Les Frères Sisters
Note moyenne
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570 critiques spectateurs

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Vanessa L

320 abonnés 821 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 novembre 2018
J’étais curieuse de voir ce film après toutes les bonnes critiques que j’ai vu sur lui. Et puis, il faut bien le dire les westerns ne courent pas les rues donc j’avais envie de le voir aussi pour cela sans avoir réellement vu de bande annonce avant. J’ai été globalement assez surprise de l’histoire de ce film, je ne m’attendais vraiment pas à cela. J’ai eu du mal à appréhender les personnages mais aussi l’histoire et voir où Audiard voulait mener tout cela. Pourtant c’est un film audacieux, tourné tout en anglais avec des acteurs talentueux. La photo du film est splendide et la réalisation magnifique mais il manque un petit quelque chose pour nous dire que ce film est réellement génial. La traque menée par les frères sisters est prenant on se demande s’ils vont réussir, leur parcours est quand même assez semé d’embûches ! Le retournement de situation est assez surprenant et certaines scènes sont totalement inattendues. Je n’ai toujours pas trop compris où il voulait en venir sur ce scénario, la fin m’a surprise et pas totalement séduite.

En résumé, les Frères Sisters est vraiment très bien filmé, tous les plans sont magnifiquement réalisés. Quand à l’histoire, le moins que l’on puisse dire c’est que celle-ci est originale mais malheureusement ça reste assez plat et on s’ennuie quand même par moment … C’est dommage parce que le casting est bon mais la lenteur du film et le manque d’action gâche un peu le tout.
CH1218
CH1218

283 abonnés 3 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2021
Etonnant de voir Jacques Audiard à la tête d’un western. Superbement réalisée, cette histoire a une lenteur que beaucoup lui reproche mais qui sied pourtant bien au parcours initiatique des frangins Sisters. La priorité est ainsi donnée aux personnages avec une belle profondeur. Porteur du projet depuis la parution du roman de Patrick deWitt, John C. Reilly domine les débats malgré la concurrence de Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed. Beau film.
pfloyd1
pfloyd1

179 abonnés 2 318 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2019
Que ça fait du bien de voir un bon "Western" comme il y en avait à l'époque..à l'époque de Clint Eastwood ou plus récemment de Tarantino. "Les frères Sisters" entre au panthéon des bons et justes Western avec des acteurs charismatiques et authentiques qui respirent bon la poussière et la crainte, ces deux frères, différents l'un de l'autre mais soudés tiennent à leur réputation de mauvais gars et n'ont peur de personne. Chasseurs de prime, ils iront traquer dans les moindres recoin deux hommes chercheurs d'or, bravant l'hostilité de mercenaires et la rudesse de la nature de l'Ouest.
Admirablement bien tourné, la bande sonore est un régal et apporte avec justesse l'authenticité et la cruauté de l'Ouest américain du 19e siècle. On a mis en avant le nouvel effet des détonations des pistolets avec des jeux de lumières étonnants dans le noir lors d'affrontements mais je pense que l'on en a trop fait, les fameuses détonations ressembles plus à des pétoires mouillés où la poudre aurait remplacé les balles, les éclats de lumières provenant des tirs ajoutent, c'est vrai, un effet "dramatique" à la situation mais pas de quoi monter sur le podium non plus. On s’ennuie pas, les frères Sisters est une véritable aventure, dommage que si peu de personnages apparaissent à l’écran, tout tourne évidemment autours de ces deux frangins.
Shephard69

409 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2019
Après avoir enchaîné bon nombre de succès dans le cinéma français, Jacques Audiard tente l'aventure américaine et, brillant davantage pour sa subtile variation que par une grande originalité, son western chargé de références s'avère être un pari plutôt réussi. Dans de somptueux décors naturels, un long-métrage à mi-chemin entre la vision crépusculaire de Clint Eastwood dans "Pale rider, le cavalier solitaire" ou "Impitoyable" et le récit onirique proche de "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford". Malgré une économie de scènes d'action et de fusillades, un film à la violence tant physique que psychologique très marquante notamment grâce aux prestations très complémentaires, électriques de noirceur de Joaquin Phoenix et John C. Reilly. Sur fond de ruée vers l'or et de toute la dramaturgie gravitant autour, un road-movie qui, en suivant le parcours sanglant de cette fratrie, dresse une peinture certes sauvage, arriviste mais non dénué d'une certaine poésie utopiste, moderne. Peut-être pas le film de l'année mais une honnête réussite.
videoman29

