Le Fils de Saul
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301 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 25 décembre 2015
L’histoire est celle des Sonderkommandos d’Auschwitz, que l’on connait grâce aux maigres survivants et leurs récits, ainsi que ceux qui en firent partie sans survivre (on les tuait après quelques semaines pour ne pas qu’ils divulguent l’horrible vérité) et qui écrivirent des notes enterrées dans des barils de fer. La durée de vie des Sonderkommandos était faible. Durant le temps de leur labeur, ils étaient mieux nourris que les autres pour pouvoir « durer » les quelques semaines où ils devaient faire pénétrer les foules de juifs descendus des trains dans les crématoires, extraire leurs cadavres pour les brûler, ensuite disséminer les cendres, et laver les salles de « douche » où l’on déversait le Cyclon B. Film donc difficile à réaliser, étant donné l’horreur absolue du sujet. Mais beaucoup de choses sont néanmoins montrées : l’inhumanité totale de la machine nazie, les tentatives de révoltes et de rébellion (faire sauter un crématoire pour ralentir les assassinats), mais aussi la survivance d’une humanité malgré l’enfer vécu jour et nuit. Saul retire du crématoire un jeune garçon encore vivant qui va être autopsié. Il ne tardera pas à mourir, mais Saul le cache, et veut l’enterrer religieusement avec un rabbin pour faire les prières. C’est filme caméra à la main, on suit Saul dans son enfer, sa brebe évasion avec un groupe de camarades, et sa mort, suggérée par le bruit des rafales de mitrailleuse.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 décembre 2015
Le fils de Saul raconte deux journées de la vie des Sonderkommando du point de vue de Saul Auslander le personnage principal du film. Les sonderkommando étaient les personnes chargées du sale boulot dans les camps d'extermination, c'est-à-dire amener les personnes qui arrivaient au camp vers les chambres à gaz, les aider à se déshabiller, puis trier les vêtements des défunts et débarrasser les corps.
Comme l'indique le titre du film Saul pense reconnaître parmi les personnes gazées son fils et dans un dernier souffle d'humanité, il cherche à l'enterrer selon la pratique juive. Pour réussir cette tâche il est prêt à prendre tous les risques au péril de sa vie. Il sait que de toute façon elle sera de courte durée, puisqu'en général les sonderkommando étaient tués après 2 à 3 mois de service.
La principale qualité de ce film est qu'il est tourné pour sa majeure partie sous forme d'un gros plan sur le visage de Saul, ce qui permet de quasiment rien montrer au spectateur mais seulement de lui suggérer. Ainsi on voit par exemple apparaître les corps dénudés de façon floutée et en arrière plan. Ce cadrage a, à l'inverse, comme principal défaut de créer des longueurs et il est bien que le film ne dure qu'1h47.
L'univers que le réalisateur nous décrit est entièrement hostile, à cause des chambres à gaz bien évidemment, mais aussi par rapport aux rapports humains entre les personnes du sonderkommando. En effet, pour survivre personne ne peut se faire confiance, les hommes se rendent des services mais tous ces services ont un prix (le troc est généralisé). Il ne faut pas non plus s'attacher aux autres puisqu'on peut se faire tuer à tout moment.
En résumé un film qu'il faut voir pour le devoir de mémoire, dur et impitoyable mais criant de réalisme.
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2015
Fatiguant, prétentieux et peu utile

Vu il y a près d un mois

Caméra à l épaule, ça virevolte en permanence dans tous les sens, sans grand sens justement. Je n ai pas cru un instant à ce type qui passe de groupe de déporté en groupe de déporté, qui poursuis son but personnel quel qu en soit le prix.

La récréation du camps semble bien faite mais l objet du film tellement agaçant ainsi que sa mise en scène qu il me semble impossible de réussir à en faire abstraction.

