What a claque! La mise en perspective terrible par le réalisateur est incroyable, on ne voit que l'acteur principal, le fond est souvent flou, quand on ne voit pas l'acteur c'est à travers ses yeux qu'on voit. J'ai vu la version française, rien n'était sous-titré et cela ajoutais une sensation de désorientation et de terreur du fait de ne rien comprendre. On est dedans, dans les camps de concentration, on vit le quotidien des prisonnier, enfin, du prisonnier, c'est horriblement bien rendu. Un grand film à voir obligatoirement.
Le style, mettant l’arrière plan dans le flou, suggérant plus l’horreur que ne l’a montrant, renforce l’impression d’agitation et de panique du camp. Le travail sur la suggestion et le son est assez incroyable et illustre de la meilleure manière le parcours de cet homme pour conserver un peu d’humanité au milieu de l’enfer.
Une période sombre, un film qui l’est tout autant et un réalisateur hongrois qui décide de filmer tout le métrage à hauteur d’Homme, à hauteur d’un homme … Le procédé est original et permet de sous-entendre plutôt que de montrer l’horreur, en revanche ça manque tout simplement d’émotion, c’est froid, glacial même mais cela n’empêche pas la claque dûe à la condition des Sonderkommandos. L’ensemble est dur et fait partie du devoir de mémoire mais il offre aussi une lueur d’espoir dans l’horreur la plus totale et une déshumanisation qui marque durablement. Fort et utile.
"Le fils de Saul" arrive sur les écrans auréolé d'un grand prix à Cannes, d'une cohorte d'articles questionnant sur la représentation de l'irreprésentable, ainsi qu'un vague début de polémique lancé le jour de sa sortie par le journal Libération. Il faut sans doute tout cela pour amener les spectateurs voir durant presque deux heures un prisonnier juif enrôlé de force pour aider les nazis au remplissage et au nettoyage des chambres à gaz découvrant parmi les cadavres un jeune garçon survivant... Sur ce sujet peu anodin dans un lieu encore moins anodin, il est difficile de rester de marbre. Après le choc de la projection, le film chemine en nous, des questions remontent, se mêlent au ressenti. L'oeuvre est riche, forte. Pour moi il y a deux films intimement imbriqués. Tout d'abord, l'histoire qui se déroule au premier plan, celle de Saul, personnage mystérieux, qui s'accapare du cadavre d'un garçonnet ayant inexplicablement réchappé de la chambre à gaz mais qui mourra un peu plus tard dans les mains d'un médecin. Il dit reconnaître son fils et n'a plus qu'une obsession, enterrer dignement cet enfant selon la tradition juive. Pour cela, il lui faut trouver un rabbin. Sa quête sera la trame du film. Son regard ferme dans lequel on lit toute l'obsession de cet homme à essayer de faire l'impossible au milieu de ce chaos, ne quittera pas l'écran, traqué par une caméra le filmant le plus serré possible. Saul, au milieu d'une mutinerie qui se fomente, choisit une révolte radicalement différente, toute empreinte de religiosité. Ensuite, il y a un deuxième film, qui se déroule en arrière plan souvent dans le flou. C'est la représentation de la solution finale choisie par les nazis, de l'arrivée dans un vestiaire où l'on fait se mettre nus des centaines de juifs, que l'on pousse dans une chambre à gaz, que l'on ressort en les traînant par terre avant de les brûler soit dans des bûchers soit dans un four crématoire. Cette représentation que l'on pensait impossible, irregardable, est pourtant très fortement présente, surtout illustrée par les bruits de portes que l'on ferme, de corps que l'on moleste, de cris, de hurlements, de coups sur des portes métalliques, d'ordres aboyés... et des images que l'on devine mais qui ont une portée glaçante ( c'est un faible mot). Cette toile de fond nous montre que ces camps de concentration étaient conçus comme des usines de mort et n'avaient qu'un but : la productivité ! Nous sommes au coeur du génocide, tétanisés par ce spectacle qui, par la pudeur d'une caméra et d'un réalisateur sacrément virtuose, n'est jamais abject et encore moins voyeur. Au milieu de cette folie meurtrière, l'histoire de Saul, petite histoire au milieu de la grande, a peiné à réellement soutenir mon attention, La fin sur le blog
Le fils de Saul est un film d'une rare force d'évocation. Le cinéaste choisit de poser sa caméra derrière la nuque de l'acteur principal ou de le montrer en gros plan afin, non seulement que le spectateur puisse prendre sa place, mais surtout il veut capter au plus près le réel, la situation vécue dans ces camps. Le fils de Saul est ainsi une oeuvre très sensorielle (les traits du héros filmés au plus près, un magnifique travail sur les sons et les divers éléments (feu, cendres, fumées...)) En laissant un certain nombre de plans hors champs (les scènes des chambres à gaz, les fours crématoires), Laszlo Nemes en accentue l'indicible (entendre les suppliciés agoniser dans les douches ajouté de bruits bizarres (ceux des machines) est terrifiant). Le cinéphile peut alors tout imaginer, même ce qu'il connait ou devine déjà. Maître de la mise en scène (avec un pellicule à l'ancienne et un format 1,33), Lazslo Nemes a trouvé en Geza Rohring (un non professionnel) un interprète exceptionnel de justesse dont le visage blafard et fantomatique sied bien à ce personnage qui est d'une certaine façon déjà mort. Certes, le procédé filmique évoquant les frères Dardenne peut agacer voire être perçu comme étouffant au début du film mais, l'habitude aidant, le cinéphile reste captivé devant ce film remarquable, puissant et humain dont cet homme en est le héraut. L'enterrement d'un fils est peut être, pour lui, une façon de dénier la culpabilité de se rendre coupable de complicité dans le massacre de ses semblables. La fin du film est d'une grande beauté plastique. L'éternel difficulté de la représentation de l'holocauste se posera de nouveau et aucune réponse de prendra le dessus sur l'autre et c'est tant mieux. Le fils de Saul n'est peut être pas un chef d'oeuvre mais un film puissant au rythme trépidant. Pour moi, le meilleur film présenté à Cannes toutes compétitions confondues.
