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Un visiteur
3,0
Publiée le 28 janvier 2016
"...La première moitié du film est plus contemplative, on est dans le quotidien des gens solitaires qui peuvent tout perdre et les silences, comme les paysages, sont profuses. Mais petit à petit on se trouve dans une deuxième moitié plus sentimentale où deux gens rien à perdre essayent de chasser leur fantômes en nous menant vers une fin où, toute au contraire que celle de Une histoire vraie, éclate dans un moment saisissant qui arrive à nous émouvoir et qui fait au film aussi monter un échelon."
Film magnifique , sobre , très juste ! C'est l'Islande et c'est beau ! Ces hommes sont touchants et très dignes ( du moins l'un des deux frères ..) PS: en Scandinavie, il est habituel de priser et /ou de chiquer du tabac . Je le sais pour avoir vécu en Suède et avoir été au début étonnée de cette curieuse habitude. Même au collège ou j'enseignais, le plafond était maculé de ces curieux "chewing gums" noirs collés ...! Dans le film, c'est évidemment de cette habitude qu'il s'agit et non pas de sniffe de coke!... tout à fait hors sujet !...
Un film bien particulier, un peu à part, un peu indescriptible. Une histoire tendue entre deux frères, dans une contrée bien hostile pour nous, et pourtant pas si loin. Tout est vraiment réaliste, filmé au plus près de la réalité, sans trucages, montages ni arrangements. spoiler: Le tout pour une fin bien particulière...
Mais en tout cas c'est un film dont on se souvient : ni génial, ni nul, juste inclassable ! Je recommanderai ce film ? oui, mais pas à n'importe qui... ça peut plaire, ou rebutter, mais moi ça m'a plu :)
L’Islande est un territoire de prime abord plutôt hostile à l’existence quotidienne. Au-delà des rares villes, la densité de population reste faible dans ce territoire sauvage. Sous ces hautes latitudes, le froid et le vent règnent sans partage, secondés avec force par la neige. Si ce n’est pas un tableau de rêve pour ceux qui souhaitent des vacances reposantes, il y a pourtant des irréductibles qui vivent ici à l’année, dans ces grandes étendues d’herbe rase qui ressembleraient à s’y méprendre à la toundra. Ce film, c’est d’abord une histoire ancrée dans ce pays, avec ceux qui y vivent, des personnages à l’image de ces paysages. Ceux et celles que vous allez croiser ici ont la peau tannée comme le cuir, les mains noueuses, ils sont taciturnes et farouches. Mais ils sont animés du même amour ardent pour leur bien le plus précieux : leurs moutons et plus précisément leurs béliers.
Ou comment rappeler qu'un film c'est autre chose qu'une affaire de budget, d'effets spéciaux, de post-production ou de casting prestigieux. Comment rappeler, comme disait Gabin, qu'un bon film c'est d'abord une bonne histoire. Et de préférence une histoire humaine, comme celle de ces hommes à la fois simples et riches, si proches et pourtant si distants au milieu de ce bout du monde, si prompts à prodiguer à leurs troupeaux une affectation qu'ils se refusent l'un à l'autre depuis si longtemps. Le réalisateur nous offre ainsi un film en trompe l'œil, á l'apparente inaction, où l'animal révèle l'humain, où l'humour habille pudiquement les émotions enfouies.
Dans une vallée islandaise, pas un arbre à l’horizon. Deux fermes contiguës, deux troupeaux de moutons, deux béliers et deux frères. Chacun vit seul. Ils ne se parlent plus depuis 40 ans, faute semble-t-il au père et à sa succession mais on n’en saura pas plus. Gummi et Kiddi vivent et pensent moutons, une pure race islandaise que l’on ne trouve plus que dans leur vallée. Un jour un des béliers présente des symptômes qui font penser à la tremblante. Que vont décider les services vétérinaires ? Quel impact pour les deux frères ? C’est très bien. C’est émouvant. C’est parfois drôle. Dans une grande économie de tout – comme les paysages – et ça marche. Les deux frères ont de la gueule et du corps. Sauf qu’à la fin j’ai déploré le choix des auteurs d’arrêter leur histoire là où elle s’arrête. Ce type de fin, c’était à la mode quand j’étais ado. Bon, j’exagère. A voir.
Un film qui nous fait côtoyer les éleveurs de Béliers islandais. Une histoire entre deux frères et l'amour de leurs bêtes. Un film avec une bande son et des images qui donnent le ton de cette vie simple rude et centré sur l'essentiel. Prendre le temps, pardonner, se résigner ou combattre, attendre et tenir ses serments...
Béliers est un film qui relate les déboires d'agriculteurs en Islande confrontés à une épidémie. Ce film fait écho à une triste actualité, nos fermiers du sud-ouest contraints par les autorités sanitaires d'abattre toutes les volailles pour juguler une épidémie de grippe aviaire, 15 000 bêtes... On imagine le drame pour les exploitants. Le film nous fait vivre un drame semblable avec une intensité affective et émotionnelle très forte. Il nous montre l'amour de ces éleveurs pour leurs animaux. Un amour qui ressemble à l'attachement que l'on peut avoir pour son animal de compagnie en lui parlant, le félicitant, le caressant et même en l'embrassant. Ces fermiers élèvent une espèce en voie d'extinction et donc l'enjeu et l'investissement sont d'autant plus forts. Ils iront même jusqu'à s'opposer aux autorités, certains abandonnant tout simplement ce métier tant le traumatisme est profond. Fils d'agriculteur, ce film m'a transporté à mon enfance et après coup j'ai revu mon père parler à ses chevaux, aider les vaches à mettre bas pour abréger leur souffrance, caresser les petits veaux tel un père avec ses enfants avec même plus de naturel en raison de l'absence de pudeur équivoque. L'Islande n'est pas le sud-ouest de la France, le climat, l'hiver viennent contribuer au drame de l'épidémie. J'ai beaucoup aimé, tout écologiste et naturaliste et même tout un chacun ne pouvons rester insensible à ce beau mais rude film. Les paysages sont magnifiques et on est en droit de s'interroger si les fermiers n'en sont pas d'authentiques et non pas des acteurs tant le réalisme est bien rendu. A voir et revoir si les occasions se présentent.