317 abonnés 1 928 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 février 2019
Jacques Audiard (le fils de Michel) abandonne temporairement les plateaux de cinéma français pour aller concurrencer les Américains sur leur propre terrain. Le résultat donne un western de toute beauté, à la qualité quasi irréprochable. Les décors sont impeccables et le scénario, bien que d'une déconcertante simplicité, se révèle vite particulièrement original. On y suit deux frères, tueurs à gage sans état d'âme, lancés à la poursuite d'un homme qui a découvert une improbable formule permettant de trouver de l'or. Leurs péripéties sont d'autant plus étonnantes que le caractère des personnages principaux est très inhabituel. On s'amuse beaucoup à leur contact et on est souvent surpris par la tournure que prennent les événements, parfois dramatiques mais souvent bien décalés. Du coup, malgré un rythme volontairement lent et contemplatif, il est impossible de s'ennuyer une seule seconde au cœur de ces paysages magnifiques de l'ouest américain. A noter également, la très belle qualité de l'interprétation, qui force le respect et apporte beaucoup à la réussite de l'ensemble. Il ne reste qu'à saluer le retour en force de ce genre, qu'on croyait mort depuis longtemps et qui renaît de ses cendres grâce à quelques récentes œuvres fortes et ultra-réalistes... pourvu que ça dure !
Xavier D
Xavier D

85 abonnés 1 159 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2018
un bon film mélange entre western et road movie, ou deux frères découvrant la vie, de la violence à la douceur. l'humour comme ce brosser les dents, voir l'océan, ou tirer la chasse d'eau, l'émotion comme pour la première fois il me semble qu'on se soucis de la santé des chevaux. scientifique car la radioactivité est mis aussi sur la table. le casting, très bon, John C. Reilly en tête, Joaquin Phoenix aussi. Une fin plutôt dramatique et poétique. Le réalisateur de l'excellent "Prophète" passe du côté américain du western, garantie , toujours aussi soigné dans son travail, entre "Jérémiah Johnson" et "Impitoyable".
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

143 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2018
Pour son huitième long-métrage, Jacques Audiard s'est expatrié de l'autre côté de l'Atlantique, réalisant un film personnel et original porté par John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed. Optant pour un ton intimiste et sobre, il signe un contre-western étonnant, parfois un peu insaisissable, mais dans un esprit résolument différent de ce que les grands cinéastes américains ont pu nous proposer récemment dans le genre. Son scénario, plein de rebondissements, nous emmène dans des directions totalement inattendues. Une très belle musique signée Alexandre Desplat. Intelligent, modeste et plutôt convaincant.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

256 abonnés 2 705 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2019
Les frères Sisters est un film western plutôt plaisant signé Jacques Audiard même si au-delà des caractéristiques propres au genre western qui sont bien là, il n'y a pas grand chose d'autre de mémorable.
L'histoire tient la route même si elle n'est qu'un prétexte pour montrer deux personnages à la fois atypiques et à la fois représentatifs d'une période charnière de l'histoire des États-Unis. Les frères Sisters sont fascinants, s'entraidant à travers toutes leurs péripéties et difficultés auxquels ils seront confrontés (et il y en aura énormément tout au long de leur parcours).
Le film devient un peu long vers la fin spoiler: et d'ailleurs celle-ci n'est pas particulièrement convaincante mais si elle est assez originale pour un western (les deux frangins retournent vivre chez leur mère).

Le casting est excellent et le quatuor d'acteurs est impressionnant. Pour son expérience américaine, Audiard s'est franchement bien entouré : Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed, John C. Reilly et Joaquin Phoenix sont tous au sommet de leur art.
Les décors sont magnifiques (digne du genre western).
Bon film d'Audiard.
berdj aghassian
berdj aghassian

81 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 juillet 2024
Quelle déception !!! Avec de grands acteurs qui n'arrivent pas à sauver quoi que ce soit... Des scènes absolument inutiles, comme celle de l'araignée... Soporifique au possible et aussi l'histoire invraisemblable du chimiste qui n'invente pas la pierre philosophale...: C'est décidé, Jacques Audiard, j'y touche plus...
Kivodulh
Kivodulh

43 abonnés 351 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 septembre 2018
Magnifique Western sous la forme d’un Road movie équestre. L’aventure initiatique de deux frères qui doivent avancer dans l’aventure pour abolir leurs démons.
Audiard réalise une superbe œuvre à la photographie époustouflante digne des plus beaux films du genre. L’excellente BO signée Alexandre Desplat rajoute à la réussite.
weezlesanguinaire
weezlesanguinaire

