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tabco
17 critiques
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4,0
Publiée le 10 novembre 2015
J'ai beaucoup hésité avant d'aller voir ce film. Et bien belle surprise. Une vraie leçon de cinéma. J'avais peur de ne pas m'adapter au cadrage très serré. Mais c'était sans compter le savoir faire du metteur en scène. Des films sur la Shoah il y en a eu, mais celui ci restera dans l'histoire cinématographique. A voir absolument.
Je suis allé avec une certaine appréhension voir ce film, considérant qu'il était quasi impossible de "représenter" l'inconcevable et d'esthétiser à partir de l'horreur indicible. Et puis je me suis laissé entraîner, malmener... J'ai tout de suite compris qu'il n'y avait là aucune facilité, aucune prétention de montrer Auschwitz. On ne voit que ce que voit Saul, les quelques mètres carrés qui l'entourent et où passent des êtres poussés dans les cris et la violence comme un troupeau vers la mort. Là où Spielberg utilisait les douches pour une scène contestable, Nemes ne montre rien. Les portes sont fermées et l'on entend les hurlements, les appels, la souffrance. Le cinéaste ne nous donne pas à "voir" mais à "imaginer" l'horreur. Quand son héros, chargé de sortir "les pièces" de la salle de mort découvre qu'un garçon agonisant respire encore, il trouve soudain une force, une détermination qui le guident et lui font braver les dangers. Il n'a plus qu'une obsession : enterrer ce garçon qu'il prétend être son fils et trouver un rabbin pour réciter le kadish. Il y a dans cette volonté la révolte de l'homme devant la barbarie qui déshumanise ses victimes. Dans le dénuement, dans la souffrance, Saul est l'homme révolté, comme ses compagnons qui préparent leur évasion, mais son arme à lui c'est son affirmation du caractère sacré et unique de tout être. Ce fils qu'il a choisi représente chaque victime de l'ignominie nazie. Il n'y aura pas de happy end. Et pourtant, c'est Saul et ses compagnons de révolte qui sont des hommes dans cet univers de monstres.
Laszlo Nemes nous offre une perle de technique cinématographique pour un malaise nécessaire. Le cadrage comme la profondeur de champ, resserrés sur le visage de Saul nous protègent de l’horreur qui l’entoure mais nous enferment dans son obsession. Le travail sur la bande son et le rythme effréné ne nous laissent aucun répit, aucune pause, aucun espoir de survie. Tout y est : le courage et l’abandon, la cruauté et l’humanité, la cupidité et la générosité, l’humiliation et la révolte. J’ai adoré détester ce film
La caméra de Nemes se maintient quasiment tout au long de ce film oppressant à moins d'un mètre du principal protagoniste que l'on suit dans l'enfer d'une chambre à gaz, au sein d'un groupe de détenus chargés des basses besognes des nazis. D'une histoire improbable - un prisonnier croit reconnaître son fils parmi les morts et cherche à tout prix à lui consacrer des obsèques religieuses -, le réalisateur bâtit une épopée éprouvante, tendue vers une quête à l'issue plus qu'incertaine. En montrant l'horreur des situations tout en respectant les victimes avec une extrême pudeur, Nemes réalise un sans faute ni voyeuriste ni pleurnichard. Pas beaucoup de bons sentiments dans ce film, mais du bon cinéma parfaitement situé entre Shoah et Le pianiste ou la Liste de Schindler.
Certains passages sont réellement insupportables par la "cruauté" qui se dégage. Ce film présente relativement bien de quoi l'humain est capable, une fois retranché dans la frustration.
Un devoir de mémoire, un peu romancé, mais à l'impact visuel et surtout sonore très très efficace.
Un film très bien interprété dans son ensemble, on ressent l'atmosphère lourde de ces camps d'extermination et la cadence effrénée de ces prisonniers asservis.Toutefois le sujet a déjà été traité dans de nombreux films par le passé ; c'est pour l'unique raison " déjà vu" que la note maximale de l'étoile ne lui sera accordé. AVoir..
Un film fort . Un Choc (parfois violent) sur les camps d'extermination. De part l'immersion presque réelle qui nous est donnée à voir sans presque rien montrer mais plus à suggérer autant par le procédé de cloutage que par le son (comme celui des trains!) . L'histoire est forte , dramatique . Pour autant cette quête de vouloir donner une sépulture à son enfant comme le seul lien d'humanité dans cet enfer . C'est dur , épuisant mais il y a dans cette monstruosité un rayon d'espérance.
