Coup de chaud
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norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2015
Encore un film estival qui passe injustement inaperçu. Une subtile étude de mœurs sur le thème de la stigmatisation, inspirée d'un fait divers, avec une habile trame policière. Belle tension dramatique et portrait nuancé de personnages faussement ordinaires. La direction d'acteurs est remarquable. On peut notamment citer Jean-Pierre Darroussin en notable dépassé par les événements, Grégory Gadebois en artisan taciturne, Carole Franck en agricultrice intraitable, Karim Leklou en idiot de village ou Théo Cholbi en jeune séducteur canaille.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2016
Voilà un film français passé inaperçu, plombé d'avance par sa date de sortie.
Pourtant "Coup de chaud" a de quoi séduire.
On est dans un petit village du Tarn-et-Garonne écrasé par la chaleur d'un été sans pluie. On pourrait être dans un western ou sur une scène de théâtre.
Une dizaine de personnages solidement campés : un maire bonhomme victime de sa gentillesse (Jean-Pierre Darroussin), une agricultrice en colère (Carole Franck), un artisan récemment arrivé (Grégory Gadebois) et Joseph (Karim Leklou, futur César du meilleur espoir 2015), l'idiot du village qui n'a jamais fait de mal à un chat mais qui met tout le monde mal à l'aise.
Le film décrit un fait divers, un engrenage stupide et fascinant. Sans jamais verser dans le manichéisme. La chronique sociale se double d'un whodunit qui nous tient en haleine.
Et la fin du film donne lieu à de belles questions : " et toi qu'aurais tu fait ?"
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2015
Ce film avait tout pour me faire envie : une bande annonce bien fichue, une jolie affiche, des critiques plutôt élogieuses et un casting assez alléchant. Et je dois avouer que, même si le film souffre de quelques petits défauts, il fonctionne malgré tout très bien et pose un certain nombre de questions assez pertinentes. Déjà, sa construction est intéressante : le film commence par le milieu (la mort de Joseph, je peux l’écrire ici sans rien risquer de déflorer quoi que ce soit puisque c’est la première scène du film), puis les deux tiers du film raconte l’avant et les dix dernière minutes, l’après. On sait d’emblée que les choses vont dégénérer, le suspens n’est pas là. En fait, la grande majorité du film tant à montrer deux choses : d’une part que Joseph, de part son attitude de plus en plus agressive (ses hormones le travaillent, comme tous les adolescents) est dans une sorte de fuite en avant qui ne pouvait que mal finir. D’autre part, le film brouille les pistes de telle manière que tout le village ou presque peut avoir commis l’irréparable. De ce point de vue, le scénario est assez habile pour distiller une ambiance délétère, souvent irrespirable, et pas seulement à cause de la chaleur… La réalisation aide beaucoup à poser cette ambiance, avec les idées tout bêtes mais intelligentes spoiler: comme la scène où l’artisan Rodolphe (formidable Gregory Guadebois) entends la musique techno de la voiturette de Joseph passer sur la route : Joseph vient d’être interné d’office, il devrait être en HP or il est là. Pas besoin de montrer la voiture, la musique techno et le visage de Rodolphe suffisent à cette scène
. Le casting est excellent, Gregory Guadebois campe un artisan taiseux financièrement aux abois, Jean-Pierre Daroussin un maire mesuré plein de bonne volonté mais dépassé par le problème et incapable de contenir la colère qui enfle chez ses administrés, Carole Franck est convaincante en agricultrice courageuse mais que la sécheresse rends agressive. Mais c’est surtout la performance étonnante de Karim Leklou qui retient l’attention. Dans un rôle probablement bien plus difficile qu’on le croit à incarner (pas évident d’incarner la maladie mentale sans devenir une caricature), il donne corps à un Joseph à la fois attachant et angoissant, qu’on a envie de rassurer mais il nous met tellement mal à l’aise quasiment dans chaque scène qu’en tant que spectateur, on en vient à… Je ne sais pas comment le dire… à souhaiter qu’il disparaisse. C’est assez horrible de ressentir cela devant un adolescent qui, à une exception, ne fait rien de vraiment répréhensible, mais cela prouve que le film fonctionne et que Karim Leklou n’y est pas pour rien. Quant au dénouement du film, il va peut-être décevoir les amateurs de polars compliqués par sa banalité, l’interrogatoire de police qui amène au coupable est d’une rapidité et d’une facilité qu’on ne voit pas souvent au cinéma. Mais peut-être est-ce comme cela dans la vraie vie, je ne sais pas… Mais à bien y réfléchir, c’est une fin réussie dans le sens où elle est parfaitement crédible, du point de vue de la psychologie humaine. Celui (ou celle, je ne dévoile rien) qui a tué l’a fait dans un contexte malheureusement tout à fait crédible. De par son sujet et la façon dont il le traite, le film de Raphaël Jacoulot pose des questions pertinentes sur le seuil de tolérance d’un petit groupe (ici un village où tout le monde se connait et se côtoie) envers les gens différents (les ferrailleurs sont un peu gitans, ce qui évidemment n’arrange rien), envers les marginaux qui s’affranchissent des règles sociales dont les autres s’accommodent, et en poussant le raisonnement à l’extrême, envers la maladie mentale. On sent bien que ce seuil de tolérance s’amenuise à vue d’œil alors que Joseph est l’un des leurs, qu’il est né là et qu’ils le connaissent depuis toujours. Il ne s’agit pas là de rejeter un inconnu ou un étranger mais de focaliser sur l’un des leurs, différent, toute leur rancœur, toute leur colère, toutes leurs frustrations. C’est assez flippant quand on y pense, cette tendance humaine à rejeter hors de la société les gens qui ne rentrent pas pile-poil dans le moule. C’est le personnage de Daniel qui incarne parfaitement cette lente dérive : le maire, impuissant à modérer la situation, démissionne dans tous les sens du terme pour finalement plus ou moins se joindre à la vindicte populaire. Le film de Jacoulot pourra sembler inabouti à ceux qui imaginait un coupable plus difficile à démasquer, à ceux qui espérait une dénonciation plus franche de cette sorte de « justice expéditive », qui auraient aimé qu’on décortique peut-être un peu plus le pourquoi du comment on en est arrivé là (la police le libère rapidement, les plaintes sont classées sans suite, l’HP le laisse sortir au bout de quelques jours). C’est sur que le film de Jacoulot fait quelques impasses, semble faire la part belle à un peu de démagogie (Ah ! Le laxisme supposé de la justice !) et semble parfois se perdre dans des scènes un peu superflues ou qui tirent un peu trop sur la corde. Et puis l’analogie entre la pluie tant attendue et la mort de Joseph est assez dérangeante et un peu « facile ». Mais il y a un vrai questionnement de société derrière « Coup de chaud », en plus d’une performance d’acteur tout à fait intéressante et d’un scénario qui tient la route dans son ensemble.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2015
Raphaël Jacoulot, 44 ans, est un des réalisateurs français à surveiller de près.

