D’aucuns disent que L’école buissonnière est un film passéiste, une chronique d’une France hors temps, idéalisée…et d’autres d’ajouter que dans le genre « c’était mieux avant » Jean Becker avait fait bien pire avec les Enfants du marais….ne leur en déplaisent j’avais bien aimé Les enfants du marais, j’y avais trouvé une grande fraicheur, mêlant humour et émotion, vis-à-vis de gens simples remarquablement interprétés par un trio d’acteurs talentueux….j’ai ressenti le même plaisir en regardant L’école buissonnière…bien entendu le film est daté puisque Nicolas Vanier a placé son film à l’aube des années 30, la guerre 14-18 a laissé son lot de veuves et d’orphelins, la jeunesse citadine rêve d’un monde nouveau…ce sont les années folles mais la campagne solognote a conservé son calme ancestral…Nicolas Vanier après les grands espaces enneigés du Grand Nord, revient dans sa région natale, la Sologne, là où son grand-père lui a transmis l’amour et le respect de la nature, avec le récit d’un jeune orphelin Paul, arraché à son orphelinat par Célestine, gouvernante au château du comte de la Fresnaye et épouse du garde chasse Borel…et qui s’initiera aux choses de la vie et de la nature au contact de Totoche, le braconnier interprété par François Cluzet qui vit sur une gabare amarrée sur la rivière… Nicolas Vanier nous offre là un conte moral enluminé de superbes images d’une Sologne sauvage, brumeuse et romanesque, peut-être enjolivée, dues au talent de ses deux compagnons , cinéastes-photographes animaliers, Laurent Charbonnier , l’amoureux de Chambord et auteur ( entre autres) du documentaire Chambord au fil des saisons qui fut pour moi une révélation et qui m’a donné le goût de la photographie animalière….Eric Guichard qui était le photographe de Saisons de Jacques Perrin…Ce serait passer à coté d’un plaisir certes candide mais combien rafraichissant de bouder ce film…les acteurs semblent s’y être donnés à cœur joie, sur-jouant quand même dans certaines scènes sur le registre du naturalisme…Mais François Cluzet est méconnaissable et impayable dans le rôle de cette grande gueule au cœur tendre, François Berléand campe impeccablement le taciturne conte de la Fresnaye, qui vit retiré dans son manoir depuis la mort de sa fille…Eric Elmosnino est Borel, garde chasse un peu raide à qui Totoche fait porter des cornes dignes du grand cerf…Valérie Karsenti, en Célestine, est lumineuse dans un rôle très tendre, mais peut-être un peu jeune pour jouer celle qui a veillé sur l’enfance de la mère de Paul ( mais de cela, on n’en a conscience qu’à la fin de l’histoire)…quant au jeune Paul, Jean Scandel, il apporte à son personnage toute la vivacité et la juvénilité propre à la découverte des choses de la vie et de la nature… et que dire des animaux, des renards aux cerfs en passant par les saumons et les rouges-gorges, ils sont absolument magnifiques … et magnifiquement filmés.