Dépaysement garanti avec cette immersion dans le monde des éleveurs de béliers islandais. Un monde de barbus un peu rustres, avec leurs traditions, leurs fiertés, leurs embrouilles. L'histoire des deux frères fâchés, qui communiquent par chien interposé, s'annonce piquante. Et le réalisateur, visiblement à l'aise dans cet univers, semble animé des meilleures intentions, captant tendresse et vacherie. On s'installe confortablement dans ce film aux abords sympathiques. Entre deux scènes gentiment décalées, le drame s'impose doucement - Béliers n'a rien d'un feel-good-movie, comme certains ont pu l'écrire. Mais peu importe. On découvre une trame générale finalement assez classique. On avance tout en espérant que ça s'emballe, sur le fond comme sur la forme. La narration reste hélas un peu lente et molle. Et le scénario, minimaliste et prévisible. Alors on peut célébrer la simplicité et la justesse de l'ensemble, c'est sûr. On peut aussi regretter que le propos ne soit pas plus étoffé et original. En dépit d'une fin très belle et très forte (qui rend d'autant plus frustrant le léger ennui qui précède), ce film n'atteint pas la puissance tragi-comique des meilleurs films islandais, Noï Albinoï en tête.
On a découvert récemment avec Arnaldur Indriðason le polar islandais. On ne connaît guère le cinéma islandais sinon à travers quelques pépites signées Dagur Kari (Noi Albinoi) ou Baltasar Kormakur (101 Reykjavik, Jar City) qui vient d'être débauché par Hollywood pour y signer Everest.
C'est en veine d'exotisme qu'on ira voir Béliers, primé à Cannes et en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger. Dans une vallée quasi déserte de l'est de l'Islande, deux frères y élèvent des moutons. Ils ne s'adressent plus la parole pour un motif qu'on ignore et se disputent la première place aux comices agricoles. Lorsque la tremblante menace d'éradiquer leurs troupeaux, ils doivent remiser leurs vieilles rancœurs.
Ce pitch peut laisser craindre un film lesté de bons sentiments, une fable sur fond de grands espaces enneigés, un hymne aux liens du sang. Il n'en est rien. Le film n'emprunte pas les chemins balisés de la comédie, mais bifurque vers le drame pour culminer dans un épilogue poignant.
Dans une île au bout de l’Europe et perdue dans l’Océan, l’Islande, une vallée isolée et loin de toute civilisation ; ici, c’est la patrie des éleveurs de moutons. Deux frères bourrus, barbus vivent à 50m l’un de l’autre ; et depuis leurs naissances, ne s’adressent plus la parole depuis 40 ans. Dans ce pays rude constitué de taiseux, les rancunes ont la dent dure. Il faudra un drame collectif pour toute la communauté pour que petit à petit les deux hommes renouent le dialogue. Et le cœur du drame mais aussi de la réconciliation sera ce qui seul a de l’importance pour eux : les moutons. Présenté dans la section « Un certain regard » à Cannes, le choix était judicieux. Pour un premier long métrage, l’islandais Grimur Hakonarson affiche une belle maitrise. Scénario, mise en scène, réalisme des situations et travail autour de la psychologie des personnages ; tout est réussi avec en toile de fond un superbe décor austère filmé avec talent. Entre drame et comédie, le film souffle le chaud et le froid, car derrière les vacheries des deux frères persistent constamment une humanité. Cela permet des scènes originales et cocasses dont l’idée comique et osée de la scène avec la pelleteuse. Plans fixes en cinémascope, lenteur des situations ; ce western nordique pépère pourrait effrayer par sa singularité tous les amateurs de films dynamiques. Mais cette langueur dans le déroulé de l’histoire permet à Hakonarson de conserver une cohérence global de son récit. Dans ce pays où tout va lentement, ce cinéma avance à pas feutrés tout en affinant ses enjeux intelligemment tout au long du film jusqu’au bouquet final émotionnel. Ce rythme posé et inéluctable est juste parfois longuet, le seul reproche que l’on peut faire à un très bon premier film. A suivre. Dommage que l’affiche aux accents graveleux ne représente que si peu un drame rural où la comédie est juste présente en filigrane.
"Béliers" est à voir absolument. C'est un véritable chef-d'oeuvre ; sans doute le meilleur drame que j'aie vu. Le cadre, tout d'abord, est splendide. Un film avec, en toile de fond, les magnifiques paysages de la campagne islandaise, ça ne se refuse pas ! Les acteurs sont très bons, et d'une extrême justesse dans leur jeu. Enfin, l'histoire est poignante, déchirante. Le réalisateur montre ainsi les "travers" d'un mode de vie particulier, à l'ancienne, en autarcie, dans la campagne (et il faut savoir que de nombreux cas similaires de brouilles familiales existent réellement en Islande), sans pour autant les juger ou en faire le procès. En effet, même si on trouve cela déplorable d'être entêté au point de ne plus adresser la parole à son frère, etc. , on ne peut pas s'empêcher de ressentir une immense compassion pour ces deux fermiers menant une vie austère et solitaire, et attachés à leurs bêtes comme si c'étaient leurs enfants. C'en est même très émouvant. Courez voir "Béliers" de toute urgence !