Le temps a passé sur la franchise “Bad Boys�. Oh que oui, il a salement passé. Cocorico, ce sont les Bruxellois responsables des “Barons� qui ont pris les rênes d’une franchise qui est sans doute à la jeune génération d’aujourd’hui ce que le western du dimanche après-midi était à la nôtre. Will Smith est fatigué et fait des crises d’angoisses. Martin Lawrence est devenu un peu cintré après un NDE, les flics sont des pourris, les meufs juste là pour se faire prendre en otage…on a affaire à des Expendables qui ne l’assument pas tout à fait et si le résultat reste énergique, voire survolté, rien à voir avec la griffe presque révolutionnaire dont Michael Bay avait pu doter le premier volet en 1995. Voici quatre ans, “Bad Boys for life� était un projet de fanboys qui s’efforçaient de reproduire ce qu’ils avaient kiffé dans des films sortis deux décennies plus tôt. Malgré tout ce qu’on lit, le nouveau venu est-il si différent ? Pas vraiment, peut-être (encore) un peu plus en mode recyclage de gimmicks passés à la moulinette mais bon, si le cinéma hollywoodien faisait encore preuve de la moindre originalité, ça se saurait. Je n’ai pas trouvé le résultat vraiment génial mais je confesse m’être parfois marré tellement c’était débile. En fait, l’appréciation générale dépend surtout de votre rapport aux deux premiers films. Si vous les avez trouvé incroyablement cools à une époque, ‘Bad boys : ride or die� va peut-être vous sembler pathétique, limite gênant aujourd’hui. Personnellement, je m’en fous : les anciens films étaient déjà beaufs, crétins, vulgaires et bling-bling, et le soleil était presque toujours en train de se coucher sur Miami : ça passait crème, ils étaient jeunes, on était jeunes aussi, c’était le bon vieux temps…mais aujourd’hui; les deux Bad Boys sont devenus des Old chaps, tous les ressorts du film semblent confusément moins acceptables, un peu comme la vieille blague de tonton qui sort en fin de banquet (si elle est drôle, mieux vaut ne pas le montrer), le buddy-movie est en pilotage automatique ou en déambulateur. ‘Bad Boys : Ride or die’, ce sont les derniers échos paresseux d’un monde qui a disparu…mais dont une petite partie de moi est quand même ravie qu’il survive encore et toujours à l’écran, même ramené d’entre les morts à coup de défibrillateur.