Film poignant. Je le déconseille fortement pour tout premier rencard amoureux au cinéma (oui, c’est du vécu!). Messieurs, en sortant de la séance il faudra sortir les rames pour reconquérir votre dulcinée (à moins d’être très fort ;)). La stratégie peut néanmoins être efficace si vous lui proposez de boire un verre (non, plusieurs) pour oublier l’atmosphère morbide du film.
"Le fils de Saul" est un film qui exclut tout pathos dans la mise en scène d'un sujet grave celui de la machine d'extermination nazie et des Sonderkommandos, unités composées de prisonniers juifs chargés de récupérer les effets personnels des prisonniers exterminés et de l'élimination physique de leurs cadavres. Toujours vivant après "la douche", un jeune garçon est étranglé par le médecin chef nazi, Saul prenant alors la décision de l'enterrer selon la tradition rabinnique. Son unique quête sera alors d'essayer de trouver un rabbin pour lire le kaddish au mépris même des règles les plus élémentaires de survie. Tout cela semble un peu surnaturel dans un contexte de survie lorsque l'on sait que les Sonderkommandos avaient une espérance de vie de quelques semaines. Le film est réussi même s'il est très particulier, il est très clinique, son déterminisme est résolument sombre.
J'avoue que se film m'a laissé perplexe (parfois de bonnes manières et de moins bonnes) mais se sont les quelques critiques que j'ai lu quI me laissent encore plus perplexes, celle-ci ne se concentrant que sur la forme et sur le contexte historique du film en omettant de parler de l'histoire (il s'agit d'une fiction) qui nous est raconté.
Mais revenons au film et d'abord à sa forme. Film presque muet, on suis littéralement un seul homme. 80% du temps la caméra est placée soit devant lui ou derrière de sorte, qu'avec un cadrage et un format d'image très serré, seul son dos ou sa face emplissent une part importante de l'écran. De cette façon on s'imagine plus les atrocités qu'on ne les voit, celles-ci étant dans un quasi flou permanent renforcé par une bande sonore d'un vacarme poignant suggérant tous les passages hors-champs. Cette mise en scène est très bien vu : rien que de montrer un hommes marcher au coeur de cet enfer nous imprègne d'un malaise permanent. Ce choix a tout de même une limite de temps : passé une durée certains spectacteurs ont besoins de souffler et de s'aérer de cette caméra-glue qui devient hélas lourdingue pour un film de 1h47 e fait décrocher certains spectacteurs du film.
Maintenant que j'ai parlé de la mise en scène sur laquelle je suis plutot d'accord avec les critiques, parlons de l'histoire que certains critiques oublies délibérément de mentionner. On suis se prisonnier forcé par les allemands de participer à l'extermination, ce qui lui permet de survivre quelques semaines de plus : on le suis a s'occuper de déshabiller totalement les prisonniers, les pousser dans les douches, fouiller leurs vêtements quand ils agonisent, puis nettoyer les lieux pour les prochains et emmener les corps pour qu'ils soient brûlé. L'histoire bascule de se quotidien lorsqu'il tombe dans une sorte de folie (tout a fait compréhensible de devenir fou dans ces camps). Il fait d'un enfantspoiler: (qui a survécu a la chambre à gaz mais est ensuite étouffé par un allemand) une obsession en décidant qu'il est son fils. Il se lance alors à corps perdu dans une quête afin que cet enfant soit enterré par un rabbin et non brûlé. Cette folie qui a fini par l'atteindre le rend evidemment irrationnel, mais ce qui est problématique est que ça le rend aussi antiphatique. Comme tous les autres prisonniers il a tout perdu dans cette guerre et perd petit a petit le sens de la vie et la raison de survivre dans ces camps. Les autres prisonniers qu'ils cotoient continuent de se donner une raison de vivre face à cette horreur journalière, pour cela il font des concessions comme par exemple mettre la religion de côté (même pour certains rabbin simplement lire le kaddish suffit aux morts) et en préparant des actions pour sauver des vivants (de différentes manières : prises de photos pour diffuser au monde ce qu'il se passe dans le camps; mutinerie pour s'échapper) alors que lui se plonge à fond dans la religion dans le seul but de sauver un mort.
