Béliers
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Cinemaniakmontreal
Cinemaniakmontreal

22 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2016
Béliers (Rams) : des personnages aussi frustes qu’attachants.♥♥♥1/2

Récompensé du prix Un certain Regard au Festival de Cannes 2015, le dernier film de l’islandais Grimur Hàkonarson, Béliers (Rams), sort cette semaine au Québec.

On y suit le quotidien de deux frères à la tête dure : Gummi (Sigurdur Sigurjonsson) et Kiddi (Theodor Juliusson) qui ne se parlent plus et soutiennent mordicus leurs points de vue sur une querelle familiale vieille de plus de 40 ans. Malgré leurs différends, l’amour qu’ils entretiennent en commun pour leur lignée de moutons ancestrale va les forcer à se rapprocher suite à l’apparition, dans leur petit village, de la maladie mortelle et incurable de la tremblante du mouton. Dès lors, le vétérinaire du coin n’a de choix que d’ordonner l’abattage de tous les troupeaux ainsi que la décontamination des fermes. Cependant, Gummi semble ne pas vouloir l’entendre de cette oreille et trouve un subterfuge pour contrer la décision des autorités.

Dès les premiers plans, l’immensité des paysages où viennent se perdre des personnages au moral en berne nous frappe l’oeil, renforçant l’isolement que l’on ressent en leur présence. Pourtant, malgré une indépendance qu’ils cultivent avec ténacité, les villageois sont solidaires et vouent un affection sans borne pour leurs moutons. Ils créent avec ces derniers un lien de tendresse très fort qui s’apparente à celui d’un parent pour son enfant (nettoyage dans la baignoire, polissage des cornes). Notons que Béliers a été tourné à Bardardalur, au nord-ouest de l’Islande, une région où le secteur d’activité principale reste l’élevage de moutons à l’image d’une ruralité qui perdure grâce à la perpétuation de traditions ancestrales. Ainsi, cette accointance entre l’homme et l’animal occasionne à de nombreuses reprises le rire, contrastant avec le quotidien plutôt maussade des habitants du coin. Il faut dire que les teintes fades et sans caractère du cadre de vie se distinguent des personnages hauts en couleurs (affublés de chemises à carreaux) et du motif de la tapisserie de la cuisine.

On reconnait bien là l’humour scandinave qui se singularise souvent par l’absurde et un comique de situation privilégiant le langage corporel aux dialogues (repas de Noël). De ce fait, lorsque Gummi cherchera à joindre son frère, il aboiera afin que Somi, son chien, vienne récupérer puis délivrer son message en toute impartialité. En outre, son air grincheux et renfrogné fait de ce personnage un être profondément théâtral qui provoque le rire à son insu.

Avec des personnages aussi imprévisibles et indépendants que les bêtes, malgré tout, le réalisateur prend le temps de poser sa caméra, l’action ne sortant que très rarement du cadre. Cette lenteur en découragera certains mais pourra aussi bien en séduire d’autres, notamment le public québécois, avec ces quelques scènes hivernales du quotidien où les situations cocasses font mouche.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2016
C’est l’histoire de deux frères, célibataires, qui ne se parlent plus depuis 40 ans et qui vivent, séparément, dans la ferme de leurs parents décédés. Le diagnostic de la tremblante chez le bélier de l’un d’eux (et qui a gagné un concours) est à l’origine de l’abattage des troupeaux des 2 frères, ainsi que ceux de toute la vallée de Bardardalur (située dans le nord de l’Islande, entre la 2e ville du pays, Akureyri et le lac Myvatn). Les images de paysages sont superbes, la vie rude des éleveurs bien reconstituée avec peu de dialogues et la mise en scène, ainsi que le montage, est sobre. Le scénario reste simple et se rapproche plus des pièces d’Anton Tchekhov que de celles de Tennessee Williams… Dommage que l’accroche du film soit « Une bouffée d’air frais ! », car, il s’agit d’un film mélancolique. C’est, peut-être çà, l’esprit islandais, celui d’un petit peuple (320 000 habitants pour 460 000 moutons !) vivant dans un univers hostile et depuis plus de 11 siècles !
overlook2
overlook2

32 abonnés 163 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2016
La magnificence des décors et le subtil hiératisme de la mise en scène confèrent au récit minimaliste de cet affrontement fraternel une dimension quasi mythologique. A la fois cocasse et émouvant, mental et contemplatif, parfois proche du cinéma muet tant les protagonistes sont taiseux et le rapport à l’espace déterminant, ce premier film islandais possède une ampleur délicate
JustinSvn
JustinSvn