Son troisième film, Coup de chaud, est un suspense psychologique sec et efficace, qui présente les mêmes qualités que sa production précédente, l'intéressant Avant l'aube.

L'action se situe ici dans le Sud-Ouest, dans un village filmé de telle façon qu'il paraît franchement moche : le château d'eau écrase les maisons de sa présence et les lotissements sont aussi moches qu'ailleurs. Le film évite le pitoresque pour se centrer sur ses personnages, et leurs relations.

Jacoulot excelle dans l'exercice délicat d'installer une ambiance. Il fait chaud, les paysans risquent de perdre leur récolte, et le comportement légèrement déviant de Josef, fils de la famille de ferrailleurs, énerve tout le monde. Il a un problème mental.

Le film s'ouvre sur une scène où Josef erre dans les rues, poignardé, et déroule ensuite un flash back diablement intrigant : qui a fait cela, et pourquoi ?

La perfomance de Karim Leklou est exceptionnelle, et contribue à installer une impression de malaise dérangeante qui ne faiblit pas tout au long du film. Les prestations de Grégory Gadebois, impressionnant en gros nounours introverti, et de Jean Pierre Darroussin, en maire débonnaire et dépassé par les évènements, sont à la hauteur de leur réputation.

Au final, on passe un bon moment à suivre cette histoire manipulatrice, très bien structurée autour d'un scénario solide, comme on a peu l'habitude d'en voir dans le cinéma français.
Serge S.
Serge S.

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 août 2015
Un film subtil et déroutant. Tous sont humains dans leurs facettes complexes mais le syndrome du bouc émissaire transforme ce microcosme et le spectateur est pris au jeu.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 22 août 2015
Comme beaucoup de films français dits « d’auteur », « Coup de chaud » n’assume franchement ni son désir d'efficacité à l'américaine (le thriller) ni son héritage Pialat (le tableau social) et navigue dans un entre-deux maladroit et pénible. Le récit tourne autour de Joseph, une pâle et grimaçante créature de Frankenstein qui devrait faire peur – mais la réalisation désamorce toute menace par un humanisme plaqué – en même temps que pitié – sauf que les fêlures du personnage ne sont jamais identifiées ni creusées. Les intentions restent balbutiantes et la mise en scène scolaire.
Craoux
Craoux

