Le Fils de Saul
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301 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juin 2026
Avec ce premier long métrage, László Nemes s’avance au cœur d’Auschwitz en 1944 et choisit l'un des angles les plus périlleux : s'attacher au point de vue d'un juif aidant les nazis à la grande machine du mal. Et c’est ainsi qu'un jour, Saul Ausländer, membre d’un Sonderkommando - prisonniers contraints de participer au processus d’extermination - croit reconnaître son fils parmi les corps promis à la crémation et s’acharne à vouloir lui offrir une sépulture.

Il est important de se centrer sur la forme. Le format contraint le regard à rester attaché à Saul, à son visage, à sa nuque. Dans cet espace étroit, la profondeur de champ se réduit à presque rien. Autour de lui, le monde se défait en masses indistinctes. Mais ce qui échappe au regard gagne en intensité par le son. Le hors champ enveloppe le personnage et finit par peser sur chaque iniative de mouvement.

Ce dispositif produit une immersion suffocante. La caméra à l’épaule, le suivi continu, la circulation labyrinthique dans le camp construisent un espace sans cartographie. Nous n’avons jamais de vue d’ensemble. Impossible de situer précisément les bâtiments, les distances, la structure globale. Ce refus du panorama nous place (nous aussi) dans la position d’un individu pris dans un engrenage dont il ne saisit pas la totalité. Mais ce choix a son revers. À force de coller à l’étouffement, l’extermination nous apparaît seulement comme un chaos saturé plus que comme machine méthodique.

L’austérité formelle, sans musique ni discours explicatif, confère au film son aura incontestable. Mais l’immersion continue, sans respiration, finit par homogénéiser l’intensité. L’insoutenable devient régime permanent. Lorsque l’espace s’ouvre enfin dans la séquence de la forêt, l’élargissement agit comme une délivrance formelle, révélant ce que la variation aurait pu offrir.

Le récit lui-même est minimal. Enterrer un enfant. Introduire un rabbin. Sauver un fragment de rituel au milieu des fours. Dans un monde où les corps sont réduits à des unités de combustion, vouloir une sépulture devient un acte de résistance. Pourtant, le doute s’installe. L’enfant est-il réellement son fils ou le fruit d’un délire né de l’insoutenable ? Cette fissure dans la perception est essentielle car si le regard qui nous guide est potentiellement délirant, alors le monde que nous percevons l’est aussi. Le film ne nie rien historiquement mais il fragilise l’assise "pédagogique" de ce que nous voyons. Sur un tel sujet, cette fragilité est délicate. Elle ouvre un espace interprétatif tout en risquant de brouiller la valeur de vérité du point de vue.

En ce qu'il en est, j'ai trouvé le film pédagogique quant à la solution finale. Qui plus est, il ouvre à mon débat préféré : face à un événement que l’histoire a déjà sacralisé, le cinéma doit-il se restreindre pour être légitime, ou peut-il encore inventer des formes ouvertes sans trahir la mémoire ? À nous de décider si, avec ce film, cette voie est un sommet ou une impasse.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2026
Un film oppressant et glaçant qui nous plonge au cœur de l’horreur, dans l’organisation de la Shoah.
petkovic
petkovic

26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mars 2026
C’est un film d’une rare justesse qui permet de vivre, à hauteur d’homme, à hauteur d’un homme, l’intérieur du camp de concentration. « Le fils de Saul » ne fait pas dans la surenchère sur l’horreur du camp. Au contraire.
Les corps entassés, les cris des SS, sont souvent en arrière-plan visuel ou sonore. Cela en fait le décor dans lequel vit Saul, l’unique héros du film.
La décence de cette réalisation nous fait vivre, comme Saul, l’invraisemblable univers de mort, pourtant bien vrai, qui est le quotidien des déportés chargés de gérer le gazage et la crémation.
Un suspense intense s’installe : Saul parviendra-t-il à offrir à cet enfant gazé une sépulture digne de ce nom?
Rémy D
Rémy D

3 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 février 2026
Ce film est frustrant. On attend impatiemment que la caméro change de point de vu. On comprend au bout de 30 minutes de film que ce sera comme ça jusqu'à la fin, et que notre calvère ne fait que commencer.
Je souligne quand même l'efficacité de l'horreur suggérer par le son, mais ce scénario est d'une nullité sans nom. On se demande pourquoi avoir choisi cet homme à la motivation délirante pour constituer la base du récit. Il n'a rien d'un héro. On fait l'erreur de lui confier la mission de ramener l'explosif destiner à faire péter les crématoriums.. Qu'il perd car omnubiler par sa mission débilitante. Son collègue lui dit très bien : " tu as choisis les morts au détriment des vivants " , et cela résume bien l'inutilité de ce sonderkommando dont on attend à chaque minute du film que le caméra l'abandonne.
Jean-Yves F
Jean-Yves F

