Leena Yadav, avec La saison des femmes, nous parle de la vie des femmes indiennes dans les campagnes de ce XXI°siècle. Ça se passe dans un village, perdu au milieu de nulle part, où elles essaient de survivre. Un conseil de village, exclusivement masculin, gère le village entier. Mais une poignée de femmes se décident à défendre leurs droits : elles veulent une télévision ! Toutes ces femmes, dès leur plus jeune âge (elles sont souvent mariées à quatorze ans), sont plus ou moins maltraitées par leurs maris, ou par les autres hommes (qui eux passent leur temps à s'ivrogner ou à courir aux spectacles de danse) : elles sont d'ailleurs vendues contre une dot importante, à leur futur mari.
Un film dur, violent, émouvant et heureusement nourri d'humour et de solidarité, sur le fait d’être une femme en Inde aujourd'hui. Les quatre héroïnes (la mère courage et sa belle-fille, son amie prétendûment stérile, leur amie danseuse) font face avec courage à leurs "hommes", aux usuriers, reçoivent des coups, mais finalement elles vont échapper toutes à un destin sinistre… La saison des femmes dénonce une réalité qui nous paraît aujourd’hui insupportable (et qui doit l'être effectivement) ; à la sortie, mes voisines me disaient "c'est quand même un drôle de pays" (assurément, la façon de vivre est fort différente de la nôtre, qui doit également leur paraître drôle). Mais sous la forme d'un film très maîtrisé, qui n'oublie pas les leçons de Bollywood (chants et danses, beaux costumes). Les hommes n'en sortent pas grandis, surtout les jeunes hommes, englués dans l'alcool, la violence et les frustrations. En tout cas, magnifiques portraits de ces quatre femmes.