Le Fils de Saul - A quoi s'attacher quand aucun espoir ne semble permis ? Ici cet homme s'attache au cadavre d’un jeune homme et se fixe pour objectif de lui offrir un enterrement dans le cadre de sa religion. La façon de filmer (personnage très souvent de dos et circulant entre chambres et travail) est une trouvaille même si par moment on peut avoir la nausée. Le reproche est que tout le film est basé sur l'obsession du personnage. Ça manque d’un sujet supplémentaire pour rendre le film moins répétitif (30 minutes lassantes). L’acteur est parfait 3,2/5
Dès sa scène d’ouverture glaçante « Le fils de Saul » plonge le spectateur dans la pire des ignominies commises par l’homme au sein d’un camp d’extermination nazi. Austère et brute, la mise en scène ne ménage aucun répit. L’obstination de ce déporté que la caméra du réalisateur suit de la première à la dernière minute faisant une sale besogne dans les chambres à gaz à enterrer un jeune garçon n’ayant pas trépassé dans l’infâme lieu demeure bouleversante et salutaire.
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3,0
Publiée le 3 avril 2016
Si l'histoire est assez classique bien que l'intention du personnage soit louable et touchante, c'est surtout la réalisation qui m'a vraiment marqué. László Nemes se concentre totalement sur Saul et n'utilise essentiellement que des plans séquences et serrés a tel point que tout ce qu'il se passe au second plan est presque effacé. Le traitement est nouveau et très intéressant parce que habituellement, c'est surtout les horreurs qui sont montrées ainsi que la cruauté ou l'inhumanité qu'il peut y avoir dans ces camps. C'est un bon film, il est étrangement froid et ne dégage que peu d'émotions, mais on se laisse prendre par l'histoire de cet homme totalement habité par sa mission. La seule chose qui m'a déplu est la performance de Géza Röhrig que j'ai trouvé mauvaise, c'est peut-être le réalisateur qui l'a dirigé dans ce sens, mais bon, il ne dégage rien après ça reste un détail qui n'enlève rien à la qualité du film.
Les images sont loin d'être insoutenables. Un homme travaillant dans un camp de concentration nazi cherche à enterrer son fils plutôt qu'à le voir passer dans un four. Il se met à chercher un rabbin pour la prière et nous fait découvrir, en partie, l'industrialisation cadavérique des camps nazis. Ce n'est pas toujours évident à suivre entre le français, le hongrois, l'allemand et plusieurs autres langues. On passe de façon très aléatoire aux différents langages et aux différentes salles des camps. Tantôt les vestiaires, les fours, les arrivées, les fosses... Tout est montré sans être montré car nous sommes toujours derrière l'épaule du personnage principal. Brillante réalisation et difficile. On a l'impression d'y être sans y participer, tout comme le personnage principal qui est bien présent mais dont toutes les actions sont tournés vers la recherche d'un rabbin pour son fils.