90 abonnés 468 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mars 2019
Que dire à part que j'ai beaucoup de peine pour Léa gens qui ont mal noté ce chef d œuvre. Sous prétexte que c'est lent et qu'il n'y a pas de rebondissements ? Donc pour qu'un films soit bon il faut trente mille explosions ? des centaines de tirs au pistolet piou piou ? un montage épileptique ? The rock ? Bref je sais que cette jeunesse est habitué à ce genre de marvel ou autre soupe indigeste récente mais le cinéma ce n est pas que ça. Ce film est une perle. Scénario simple mais cohérent dialogue excellents quatuor d acteur magnifique et extrêment bien dirigé ( mention spéciale au toujours parfait John C Reilly). Le réalisateur français a accompagné son film d'une magnifique photographie et d'une réalisation qui fait le travail de manière sobre sans 50 mille mouvement de caméra qui donne la nausée. Et quznd au final il est cohérent avec la psychologie des personnages vosj vouliez une fin a la scarface ou tous le monde se massacre ? Bref pour ceux qui aime le cinéma je ne saurais que trop conseiller cette pepite, pour ceux qui aime le pop corn ya le prochain avengers qui sortira faites vous plaisir...
Perrine P
Perrine P

38 abonnés 201 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 mars 2021
Je ne comprends pas comment ce film a pu avoir autant de récompenses et être aimé par autant de personnes... Le scénario tient sur un post-it, les dialogues sont insipides et sans intérêt, le rythme est lent voire même soporifique... J'aime beaucoup Joachin Phénix et Jake Gyllenhaal comme acteurs en temps normal, mais là même avec tout leur talent, il ne pouvait guère faire quoi que ce soit pour sauver ce film. Et puis, ce côté humaniste à la sauce progressiste qui suinte de tout côté, mais M. Audiard vous êtes en Amérique en 1850 ! Vous pensez que vos cowboys à état d'âme sont crédibles ?? Sérieusement ? C'est bien de revisiter les westerns, par contre refaire l'histoire à la sauce bien-pensante contemporaine c'est risible !
Vraiment déçue.
Isabelle E.C.
Isabelle E.C.

83 abonnés 340 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2018
Ça se laisse regarder, c’est un bon western avec une dimension psychologique et psychanalytique, tous ces hommes de l’ouest ont voulu tuer leur père, il l’on parfois fait.
L’histoire se déroule avec des rebondissements réguliers, mais c’est un peu trop long.
Il n’y a aucun personnage féminin notable, juste des silhouettes pour le décor.
L'Otaku Sensei
L'Otaku Sensei

