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Un visiteur
5,0
Publiée le 5 février 2017
Je ne comprends pas la plupart des commentaires positifs ou négatifs qui se contentent de parler du thème sur les, apparemment déjà largement abordé, ou de l'écriture cinématographique (et là il est vrai que le format carré choisi est parfaitement adapté à l'immersion subjective). Pour moi ce film est une mise en perspective de l'humanité, le fait qu'ils soient allemands, juifs, polonais, ukrainiens, soldats, sonder ou victimes disparait derrière l'immensité du mal qui est omniprésent. Le mal qui s'incarne dans les nazis mais qui les dépasse largement, on reste abattu, cloué d'effroi sur le siège, en pleurs même: comment l'être humain peut-il être aussi abject ? Le monstre nazi est un humain comme moi, et l'on peut inverser la phrase...les sonderkommandos n'échappent pas à cette malédiction et c'est sans doute cela aussi cela le pire: il n'y a pas de salut. Film métaphysique, filme qui nous fait frémir d'horreur parce qu'il nous rappelle toutes les atrocités qu'en d'autres lieux, d'autres humains, comme moi, comme vous, ont pu commettre et pourront recommencer. J'étais effondré de honte à la fin du film, mais il faut subir cette honte, l'avoir toujours devant soi, la voir en face, c'est sans doute cela le message implicite du film s'il reste un peu d'espoir. Le film le plus bouleversant, le plus terrifiant et , j'espère me tromper, le plus désespéré que j'ai jamais vu!
Le Fils de Saul s'impose comme l'un des films les plus intéressants de ces dernières années. En effet, sa technique unique en fait un film prenant et impressionnant de réalisme, le tout mené par un très bon comédien. Les effets de caméra, qui suit Saul tout au long du film, sont incroyables, tandis que les plans d'horreur floutés et remis au second plan sont justes et tout simplement horrifiants. Probablement le film le plus original réalisé sur le sujet, malgré quelques longueurs. Un film important malgré tout, salué à Cannes par le Grand Prix.
Immersion dans le camp des sonderkommando, ces déportés qui devaient faire le sale boulot instauré pas les SS. Ces hommes avaient pour tâche de trier les objets des déportés avant le gazage, de vider les chambres à gaz et de les nettoyer et de faire les crémations, de viders les cendres ... Quelques semaines après ils étaient tués pour garder le secret des atrocités de ces camps. Le Fils de Saul nous montre cela avec sobriété (sans images directes) mais plutôt suggéré et réalisme. Le seul bémol pour moi c'est le film porté uniquement sur la quête du personnage SAUL à trouver un rabbin pour enterrer dignement un enfant. Sinon bravo à l'acteur principal qui a un visage expressif. Un film à voir pour le souvenir
Aller à l'essentiel : "Le fils de Saul" est un chef d'oeuvre sidérant qui aurait mérité la Palme d'or. Pour son premier film (!!!), L.Nemes résoud la délicate question "Comment filmer l'innommable ? " en faisant tomber la frontière entre le réel et la fiction par une maîtrise totale de la mise en scène, un travail sur le son et le hors champ qui en disent beaucoup plus longs que si tout était montré. Une effroyable descente dans l'enfer du génocide et une époustouflante leçon sur l'industrialisation de la mort. Essentiel et incontournable pour NE JAMAIS OUBLIER.