En mettant tout en oeuvre pour assouvir cette dernière pulsion il met en danger tous ses compagnons (en ralenant l'enfant dans sa "chambre"), fait capoter leurs plans (il perd la poudre), et fait tuer un rabbin (en lui jetant sa pelle a l'eau). On en vient a être en decalage avec le personnage principale qui a perdu toute humanité. En se lançant dans sa quête il fait fit de tout et provoque des situation de danger de mort pour lui (il cherche donc à provoquer sa mort comme un suicide) mais aussi pour ies autres. Au cours de film on en vient à ne plus comprendre pourquoi ses compagnons s'obstinent à de nombreuses reprises à lui sauver la vie surtout qu'ayant perdu toutes humanité il ne leur donne pas le moindre signe ni même la moindre parole en retour. Certains se font même tuer pour le sauver (l'un se fait tirer une balle dans la tête quand les allemands mettent le feu dans les fosses). Dans sa folie le persos principale a donc définitivement quitter le royaume des vivants (il refuse même toute affection comme lorsque la fille veut lui prendre la main) pour essayer de sauver un mort sous couvert de préceptes religieux.
Je met donc 5/10 à se film qui est une réussite dans la mise en scène permettant de retranscrire l'atmosphère de cet enfer sans voyeurisme et sans effets "spectaculaires", mais qui est à mon sens a raté sa fiction.
Énorme déception . Le sujet est certes difficile pour un premier film sans doute trop ambitieux .trop de bruit trop de gros plans encore et encore , un parti pris sans doute !!! Mais qui n'apporte rien pour nous spectateur d'une effroyable folie humaine .
Sujet pratiquement tabou, en effet, comment imaginer filmer l'horreur pour le plaisir du cinéma..? Il faut dire que la façon de filmer et prodigieuse, au premier plan des images de travailleurs style mines de charbon, mais légèrement floutée se révèle en arrière plan - ou à travers de petites ouvertures, des portes, des escaliers, etc - l'impitoyable usine de mort de Dachau-Birkenau. J'avoue que c'est véritablement une oeuvre magistrale de montrer "sans montrer" et c'est un devoir d'accomplir cela et de ne jamais oublier. Très fort !! **
Le fils de Nemes est tout ce qu'il promet : pas d'émotion inutile, ici on est en enfer, et l'empathie n'existe plus. Par sa technique audacieuse, avec énormément de flou et de hors champ, le réalisateur ne fait aucune concession à l'horreur, pas même celle du voyeurisme. Mais cette évocation est aussi du cinéma, et on suit, fasciné, le déroulement de l'histoire, ne sachant pas s'il faut plaindre ou détester les personnages.
Le fils de Saul est un film sur les Sonderkommando dans le camp de Auschwitz-Birkenau, l'un des plus sinistres camps de la mort, d'extermination des juifs de toute l'Europe. Les Sonderkommando sont des juifs épargnés temporairement, utilisés comme main d'oeuvre pour exterminer leurs frères en judaïsme. Saul est l'un de ces travailleurs. Ils sont tenus de retirer les vêtements et effets dans les vestiaires des personnes en cours de gazage, puis de retirer les corps, laver la salle pour lui redonner l'apparence de douche collective, alimenter les fours, retirer les cendres et les répandre dans la rivière. Ils sont périodiquement tués donc remplacés pour que personne ne puisse témoigner. Pendant cette période, les Sonderkommando sont mieux nourris que ceux utilisés pour travailler dans les usines chimiques proches et disposent de plus de liberté. Saul pense reconnaître son fils dans les traits d'un jeune adolescent. Il veut lui donner une sépulture en présence d'un rabin. Le film a deux thèmes: témoigner une fois de plus sur la Shoah d'une part et l'énergie et astuces de ce père pour donner une sépulture digne à son fils d'autre part. Je pense que c'est une sorte de métaphore: cette sépulture, c'est la dignité humaine vécue et réalisée pleinement dans cet enfer malgré une organisation impitoyable qui tue au moindre écart. Les deux objectifs sont traités avec justesse. On ne ressort pas de la séance indemne. Il faut voir ce film, c'est un devoir.
Film magnifique, poignant, dur. Le réalisateur à fait quelque chose de pas courant, l'acteur principal est pratiquement sur tout les plans. Quand on le voit pas on c'est qu'il est là. Il y a beaucoup de gros plans du personnage principal car on suit sa recherche d'un rabbin dans ce camps de travail. Je n'ai pas vu de film sur la deuxième guerre mondiale aussi bouleversant que le film "la vie est belle". On est vraiment plonger dans cette horreur. C'est choquant, perturbant mais d'une beauté sans nom.