348 abonnés 226 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2018
J'ai fait connaissance avec le cinéma de Jacques Audiard lors de mes années de lycée, avec l'option cinéma que j'ai suivis. Je remercie sincèrement mes professeurs d'audiovisuel grâce auxquels j'ai pu découvrir à 16 ans "De Battre mon coeur s'est arrêté" (2005), avec Romain Duris & Neils Arstrup, "Un Prophète" avec Tahar Raïm (2009) et "Sur mes lèvres" avec Emmanuelle Devos et Vincent Cassel (2001), du réalisateur, car c'est avec Jacques Audiard que je me suis ouvert et que j'ai commencé à m'intéresser au cinéma d'Auteur que je mésestimais complètement auparavant dans mon champ hyper restreint de cinéphile immature. Même si entre temps, "De Rouille et d'Os" (2012) est passé par là et que de souvenir, j'avais tellement peu accroché que je n'ai même pas pu aller au bout du film (mais ce serait à revoir), grâce à mes cours de cinéma du lycée, j'ai toujours porté intérêt à l'oeuvre de Jacques Audiard, j'ai toujours été sensible aux façons de filmer du réalisateur, à son montage et les thématiques récurrentes de son oeuvre.
Jacques Audiard c'est un mec que j'aime vraiment bien, un auteur, un vrai, et dont les films (du moins ceux de lui que j'ai vu) ont une épaisseur et une identité reconnaissable. Ce que j'aime beaucoup chez Jacques, c'est que c'est un cinéaste de "l' isolement". Ce que je trouve passionnant/captivant dans les films d'Audiard, c'est cette récurrence à mettre en scène des personnages isolés, physiquement, moralement, localement, symboliquement, des personnages qui perdent la notion du bien et du mal et qui tentent toujours désespérément de se construire une "bulle", un refuge, pour affronter ou fuir une réalité qui les dégoûte (souvent par la violence) mais qui échouent car rattraper par leur destin. Des thématiques qui me touchent personnellement et que Jacques a très bien su transposer dans plusieurs genres, que ce soit dans l'univers carcéral impitoyable de "Un Prophète" ou encore dans le mélodrame avec "De Rouille et d'Os". Cette fois, Jacques Audiard se lance lui même un sacré challenge et pas des moindres en s'attaquant à un genre, que dis-je un véritable pilier du Cinéma de Genre, quasiment né en même temps que le Cinéma lui même avec "l'Attaque du Rapide" Edwin S. Porter en 1903, le Western !!
Voilà qui est bien improbable !!! Jacques Audiard qui s'essaye au Western, rien que ça ^^.
Ainsi, le réalisateur de "Regarde les hommes tomber" (1994) vise grand: faire un film d'Auteur en affichant sa singularité dans un film grand public populaire. Des Westerns on en a eu à la pelle dans les années 30-50 avec le tandem iconique John Ford/John Wayne, "La Chevauchée Fantastique" (1939), "La Charge Héroïque" (1949), "La Prisonnière du Désert" (1956), "L'Homme qui tua Liberty Valance" (1962) ect dans l'âge d'or Hollywoodien, puis au Nouvel Hollywood avec "La Horde Sauvage" de Sam Peckinpah (1969), "Little Big Man" d'Arthur Penn (1970) et j'en passe....puis dans la modernité avec "Impitoyable" de Clint Eastwood (1992) puis "Danse avec les Loups" de Kevin Costner (1990); bref, on a eu plus d'une centaine de Westerns depuis les origines du 7ème Art, des films de cow-boy qui ont connus moult chrysalides a travers les âges. On pourrait en avoir marre de voir toujours les mêmes choses, les mêmes codes, les mêmes personnages types, pourtant en France, on a cultivé depuis la Nouvelle Vague ce mouvement cinématographique théorique initié par François Truffaut dans les pages des Cahiers du Cinéma en Février 1955 qu'est la "Politique des Auteurs" selon laquelle le réalisateur de Cinéma est un Auteur à part entière. De cette manière lorsque Steven Spielberg ou Stanley Kubrick font un film de Guerre, ça intéresse car ce sont des auteurs de cinéma. C'est la même chose pour "Les Frères Sisters", le film a notre intérêt non pas car il est un Western en premier lieu...mais un Western réalisé par un auteur.
C'est tout à fait avec cette mentalité découlant de la Politique des Auteurs que je demeurais extrêmement curieux de voir ce qu'allais donné un Western avec Audiard derrière la caméra !
Bon, "Les Frères Sisters" / "The Sisters Brothers", Western Franco-Américain et 8ème film de Jacques Audiard, adapté du roman éponyme de Patrick deWitt (2011) nous raconte l'histoire de deux frères dans l'Oregon de 1851. Charlie & Eli Sisters sont deux mercenaires sans pitié, chargés par le Commodore de parcourir l'ouest américain à la recherche de Warm, un chimiste qui aurait découvert une formule scientifique pour fabriquer de l'or, tandis que leur acolyte John Morris est déjà sur les traces de Warm. Mais les Frères Sisters peuvent-ils vraiment faire confiance à Morris ? Quel est l'objectif de Warm en possession d'une telle formule...dans le contexte de la ruée vers l'or ? Cette quête initiatique mettra Charlie, Eli et le lien fraternel qui les unis à l'épreuve de la cupidité et de la violence du monde qui les entoure.
Voilà pour le pitch global.
Verdict : que penser des "Frères Sisters", autrement dit ce Western d'Auteur ? Eh bien honnêtement mon ressenti est assez brumeux, assez compliqué à vraiment définir tant le résultat est homogène pour moi.
Je n'irais pas par 4 chemins, objectivement, "Sistrers Brothers" est un bon voir même un très bon film tout à fait réussi.
L'entreprise très ambitieuse de Jacques Audiard de poser son empreinte sur un genre hyper populaire comme le film de Cow-Boy qui a fait les beaux jours d'Hollywood est tout à son honneur....seulement voilà, pour moi Jacques a commit une erreur ! Je vais expliquer ce que j'entends par là.
Ce qui me plaisais chez Jacques Audiard, sans reparler de ses thématiques citées plus haut dans ma critique, c'est que le réalisateur avait vraiment une identité stylistique et codifiée reconnaissable. Hors là le problème est tout simplement que je n'ai pas su la retrouver. C'est très simple, je n'ai pas eu l'impression avec "Les Frères Sisters" de voir un film "Audiarien".
Tout le problème étant le suivant, en cherchant à additionner sa singularité d'Auteur dans le genre codifié du Western...j'ai eu l'impression très forte que la singularité d'Audiard s'était retrouvée complètement diluée, hyper minimisée, que l'approche originale du réalisateur-auteur s'effaçait au profil du genre et de ses codes.
