Dispensable 3
Ce qui est curieux avec Ruben Fleischer, c’est que ses films plaisent systématiquement au grand public et sont pratiquement boudés – je reste poli -, par la critique. Je dois avouer que je ne suis pas un fan de ce cinéaste qui m’avait tout de même séduit dès 2009 avec Bienvenue à Zombieland pour récidiver 10 ans plus tard avec Retour à Zombieland. Puis vint la franchise Insaisissable et son immense succès populaire – toujours aussi peu partagé -, dont voici le 3ème volet. Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé ! Accompagnés d’un groupe de jeunes magiciens qui espèrent suivre leur trace, ils vont devoir repousser les limites de l’illusion pour orchestrer leur tour le plus spectaculaire : dérober le joyau le plus précieux du monde des mains d’une redoutable organisation criminelle... Vous l’avez compris aisément en lisant ce pitch, on fait dans la surenchère : il faut vendre à tous prix ! Alors le dictionnaire des superlatifs est de sortie. En 4 lignes on peut noter : Le plus impressionnant, repousser les limites, le plus spectaculaire, le plus précieux au monde… C’est beau comme du Trump ! Moi, ça me bloque d’emblée ! Et vous ?
Alors donc, c’est du grand spectacle et sûrement pas un film à thèse. Il ya d’engagement politique dans Zootopie 2 que dans ce grand fatras tape-à-l’œil. Quant à la magie (???), elle est remplacée par toujours plus d’effets spéciaux. Et comme, 5 « Cavaliers », - les héros des 2 premiers volets -, n’étant plus suffisant aux yeux de la production, on leur a ajouté 3 nouveaux illusionnistes, plus jeunes, plus beaux, encore plus gonflés. Où s’arrêtera-t-on ? A suivre dans le volume 4 prêt à surgir sur nos écrans. Le scénario se veut ingénieux mais la mécanique grince. Tout est devenu prévisible faute de souffle romanesque ni de véritable enjeu moral. L’ensemble n’est plus que superficiel – scintillement du diamant, vitesse, spectaculaire – sans se donner la peine d’explorer quoi que ce soit derrière, même si, ça et là on voit poindre quelques promesses non tenues, des parenthèses d’un désir de cinéma qui ne se déploie jamais. La volonté d’éblouir éclipse celle de penser. Bref, le grand vide !
Donc ils sont huit maintenant ! Les « anciens », Jesse Eisenberg, qui avoue avoir lu trois fois le scénario sans réussir à comprendre le moment charnière du film, - qu’il se rassure, il n’est pas le seul -, Woody Harrelson, largement sous-utilisé, Dave Franco, Isla Fisher et Morgan Freeman, auxquels on a adjoint Justice Smith, Dominic Sessa et Ariana Greenblatt. Par contre Rosamund Pike fait une « grande méchante » tout à fait convenable. Au fond, ce 3ème volet, malgré sa parure brillante de mille feux, n’a aucune profondeur et ne dégage aucune émotion, sinon l’ennui.