Pfff… Bon je veux bien entendre que les enfants aiment voir des petits animaux tout mignons qui font des grimaces. Je veux bien aussi reconnaître que, techniquement, les studios « Illumination » (Quel nom de studio bien trompeur ! On va en reparler…) fournissent un produit techniquement à la hauteur. Tout comme je suis prêt à concéder que cette histoire est finalement conforme aux soi-disant attentes du moment… Mais bon… Pitié ! De la créativité ! On commence avec un clip dégueu plein de couleurs avec une musique pop immonde et ensuite on déroule les facilités habituelles : « Bonjour, moi je m’appelle [insérer nom du personnage principal]. Et ma vie est vraiment super chouette. J’espère qu’elle durera toujours ainsi. » Ajout aléatoire de personnages caricaturaux pour enrichir l’entourage du dit-héros. Choisir dans la liste suivante : le débile ; le lourd : la fille pimbèche ; le peureux ; l’énervé ; celui qui ne peut s’empêcher de manger, etc… Introduire élément perturbateur ici. Vie heureuse perturbée. Course poursuite. Gags à base de grimaces, de pipi, de caca… Gag à base de celui qui mange trop ; gag du lourd qui fait le lourd ; gag du débile qui dit des trucs débiles ; gag de la fille pimbèche qui pimbéchise… Insérer opposant aléatoire ici. Insérer morale à base de « pouvoir de l’amour » là. Retour à la case départ. « Qu’est-ce qu’on est heureux chez soi dans son confort normatif ! Youpi ! » Fin… Alors bon, qu’on utilise quelques ficelles, encore moi je dis pourquoi pas… Mais là quand je vois ce film je ne vois que de la ficelle et rien d’autre ! C’est dingue quand même d’avoir une logique si « marchande » et « manufacturée » de la création ! A quel moment des gars comme Chris Renaud peuvent se dire : « ça y est ! Maintenant c’est évident, je viens d’avoir l’illumination ! J’ai enfin trouvé ma voie ! Je vais raconter aux gens ce que tout le monde leur a déjà raconté mille fois ! Je vais leur montrer ce que les autres leur ont déjà montré ! Je vais faire le truc le plus impersonnel du monde ! Un pur produit formaté sans âme ! Ô mon rêve ! » A aucun moment j’ai eu l’impression qu’on cherchait à me raconter quelque-chose. A aucun moment j’ai senti une patte dans ce film. Du standard, du basique, du cliché, c’est bien là tout ce qu’on nous a mis dans la gamelle… Vas-y rêve maintenant spectateur… Franchement je trouve ça désolant. Le pire c’est que je suis persuadé que les gars des studios « Illumination » sont vraiment contents de leur taf. Ils doivent certainement se dire : « Eh ça y est, on fait comme les grands ! Nos productions rivalisent avec les leurs… » Le genre de réflexion d’industriels quoi… Pour moi, perso, ce n’est pas avec ce genre de démarche qu’on me fait rêver. Moi, les films impersonnels, standards, simplistes et limite puant le conservateur (dans tous les sens du terme), je les mange un peu comme on mange un sandwich triangle tout flétri au fond d’un sac un jour de voyage. On le fait mécaniquement. On ne se pose même plus la question du goût. On se dit juste que certaines saveurs rappellent vaguement un machin qu’on a bien aimé ailleurs, mais en fade et synthétique. Et puis une fois enfilé le tout en trois bouchées, on passe à autre chose parce bon, c’est pas tout ça, mais on va pas s’attarder non plus… Bah oui ! Désolé mais pour moi, ce « Comme des bêtes », ça se limite vraiment qu’à ça. Et c’est assez affligeant quand on y pense…