J'ai tout simplement eu l'impression de voir un Western mais PAS un film de Jacques Audiard. Vous allez me dire en voyant ma modeste note qu'un jeune comme moi ne sait pas apprécier du Cinéma d'Auteur, que si je suis déçu c'est que je devais m'attendre à des scènes d'actions bourrins non stop et un rythme soutenu parce que je suis de ce que l'on a vulgairement appelé la "Marvel's Generation". Je vous arrête tout de suite, vous n'y êtes pas. Personnellement selon la nature et le genre de film que je vais voir au cinéma, mon cerveau n'est jamais formaté, stimulé de la même manière en fonction des films aussi, lorsque je vais voir un film d'Auteur, mon cerveau n'est pas formaté comme lorsque je vais voir un blockbuster, mes attentes ne sont pas orientées sur le même objet.
Et justement, avec Jacques Audiard je savais à quoi m'attendre et je n'allais pas voir les "Frères Sisters" en espérant voir des duels de revolver et des cascades de folies non, je connais suffisamment Audiard pour savoir que le réalisateur est dans l'intime et la retenue. Hors là, il se trouve que le film ne m'a pas déçu parce qu'il était un film d'Auteur...mais parce qu'il m'a semblé être bien plus un film de genre qu'un film d'Auteur (alors que j'attendais un film d'Auteur).
Jacques Audiard a voulu intérioriser les codes du Western pour en faire un film personnel avec des personnages isolés en quête d'une bulle à l'abris de la violence du monde, c'est hélas tout le contraire qui s'est produit à mes yeux, Audiard a été trop à l'ouest (c'est l'cas d'le dire ouaip ^^), il a tu son originalité.
Sans être un échec total car bon, je suis peut être un peu de mauvaise foie, si, on retrouve quelques thématiques chères à Audiard (que j'ai cité) mais Jacques en a vraiment fait le minimum syndical et je le répète encore mais la singularité thématique et stylistique du réalisateur s'efface devant le banal des codes du Western.
Et c'est clairement dommage car plus que de la déception, c'est de la frustration que je ressent car ce film avait de solides fondations sur le papier : une histoire intéressante, des personnages intéressant, l'univers du Western et le contexte de la ruée vers l'or, mais à l'écran le film semble loin des promesses qu'il nous a fait, à mes yeux y a limite tromperie sur la marchandise.
Dans un film d'auteur, on est sensé toucher à du Cinéma de Personnage ou ce sont les personnages et leur(s) conflit(s) psychologique(s) qui donnent le tempo, hors ici les personnages sont pauvres et plus des automates de l'histoire qu'autre chose, beaucoup trop fonctionnel.
Là encore c'est hyyyyyper rageant d'avoir des personnages aussi peu développés et élémentaires avec un casting 4 étoiles !! Entre John C. Reilly, l'acteur de "Magnolia" (1999), "Gang of New York" (2002), "The Lobster" (2015) et le doubleur de Ralph La Casse dans "Les Mondes de Ralph" de Disney (2012), Joaquin Phoenix ("Gladiator" de R.Scott en 2000, "Le Village" de M.Night Shyamalan en 2004, "Her" de Spike Jonze en 2013 ect) et en plus Jake Gyllenhaal ("Donnie Darko" en 2001, "Prisonners" & "Enemy" de D.Villneuve en 2013-2014) il y avait de quoi être ravi mais, et ceux même si les acteurs se montrent très investis, leur jeux sert malheureusement des personnages trop plats avec un relief psychologique insuffisant.
Je repense à Romain Duris dans "De Battre mon coeur s'est arrêté" (2005) qui cherchait à s'émanciper de son paternel pour vivre librement sa vie et faire du piano, ici on se retrouve encore une fois la thématique de spoiler: l'oppression par la figure du père qui hante les deux frères puisque Eli (John C.Reilly), le cadet a eu a tuer son père alcoolique et violent, à la place de Charlie (Joaquin Phoenix), l'aîné, qui n'a pas eu le courage de le faire. Si dans le film de 2005, Tom (Romain Duris) était oppresser par la présence de son père et devait "tuer son père" d'un point de vue psychanalytique, ici il y a toute une symbolique Freudienne car les frères ont supprimés leur père mais ils restent encore d'une certaine manière psychologiquement aliénés à lui. En psychanalyse, on dit que l'enfant doit "tuer le père" pour devenir un homme. Le point de vue psychanalytique est d'autant plus adapté dans le cadre du film que les personnages d'Eli et Charlie sont en fait des enfants innocents et immatures (le plus jeune est un rêveur raisonnable tandis que le plus grand est un fêtard irresponsable qui passe son temps à prendre des cuites) dans des corps d'adultes, des enfants qui n'ont pas encore bien comprit et discernés les notion du Bien et du Mal dans un monde sauvage et violent. Des enfants, idée encore plus explicite encore avec la toute fin ou les "Sisters Brothers" regagnent le foyer familial et ou leur mère leur passe un savon avant de les choyer (là encore symbolique des enfants qui n'ont pas encore réussi à couper le cordon ombilical avec la Mère).
C'est bien rageant car je sent que le sous texte est là, bien présent mais hélas, tout ce développement de personnage n'est qu'un iceberg. C'est ça, les personnages des "Frères Sisters" sont des "personnages iceberg", leur développement ne représente qu'une infime surface de la chose...et malheureusement Jacques Audiard en reste à la surface et ne plonge jamais profond pour exploiter la partie immergée de la psychologie de ses personnages, on en reste assez bêtement à l'exposition mais jamais on ne bascule dans l'exploration.
Idem pour les personnages de Warm et Morris, l'autre duo avec toute sa thématique de spoiler: bâtir un Etat nouveau, sans vices, juste et ou les hommes pourront êtres libres; sorte de transposition dans le Western de l'Utopia de Thomas More (1516). Là pareil, on cite les objectif mais jamais on ne s'y attarde, ça en reste et restera à l'état de long dialogues encombrant sans jamais de concrétisation, alors qu'avec ça, Jacques Audiard avait trouvé une super idée pour dresser une critique pessimiste puis optimiste de notre société, de critiquer la sauvagerie face à la civilité.

