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Un visiteur
5,0
Publiée le 26 janvier 2017
très simple un chef d’œuvre
tout est juste dans ce film la mise en scène, la musique, les dialogues
pierre niney est sublime (ne serait il pas le meilleur acteur français du moment ?) paula beer est émouvante et captivante
ce film est un pur moment de poésie sur la souffrance de la guerre et sur comment se reconstruire après avoir vécu l'horreur de la perte des siens ou sur le fait d'avoir donner la mort
Très beau film ! Son originalité, outre son histoire et les acteurs, est le jeu de lumière. Un film en noir et blanc avec certains passages en couleur en fonction des émotions. Tout cela fait en légèreté. Je recommande ce film. Merci au festival du cinéma organisé par l'Omnia de Rouen qui m'a permis de voir ce film !
Un magnifique film, très émouvant, et qui dans un jeu du noir et blanc et de la couleur nous montre avec brio les moments de bonheurs qui peuvent être présent même lorsqu'il y a un drame. Les deux acteurs principaux sont sublimes et portent leurs personnages avec beaucoup d'émotions et de beauté. J'ai été très touché par ce film que je suis déjà impatiente de revoir en dvd.
Dans un petit village allemand peinant à panser ses plaies d'après guerre (la première), débarque un français traumatisé par un fait de guerre. Un fait de guerre comme il en existe des milliers et qui pourtant a chamboulé sa vie. Au delà de cette anecdote filmé tout en pudeur dans une image en noir et blanc remarquable magnifié par des touches de couleur illustrant les rares passages de bonheur, c'est toute l'absurdité de la guerre qui est ici abordée dans ce remake de Broken Lullaby, réalisé par Ernst Lubitsch en 1932. François Ozon dirige un duo de comédiens d'une justesse à fleur de peau dans ce qui pourrait être une tragédie grecque moderne faite de mensonge, de culpabilité, de difficulté de reconstruction et malgré tout d'espoir. "Frantz" est un film qui prend son temps, vertigineux, et derrière ses aspects mélodramatiques, sacrément d'actualité.
Quel beau film ! Bien sûr,il faut aimer le romantisme, mais pas que. Le réalisateur déroule son histoire avec un doigté chirurgical, et les acteurs, avec l'extraordinaire Laura Béer en tête (quelle découverte que cette jeune Allemande !) nous font passer un moment de rêve, tout en délicatesse et retenue : du grand art. Ajouté à cela une super photo, une reconstitution d'époque (1919) étonnante, et des idées superbes, comme cette alternance de noir et blanc et de couleur, cette dernière pour les moments de bonheur fugace. Par ailleurs, l'air de rien, un vibrant plaidoyer contre la guerre et pour l'amitié franco-allemande. Mon épouse parle de romantisme à la Goethe : quelle belle référence !
Magnifique ! L'histoire est touchante, humaine, triste. J'ai été particulièrement touché par la prestation de Paula Beer que je découvre ici en jeune veuve d'un soldat allemand de la Première Guerre Mondiale. Le réalisateur passe habilement de la couleur pour les flash back au noir et blanc pour le présent, marquant davantage cette époque douloureuse pour les personnages. Nous sommes habitué au contraire. La musique a une très grande part dans l'oeuvre et nous voyons l'animosité et la froideur des allemands et des français qui ont besoin de coupables à tous les morts. Nous avons aussi la présence des traces de la guerre à travers les gueules cassées, une réalisation parfaitement réussies et des acteurs convaincants, un chef d'oeuvre !
Curieuse après avoir vu la bande annonce, je me suis laissée tentée par ce film. Et j'ai été agréablement surprise. Film en noir et blanc qui ne gêne absolument pas. Intrigue sympa. Pierre niney est bon ! Comme à son habitude
Je surnote un tout petit peu mais c’est vraiment parce que je trouve la fin magnifique, en fait la première partie est assez classique voire ennuyeuse et résulte d’un truc complètement attendu, à ce moment là je n’étais pas convaincu, par contre la seconde m’a embarqué comme rarement, lorsque Anna va retrouver Adrien à Paris et que tout ne se passe pas comme elle l’espérait, par exemple la scène du concerto à trois, sublime, j’aime ce genre de tragédie. Et l’ultime séquence m’a ému alors que je ne pensais pas accrocher à l’histoire et à l’alchimie du duo d’acteurs, ça a mis le temps, mais ça valait le coup. Bonne petite surprise.
Quelle intensité et quelle délicatesse ! J'avais quelques a priori sur le cinéma d'Ozon. Mais ici c'est vraiment du très grand cinéma, les séquences se suivent et nous emportent dans les émotions sans tomber dans la mièvrerie. Et les comédiens, quel talent ! Vraiment une très belle réussite !
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3,5
Publiée le 17 janvier 2017
La fin de la guerre, mais un climat tendu avec les Allemands qui tiennent pour responsables les Français de tous leurs maux à croire qu'ils sont les seules victimes et qu'ils sont innocents... Tout cela n'empêche pas Adrien d'aller là-bas motivé par une raison importante que j'ai deviné immédiatement, mais le déroulement et surtout le rapprochement entre lui et la famille Hoffmeister m'ont fait parfois douter, car si c'était bien ce à quoi je pensais la situation était un peu malsaine. Le mystère ne dure pas longtemps et le point culminant du film est ce face-à-face quand la vérité éclate et fait tomber les masques. Je pensais que le film allait perdre un peu d'intérêt à la suite de cela, mais pas du tout, car on change de point de vue avec de nouveau un personnage tourmenté en l'occurrence Anna qui est perturbée, mais pas par la même chose, car elle est perdue et troublée par tous ces sentiments différents. Le film est classique, mais il fonctionne totalement grâce à une histoire bien écrite, un style sobre et épuré en noir et blanc où les couleurs font parfois leurs apparitions comme si la vie revenait puis les acteurs sont convaincants surtout Paula Beer qui se révèle au fil des minutes.