1 abonné 14 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2026
Film d'art et d'essai : couleur uniforme vert-de-gris, peu de dialogue à peine audibles à part les aboiements des nazis, surabondance des gros plans sur l'acteur principal au visage inexpressif, scènes interminables qui se répètent... Le film n'avance pas et je me suis passablement ennuyé. C'est ça le propre des films d'auteur qui veulent gagner des lauriers auprès de la critique des festivals.
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Astree
Astree

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 février 2026
Un film poignant tant par l'atmosphère que par le principal personnage. Celui qui ne ressent rien en voyant ces images ponctuées d'injonctions lancées tout au long du récit, ces ordres donnés autant par les nazis que par les déportés ne comprend pas la porte de l'enfer ouverte sur la shoah
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2026
A la question de comment montrer l’indicible horreur des camps de la mort sans verser dans l’obscénité, Laszlo Nemes apporte une réponse on ne peut plus convaincante. Sa caméra suit le personnage principal, Saul, un déporté juif affecté à un « Sonderkommando » chargé de d’assurer les tâches successives du processus d’extermination, au plus près, sa tête occupant en quasi permanence le centre de l’image. Ainsi l’insoutenable apparaît au second plan, et le spectateur le perçoit et le comprend (la bande son participant de façon essentielle dans la démarche) sans qu’il ne soit montré frontalement. Cette façon de faire génère aussi le sentiment d’un point commun avec Saul, qui exécute toutes ses tâches de façon mécanique sans porter (ou le moins possible) de regard direct sur les victimes, pour éviter autant que faire se peut les visions les plus cauchemardesques. Ce qualificatif est quand même celui qui s’applique le mieux à l’univers dans lequel il évolue, et l’on a sentiment que l’enfer, quelle que soit la représentation imaginaire que l’on puisse s’en faire, ne saurait être pire. La première demi-heure est ainsi aussi hallucinante que bouleversante, à la limite du supportable. Les éléments scénaristiques font ensuite apparaître deux projets (les hommes sont capables d’en avoir dans de telles circonstances !), l’un individuel, qui explique le titre du film, et l’autre collectif, celui d’un groupe de déportés qui, se sachant condamnés, veulent tenter « le tout pour le tout ». Cet aspect plus narratif est bien moins fort que ce qui a précédé, hormis le télescopage de ces projets qui a une dimension terriblement dramatique.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 janvier 2026
C'est un film très particulier. Il doit résonner fort dans le coeur des gens qui ont été marqués par ce qui est décrit dans le film. Car c'est un film fort et engagé. Mais pour le commun des spectateurs, c'est une grosse prise de risque car en effet ce film n'a pas de but commercial mais bien artistique. Le personnage principal est filmé en très gros plan, tout le temps, et souvent de dos, donc on voit sa nuque. Ces plans rapprochés sont déroutants au début puis on s'habitue. C'est dommage car cela empêche aussi de voir tout ce qui passe autour de Saul, car le réalisateur a voulu des décors très réalistes. Ce qui est déroutant aussi c'est l'absence d'action, pas l'action des personnages qui sont toujours en mouvement: schnell est un des seuls mots que les non germanophones reconnaissent de suite car il est répété à multiples reprises. Donc les personnages s'activent tout le temps, mais il n'y a pas vraiment d'histoire. On commence simplement à comprendre que Saul semble avoir reconnu son fils parmi les gazés et cherche un rabbin. Le film n'est à priori pas si facile d'accès mais il ne laissera personne indifférent.
Bert R
Bert R

27 abonnés 345 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 janvier 2026
On a hâte d'arriver au bout pour arrêter se supplice. On ne comprend pas le pourquoi du comment. Tellement d'incohérences que malgré le sujet extrêmement fort, on y croit pas
SB88
SB88