Ça ne fonctionne vraiment pas bien.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 décembre 2015
Devant Le fils de Saul, on n’arrive même pas à réellement se poser la question de savoir si c’est un bon ou un grand film, tant l’objet dépasse de loin cette simple question. On prend juste une immense claque devant ce qui apparaît assez évidemment comme une œuvre majeure et indispensable, de celles que l’on ne pourra jamais oublier.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 janvier 2016
Le thème du film étant celui que l'on sait il serait difficile de parler de film "bizounours" mais "quand même" le film est tellement une succession d'invraisemblances que l'histoire n'est pas crédible...

MAIS ce film mérite bien "quand même" d'être vu car il est possible de passer outre le scénario pour s'intéresser d'abord ou seulement à l'interprétation : il est magnifiquement joué (Géza Rohrig exceptionnel) et/ou à la réalisation : bravo à Laszlo Nemes d'avoir réussi à filmer l'horreur sans la montrer, à suggérer l'ignoble sans donner envie de vomir, à décrire la spirale infernale de la déchéance qui amène des êtres humains à maltraiter (euphémisme) leurs égaux dans une (sur)vie pathétique sans leur nier leur humanité y compris négative, et enfin à ne pas oublier que certains détenus ont choisi de se rebeller pour certes finir par mourir mais... "libres" (pour savoir pourquoi il faut voir le film...

Au final on aimerait que tous les réalisateurs d'un premier film ait son talent. A voir si le prochain est une confirmation... peut être en prenant un autre scénariste que lui-même ?
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 23 février 2016
Film tourné en 4/3, le héros est filmé en gros plan pendant deux heures, l'arrière-plan reste flou...C'est un parti-pris artistique discutable, qui peut s'expliquer par un manque de moyen, et qui aurait pu passer si derrière, la trame scénaristique avait tenu la route. Ce n'est pas vraiment le cas: voir un homme vivant les horreurs des camps de la mort s'accrocher à l'obsession de vouloir enterrer un garçon selon les rites judaïques, dans une dérive psychologique qu'on a du mal à cerner (il prétend que c'est son fils, on comprend plus ou moins que ce n'est pas le cas), est d'un ennui profond, car cette descente vers une forme de folie est mal amenée, maladroite, peu empathique, et ne suscite qu'incompréhension et ennui.
VINZGOM
VINZGOM

13 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 décembre 2015
La manière de filmer est originale et permet de suggérer (camera épaule centré sur le personnage de Saul avec de nombreux flou en arrière plan). L'histoire de l'enterrement de son fils (pas son fils en fait) donne un but à Saul dans cette usine de la mort. Ce film permet de rendre hommage à des hommes ayant fait parti de la Sonderkommando.
Très fort!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 décembre 2015
"C’est à travers le visage aux traits tirés de Saul, toujours en premier plan, qu’on ressent toute l’horreur. On ne la découvre pas forcément à l’écran, la devinant en arrière plan, la sentant à travers les cris. C’est un film psychologique, auditif, vibrant. " Critique complète sur Stop ton cinéma, notre blog de critiques et d'actu ciné!
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2015
Un film très dur mais magistralement réalisé. Saul est souvent filmé en gros plan de derrière et de 3/4 avec en arrière plan toutes les scènes très dures qu'on peut imaginer se dérouler dans un camp d'extermination avec des détails que - je l'avoue - ne connaissaient pas ! On est littéralement "enfermé" dans ce camp et dans la situation horrible que Saul doit subir et son idée prend une dimension humaine saisissante. La bande son joue un rôle capital dans ce huis clos infernal... Du très grand cinéma !
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 décembre 2015
Au cœur d’Auschwitz en Octobre ’44, rivé sur le dos de Saul, un Sonderkommando, Laszlo Nemes nous fait découvrir la barbarie du régime nazi sous un nouveau jour. Sa caméra est collée sur le dos de ce pauvre Saul durant 1h40 pour un film aussi tendu, qu’oppressant que bouleversant. Avec « Nuit et brouillard » de Resnais ou « La liste de Schindler » de Spielberg ou encore « Shoah » de Lanzmann, nous pensions que le septième art avait fait le tour de la question. Nemes pour son premier long en offre une vision nouvelle. Sur l’épaule de Saul, le plus horrible de la solution finale reste très souvent hors champ, le film reste néanmoins très dur. Nous sommes les yeux d’un Saul qui pour rester debout ne voie pas plus que nous l’indicible. Parti pris qui donne une grande force au film, car jamais de pathos et de surenchère gratuite. A travers des témoignages de Sonderkommando, Nemes donne « vie » à la solution finale. L’organisation industrielle de l’extermination est rendue de manière sidérante ; l’être humain n’a plus de valeur dans ce système ; Nemes aurait pu filmer de la même manière un haut fourneau ou une mine sous Zola. Et ce qui ne pourrait être qu’un documentaire fonctionne très bien sur le plan fictionnel. Cette histoire de Saul souhaitant donner une sépulture digne à un enfant pouvant être son fils au risque de sa propre vie devient crédible. Les obsèques de ce jeune garçon sont pour Saul une manière de donner un peu d’humanité à une mort industrielle devenue banale.
Très beau, belle claque, âmes sensibles s’abstenir.
Macaron16
Macaron16

