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Un visiteur
3,0
Publiée le 1 octobre 2016
bonjour à tous, je ne parlerai pas ici intrinsèquement du film, mais plutôt de son interdiction aux moins de 12 ans! ce film est très dur, par moment , insoutenable, et je trouve qu'à 12 ans on peut être perturbé, voire très heurté par ce genre d'images . quand on voit par exemple que le film : Le silence des agneaux est interdit aux moins de 16 ans, je ne vois pas bien de cohérence dans tout ça.
La torture moderne c'est le film d'auteur. Je ne comprends pas que l'on puisse s'affliger cela tout en étant dans l'empathie avec le projet entrepris. Il est clair que Saul Fia n'a pas son histoire à lui, tout n'est que prétexte pour nous montrer ce côté méconnu de la Shoah, ces membres du Sonderkommando, travaillant du côté opérationnel de l'extermination de leur semblables. Donc pour faire court, ce prétexte ne m'a pas suffit, il se rajoute même à l'incrédulité apporté par cette expérience. Déjà visionner un film sur les camps de concentrations, je ne suis pas pour à la base. J'estime, et Sauf Fia n'a fait que confirmer ma pensée, que ce que j'ai appris dans les livres d'histoire m'a suffisamment choqué et imprégné, pour que des images bien réalistes viennent s'ajouter au traumatisme. Je suis en totale contradiction avec le réalisateur, selon moi, en choisissant ce décors bien particulier, il faut romancer, rendre le tout esthétique et cinégénique, car rien ne permet de créer une osmose ici. L'entreprise est vaine, dans le sens ou les personnes intéressées par ce genre de film sont toutes convaincues que ce genre d'abomination n'aurait jamais du être possible. Puis dans la forme, au secours. Ces plans séquences caméra à l'épaule sont d'un supplice sans nom, il est très, très difficile de rester impliqué, tant il rend hermétique un quelconque entrain du visionnage. On reste focalisé sur le personnage de Saul, OK je pense que tout le monde a compris l'idée, faite moi signe si vous avez trouvé ça transgressif. En bref si ennuyant que la sensibilité ne se manifeste même pas, nous offrir toutes ces caractéristiques bien connues (la logistique sans faille, le mensonge pour rentrer dans les douches, le recours au fusillade quand surnombre, la brutalité des S.S.) brut de forme n'est que facilité et absence artistique. Le fils de Saul, pour ma part, n'apporte vraiment rien à l'histoire du cinéma, c'est un film qui rentre dans les codes d'une mode chez un certain nombre de réalisateur actuels aguerris par leur persuasion d'offrir de l'uppercut visuel subtil, il n'en est rien.
Visuellement le film est surprenant, puisque je ne me rappelle pas avoir vu quelque chose d'entièrement filmé en plans serrés. Ce postulat particulièrement original plonge le spectateur dans le feu de l'action et il est indéniable que cela renforce le sentiment de malaise. Les scènes qui se succèdent sont évidemment éprouvantes tant l'horreur est palpable (même si on est plus dans la suggestion), mais curieusement l'indifférence éprouvée par le personnage principal, un scénario réduit à sa plus simple expression et qui tourne en rond, privent le spectateur de l'essentiel de l'émotion qu'un tel sujet devrait dégager.