35 abonnés 1 574 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2026
Le Fils de Saul - A quoi s'attacher quand aucun espoir ne semble permis ? Ici cet homme s'attache au cadavre d’un jeune homme et se fixe pour objectif de lui offrir un enterrement dans le cadre de sa religion. La façon de filmer (personnage très souvent de dos et circulant entre chambres et travail) est une trouvaille même si par moment on peut avoir la nausée. Le reproche est que tout le film est basé sur l'obsession du personnage. Ça manque d’un sujet supplémentaire pour rendre le film moins répétitif (30 minutes lassantes). L’acteur est parfait
3,2/5
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2025
Ce film se distingue par son approche singulière des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, tant par son sujet que par sa mise en scène. On y suit un membre du Sonderkommando, chargé de nettoyer les chambres à gaz, qui croit reconnaître le corps de son fils parmi les victimes. Dès lors, il risque tout pour offrir une sépulture à l’enfant, dans une quête désespérée de retrouver son humanité au milieu d’un monde qui en est dépourvu.
La force du film réside dans son parti pris visuel : la caméra se concentre en permanence sur cet homme, simple et fragile, reléguant l’horreur environnante à l’arrière-plan, parfois floue, presque irréelle. Ce choix artistique met en lumière l’espoir d’humanité qui persiste malgré tout, et c’est précisément ce contraste qui rend l’œuvre si poignante.
En plaçant l’espoir au cœur de l’histoire, le film crée aussi une tension dramatique : le spectateur s’attache au destin de Saul, espérant contre toute attente qu’il parvienne à accomplir sa mission. Entre réalisme saisissant et suspense haletant, ce film captive du début à la fin, laissant une empreinte durable.
Nicothrash

464 abonnés 3 291 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2025
Une période sombre, un film qui l’est tout autant et un réalisateur hongrois qui décide de filmer tout le métrage à hauteur d’Homme, à hauteur d’un homme … Le procédé est original et permet de sous-entendre plutôt que de montrer l’horreur, en revanche ça manque tout simplement d’émotion, c’est froid, glacial même mais cela n’empêche pas la claque dûe à la condition des Sonderkommandos. L’ensemble est dur et fait partie du devoir de mémoire mais il offre aussi une lueur d’espoir dans l’horreur la plus totale et une déshumanisation qui marque durablement. Fort et utile.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2025
Dès sa scène d’ouverture glaçante « Le fils de Saul » plonge le spectateur dans la pire des ignominies commises par l’homme au sein d’un camp d’extermination nazi. Austère et brute, la mise en scène ne ménage aucun répit. L’obstination de ce déporté que la caméra du réalisateur suit de la première à la dernière minute faisant une sale besogne dans les chambres à gaz à enterrer un jeune garçon n’ayant pas trépassé dans l’infâme lieu demeure bouleversante et salutaire.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 juillet 2025
Quel gâchis! Le sujet digne d'un long-métrage se situe à l'arrière-plan de la quête principale absurde, ennuyante, inutile. Conserver le choix (défendable) d'opter pour une focalisation interne, immergeant dans une banalité de l'horreur présente surtout en hors-champ (ce que La Zone d'Intérêt réussit magistralement) aurait dû permettre de suivre l'un des membres du Sonderkommando qui se révolta en septembre 1944 à Auschwitz. Conter cette histoire méconnue aurait assurément plongé le spectateur dans le quotidien du camp en respectant les controverses autour de la mise en images de la Shoah et en assumant l'aspect de suspense qui se voit ici dédaigné. Ce ratage fournit une rageante mise en abîme: le personnage de Saul (auquel le comédien ne confère aucune profondeur) voile dans la narration et dans le film les actions de ses camarades au lieu de s'effacer devant elles. Au final la frustration le dispute à l'ennui...
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mars 2025
Le public et la critique sont nécessairement indulgents concernant un film sur la Shoah, mais c'est un défi d'apporter encore quelque chose sur un sujet certes majeur mais si rebattu…
Lászlo Menes n'y parvient que partiellement.
Saül croit-il vraiment que le cadavre qu'il veut sauver du crématorium est celui de son fils ? D'où lui vient cette obsession ? A-t-il conscience de desservir la révolte des Sonderkommandos ? Cette révolte était-elle simplement suicidaire ?
Pour Lászlo Menes, ces questions sont secondaires et doivent sans doute rester en suspens ; elles sont cependant le prétexte du film et, faute de clés pour y répondre, le spectateur s'en désintéresse progressivement, et ''sort'' de l'histoire. Dommage.
Ce film est cependant certainement utile dans son pays, en Hongrie, où le travail de mémoire sur la Shoah reste largement à faire.

Tours, novembre 2015
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