16 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2015
Le fils de Saul est un film qui ne se laisse pas facilement aimer mais ce n'était sans doute pas l'objectif de son réalisateur. Comment goûter un film où tout semble fait pour générer l'angoisse ? Pas une angoisse de film d'horreur, celle à laquelle, au fond, on ne croit pas, tout heureux de retrouver après la frayeur fabriquée le confort de nos vies douillettes, mais l'angoisse de savoir que cette horreur-là a existé et que le réalisateur nous brandit sous le nez des scènes dont l'histoire nous a protégés ?

Les procédés sont multiples : le tournage en gros plan et de dos des acteurs - sans même parler de cette veste avec la croix du Sonderkommando dans le dos que porte Saul pendant un bon tiers du film et qui fait de l'homme une cible mouvante permanente -, les langues multiples et incompréhensibles qui font du camp une tour de Babel infernale, le floutage de l'arrière-plan qui tente de cacher les atrocités qui s'y déroulent mais rend le spectateur voyeur d'agissements qu'il souhaiterait obérer.

Le floutage va pourtant peu à peu disparaître, le champ de tournage s'élargir, laissant la place, après des scènes de travail avec les Allemands d'une assommante brutalité, à quelques rencontres, le soir entre prisonniers ou avec les femmes, où explose une émotion qui ne trouve ailleurs aucune expression.

Le fils de Saul sublime les contrastes : dans la façon de tourner, dans la confrontation hommes-femmes, dans la beauté et la quiétude de la nature qui entoure l’enfer créé par les hommes. Et puis dans la vie confinée de cet espace clos qui ne demande qu’à surgir, dans la quête étourdissante du héros pour obtenir la prière d’un rabbin dans un environnement totalement dénué de spiritualité, dans ce rabbin qui prie mais qui est aussi homme et essaie de survivre.

