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Kouto
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4,0
Publiée le 12 septembre 2025
Un film islandais évoquant des éleveurs de moutons contraints d’abattre leurs cheptels atteints d’une maladie. Généreux et bien construit autour de deux frères dont la rancœur les empêche de communiquer entre eux « Béliers » est un long-métrage qui fait preuve de beaucoup d’humanité au sein de paysages magnifiques reflétant également l’isolation de ces éleveurs.
Comme toujours regarder un film Islandais (mais on pourrait faire la même remarque pour les films d’autres pays scandinaves) c’est regarder un truc d’un exotisme glacé. Que ce soit le sujet lui-même, ou la manière dont il est traité, les Vikings ont toujours un humour bien particulier qui tranche sans équivoque possible avec les autres productions internationales. Ce long-métrage-ci ne fait pas exception à la règle avec cette vallée dédiée à l’élevage des moutons où deux frères habitent à un jet de pierre l’un de l’autre et ne se parlent plus depuis plus de quarante ans. La tremblante (maladie du mouton très contagieuse et incurable) ayant fait son apparition dans la vallée, les deux frères sont forcés de se rabibocher. Le film, il faut le dire tout de suite, est peu bavard, parce qu’il suit le quotidien de deux hommes qui vivent dans la solitude et dont le seul objet d’affection sont leurs moutons et particulièrement leurs béliers. L’intrigue est, elle aussi, lente, presque languissante, même si ce rythme de croisière colle bien à cette vallée reculée et à l’humour, parfois absurde, de ce film. Le long-métrage est agréable et on se laisse entraîner dans les aventures tragi-comiques de ces deux hommes, mais on ne peut se cacher qu’il est un peu décevant quand même. En fait, l’histoire à tendance un peu à patiner et la fameuse alliance entre nos deux Caïn et Abel tarde singulièrement à se faire jour, sans spolier, on peut dire qu’elle arrive vraiment très tardivement. En outre, la conclusion du film, bien que symboliquement très belle, à peine à convaincre tant elle est à la fois abrupte et laisse dans l'expectative. Un film islandais original, comme souvent, mais qui n’est pas non plus très convaincant. Pour le sujet, l’humour affleurant, à la rigueur.
Perdu. Ennemi. Fraternel. Crépusculaire. Tétu. Austère. Pudique. Taiseux. Solitaire. Solidaire. Poignant. Stylé. Avec des plans fixes et assez longs, deux personnages incroyables et du silence, Grimur Hakonarson livre un film hors norme et hors du temps, qui nous ramène à nos origines et à la dureté du monde, pour mieux le sublimer. Ce monde qui meurt serait presque magique !
Islande : superficie 103 000 km2 - 330 000 habitants ... Dans un contrée isolée, deux frères vieux-garçons qui ne se parlent plus depuis 40 ans, tous deux éleveurs d'une lignée de béliers qui font leur fierté, vont devoir aller au delà de leur haine pour traverser une épreuve et dans l'adversité se rapprocher. Avec une économie de moyens comme de dialogues, ce petit film aussi malin qu'intelligent émeut et séduit, par la puissance de ses silences, des regards de ses acteurs, et ses paysages déchirés. Profondément humain...
J’ai peur que la sélection Un certain regard, qui était synonyme d’ouverture d’esprit au cinéma, soit devenu un modèle… fermé. J’avais déjà constaté que des films rentraient dans le moule exprès, mais ils avaient leurs propres valeurs & restaient intrinsèquement méritants. Hrútar, c’est différent : le film est né la volonté de plaire à Cannes. Pays méprisé, vie autarcique, rebondissements familiaux, une humanité maltraitée où les animaux reprennent place comme jadis en Éden, voilà le nouveau drame que Cannes défend année après année avec les meilleures intentions mais déformant celles des cinéastes, au détriment même d’une remise en contexte pourtant nécessaire à l’histoire.
Concrètement, le résultat est loin d’être un mauvais film. Esthétique & solidement ancré sur les deux frères (des acteurs qui commencent d’être des vétérans chez eux même si on ne risque pas d’en avoir la moindre idée de notre côté de la mer), ils gèrent les moutons comme le premier Islandais venu (bah oui, ils s’y connaissent tous en élevage. Non ?) & il ne faut pas cracher sur le minimalisme sous prétexte que l’œuvre est cannée. En-dessous du drame adressé à l’internationale, il y a le drame de la maladie, jugement d’ovin qui frappe les troupeaux & bouleverse une vie dont les Vikings susnommés sortiraient bien… s’ils savaient où aller.
Aucun souci donc dans la mise en scène, ni dans un relationnel épuré qui surprend seulement parce qu’il est soudain. C’est la vocation du film que je questionne, & quoique la sélection Un certain regard continuera d’être une garantie pour moi, je la considérerai d’un œil plus circonspect à l’avenir : récompenser les témoignages à la fois artistiques & semi-documentaires, c’est les encourager au biais & faire négliger au spectateur que les films primés ne sont pas encore assez formatés pour ne pas prendre aux tripes.
