Brooklyn Village
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Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

72 abonnés 304 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 septembre 2016
Gagnant du Grand prix du 42ème Festival du cinéma américain de Deauville, « Brooklyn Village » ne comptait pas parmi nos favoris. Néanmoins, le dernier long-métrage d'Ira Sachs contient quelques belles qualités et propose un beau moment ciné.

Parfois comparé (à tort ?) à l’univers de Woody Allen (décidemment, on cherche toujours le digne successeur du réalisateur), « Brooklyn Village » nous immerge dans le quartier très prisé de Brooklyn. L’atmosphère dépeinte montre combien il fait bon vivre en dehors de l'animation du centre ville de New York, là où la liberté de mouvement est plus aisée que dans le quadrillage infernal de la CBD. Aussi, nos deux jeunes amis s'adonnent à des plaisirs simples comme les longues balades en rue, les séances de jeux vidéo, les matchs dans le square du coin. Ils redécouvrent à deux les plaisirs de l’amitié et ceux de l’indépendance juvénile. Mais sont-ils encore si jeunes que cela ? Leurs idéaux, leur discussion tentent à démontrer qu’ils sont déjà ancrés dans une vie de projets et non plus dans celle de l’insouciance. Tony n'a qu'un objectif en tête : devenir acteur. Aussi, il n’hésite pas à entraîner son ami dans un groupe d'improvisation où ils laissent libre cours à leurs émotions. Jake, lui, a toujours aimé le dessin et veut entrer dans une célèbre école d'art. Leurs rêves, leur amitié sont bénéfiques l'un pour l'autre. Mais tous les projets, tout l’univers qu’ils se sont construits risquent de s'écrouler quand les parents de Jake décident d’augmenter le loyer de la boutique de Leonor.

spoiler: Tout à fait légitimes, les nouveaux propriétaires des lieux ne font pas ce choix par profit égoïste mais parce qu’ils n'ont pas d'autres alternatives... Brian, le père, est acteur de théâtre alors que Kathy, psychologue, travaille tard pour faire vivre sa famille. Face à ce couple, Leonor, leur locataire du rez-de-chaussée, installée là depuis de nombreuses années, manque de ressources au point de ne pouvoir assumer cette augmentation inopinée. Pour éviter de se faire expulser, la coutière n’hésitera d’ailleurs pas à rappeler qu’elle s’est longuement occupée du père de Brian et que celui-ci était contre l’idée de voir son magasin fermer. Le dialogue est rompu, le conflit d’intérêts réel et l’amitié de nos deux héros est compromise.


Ce thème, relatif aux problèmes d’argent, Ira Sachs l’a déjà exploité dans son cinéma. Dans « Love is strange », présenté il y a deux ans dans le même festival, il évoquait la difficulté d’un couple homosexuel à faire face à un problème économique. Qu’il s’agisse de celui-ci ou de sa réalisation précédente, le réalisateur parvient à chaque fois à nous faire entrer au cœur de la vie de ses personnages et fait de nous des spectateurs privilégiés.

Le titre original, « Little Men » est relativement explicite. Ce ne sont pas les adultes qui sont au cœur de l’intrigue, mais bien ces adolescents qui, par les bouleversements de leur quotidien, vont peu à peu entrer dans le monde des adultes. Ces gamins, ce sont Jake (interprété par Théo Saplitz, scénariste et réalisateur de courts-métrages à seulement 13 ans !) et Tony (le débutant Michael Barbieri). Si leur jeu est parfois inégal, surtout en ce qui concerne Michael, ils parviennent toutefois à nous faire croire à leur amitié et nous à entraîner dans leur univers avec une décontraction et une assurance évidentes. Sans doute aussi parce qu’ils ont des coachs de rêve : les parents du premier ne sont autres que Greg Kinnear (l’extraordinaire père dans « Little Miss Sunshine ») et Jennifer Elhe (« Le discours d’un roi », « Les jardins du roi ») alors que Leonor, la peu commode maman de Tony, est Paulina Garcia, grande comédienne chilienne.