Réponse de Normand : je ne peux pas dire que j’ai aimé ce film, mais il m’est impossible de dire que je ne l’ai pas aimé. Avec ça on est bien avancé ! Il y a des sujets comme la Shoah où il est tabou de ne pas aimer. Après tout, ne pas aimer le film ne signifie pas ne pas aimer le sujet. Et ne pas aimer le sujet ne signifie pas qu’on rejette les faits. Ce qu’on n’aime pas c’est le film en lui-même, c’est sa réalisation, le point de vue, sa mise en scène, le hors sujet. Ici, avec « Le Fils de Saul », il n’est ni question de sujet, ni question du traitement du film. Quand le film est sorti et à Cannes et sur les écrans de France, les critiques étaient dans l’ensemble séduites. Alors ça ne manque pas, quand on attend le film comme une montagne et que celle-ci a les traits d’une souris, la déception est à la hauteur de l’attente. Et pourtant, « Le fils de Saul » à défaut d’être un film remarquable est un film qui relève d’une certaine performance dans sa mise en scène. Dans son parti pris. Laszlo Nemes décide de nous suggérer plutôt que de montrer frontalement les horreurs des camps de la mort. Pourtant, on voit, on voit un peu, on devine avec ces arrières-plans volontairement flous ou réduits. On devine des corps, des visages. Le parti pris de filmer à hauteur d’épaule du personnage, que dis-je dans son dos réduit considérablement tout ce qui se passe autour de lui. Ce n’est pas tout à fait la vision de Saul qui nous est restituée. Par contre, ce qui est tout aussi performant, c’est le travail sur le son : ce camp de la mort est comparable à une usine. Des cris lointains se précisent au moment où Saul s’en approche ; des cris divers où ordres hurlés, horreur, plaintes se confondent avec des bruits de portes qui se ferment violemment, portes de chambres à gaz, de fours crématoire, portes de trains, de moteurs de camions, de trains, de ferrailles lourdes, de coups de feu. On suit ainsi Saul dans un tourbillon de violence et de chaos. On a droit à un léger repos de la caméra quand celle-ci fait face à Saul. Comme une respiration éphémère, comme pour reprendre son souffle après une plongée dans l’eau. Ce film est assourdissant et étouffant. Voilà pourquoi, je parle de performance ce qui ne signifie pas pour autant que c’est exceptionnel. Mais j’avoue que j’ai été pris dans ce tourbillon d’angoisse, de terreur. Par contre, le fait de suivre Saul, d’être comme tous ceux qui s’agitent autour de lui, m’a laissé à distance. Un comble me direz-vous. J’avais l’impression de toujours courir derrière lui. Et puis cette obsession de vouloir enterrer ce jeune homme décemment m’intriguait à la fois et m’irritait. Pourquoi ce jeune homme plus qu’un autre ? Etait-ce vraiment son fils ? spoiler: Ce n’était pas le cas . Mais comment ne pas devenir fou ou perdre tout esprit dans ce chaos ? Dois-je m’excuser de ne pas avoir eu d’émotion ? Si j’ai été sensible à la démarche artistique de Laszlo Nemes je ne l’ai pas été pour son personnage principal. Sans doute plus préoccupé par sa quête de trouver un rabbin au milieu de ce tourbillon de la mort. La démarche artistique, un tantinet radicale et intéressante, n’a-t-elle pas phagocyté l’émotion même du sujet ? C’est pourquoi, je ne peux pas dire que j’ai aimé ce film et encore moins dire que je ne l’ai pas aimé. « Le fils de Saul » est à la fois une curiosité et une déception…
J'aime ce film, je l'ai aimé dès les premières images : László Nemes a essayé de décrire "l'univers" de ces hommes chargés de l'innommable : mettre au four ces cadavres, faire partie malgré eux de cette logique nazie de destuction, "d'effacement"... Biensûr que ce n'est qu'un pâle reflet de la réalité de ces hommes souvent detestés des Juifs eux même qui ne savaient rien de la condition de ces hommes chargés du "nettoyage"...des Juifs qui pensaient qu'ils avaient de meilleures conditions de vie... Meilleures ? Quand on sait que leur "limite de vie " étaient au minimum de 3 semaines.., pour quels nazis effacent tout témoignage, entre autre... László Nemes a mis en scène comme il l'a pu, ce que pouvaient être les conditions de ces hommes-là : on en a une petite idée. Il faut savoir que beaucoup se suicidaient tant c'était au-delà du supportable....trop brisés... Grâce à ce film, j'ai appris qui ils étaient, ce qu'ils étaient et qu'ils avaient aussi laissé sous les fours des témoignages manuscrits-témoignages... Quant à Géza Röhrig, il est tout simplement génial et poète en plus : je me suis dit : "que ce rôle a dû être lourd à "porter", quelle force aussi.... Après, concernant ce film, à chacun sa sensibilité.............
Dans le camp d'Auschwitz, le prisonnier de guerre juif hongrois Saul est membre d'un Sonderkommando contraint de mettre en oeuvre la solution finale. Toujours en mouvement, on le voit s'affairer à là tâche de manière impassible et mécanique, obéir aux ordres, guider les convois des déportés vers les chambres à gaz, sortir les corps, ranger les vêtements et chaussures, laver le sang sur le sol, ramasser les cendres. La caméra ne le quitte pas un instant, en gros plan. Pas le temps de penser, de s'arrêter, de prendre du recul. L'homme est réduit à un état industriel et animal. Et c'est proprement terrifiant. Le format d'image carré permet de reléguer le pire de l'horreur dans le hors champ et de suggérer plus que de montrer. La bande-son faite de cris, d'ordres, de conversations dans plusieurs langues participe aussi à la tension. C'est étouffant et immersif. Le thème de la Shoah a déjà été traité au cinéma et pourtant on a l'impression d'en découvrir toute l'atrocité. On reste incrédule devant tant d'inhumanité. La deuxième partie du film s'égare un peu dans une quête absurde et perdue d'avance au risque de perdre ou d'agacer quelque peu le spectateur. Diverses pistes scénaristiques restent sans réponse. Mais Le Fils de Saul reste au final un film coup de poing, bouleversant et extrêmement dur à regarder, une oeuvre cinématographique et une plongée historique brute et singulière.