13 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juin 2020
L'Islande procure un dépaysement total chez le spectateur. Aux paysages mirifiques s'ajoute une histoire bouleversante, celle de deux frères éleveurs de moutons vivant en autarcie loin de toute vie humaine. Malgré leurs différences et désaccords, ils vont devoir s'unir pour sauver leur troupeau face à la maladie communément appelée la tremblante du mouton.
Original, beau et poignant, ce drame est à conseiller aux naturophiles.
Lacroixjean Lacroix
Lacroixjean Lacroix

4 abonnés 129 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mars 2024
Un film qui se passe en Islande, je suis preneuse.
Pour autant je suis déçue par la fin du film qui me laisse sur ma faim.
Certains diront que la fin n'est pas essentielle car l'essentiel est ailleurs.
Certes néanmoins je trouve qu'il manque "un chapitre " à l'histoire !!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 octobre 2016
Deux frangins vieux gars et voisins...mais qui ne se parlent plus depuis quarante ans...ils élèvent des béliers chacun de leur côté, mais un jour ça ce gâte: la tremblante s'installe...ça va changer la situation et les rapports...peu de dialogues (juste le nécessaire, vu le sujet), peu d'acteurs (mais des bons), l'Islande sauvage comme décor, on est dans une espèce de western social qui a parfois des allures documentaires...pas une comédie, pas une tragédie..Télérama dit que ce film a de la gueule, ça me parait le plus approprié, tiens...une simple histoire réaliste, crédible. Primé à Cannes, je valide.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 29 février 2016
Ah! les films scandinaves! Bruts, austères, un peu lacunaires... Déjà jai apprécié un certain exotisme, que ça soit dans la beauté des paysages islandais et le mode de vie de ces paysans rustres. Petit à petit, je me suis immergé dans l'histoire de ces deux frères qui transite de la comédie douce amère à la tragédie spoiler: pour les accompagner jusqu'au terrible dénouement
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Un-bon-moment-C-est-deja-pas-mal
Un-bon-moment-C-est-deja-pas-mal

42 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2017
Je cherchais une comedie a regarder. C'est pas du tout une comedie, meme s'il y a une ou deux touches d'humour. Mais cette mauvaise classification n'empeche pas que c'est tres bien quand meme.
C'est l'histoire de paysans islandais qui voient leur monde s'ecrouler par la menace d'une maladie qui impliquerait d'abattre l'integralite de leurs troupeaux (ce qui cree un enjeu dramatique fort) mais qui refusent de se laisser abattre.
C'est l'histoire de deux freres taiseux et qui ne se parlent pas beaucoup, mais restent freres, et l'enjeu emotionnel marche. C'est tout simplement une belle histoire de famille.
C'est enfin une maniere tout a fait admirable de filmer les paysans, l'amour des betes, le travail quotidien (on dirait qu'ils ont fait cela toute leur vie a l'inverse de nombreux films ou les acteurs ont l'air de touristes a la ferme/au travail), et puis les mains, les visages uses par le travail et le temps et aussi le vide, le vent et le froid.
Tres bien ce film
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 19 janvier 2016
C'est long. Très peu de dialogues. Les paysages se résument à quelques étendues plates et glacées. Le scénario est faible. Peu d'intérêt. On s'ennuie ferme
GF S.
GF S.

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2016
je m'y croyais. Ces acteurs m'ont bluffé.J'ai cru à de véritables éleveurs à voir leurs gestes assurés, le naturel d’exécution du travail. Et ce sont de simples acteurs. Bravo. beau travail.
enfin bref, j'ai vécu au fin fond d'une vallée islandaise le temps d'une soirée. merci
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 mai 2021
Il est finalement assez difficile de noter, de qualifier ce film puisqu'il parle à nos émotions intérieures, indicibles, impalpables même par les mots. Cependant je vais essayer d'en trouver quelques uns.
Les mots "'étendue", "paysages" me viennent de manière assez naturelle, mais très vite notre respriration dans ce grand bol d'air qu'est l'Islande se grippe par l'abbatage des moutons de ces deux frères et donc par la dispariation de l'essence même non seulement de leur travail mais aussi leur tradition, culture, identité.
Une détestation entre ces deux frères se mue de manière très progressive et irrégulière en un amour intense ou plutôt fait apparaître un amour fraternel puissant qui n'a sans doute jamais véritablement disparu.
Donc bien sûr je recommande.
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