Intrusif, bien interprété, le huitième long-métrage d’Ira Sachs manque parfois de cohérence. Agréable à voir, il ne nous a pourtant pas marqué au fer rouge et méritait peut-être de laisser sa place honorifique à d’autres films de la compétition bien plus innovants.
Thomas P
Thomas P

47 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 janvier 2017
Grand Prix du festival de Deauville 2016, Brooklyn village conte une amitié à la fois simple et touchante qui s'esquisse tranquillement au sein d'une belle ambiance urbaine. Le décor choisi importe peu, contrairement à la survie de cette amitié entre deux enfants, impuissants face au comportement de leurs parents. On aurait aimé une plus grande complicité et attention du réalisateur pour ces deux garçons plutôt que les histoires de grandes personnes, certes indispensables pour construire le film, mais trop exposées pour susciter un intérêt.
Jorik V

1 367 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2016
Ira Sachs nous avait laissé le bon souvenir de la belle romance gay et sexagénaire « Love is strange » et tisse depuis une décennie une œuvre dans le cinéma indépendant américain plutôt intéressante et toute en retenue. Toujours dans la même veine très intimiste, « Brooklyn Village » souffre d’un postulat de départ peut-être un peu trop anodin pour en faire un film mais qui paradoxalement fait vivre le long-métrage. Car dès lors qu’on s’en éloigne, tout devient beaucoup moins intéressant comme on peut le constater lors du premier quart d’heure de mise en place assez laborieux ou lors de scènes inutilement rallongées ou moins intéressantes (les répétitions du cours de théâtre de l’un des gamins ou la pièce de théâtre où joue Greg Kinnear).

Des longueurs inutiles pour un film pourtant très court (1h25 à peine) qui prouvent bien que « Brooklyn Village » se constitue à partir d’un sujet trop fin pour un long-métrage ou alors mal exploité en dépit de ses très intéressantes ramifications sociétales et psychologiques. Jugez plutôt : une famille de Manhattan hérite d'une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique d’une couturière latino-américaine. Les relations sont d'abord cordiales grâce à l'amitié qui se noue entre les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique (jamais réévalué par l’ancien propriétaire, père du nouveau et ami de la couturière) s'avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Ce problème financier va perturber la complicité entre voisins et la relation des deux enfants.

Les discussions des protagonistes concernant une affaire qui pourrait arriver à tout le monde sont écrites avec sens et acuité, amplifiées par des acteurs au diapason. Ce sont les meilleurs moments d’un film qui pêche par manque d’ambition et trop de simplicité. Il y manque une petite mélodie plus entrainante pour en faire autre chose qu’un micro-film plus ou moins intéressant selon les moments et auquel il manque peut-être de davantage de personnages ou de seconds rôles plus creusés. En l’état c’est juste sympathique et très subtil mais un peu trop insignifiant.
Alice025

1 908 abonnés 1 522 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2016
Brooklyn Village ou Little Men est une bonne surprise. Ici s'oppose les rapports humains face aux rapports économiques. La famille apprécie beaucoup Leonor, mais ils doivent lui établir un nouveau bail avec un loyer trois fois plus élevé que celui qu'elle paye, loyer qu'elle ne peut assumer. De plus, l'amitié entre les deux garçons des deux familles est très fusionnelle, ce qui corse les choses. Le mélange conflictuel entre ces deux rapports est très intéressant et touchant, l'histoire coule comme de l'eau de source. Les acteurs sont bons, surtout les deux enfants qui arrivent à nous émouvoir. Cependant, je radote toujours sur les films vu en compétition à Deauville mais je pense que l'histoire aurait pu être un peu plus poussée. Il y a toujours de bonnes trames scénaristiques mais on croirait que les réalisateurs ont peur de choquer en allant plus loin, et c'est dommage.
Bon film dans l'ensemble.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 8 mars 2017
Réalisation paresseuse, sujet peu approfondi et amitié vue de surface, tout aurait mérité d'être creusé. Dommage il y avait matière j'en suis sûr.
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