Voilà une œuvre qui restera un modèle de cinéma pédagogique (mais sans concession) pour les écoles voulant montrer à leurs élèves la réalité de l’Holocauste voulue par Hitler. Jamais film n’avait montré le fonctionnement d’un camp d’extermination comme le fait « Le fils de Saul ». Par le biais d’un Sonderkommando (juifs devant participer à la solution finale dans les camps en échange de quelques mois de sursis) voulant enterrer un corps qu’il croit être son fils, on suit le fonctionnement rationalisé à l’extrême de ces camps de la mort. Laszlo Nemes filme au format carré (comme Xavier Dolan pour « Mummy ») et nous colle aux basques de Saul. On le suit sans jamais le lâcher, on entend ce qu’il entend et on voit ce qu’il voit durant près de deux heures. Il en ressort une sensation d’étouffement suffocante et désagréable. Mais le metteur en scène préfère la suggestion à la représentation. Ceux disant qu’il vaut mieux suggérer que montrer ont raison pour le cinéma horrifique mais pas forcément pour d’autres genres. Cependant sur un sujet aussi sensible, si ce n’est le plus sensible qui soit, c’était certainement préférable. Reste qu’en utilisant davantage la déduction du spectateur et une bande son extrêmement travaillée, il parvient à nous tétaniser et rendre palpable l’horreur des camps. Montrer de plein fouet les chambres à gaz et les charniers durant tout un film aurait été taxé de voyeurisme et n’aurait pas été moralement acceptable. On comprend grâce à ce film à quel point le fonctionnement instauré par l’élite nazie dans ces camps a été pensée et étudiée comme s’il s’agissait d’une entreprise de production et à quel point la déshumanisation était frappante. Il fallait tuer (et donc produire) vite et de manière rationnelle. A ce niveau, des chambres à gaz au traitement des cendres en passant par le tri d’objets personnels aux fours crématoires, tout nous est montré et rien ne nous est épargné. A ce titre, la séquence du charnier dans la nuit est un modèle de mise en scène mais également d’effroi. « Le fils de Saul » est un peu comme une visite reconstituée d’un camp avec une précision chirurgicale. Instructif certes, mais il y manque tout de même beaucoup d’émotion. C’est plutôt l’horreur et un sentiment désagréable qui prédominent durant toute la projection. Signe de réussite ou pas ? Difficile à dire… Et c’est peut-être là la limite du « Fils de Saul » Grand Prix du Jury attendu du Festival de Cannes cette année. A vouloir ne rien laisser de côté et faire le film définitif sur l’Holocauste, on sent le côté un peu forcé de certaines péripéties vécues par Saul ainsi que pas mal d’invraisemblances. Rajoutez à cela des moments opaques et des zones d’ombres dans son comportement et on obtient un film à la réalisation épatante et en adéquation avec le sujet mais dont l’émotion est aux abonnés absentes et dont on est content de sortir.
Grand prix du jury à Cannes en 2015 et Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016, "Le fils de Saul" m'a mis une claque magistrale tant au point de vue du sujet, de l'intrigue que de la mise en scène et des acteurs. Déjà, le cinéaste László Nemes s'écarte de l'habituel film sur les camps d'extermination en s'attardant sur les Sonderkommando, ces unités de travail (nettoyage des chambres à gaz, incinération des corps,...) constituées de prisonniers. Loin de se reposer uniquement sur cette base, il en retire une véritable intrigue sur l'obsession de Saul d'enterrer dignement son fils (spoiler: réel ou imaginé? ), récemment gazé. Si le long métrage est original sur le fond, il l'est aussi sur la forme avec une mise en scène exceptionnelle. Nemes filme l'horreur des camps et de la mise en oeuvre de la Solution finale avec beaucoup de pudeur, suggérant la violence plus qu'il ne la montre sans l'atténuer non plus. C'est un coup de maître même si le traitement apporté au sujet ne plaira pas à tout le monde.
Un film d’une force inouïe, qui trouve la juste manière de filmer l’innommable, en en faisant tout voir sans en rien montrer. Cela rajoute l'atmosphère plus "forte". L'histoire est certes bouleversante et en faira pleurer plus d'un... Une mis en scène correct, tout comme le casting qui brille par son intensité. Plus le film avance, plus le film est oppressant, dérangeant... Rarement nous n'avons vu un film qui mérite d'être une référence le genre et qui arrive parfaitement a éviter le voyeurisme ; le tout sous une dimension spectaculaire. Les moments hors champs sont parfois plus dur à visionner. Un film qui fallait oser et qui n'avait pas été fait depuis des années... Un film à ne pas mettre entre toute les mains mais qui mérite le coup d'œil même si on n'adhère pas spécialement au style. Une excellente surprise.
Un projet ambitieux, complexe que de vouloir traiter de la Shoah de manière objective, et sans sur-dramatiser. On sait que beaucoup pense que c’est impossible, et il a été reproché à Spielberg de s’y être essayer. Pourtant ici Lanzamn avait donné sa validation sur ce projet, et a confirmé avoir apprécié le résultat.. Pourtant d’un point de vue purement cinématographique le film est discutable. Cette image subjective, avec une caméra portée à l’épaule, ou plus exactement caméra calée 1mètre derrière le personnage est assez fatigante. Image tremblante, image floue, volontairement, plans désaxés, pour rester dans le réel, on comprend la technique et la démarche intellectuelle, mais le résultat n’est pas probant. Il y a aussi beaucoup d’improbabilité dans le récit, avec les captifs, qui font un peu ce qu’ils veulent, petits trafics, libre circulation, on en sent pas vraiment l’organisation rigoureuse nazi. Il arrive même à passer dans le camp des femmes sans trop de problème. Son attachement pour cet enfant est aussi assez peu crédible. De fait on peut comprendre la démarche et la distanciation prise par rapport au sujet, mais le film en lui même est assez inégal,
Je ne m'attendais pas à prendre une telle claque. Pour moi il s'agit là d'un film choc, poignant de vérité et lourd d'une triste page de l'Histoire. La caméra audacieuse et crue suit le personnage principal dans son effroi, en immersion traumatique dans le macabre et insoutenable enfer d'Auschwitz-Birkenau. Je peux cependant comprendre qu'on puisse ne pas "aimer" cette oeuvre mais elle reste assurément une des meilleures réalisations autour de ce thème à ce jour.