Là encore, c'est le cas de le dire mais Jacques Audiard est passé à côté d'une mine d'or qui était pourtant sous ses yeux. Le réalisateur néglige pratiquement tout le potentiel émouvant de son film, ne développe aucune de ses thématiques et ne meuble pas son "conte initiatique de cow-boy", du coup les personnages sont réduits à être fonctionnels et le récit s'aplatit, nous laisse constamment dans l'attente et finalement c'est l'ennui qui finit par se pointer.
Je n'avais pas envie d'être déçu et je n'ai toujours pas envie d'être méchant avec "Les frères Sisters", j'aurais absolument tord car on a là un réalisateur Français qui s'est donné les moyens de faire un Western avec des vedettes d'Hollywood, à mille lieux des comédies stupides que l'on a en masse, j'ai serte été pas mal frustré par ton dernier film Jacques mais rien que pour ça tu as quand même tout mon respect.
Allez le voir !
Edouard64
Edouard64

8 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2018
Au fait c’est quoi un western ? – Vous me demandez ça à moi qui n’en ai pas vu depuis vingt ans ? Donc ça se passe dans l’Ouest, c’est violent, il y a des coups de feu et des rodomontades. Et souvent une bonne part de jeu parfois, autour de ces scènes vues et revues : les portes des saloons, les verres qui s’avalent aussi vite qu’on galope vers son ennemi, et ces grandes chevauchées dans les herbes hautes sous les falaises rougeoyantes. Jeu sur le cliché : oui moi aussi je sais faire, et vous allez voir tout ce que JE vais en faire : agréablement meubler votre soirée, vous faire rire, vous émouvoir aux larmes ? Comment exister quand on se lance à son tour dans le grand jeu du western ? C’est un autre duel, de soi-même contre tous les autres, ou l’on ne risque « que » l’insignifiance, l’avant-goût de la mort pour les grands cinéastes. Audiard a donc risqué, et gagné ! On est pris, embarqué dans ce grand remuement de gens de toutes origines, crapules visqueuses ou idéalistes pas tous condamnés à succomber ou dépérir. Audiard y ajoute une bonne dose d’angoisse, assez de sexe (guère versé vers la romance), et une puissante ambiguïté sur l’origine de la catastrophe (presque) finale.
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