“Le fils de Saul” est très loin d'être le premier film sur la Shoah, mais il est à ma connaissance le premier qui s'intéresse aux sonderkommando, ces prisonniers des camps d'extermination qui s'occupaient de faire fonctionner à plein la machine de mort de la solution finale. Le réalisateur Lázló Nemes s'est donc attaqué à un sujet lourd et ce via une fiction où il lance son personnage, membre de cette catégorie de prisonniers, à la quête d'un rabbin pour enterrer le corps du jeune enfant qu'il dit être son fils. C'est une des forces de ce film de voir cet homme braver tous les dangers pour une finalité aussi triviale dans un endroit où la vie des hommes compte pour presque rien et où les morts ne sont que des déchets dont on doit se débarrasser. On suit donc Saul dans cet enfer qui ressemble à une usine ; une usine à fabriquer des cadavres, où l'on tue entasse, brûle, récure et balance les cendres des corps dans la nature. Du début à la fin du film on est oppressé. Oppressé pas ce qui s'y passe d'abord et qui fait de cet endroit un antre de la folie. Oppressé ensuite pas l'enfermement dans ces bâtiments où le jour ne vient jamais (si on nous ne précisait pas que Saul fait partie de l'équipe de jour on ne saurait pas si c'est le jour ou la nuit). Oppressé également et surtout par le bruit qui règne dans cet endroit, bruit des portes métalliques qui claquent, des ordres vociférés avec violence, des interpellations dans toutes les langues entre les sonderkommando et enfin les cris des victimes quand elles agonisent dans les salles de gazage. Visuellement et auditivement c'est vraiment un film très dur. Mais c'est aussi sa force que de nous faire entrevoir l'horreur à peine imaginable de ces usines de mort où tout a été fait pour faire disparaître un peuple entier et les traces de ce crime. Contrairement aux productions précédentes (“La liste de Schindler” ou “Le pianiste”, pour ne citer que les plus connues), le réalisateur ne cherche pas à construire un héros qui triompherait de la barbarie de ce lieu, mais il nous met au contraire dans les pas d'un homme ordinaire qui essaie juste de procéder à une action ordinaire : procédé aux funérailles de son fils. Même si le film est une fiction, il retranscrit avec autant de sobriété que possible cette zone particulière des camps et les prisonniers qui y étaient employés. Un long-métrage d'une grande force qui fait partie de ces œuvres sur la Shoah qu'il faut absolument avoir vu dans sa vie.
Les images sont loin d'être insoutenables. Un homme travaillant dans un camp de concentration nazi cherche à enterrer son fils plutôt qu'à le voir passer dans un four. Il se met à chercher un rabbin pour la prière et nous fait découvrir, en partie, l'industrialisation cadavérique des camps nazis. Ce n'est pas toujours évident à suivre entre le français, le hongrois, l'allemand et plusieurs autres langues. On passe de façon très aléatoire aux différents langages et aux différentes salles des camps. Tantôt les vestiaires, les fours, les arrivées, les fosses... Tout est montré sans être montré car nous sommes toujours derrière l'épaule du personnage principal. Brillante réalisation et difficile. On a l'impression d'y être sans y participer, tout comme le personnage principal qui est bien présent mais dont toutes les actions sont tournés vers la recherche d'un rabbin pour son fils.
A voir absolument une fois, si vous avez le coeur bien accroché, ne serait ce que pour la mise en scène très originale, et sûrement à mon avis la plus crédible qui nous ait été donné de voir parmi tous les films tournés sur ce sujet. On peut toutefois se poser des questions sur le comportement bizarre du héros du film.
Très déçu par ce film. La façon de filmer est très originale, les décors sont pas mals, mais le scénario ne tient pas debout, le personage est débile et on en vient à souhaiter sa mort. Quand je vois ce genre de film, j'ai envie d'arrêter les films qui ne sont pas d'Hollywood.
Un film très dur et réaliste qui nous vient d'hongrie. On a vraiment l'impression d'être dans le camp de concentration tellement ce film réussi a montrer l'horreur sous toutes ses formes et de manière très réaliste. A ne pas rater!
J'ai vu un film... en vivant la perspective d'un humain submergé par la folie de l'Histoire... On ne quitte pas la vue d'un événement qui a marqué l'Histoire de l'Humanité, sans quitter le regard de l'homme... Le parti-pris de la réalisation est exceptionnel car on vit oppressé, avec le sentiment que la mort peut venir de partout, et de nulle part, et que la vie est suspendue au hasard. Faire un film sur le Shoah, et être surpris est assez rare de nos jours... Ce principe de caméra subjective est incroyable... Du coup, on ressent la force des sons, des cris et des gémissements.... On en vient presque à se retourner pour anticiper le coup suivant. C'est film bouleversant et d'une brutalité sans nom. On finit par tout comprendre sans rien voir... Et l'arrière-plan flou est un autre parti-pris audacieux, car on ressent sans voyeurisme. De plus, ce film -peu bavard- oscille avec plusieurs langues, comme pour montrer que la bouche des hommes n'est pas obligée d'être audible et compréhensible pour être comprise... Et que la peur, l'angoisse se comprenne dans toutes les langues. D'une manière, générale, le travail sur le son est remarquable et accentue le malaise ressenti. Et enfin, on en apprend aussi sur la nature humaine, où même au coeur de l'enfer, il existe des gens qui peuvent encore vouloir faire émerger un peu d'humain. Et tout cela se traduit par de longs plans séquences où l'on se sent acteur, au coeur et non témoin de loin... Un chef-d'oeuvre...
