Allemagne 1919.
Une jeune femme vient tous les jours fleurir la tombe de son fiancé, Frantz, mort au front, jusqu'au jour où elle rencontre un jeune français, qui vient se recueillir, lui aussi, et qui prétend avoir connu Frantz et avoir été son ami.
Mais cet homme cache un lourd secret..
Au début, jusqu'au choix de l'affiche du film, on pourrait se croire dans un roman de Stefan Zweig ou un film de Max Ophuls, mais c'est la question du mensonge et des faux semblants qui servent à enjoliver la réalité lorsqu'elle trop difficile à regarder en face, qui est le vrai sujet du film.
Il ne reste que la douleur et le ressentiment dans cette Allemagne vaincue, ce que mettra parfaitement en symétrie Ozon, pour dénoncer l'absurdité de la boucherie, quand, aux chants patriotiques dans un café en Allemagne, une chope de bière à la main, répondra " La Marseillaise", chantée par une toute une salle qui se met debout, dans un café parisien.
La douleur, ainsi que la mesquinerie des uns, la bêtise des autres, mais aussi la sincérité des braves gens..
Paula Beer, toute en dignité, retenue et bientôt passion contenue, est magnifique.
Au fond, le plus dérangeant, est le personnage de Pierre Niney, brisé et traumatisé par la guerre, mais également lâche, qui n'assumera rien, jusqu'à son homosexualité latente, que suggère fortement Ozon.
Une belle histoire, émouvante, avec une demi-étoile de plus, de ma part, pour Paula Beer, qu'on aurait envie d'aimer.