38 abonnés 325 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 août 2015
Annoncé par la Presse comme une bonne surprise de l'été, quelle n'a pas été ma déception quand j'ai vu ce pseudo polar. Le réalisateur nous installe, pendant la première heure (c'est longuet ..), dans notre rôle de témoins-voyeurs de l'hostilité témoignée par presque tout le village envers son "simplet" (Josef, vivant avec sa famille, des gitans sédentarisés) dont il faut bien reconnaître qu'il a un comportement very zarbi. Il fait très chaud. Trop. Et voila qu'on vole la pompe à eau collective (sujet sensible : à 99 % les villageois sont agriculteurs) et voici qu'une jeune drôlesse du village est (prétendument) victime d'une agression sexuelle .... autant de maux qu'on va lui coller sur le dos ... à ce simplet dérangeant ... l'hostilité va monter d'un cran vers la paranoïa collective. En tant que témoin-voyeur, j'ai été très déçu qu'on m'embarque en comptant sur ma naïveté ou mon adhésion sans condition ... certaines phases ne tiennent pas la route (l'agressivité de l'hystérique agricultrice, on ne parle pas d'enquête suite au vol de la pompe, les motivations du meurtrier .. ). Certes, par son thème très connoté "exclusion", j'imagine que ce film plaise à une certaine presse. Mais objectivement c'est un film plus "ficelé" que généreux.
jaja77
jaja77

73 abonnés 1 326 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 août 2015
même si au début le film me paraissait quelconque, par la suite cela devient intéressant avec son côté thriller psychologique qui donne du suspense à ce petit village de campagne sympa à allure tranquille dont tous le monde se connait de A à Z. tout est assez bien réunit, une bonne histoire, de bons acteurs, une bonne ambiance, de bon paysages, un bon déroulement et dénouement pendant une bonne partie du film qui fait passer un bon moment en salle.donc, bon dans l'ensemble.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 août 2015
J'ai beaucoup aimé ce film. Il montre avec subtilité comment se construit un bouc émissaire dans un petit village. Tous les habitants ont des problèmes, différents, les uns agriculteurs, avec leurs exploitations, la sécheresse, les autres dans leur couple, d'autres croulant sous les dettes.Ils trouvent un débouché à leurs angoisses et leurs malaises dans la méfiance puis la haine à l'égard d'un jeune homme un peu simplet et, de plus appartenant à une famille tsigane. De rumeur en rumeur, on lui attribue tout ce qui ne va pas dans le village jusqu'au drame final. Daroussin, le maire, essaie d'empêcher l'engrenage. Il est remarquable. A notre époque si troublée où l'on voit partout émerger des boucs émissaires de nos difficultés (étrangers, pauvres, roms ...), c'est un film très utile car il nous met en garde contre ces dérives.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 août 2015
Un très bon film français, qui mérite de trouver un large public. Très bons acteurs.
antoine b.
antoine b.

2 abonnés 18 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 août 2015
Un film sur la médiocrité au quotidien et sur les mécanismes du bouc émissaire ... mécanismes dans lesquels le spectateur est lui meme embarqué, meme si parfois la ficelle est un peu grosse, mais ça fonctionne bien ... grace à un comédien remarquable dans le role principal, accompagné par des seconds rôles très bons ... le décor est un poil long à être planté ... mais instaure un suspens efficace ... bref on s'ennuie pas ...
Florian D.
Florian D.

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 août 2015
Mwai... Long et lent. Et une fin qui sort de nulle part. Mais le concept du débile du village qui se fait accuser à tort pour tout c'est pas mal et l'image est pas mal mais bon mon dieux que c'est lent. Ah oui il y a Daroussin et le héros joue bien.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 août 2015
Des comédiens formidables pour un film français vraiment intéressant. Le fin n'est pas à la hauteur du reste du film mais ilfaut vraiment aller le voir.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 août 2015
Le nouveau film de Raphaël Jacoulot confirme son goût pour les ambiances sombres et torves comme dans son précédent long Avant l’aube. Il s’attaque ici à la chronique villageoise qui débouche sur un drame dépassant tout le monde. Attention toutefois, si le genre est communément appelé policier, il s’agit avant tout d’un film à portée sociologique puisque l’aspect policier n’intervient vraiment que dans le dernier quart d’heure et que la résolution de l’intrigue se fait en quelques minutes à peine. Par contre, il parvient à décrire avec beaucoup de justesse un monde rural replié sur lui-même, avec ses relents de pétainisme larvé qui ne demande qu’à s’exprimer à l’encontre de toute personne jugée différente de la norme établie. La force du script est de ne pas se faire juge de ces villageois, qui possèdent tous une part de grandeur et de lâcheté. De même que le gamin accusé de tous les maux est tour à tour attachant et irritant, au point que le spectateur est amené à se demander comment il aurait réagi lui-même face à ce « problème ». Tout ceci est soutenu par un casting intéressant, mené par l’excellent Karim Leklou. Par contre, la réalisation manque parfois de ressort, si bien que tout ceci ne décolle jamais au-delà de l’illustration. C’est dommage !
setoisd
setoisd

11 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2015
un polar psychologique qui nous met en haleine, les acteurs sont excellents Dommage que ce film sort en plein mois d’août. Ne le ratez pas !
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