Dans une bourgade allemande du printemps 1919, le quotidien de la jeune Anna se résume à entretenir la tombe de son fiancé mort dans les tranchées. Hébergée par les parents de ce dernier, elle croise un jour Adrien, un français en plein recueillement devant la tombe de son supposé ami. Une histoire qui va donc virer au mélodrame comme Ozon l'avait déjà fait il y a plusieurs années avec Angel. Malgré l'animosité ambiante envers le peuple français, la jeune femme l'invite à entrer dans sa vie et celle de ses beaux-parents. S'inspirant d'un film du grand Lubitsch adapté d'une pièce de théatre peu de temps après la 1ère guerre mondiale. François Ozon s'attèle une seconde fois, au film d'époque. Le choix de tourner dans la langue du "moment", qui plus est en noir et blanc, est un double défi : mais accentue le regard du spectateur pour le film (même si via le biais du noir et blanc, la numérisation a fait son pas...) A travers ce drame de l'après-guerre, on retrouve le goût du secret cher au réalisateur, comme celui de la confusion du vrai et du faux (enfin je me comprends). La reconstitution soignée de l'époque donne au film une beauté à la fois austère et mélancolique (mais tourne obligatoire un coté mélodrame au film, qui plaira ou non au public d'entrée de jeu). L'esthétique noir et blanc du bourg allemand et de sa campagne environnante (mais ou l'on ressent le deuil de toute une population) rappelle un peu « Ruban blanc » (film sorti en noir et blanc plusieurs années avant, mais ayant eu son effet également). Le temps d'une scène où la musique s'introduit dans la maison, la couleur remplace le noir et blanc comme si la vie reprenait ses droits. C'est un effet qui marque quelques choses de bien propre à ce que Ozon sait faire et il le fait ici remarquablement. Ozon nous emmène là où ne s'y attend pas, dans un jeu de miroirs où le mystère rivalise avec l'intensité de l'histoire. Il joue comme personne de l'ambiguité des personnages et de ce qui peut les unir (direct ou indirectement). La seconde partie du film se déroule dans une France ayant été touché par la guerre encore toute proche et l'on sent le passage dans une partie différente à ce que l'on a vu avant mais qui sera tout aussi dur. Anna, étrangère à son tour, partant sur les traces d'un homme et du fantôme de Frantz. En quête de vérité, elle finira par payer le prix fort de la désillusion. « Frantz » nous interroge sur la culpabilité des survivants, celle de l'homme recherché mais pas seulement. Car chacun a selon le point de vue dont on se pose, à sa propre culpabilité (que se soit directement ou non, la guerre en est la cause et Ozon nous le fait bien comprendre ; et joue plus ou moins la dessus ; sans insister mais en appuyant sur le noir et blanc, la langue...). Chacun des acteurs illumine le film de leur vision, de leur façon. Avec mélancolie évidemment et chacun ayant leurs propres tourments dont on ressent plus ou moins la "passion" mais ou le mélodrame va nous tenir jusqu'au bout. Malgré son titre trompeur, François Ozon nous offre un émouvant portrait de femme confrontée au deuil et au mensonge. Mais le film va bien au-dela du mélodrame même si il le fait avec finesse et délicatement. Une osrte de plaidoyer qui au vue de certaines commémorations ; se veut bien venue. Une agréable surprise évidemment ou l'on ne ressort pas plein de joie mais ou l'intensité nous prends aux tripes même si la suggestion et les paroles font parfois plus que la vision d'une telle horreur.
Drame historique de François Ozon qui se déroule juste après la grande guerre. Rencontre improbable de deux âmes tourmentées par la guerre. Anna, allemande, qui a perdu Frantz, son fiancé, au front. Adrien, artiste français qui ne se remet pas des horreurs de la guerre. La photo est superbe, les acteurs sont bons, notamment Paula Beer, l'intrigue est classique mais l'ensemble est plutôt réussi.
Très beau film, essentiellement filmé dans un noir et blanc d'une grande beauté, et occasionnellement un recours à la couleur, subtil et discret. Pour raconter l'histoire de "Frantz", ou plutôt d'un soldat français l'ayant connu, ou plutôt de la fiancée qui l'a perdu, Ozon fait preuve ici d'une émotion et d'une sobriété auxquels il ne nous avait pas franchement habitué jusqu'ici. Tout ici est parfait, scénario, dialogues, interprétation, photo, musique et mise en scène. On pense parfois au Truffaut romanesque, c'est dire si Ozon signe ici son plus beau film et de loin.
Film de la maturité, "Frantz" fascine par son découpage très élaboré, sa mise en scène d'une élégance rare à la hauteur d'un Douglas Sirk (par le trouble entre ce qui est sous - entendu et ce qui est réellement montré) et sa direction d'acteurs d'un niveau rarement égalé (si Pierre Niney continue de convaincre, Paula Beer est la véritable révélation du film, tendue en permanence vers une vérité qui se refuse). Seul bémol : même si le ou plutôt les mensonges font dévier sans cesse le scénario, si les faux semblants sont toujours là, la perversité inhérente aux films d'Ozon est définitivement absente. Tant pis pour lui, il n'avait qu'à pas nous habituer à ces petits jeux jouissivement malsains.