Josh et Benny Safdie, deux frères du cinéma indépendant new-yorkais, aux productions jusqu’à présent confidentielles changent de braquet avec Good Time, une histoire de frangins, l’un Nick interprété par Benny Safdie, l’autre Connie, interprété par Robert Pattinson, acteur de série, cherchant une légitimité d’acteur dans le cinéma indépendant. Nick est probablement atteint d’autisme, on le voit en consultation chez son psychothérapeute, où il se montre pour le moins peu coopératif…Connie qui veille sur lui avec bienveillance, vient le sortir des mains du psychothérapeute, l’entraine dans un braquage qui tourne mal…dans leur fuite, Nick est arrêté et Connie n’a de cesse de le libérer, d’abord en essayant de réunir une caution, puis en tentant de le faire évader de l’hôpital où il a été conduit après une sévère bagarre à la prison…S’en suit un film qui part à cent à l’heure, une caméra à l’épaule plus que nerveuse, des « fuck » et des « fucking » toutes les trois secondes, dialogues à la mitraillette et une bande son assourdissante de musique électro que d’aucuns jugent exceptionnelle et planante, mais qui n’est pas de mon répertoire, une lumière glauque, un Patterson barbu, au regard halluciné, un frangin un peu ahuri…deux pieds nickelés laissés pour compte de cette Amérique de violence et d’injustice sociale qui rencontrent d’autres paumés aux destins cabossés et aux gueules impossibles…tout cela est un peu mince, le film a du mal à sortir de cette hystérie visuelle qui se complait dans l’étalage du sordide au détriment de la solidité du scénario… j’ai trouvé ce polar un peu poisseux, anesthésiant et je ne comprends pas l’enthousiasme de la plupart des critiques.