"Béliers" est le genre de film que l'on aimerait voir plus souvent. Deux frères voisins de maison ne se parlant plus depuis presque toute une vie, la campagne islandaise, des béliers, le décor est largement planté ! On peut observer à quel point le réalisateur islandais est familier des habitants de son petit pays à l'écart du monde lorsque l'on suit les péripéties de Gummi et Kiddi, ses fameux personnages hauts en couleur et attachants. Une petite leçon de comédie mélancolique, on se retrouverait presque dans un film des Coen tellement le ressenti est similaire. A voir pour l'originalité et le dépaysement !
Sous les décors magistraux de l’Islande du nord, Béliers raconte l’histoire de deux voisins, qui sont accessoirement frères et qui s’ignorent depuis quarante ans à cause de quelques malentendus d’éleveurs de moutons, ou alors d’un passé que nous ne connaissons pas. Si le film aborde la dureté de devoir se séparer de troupeaux lorsqu’ils sont touchés par la tremblante qui atteint le cerveau et la moelle épinière, c’est surtout un film d’espoir fraternel. C’est quand on tombe vraiment bas et qu’on partage les mêmes convictions que l’on se rencontre qui est vraiment là pour nous. En fin de compte ? Béliers est une ode à l’amour entre ces deux frères qui vont se protéger malgré la grimace extérieure qu’ils se font quotidiennement. Nous ne vous dirons pas à quel point ce film choc va vous provoquer un ébranlement émotionnel. Un chef d’œuvre en toute ruralité. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Film qui n'est pas dénué d'intérêt car le thème est émouvant et prenant mais malheureusement on subit trop de longueurs, le rendu est trop froid, les personnages pas assez chaleureux et on ne peut s'empêcher de s'ennuyer malgré toute la bonne volonté du monde. Dommage car en plus les paysages étaient fort jolis (même s'ils manquent quelques geysers selon mon neveu mais bon !) C'est tenté mais c'est raté !
Une fratrie disloquée par la jalousie. Habitant à 200m l'un de l'autre, ils ne peuvent se voir suite à différent familial somme toute banal. Et on la sait, le frère c'est l'opposition et la confrontation permanente. L'idée même que sous le même toi à vécu un autre petit garçon qui dérangeait l'ordre établi. Dans les sublimes couleurs des prairies islandaises, les deux frères éleveurs vont devoir faire face à l'épidémie qui touche leurs bêtes. Face au désarroi, la raison la plus simple sera alors de faire union. Touchant.
Distingué à Cannes, l’année dernière, dans la sélection Un certain regard, Béliers de Grimur Hakonarson, comme le dit le slogan de l’affiche, est un vent frais venu de contrées nordiques, l’Islande rurale, l’Islande du cheptel laineux, celle qui glorifie ses béliers. Dans l’est du pays, voilà deux vieux frangins éleveurs, voisins directs, bourrus tous les deux et ne se parlant plus depuis 40 ans. Deux frères ennemis, donc, rivaux lors du concours du plus beau bélier puis, par la force des choses, on s’en doute, alliés face à l’état. Oui, lorsqu’est diagnostiquée une maladie chez l’un des animaux de Kiddi, on entend bien, en haut lieu, faire disparaître tous les troupeaux du coin. Un affront pour les deux frangins qui entendent bien sauvegarder la lignée de leurs bétails.
Avec toute la froideur scandinave, aujourd’hui bien connue à l’écrit comme sur les écrans, Béliers nous narre les aventures de deux individus inclassables, deux vieux de la vieille forcés de ravaler gentiment leurs fiertés respectives pour s’unir face à l’extinction de leur gagne-pain. Fondamentalement, le film est d’une simplicité déroutante, drame social passablement commun si ce n’est ce cadre islandais en partie glacé, cet élan sauvage, les personnages comme leurs environnements. Cette froideur scandinave, donc, est plus touchante encore du moment où l’on peut apprécier le retour du dialogue entre les deux frères, par le force puis par conviction dans un final peu surprenant mais réussi.
Le film n’est jamais partisan, il n’est ni poétique, ni sentimental dans le sens ou le cinéaste ne cible que la véracité brute des rapports entre deux êtres, confrontés aux mêmes maux. L’humour noir, d’ailleurs pas forcément voulu, vient poindre le bout de son nez dans l’absurde, comme lorsque l’un des frères amène à l’hôpital l’autre dans la benne de son tracteur et le dépose, comme un paquet, devant la porte des urgences. La réussite, en somme, de ce Béliers, c’est de faire éprouver une forme de délicatesse via une froideur dérangeante. Le coup est rondement mené, quoique léger, et nous apprécions cette proposition scandinave telle qu’elle nous est offerte. 14/20
Petit film islandais typique, Béliers nous permet d’approcher le drame de l’abattage des troupeaux après le passage d’une maladie comme la tremblante du mouton et les conséquences sur une communauté d’éleveurs. Pas bavard, me métrage joue à fond de l’atmosphère nordique, froide, impersonnelle, mais aussi du décalage entre nos mœurs et celle de cette petite communauté coupée du reste du monde. On apprécie notamment la vieille haine qui oppose deux frères qui ne se parlent plus depuis des années sans que l’on sache vraiment pourquoi. Leurs retrouvailles finales sous forme de métaphore utérine est tout bonnement superbe, entraînant le film vers la poésie pure et simple. Au final, voilà encore un film islandais superbe.
