Après le succès de "La Maman et la Putain", Jean Eustache tourne en 1974 "Mes petites amoureuses", son second et dernier long-métrage. Comme son prédécesseur et à l'image de l'ensemble de la filmographie du cinéaste, celui-ci possède une large portée autobiographique. Eustache conte ici une partie de son enfance, lorsqu'il était élevé par sa grand-mère et dut se diriger rapidement vers la vie active. Plus largement, c'est à une véritable peinture de l'adolescence naissante à laquelle se livre le cinéaste. Sa mise en scène est précise, ciselée et l'utilisation de la voix off s'avère pertinente. Cependant, si sa vision reste juste, le film finit par traîner en longueur. Le succès de ce second long sera d'ailleurs moindre et on en comprend les raisons : Eustache possède une excellente perception de cet âge marqué notamment par l'éveil des premiers émois amoureux, mais peine à insuffler un réel dynamisme à l'ensemble.
Proche de l'univers de Maurice Pialat ( " l'enfance nue" et " la maison dans les bois"), mais aussi de Truffaut " les 400 coups", " l'argent de poche" et de Bresson," mes petites amoureuses " est une sorte d'hommage à l'enfance ( maltraitée) et à son désir d'émancipation.
C'est formidable de mélancolie et de poésie et c'est tout simplement une grande réussite du cinéma français des années 70, bien qu'il n'obtint pas de succès à sa sortie en salles.
Peu fournie, la filmographie de Eustache est d'une telle densité qu'elle hisse, à mes yeux, le cinéaste au rang des grandes signatures hexagonales du septième art toutes époques confondues.
Un film d'une grande importance,un film rare.Une histoire touchante.Des personages qui nous ammenent dans les plus profonds mystère de l'adolescence.Un Martin Loeb extraordinaire,un Pialat impressionant avec la courte apparition.Des travelling magnifiques,la musique de Trenet,les coutumes d'une France qui se veut moderniser partout.Un grand film.
Le début semblait intéressant mais la lenteur de la deuxième partie m’a achevé. Comme la mère d’ailleurs qui préfère voir son fils végéter dans ce commerce ennuyeux….. Je n’ai pas été emballé. Sur le même thème il y a « le grand chemin » beaucoup plus dynamique et avec des acteurs de qualité.
La révolution de mai 68 avait dû manquer le train pour Narbonne pour que cette petite représentation de la société fut à ce point corsetée ! Mais quel ennuie, quelle déprime, que de faussetés, de longueurs ! Ces pauvres garçons et filles, des acteurs qui n'en sont pas, et les figurants !? Pas vu un sourire, entendu une note de musique pour illustrer les plus beaux moments de la vie, les premiers papillons dans l'estomacs, un coeur serré de n'avoir pas croisé un regard, les corps qui s'électrisent bien avant de se toucher. Ce film est le triste journal intime d'un dépressive encarapaçonné qui ne voit le monde qu'à travers le prisme de sa pauvre vie. Rien n'est bon, surtout pas de croire que ce film peut être le témoin d'une époque, c'est seulement le cauchemar d'un homme.
L’initiation sentimentale attendrissante mais assez ennuyante d’un gamin démuni dans la France rurale des années 50, tentant de s’extirper d’un quotidien bien terne.
Un film avec des acteurs qui récitent des textes. C'est bizarre mais ca se regarde parce que ca nous ramène aussi à notre enfance et nos premières amourettes. Un film des années 70.
Je n'ai pas connu les années 70 mais j'adore voir cette époque et la France de l'ancien temps ! Itinéraire d'un jeune adolescent plutôt sale gosse qui ne veut qu'embrasser une fille et il n'est pas timide ! Il est quand même caractériel et harceleur, on n'aimerait pas le connaître ! Le film est dans une lenteur qui nous porte. La réalisation est juste carrée propre et sans chichis. 3,3/5
Jean Eustache met en scène un pré-ado à la campagne puis à la ville dans une suite elliptique de souvenirs qui sont ceux du cinéaste, qui relèvent souvent de la simple réminiscence, d'une phrase, d'une situation anodine, prenant place dans une succession de séquences brèves. Ce sont essentiellement ses premiers émois sentimentaux et sensuels que se rappellent Eustache sous les traits de Daniel, gamin impassible et encore intimidé. Rien de singulier, rien qui diffère sur le fond de n'importe quelle autobiographie. Sur la forme, Eustache donne dans le naturalisme, où la vérité des années 70 saute aux yeux de ceux qui les ont connues notamment, où la neutralité de ton exclut la sentimentalité et le romantisme. Ça a son charme...un temps. Parce que le film, en définitive, ne fait pas passer d'émotions, ne produit pas de moments gracieux, ne rend attachant aucun des personnages, pas même Daniel. Ce n'était peut-être pas l'objectif du cinéaste. Charmé par les scènes rurales parce qu'elles ressemblent à celles qu'on a en mémoire, on l'est nettement moins par l'anecdotisme attaché au personnage et, plus on avance dans ce trop long film, plus on se détache de cet album photos trop personnel. Et puis, les jeunes acteurs amateurs d'Eustache jouent souvent faux. Leur composition dissonante nous éloigne de l'authenticité.
Film style Nouvelle Vague dressant le portrait d’un jeune adolescent dans les années 50, socialement freiné par manque d’argent, et racontant ses premières expériences amoureuses. Mignon, malin, docile, sans illusion, il observe et subit avec une certaine philosophie le monde que lui proposent les adultes dans une vie de province assez terne, sobrement décrite, que souligne justement la chanson « Douce France » de Charles Trenet. Un film simple et vrai.
Dans ce film d’apprentissage ( les années 50 ) on suit le quotidien d’un garçon à la campagne, jeune homme à la ville qui n’arrive pas à s’approcher des filles, contrairement à la plupart de ses copains. Jean Eustache revient peut-être sur sa propre enfance, mais tient avant tout à marquer l’époque sans la juger. Il relate simplement les avatars d’un enfant des années 50 revenu des « 400 coups » de Truffaut et près à se défaire d’ « Un sac de billes » de Jacques Doillon. Daniel regrette le temps chez sa grand-mère, et c’est d’ailleurs la partie qui m’a apparu la plus intéressante, quand la version urbaine retombe un peu dans les travers stylisés du réalisateur. ( « La maman et la putain ») . J’y trouve plus d’originalité dans le traitement amoureux, sentimental, émotionnel . Et voir Pialat bougonner l’alphabet à sa façon, ça ne manque pas de style . AVIS BONUS Des archives TV et radiophoniques , intéressantes . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
"Mes petites amoureuses" est un film tendrement cruel signé Jean Eustache, qui raconte ici les errances et les amourettes d'un adolescent, au milieu de ses désirs d'amourette et de recherche de soi-même. Un film bien plus profond et pertinent qu'on pourrait le croire, et donc à la durée de vie conséquente, seulement il a beaucoup vieilli dans le choix des costumes, des dialogues et des personnages. Ainsi, ce qui devait être un drame sur l'adolescence ne devient qu'un drame sur l'adolescence des années 70. Ça fait son charme et surtout se défauts. Pas décevant ni irritant, mais un peu rance tout de même.
Très belles images. Ambiance, décor, costumes témoignent d’une époque révolue. Peu de loisirs, pas de perspectives scolaires ou professionnelles rendent ce témoignage très poignant.