Laszlo Nemes, réalisateur hongrois, pouvait difficilement faire plus simple et plus dénudé en matière de scénario - Saul est membre d’un Sonderkommando et cherche à enterrer dignement son fils à l’insu des Allemands qui gèrent le camp – et pourtant, de cette mince histoire, il a fait un film colossal qui dérange, perturbe et in fine, lorsqu’il est digéré, bien, bien plus tard, il émeut. Cinq étoiles.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2015
Grand Prix du Festival de Cannes 2015, "Le fils de Saul" est une œuvre à part, un témoignage quasi-documentaire signée Laszlo Nemes, qui a l’audace de porter à l’écran l’innommable, à savoir une journée particulière d’un Sonderkommando, prisonnier asservi par les Nazis pour acheminer les Juifs vers la chambre à gaz notamment. En suivant pendant une heure trois quarts son personnage principal au centre d’un écran 4/3, le cinéaste hongrois filme un homme soumis, déjà mort à l’intérieur, usé par tant d’abjection, et laisse habilement au second plan une vérité floue que l’on devine aisément. Sans voyeurisme ni complaisance, nous sommes happés par un film oppressant qui raconte une histoire absurde dans un monde de fous. Terrifiante expérience cinématographique qui s’apparente naturellement au monument "Shoah".
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 décembre 2015
Je pense que "Le fils de Saul" est assez difficile à critiquer. Il y a de grands moments comme le plan séquence du début où l'on découvre l'activité de Saul, et que l'on entend les cris atroce des centaines de juifs exécutés dans les chambres. Manière forte de donner le ton de l'histoire et de nous plonger dans l'horreur de la part de Laszlo Nemes. Pourtant certains moments peuvent paraîtres long, la caméra, centré en permanence sur l'acteur principal Géza Rorhig, en est la cause. Du moment où l'on est pas dans une scène où le héros ne donne pas un sentiment d'importance à l'action qu'il entreprend, on se lasse d'être enfermé autour de lui. On peut se contenter seulement du hors-champ. Après ceci dit, je pense que mon avis est vraiment subjectif sur ce point. Le réalisateur a voulu, sans doute, garder sa fixation sur ce point de vue afin que l'on se sente étouffé par l'environnement où se trouve le héros. Ceci sera d'ailleurs le seul défaut à énumérer, pour ma part, sur ce magnifique film.

Le scénario, très original, nous plonge dans l'enfer des camps de concentration. Le personnage de Saul est, bien sur, le point le plus important de l'histoire, son but dans l'histoire humanise fortement le personnage et ceux qu'il rencontre. Même si parfois, il est mystérieux, son statut de bonne personne est même ambiguë parfois. On s'attache tout de même à lui, on le suit dans tout ce qu'il entreprend même si ce qu'il fait est difficile à comprendre parfois on continue à être dans son sens. Car au milieu de toutes ses personnes avec lui, luttant pour leurs vies, il souhaite à tout prix enterrer son fils comme il se fait dans la tradition juive. Le sentiment qui en découle ici, ne peut se créer qu'en présence du cinéma. Bien sur, dans la vraie vie, au milieu de l'horreur, ceci n'aurait aucune signification vu qu'on serait nous-mêmes dans un autre état d'esprit. Mais au cinéma, en tant que spectateur, il se crée le sentiment de dignité, de l'ensemble des juifs martyrisés durant la seconde guerre mondiale. Car même si ils ont tués des millions de juifs, il n'auront pas tué cette religion elle-même. C'est le combat que représente cet homme dans le film pour nous spectateurs.

En bref, "Le fils de Saul" est un film poignant sur le sort des millions de juifs dans les camps d'extermination avec une humanité des personnages sublimant le tout.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 décembre 2015
A voir, absolument !

La terreur nazie, dans un camp d'extermination, remarquablement filmée.
Chambres à gaz, Fours crématoires et Shoah par balles évoqués plus que montrés; quand les humains sont déshumanisés; les islamistes de DAECH hélas sont dans la même logique.

Un homme, déjà mort dans sa tête, faisant partie des "zonder commando", s'attache à un adolescent qu'il voit mourir et qu'il identifie à un fils qu'il n'a sans doute jamais eu.

Une tentative désespérée de retrouver sa dignité.

Poignant !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2015
Un immense premier long métrage. Une immersion dans les camps, implacable, essentielle, à couper le souffle. En une heure et demi, on comprend l'organisation dans son ensemble, les différentes strates de la hiérarchie, la déshumanisation, le ballottage des individus, le danger permanent, la banalisation de l'horreur. C'est tout simplement LE film incontournable après Shoah.
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