Dans une de ces innombrables vallées isolées d’Islande, l’élevage du mouton est bien plus qu’un gagne-pain, c’est une science, une culture, une passion, une histoire, un concours, une fierté, un sens et une esthétique de la vie. La catastrophe tombe par la présence d’une neuropathie transmissible obligeant les services vétérinaires à un abatage général dans toute la vallée, dans un pays où rigueur, pragmatisme et une effrayante et exhaustive discipline de la propreté ne sont pas juste des mots. Comme d’autres éleveurs, deux frères ennemis, sexagénaires, ours hirsutes de l’ancienne école, voisins et fâchés depuis 40 ans, ne communiquant que par chien interposé, subissent le même et poignant anéantissement de devoir liquider toute leur vie. A moins qu’ils n’osent s’accorder une nécessaire solidarité qui leur permettra de sauver secrètement une poignée de béliers et brebis de leur superbe et ancestrale lignée de Bolstad, au prix du risque de leur vie, de la transgression de la loi, et celle de leur féroce animosité. Si la situation sait être cocasse entre les deux voisins terribles et les efforts agités de leur pauvre sauvetage, on a bien affaire à un film tragique, poignant de douleurs et d’innocence, de secrets que l’on devine lourds, à la tendresse et au sentimentalisme étonnants, fidèle à la rudesse franche et périlleuse du pays dont il est issu. La rustrerie rurale et les dialogues à la nordique, minimalistes et stoïques, les rancœurs calmes mais non moins enragées, les coups de gueule et les déterminations glacées, nous captivent dans un bouleversant réalisme de drame, dans une terrible sentimentalité et dans une rustique authenticité.
Béliers (Rams) : des personnages aussi frustes qu’attachants.♥♥♥1/2
Récompensé du prix Un certain Regard au Festival de Cannes 2015, le dernier film de l’islandais Grimur Hàkonarson, Béliers (Rams), sort cette semaine au Québec.
On y suit le quotidien de deux frères à la tête dure : Gummi (Sigurdur Sigurjonsson) et Kiddi (Theodor Juliusson) qui ne se parlent plus et soutiennent mordicus leurs points de vue sur une querelle familiale vieille de plus de 40 ans. Malgré leurs différends, l’amour qu’ils entretiennent en commun pour leur lignée de moutons ancestrale va les forcer à se rapprocher suite à l’apparition, dans leur petit village, de la maladie mortelle et incurable de la tremblante du mouton. Dès lors, le vétérinaire du coin n’a de choix que d’ordonner l’abattage de tous les troupeaux ainsi que la décontamination des fermes. Cependant, Gummi semble ne pas vouloir l’entendre de cette oreille et trouve un subterfuge pour contrer la décision des autorités.
Dès les premiers plans, l’immensité des paysages où viennent se perdre des personnages au moral en berne nous frappe l’oeil, renforçant l’isolement que l’on ressent en leur présence. Pourtant, malgré une indépendance qu’ils cultivent avec ténacité, les villageois sont solidaires et vouent un affection sans borne pour leurs moutons. Ils créent avec ces derniers un lien de tendresse très fort qui s’apparente à celui d’un parent pour son enfant (nettoyage dans la baignoire, polissage des cornes). Notons que Béliers a été tourné à Bardardalur, au nord-ouest de l’Islande, une région où le secteur d’activité principale reste l’élevage de moutons à l’image d’une ruralité qui perdure grâce à la perpétuation de traditions ancestrales. Ainsi, cette accointance entre l’homme et l’animal occasionne à de nombreuses reprises le rire, contrastant avec le quotidien plutôt maussade des habitants du coin. Il faut dire que les teintes fades et sans caractère du cadre de vie se distinguent des personnages hauts en couleurs (affublés de chemises à carreaux) et du motif de la tapisserie de la cuisine.
On reconnait bien là l’humour scandinave qui se singularise souvent par l’absurde et un comique de situation privilégiant le langage corporel aux dialogues (repas de Noël). De ce fait, lorsque Gummi cherchera à joindre son frère, il aboiera afin que Somi, son chien, vienne récupérer puis délivrer son message en toute impartialité. En outre, son air grincheux et renfrogné fait de ce personnage un être profondément théâtral qui provoque le rire à son insu.
Avec des personnages aussi imprévisibles et indépendants que les bêtes, malgré tout, le réalisateur prend le temps de poser sa caméra, l’action ne sortant que très rarement du cadre. Cette lenteur en découragera certains mais pourra aussi bien en séduire d’autres, notamment le public québécois, avec ces quelques scènes hivernales du quotidien où les situations cocasses font mouche.