Loin d'être le chef d'oeuvre espéré, "Le Fils de Saul" n'en reste pas moins un film assez marquant sur l'univers des camps de concentration. La mise en scène, un peu agaçante, finit par lasser. Et l'histoire de cette quête demeure assez improbable quand on connait le système arbitraire et de surveillance poussé à l'extrême qui régnait alors dans ces camps. Certaines situations sont également peu crédibles. Le réalisme du travail des Sonderkommando est néanmoins bien reconstitué, de la manière la plus sobre possible.
Grand prix au Festival de Cannes largement mérité, ce film est bouleversant, Comment filmer l'immontrable l'innomable, avec une telle justesse. les acteurs sont d'une telle vérité, on en ressort perturbé, oppressé, ce film est un choc visuel esthetique sonore aussi, tous nos sens sont affectés , il faut absolument le voir.
Un film pour se détendre? Passe ton chemin, vu le sujet et la façon dont il est traité: on est à Auschwitz, on suit la trajectoire d'un Sonderkommando, Saul, qui, en désespoir de cause, s'est trouvé un but: enterrer décemment le fils qu'il s'est choisi...lui, il s'en fout, il est déjà mort, après ce qu'il a fait et vécu, élément perdu dans la mécanique impitoyable qui régit le camp...le procédé est implacable: on n'assiste pas à l'horreur du camp, mais on la perçoit seulement grâce au procédé qui consiste à tout centrer sur le personnage de Saul, le reste étant vécu grâce aux sons et aux images floues mais explicites qui entourent Saul: idée de génie du réalisateur. Evidemment, ce qui règne en maître est la mort, attendue à chaque instant, la peur, omniprésente, et cet horrible côté industriel d'Auschwitz: tout est planifié, chacun a un rôle bien défini, et même pour les Sonderkommandos, une durée d'utilisation déterminée. On sort de ce film qui a des aspects de conte (l'objectif de Saul parait en permanence inatteignable) non pas horrifié (les images par elle-mêmes ne sont pas choquantes (dans un sens du terme), mais secoué par le fait de constater une fois de plus, que des types ont mis un tel système au point, et, en face, que d'autres types ont vécu...ça.
Ce film est une illustration du quotidien d'Auschwitz du point de vue d'un membre du sonderkommando. A ce titre il montre absolument tout avec une reconstitution remarquable, et cela de manière subtile pour ne pas tomber dans un grossier voyeurisme. Pour ce faire, la technique est singulière : la quasi totalité du film repose sur un gros plan de son personnage principal, généralement sur une courte profondeur de champ, et tout ce qui se passe autour de lui se laisse en partie deviner, grâce à la bande sonore d'une qualité fantastique, et tout ce qui se trouve au second plan dans l'image. A ce titre, le style plaira ou ne plaira pas. J'ai trouvé qu'il a été bien adapté dans ce film, mais par moment, on a vraiment envie de voir au delà de ce que montre la caméra. Mais cette envie existe parce que ce qui nous est montré est déjà terriblement fascinant. En tout cas, il vaut largement le détour. C'est une expérience particulière.
le fils de Saul nous raconte la "vie" dans un camp de concentration de certains prisonniers juifs engagés malgré eux pour l'épuration finale. filmé caméra à la main le sujet fort rend certaines scènes insupportables et nous montrent l'atrocité exacerbée des nazis. œuvre magistrale.
Un film sur la shoa qui montre les horreurs bien connues autour d'un scénario qui ne présente que peu d'intérêt. Le parti pris de l'esthétisme et de la tenue de caméra n'arrange rien et se révèle très très lassant. Film complètement dispensable !
J'ai vu beaucoup de films et lu quelques livres sur les camps pour en voir et comprendre tous les aspects et toutes les visions mais là je n'ai pas tout compris spoiler: (l'appareil photo? L'évasion, comment entrent les armes?). Le personnage se déplace dans le camp "assez librement" et il se passe plein de choses peu claires pour le spectateurs autour de lui, on entend beaucoup de bruits, ça parle plusieurs langues (et c'était mal sous-titré, les sous-titres qui traduisent le hongrois et l'allemand se superposant et certaines phrases non traduites), on est perdu dans les rôles de chacun et l'histoire est bancale. C'est vrai que c'est un peu dur à regarder au début mais sinon je me suis surpris à rester stoïque devant un film historique de ce genre. A part pour les décors et le mérite de montrer le Sonderkommando je ne comprends pas la palme d'or du festival de Cannes ni l'Oscar.