« Le Fils de Saul » est une plongée brutale et sans concessions à Auschwitz. La description de l’enfer des camps a déjà été traitée à de multiples reprises, et pour beaucoup d’entre eux, c’est par un fil rouge qu’on pénètre à l’intérieur: le clown Bénigni dans « La vie est Belle », la liste «... de Schindler », le piano du « ... Pianiste », et tant d’autres. Dans la noirceur de l’horreur qui nous est décrit et montré, subsiste parfois une lueur d’espoir, un échappatoire, ou un symbole d’optimisme dans un quotidien qui ne laisse aucun espoir. « Le Fils de Saul » est tout le contraire. La force de ce film est avant tout dans sa réalisation et son cadrage constamment braqué sur le visage ou la nuque de Saul. L’environnement dans lequel il évolue est hors-champ, flouté: on le devine, le ressent, mais nous ne le voyons rarement. Le ressenti en est encore plus angoissant, l’imagination est à rude épreuve, mais le rythme du film (lié au rythme de Saul) nous laisse peu de temps pour tergiverser. Tourné en plusieurs longs plan-séquences, la prouesse technique est bluffante d’efficacité et contribue pleinement à une immersion suffocante et brutale. La bande-son prend une ampleur saisissante. Saul ne s’arrête jamais, le suivre si près est particulièrement éprouvant. On pourra s’étonner de cette improbable coïncidence d’un père qui retrouve son fils dans de telles circonstances (même si cela semble être une histoire vraie) et surtout du manque total d’émotion que procure cette reconnaissance, et étrangement ce manque d’émotion qui caractérise l’ensemble de ce film. A moins que l’émotion ait pu être la faiblesse qu’il ne fallait pas avoir dans les camps pour survivre le plus longtemps possible, et dans ce cas, L.Nemes retranscrit pleinement cet état de cause. Incontestablement, G.Rörhig livre une prestation pugnace et remarquable. « Le Fils de Saul » n’est peut-être pas le chef d’oeuvre attendu, mais a le mérite de ne jamais triché, avec l’art de ne (jamais) rien montré.
J'étais particulièrement impatient de voir ce film si encensé par toutes les critiques professionnelles... Quelle déception !!! Les prises de vues façon "reportage" (comme pour faire croire que ce n'est pas de la fiction) est indigeste voire déloyale pour le moins orienté, le son mal mixé, l'histoire inexistante, les milliers gros plans trop lourds... Bref, une catastrophe pour un sujet essentiel qui mériterait bien mieux !
Le film a marché 10 minutes sur moi. Le temps de comprendre qu'on irait pas plus loin que le concept initial : l'horreur absolue hors champ ou floue. Le début du film fait son effet. C'est dur, intense, insoutenable. Mais après ? Qu'est ce qu'il a à raconter ce film ? Ben pas grand chose. Certains pourront théoriser pendant des heures sur l'absurdité de la quête de Saul mais moi je refuse de faire le boulot à la place du réalisateur. Je pense qu'un film doit être un minimum balisé sinon c'est de la paresse, voire de l'escroquerie intellectuelle. Le concept est fort, le sujet immense mais ça ne suffit pas à faire un film. Faire un film cru, "réaliste" et choquant ne suffit pas sans scénario. Au contraire même, le fils de Saul finit par banaliser ce qu'il entend dénoncer tant la forme est redondante et le fond inexistant.
Bizarrement, malgré toute l'horreur filmée ici de façon atypique, via des flous et caméra très près de l'acteur, l'oeuvre ne m'a pas vraiment passionnée. Ce choix esthétique, s'il l'on peut le qualifier de "pertinent", manque parfois de tranchant. Le personnage est malheureusement pour moi le point faible de l'oeuvre, il est globalement inexpressif et ne dégage pas grand chose, nous plongeant parfois même dans l'ennui. Reste que l'ensemble est quand même marquant, comme s'il l'on était plongé réellement dans l'enfer d'Aushwitz, même si le réalisateur hongrois ne se base que sur des témoignages. A la limite de la reconstitution documentaire, "Le fils de Saul" ne captivera pas tout le monde mais a quand même l'immense mérite d'exister.