Pas si magique! A la base, j’aime bien cette saga. Le premier film, sorti il y a plus de 10 ans déjà, était vraiment une belle surprise. Il apportait de la fraicheur dans le genre thriller. Sa suite, sortie en 2016, était moins efficace, moins mémorable, mais pas totalement désagréable. Voilà maintenant que le troisième opus sort enfin, retardé pendant des années par le covid, des conflits d’emploi du temps des acteurs, et des réécritures. C’était l’une de mes plus grosses attentes de cette fin d’année. Ce « Insaisissables 3 » est une légère déception pour ma part. En effet, j’ai passé un plutôt bon moment devant. C’est tout à fait divertissant et un minimum amusant. À ce titre, le film mérite naturellement la moyenne selon moi. Mais j’en espérais plus!
Mon premier souci vient probablement du côté visuel. C’est encore un nouveau réalisateur qui vient derrière la caméra de ce troisième long métrage, en la personne de Ruben Fleisher (« Venom », « Uncharted », les « Zombieland »), qui est, disons-le, un yes man dans cette tâche. Il n’y a que très peu de recherche esthétique dans la mise en scène. Aucun plan ne reste en tête. C’est très plat, mais aussi pas toujours lisible dans les scènes d’action, la faute à un montage trop brutal et une caméra pas assez aérée. Ça manque cruellement de créativité à ce niveau là (à l’image des affiches promotionnelles de l’oeuvre). De plus, j’ai trouvé le film trop peu spectaculaire malgré le potentiel du concept.
En outre, quelques scènes m’ont paru ridicules pendant le visionnage. Par exemple, et sans spoiler, tout ce qui tourne autour de la police nationale française qui intervient auprès de nos protagonistes fait peine à voir. Il y a un manque d’implication émotionnelle, surtout si on pense, en exemple, au traitement d’un personnage en particulier apparaissant 5 minutes en tout et pour tout à l’écran. J’ai aussi été dérangé de voir à quel point le film cherche à nous dire tout à haute voix. On a en effet tout un lot de répliques bâteau, qui ne servent à rien, voire qui sont surexplicatives, ce qui, parfois, me faisait sortir de l’oeuvre. La bande son, si elle n’utilise pas des thèmes déjà connus de la licence, est anecdotique. Et la méchante, au « coeur » de l’intrigue, est caricaturale à mon sens.
L’histoire, quand à elle, fait le boulot. On y retrouve quelques rebondissements sympa et bien pensés. « Now You See Me: Now You Don’t », dans son titre en vo, parvient quelque peu à surprendre dans son scénario (bien qu’il y ai des facilités). Le rythme est globalement super. J’ai trouvé le début compétent quant à sa capacité à nous replonger dans l’ambiance de cet univers magique. Par la suite, on a également une ou deux séquences bien fun (et ça donne envie de s’aventurer dans un escape game). Le troisième acte, en revanche, est gâché et ne m’a pas convaincu.
Pour revenir sur du positif, soulignons tout de même ce casting impressionnant. On peut supposer que le budget du blockbuster doit être grandement lié au salaire de cette distribution d’ensemble. Les Cavaliers sont (tous) de retour. Avec une nouvelle vague de jeunes acteurs, cela fait beaucoup de personnages dans le film. Certains ont moins d’importance que d’autres évidemment, mais ils arrivent tous cependant à sortir leur épingle du jeu à un moment donné au moins. En tête, Jesse Eisenberg reste celui que l’on voit le plus il me semble. Dave Franco (qui est allé à la salle) s’affirme et est peut être le 2e cavalier le plus impactant à mes yeux. On a aussi un Woody Harrelson toujours aussi perché et plaisant à suivre dans la peau du mentaliste du groupe. Quelques interprètes féminins viennent s’ajouter à tout ce petit monde, et enrichissent l’intérêt de vouloir voir les magiciens réussir dans leurs tours et leurs braquages.
Bref, c’était cool, mais c’est tout. J’ai pris un poil plus de plaisir devant ce troisième volet que j’ai préféré au deuxième. Le premier, typiquement avec ce genre de saga, restera le meilleur (plus surprenant, plus frais, plus marquant) pour moi. « Insaisissables 3 » a des allures de film de commande, et c’est bien dommage. Malgré un démarrage au box-office bien moins fort que ses prédécesseurs, un quatrième film serait déjà en préparation. Et j’irai en salles, mais ça ne m’excite pas plus que ça.