pour les roles secondaires. Une histoire qui navigue entre l'ironie, le drame la gravité et pourtant ponctuée de scènes hilarantes. Une musique également très forte. On sort secoué de la vision d'un tel film. Je pense que le mot de chef d'œuvre n'est ici pas galvaudé.
"Coup de Torchon", c'est un mélange osé entre Dostoïevski et l'humour bien Français. "Coup de Torchon", c'est un film réalisé par Bertrand Tavernier en 1981 avec Phillipe Noiret dans le rôle principal. "Coup de Torchon", ça n'a pas pris une ride. "Coup de Torchon", c'est avant tout l'histoire d'un pauvre gars qui en a marre de se faire marcher sur les pieds et se mue en assassin froid et cynique. Bref, ce film surprenant m'a personnellement assez emballé du fait qu'il n'est jamais allé là où je l'attendais. En effet, commençant comme une chronique pépère de nos colonies d'avant-guerre (avec les clichés que cela comporte), l'oeuvre vire ensuite à la comédie acide et méchante, celle où les situations font rire en même temps qu'elles appuient là où ça fait mal. Le caractère grotesque et quasi-surréaliste de certaines scènes ne fait que renforcer cette impression de juxtaposition entre tentative d'auteur et farce grand public. Alors que choisir ? Finalement, Tavernier se détourne légèrement du ton de son premier acte pour suivre les périples d'un meurtrier ma foi sympathique dont les motivations troubles constituent l'essentiel du fond d'un long-métrage intéressant, saisissant même lorsque l'introspection commence à faire son apparition. Avec brio, le cinéaste double son analyse caractérielle d'une bien belle critique des mentalités et orientations politiques de l'époque que l'on peut par ailleurs prolonger jusqu'à aujourd'hui dans un contexte changé. Les répliques font mouche, les acteurs sont tous au diapason, les situations savoureuses s'enchaînent... De plus, l'aspect subversif d'autant plus palpable qu'il était inattendu ne s'essouffle pas. Quoi alors ? Ben, l'absence d'envolées lyriques et cette obsession à vouloir garder un recul très marqué par rapport au film a tendance a frustrer. Cela se caractérise entre autres par des dialogues trop explicites et des images pas toujours parlantes. Plus que pas mal mais pas vraiment transcendant non plus... Dommage...
Le grand roman "noir" de Thompson adapté et trahi par un cinéaste qui selon un de ses amis titra d'ailleurs son amicale critique ainsi : "un torchon filmé par une serviette !"... En transposant la fameuse intrigue du sud raciste des Usa dans une afrique coloniale au bord de la guerre, Tavernier et son scénariste transforment la métaphysique de l'absurdité du grand romancier en une pochade vulgaire et vaine. Les auteurs s'en sortent en pillant carrément dans les dialogues du livre, mais c'est justement là la limite de l'exercice, rien ne colle vraiment et le cinéma sort perdant. Une étoile pour Noiret.
Beau décalage entre la personnalité du héros, très gentil et même faible, et les actes qu'il commet tranquillement. On n'est pas mort de rire (sans faire un mauvais jeu de mot), mais on savoure quand même. L'ennui n'est toutefois pas absent du film. Par ailleurs, un sentiment de dégoût vous saisit peu à peu. Enfin, j'ai trouvé Eddy Michell transparent dans son rôle de brute épaisse.
Un film génial, avec un Eddy Mitchel au sommet de sa forme, une Isabelle Hupert chaude comme la braise et un Philippe Noiret caustique et désabusé... Un grand moment de cinéma.