Un récit aussi étonnant que bouleversant. Un homme revient dans un village allemand à la suite de la Seconde Guerre mondiale, il est celui qui va à la rencontre d’une famille endeuillée par la perte d’un fils, d’un époux : un soldat allemand, mort au combat en France. Il avait une particularité, celle d’adorer la France, Paris et les peintures de Manet au Louvre. S’incrustant alors dans cette famille, ce français qui, accueilli par celle-ci, résiste à la confiance des habitants méfiants. Ce français, qui prétend d’abord passer pour l’ami parisien de celui qu’ils pleurent, leur révélera quelque chose de tout autre. Cette réalisation particulière se singularise par son authenticité dans la langue et les dialogues, mais aussi par un choix de photographie illustré par ses couleurs.
Un film d’amour, un film sur la paix, un film sur la famille, avec ses joies et ses souffrances. Superbe ! Pierre NINEY et Paula BEER jouent remarquablement bien et incarnent à merveille leurs rôles. On est touchés par la beauté et la pureté des sentiments qu’ils se partagent. Au terme de ce film, je repense à cette citation de Paul Valéry : « La guerre est un massacre entre des gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». A méditer.
Rien de mieux pour ouvrir un film qu'une dame se recueillant sur la tombe de son bien-aimé tombé au combat. Devant cette tombe est venu également se recueillir un étranger, un français. Très vite, on comprend que ce français, Adrien, a connu le fiancé, Frantz. Une rencontre inopinée de laquelle va naître une amitié. Cependant, cette amitié entre un français et une famille allemande endeuillée n'a rien de commun pour l'époque de l'entre deux guerres. À la fin de la première guerre mondiale va naître chez les allemands comme les français une haine viscérale envers l'ennemi que chacun tient responsable des morts et de l'état des pays, parfois de véritables ruines. Ce film se veut comme le miroir de cette mentalité, mais se veut aussi comme la démonstration d'une possible amitié franco-allemande. Ce film se veut également comme une réflexion autour des états de l'âme. Notre héros comme la fiancée éprouvent le poids du secret, de la vérité et du pardon. Demander pardon devient ainsi une véritable quête pour Adrien dont les souvenirs, le fruit de son imagination vont être en couleur contrairement au reste du film qui n'est qu'en noir et blanc. L'apparition de la couleur à des moments précis permette de contraster entre la tristesse de l'époque et la joie, le bonheur des souvenirs, du moins de la joie qu'Adrien tente d'apporter aux parents de Frantz.
Un film de François Ozon n’aura rarement été aussi abouti que ce « Frantz » drame romanesque situé au lendemain de la guerre 14-18 dans lequel le réalisateur fait preuve d’une aisance remarquable derrière la caméra, entre la beauté d’une image oscillant entre le noir et blanc et la couleur et la rigueur du cadrage. Un récit évoquant le ressentiment d’après-guerre dans les deux camps ainsi que le pardon dont la justesse et l’émotion qui affleure juste ce qu’il faut parvient à toucher le spectateur d’autant que l’interprétation est à la hauteur.
L’après-guerre de 14-18 vue du côté allemand est rarement montrée au cinéma. C’est le décor de ce film. Frantz est une histoire de chagrin et de pardon pour paraphraser Ophüls. Le film est intelligent et sensible. Cependant, quand Anna/Paula retrouve Adrien/Pierre, celui-ci est sereinement désinvolte. On dirait qu’il n’a rien compris au sentiment amoureux qu’il a provoqué chez Paula. Est-il idiot, non, hypocrite, peut-être, lâche, sûrement. Ozon ne tranche pas. La fraîche fiancée Fanny semble mieux comprendre Paula. Les acteurs sont parfaits et on fait avec ce film la belle découverte de la jeune, belle et excellente Paula Beer.
Un film a la photographie assez léchée, à l'histoire surprenante (notamment le point de vue des allemands après guerre, souvent assez peu évoqué, et pourtant prélude au ressentiment qui mènera au nazisme), bien joué par Paula Beer et Pierre Niney.
Moi qui n'aime pas voire déteste les films d'Ozon, très cinéma "Au théâtre ce soir" (vieille référence mais très significative), ce film tranche avec tout ce que j'ai vu de lui. Et c'est une très bonne surprise. Un choix esthétique réussi (le N&B et la transition à la couleur), un accompagnement musical bien choisi, des interprètes excellents (les seconds rôles et la découverte de la magnifique et excellente Paula Beer). L'histoire tient un peu en haleine même si le film manque d'un twist plus fort dans le dernier quart d'heure. A la place on a droit à des images lentes et esthétiques qui poussent à la réflexion et à la compréhension des sentiments. Un choix payant au final. Une belle réussite.
Allemagne 1919. Une jeune femme vient tous les jours fleurir la tombe de son fiancé, Frantz, mort au front, jusqu'au jour où elle rencontre un jeune français, qui vient se recueillir, lui aussi, et qui prétend avoir connu Frantz et avoir été son ami. Mais cet homme cache un lourd secret.. Au début, jusqu'au choix de l'affiche du film, on pourrait se croire dans un roman de Stefan Zweig ou un film de Max Ophuls, mais c'est la question du mensonge et des faux semblants qui servent à enjoliver la réalité lorsqu'elle trop difficile à regarder en face, qui est le vrai sujet du film. Il ne reste que la douleur et le ressentiment dans cette Allemagne vaincue, ce que mettra parfaitement en symétrie Ozon, pour dénoncer l'absurdité de la boucherie, quand, aux chants patriotiques dans un café en Allemagne, une chope de bière à la main, répondra " La Marseillaise", chantée par une toute une salle qui se met debout, dans un café parisien. La douleur, ainsi que la mesquinerie des uns, la bêtise des autres, mais aussi la sincérité des braves gens.. Paula Beer, toute en dignité, retenue et bientôt passion contenue, est magnifique. Au fond, le plus dérangeant, est le personnage de Pierre Niney, brisé et traumatisé par la guerre, mais également lâche, qui n'assumera rien, jusqu'à son homosexualité latente, que suggère fortement Ozon. Une belle histoire, émouvante, avec une demi-étoile de plus, de ma part, pour Paula Beer, qu'on aurait envie d'aimer.
Une relation complexe entre deux personnages traitée avec élégance et non-dits, visuellement réussie, mais au déroulement pas toujours prenant. Le contexte et l'histoire sont intéressants mais pas captivants.
Comme on dit : "qui trop étreint mal embrasse". C'est valable pour "Frantz". Alors oui, un beau mélo en noir et blanc sur fond de guerre 14/18 et deux acteurs magnifiques. Sauf qu' Ozon pèche par force de maniérisme : insertion d'images en couleurs, dialogues plus ou moins expéditifs, longueurs un peu trop contemplatives... Mais surtout, ce sentiment persistant qu'Ozon cherche à retenir le plus possible l'émotion, la passion. Puisqu'il s'agit quand même d'une histoire d'amour ou en tout cas de l'histoire d'une femme amoureuse. Ceci dit, Paula Beer illumine le film à chaque plan. La comédienne allemande est d'une grâce et d'une profondeur de tous les instants et porte littéralement cette histoire. A ses côtés, Pierre Niney ne démérite pas. Et puis c'est très beau à voir : photo, cadrage, direction artistique... Y a du taf, il faut l'admettre.
Une autre facette de la grande guerre, qui met en face a face le combattant et le non combattant, sur fond de haine remplie d'amour, avec une très bonne maîtrise des couleurs.
Magnifique ! Deux heures sublimes ! Inutile de blablater, il faut juste le voir ! Mais comme je ne peux pas faire moins de 100 caractères alors je précise que le film de Lubitsch est honoré par ce remake. Tout est juste parfait.