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Gérard Delteil
256 abonnés
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3,5
Publiée le 14 février 2018
Je ne connais pas le film de Lubitsch dont celui-ci est parait-il inspiré, mais je l'ai trouvé très émouvant. Tous les comédiens jouent très juste. Le passage du noir à la couleur pour les scènes de bonheur est certes un procédé discutable, mais ce n'est guère gênant si on entre dans ce mélo pacifiste. Le pacifisme de Ozon, un siècle après la guerre, est néanmopins un peu facile. D'autant qu'il semble faire porter la responsabilité de la boucherie de 14-18 sur les aînés qui auraient envoyé leurs enfants au combat. Pas un mot sur les responsabilité des grandes industriels et marchands d'armes qui se partageaient et se disputaient le monde. Si la stupidité du nationalisme, côté allemand comme côté français, est bien vue, il manque tout de même une dimension. En 1919 tout le monde en Europe ne se contentait pas de verser des larmes sur les victimes, de fêter une victoire ou de ruminer une vengeance. De vastes mouvements de révolte contre le militarisme et la guerre se déclenchaient en Allemagne comme en France. On aurait aimé que Ozon y fasse au moins allusion. Une vision plus juste et plus objective de la situation aurait donné davantage d'ampleur à son film.
Le visuel est sublime, d’une sobriété en plein milieu d’une histoire d’époque, l’intrigue est bouleversante, composé de douleur, de remord, de colère, d’incompréhension, le mensonge laisse place toujours à la vérité, la conscience ne sera jamais tranquille, la fin est très intense en émotion, de la poésie picturale, la continuité de la vie par la représentation de la fatalité.
un film avec une vraie histoire ou on ne tire pas sur les sentiments à l’excès ,un film humain ,de la poésie et une paula beer magnifique! .. seuls les variations de la couleur au noir et blanc restent un mystère et n'apportent rien au film..
Un bon Ozon, presque "normal" et conventionnel pour une fois. Pourquoi, malgré la lenteur du rythme, je ne me suis pas ennuyé ? Rapidement il s'installe une atmosphère où on a envie d'en savoir plus et de comprendre ce que cache cet homme. La musique superbe, les décors riches. Que du bonheur...
Un beau message pacifiste à travers cette histoire post-1° guerre mondiale, avec en fond les séquelles dans les corps et dans les âmes des anciens soldats, familles de soldat et au sein de la société toute entière. Même si par moment le scénario est un peu attendu, l'époque est bien rendue, les images de guerre réaliste et les acteurs jouent juste (mention pour Paula Beer, véritable révélation). Le fait de tourner en noir et blanc apporte une vraie plus-value dramatique, avec l'ingéniosité d'insérer quelques touches de couleur par moment. C'est du Ozon donc tout est dans l'ambiance.
François Ozon signe ici un beau mélodrame esthétiquement réussi, avec un casting convaincant. Si j’ai eu du mal avec Pierre Niney qui surjoue un peu trop à mon goût (de la Comédie Française !), Anna (Paula Beer) quant à elle est magistrale, flamboyante.
La première partie en Allemagne est un peu prévisible, très lente, la deuxième partie en France quant à elle est plus réussie à mon goût, plus rythmée, offrant davantage de moments d’émotions.
Au final, un film avec une belle photo, et un fond riche (le deuil, le mensonge, la recherche du pardon, l’amour) mais à l’intrigue prévisible et où trop d’esthétisme et de mise en scène tue le romanesque et la sincérité. Dans son ensemble, il s’agit d’ un film audacieux : Ozon usant du noir et blanc et osant l’utilisation de l’allemand dans les deux tiers du film. On y retrouve le charme des films romantiques d’entre deux guerre.
Il souffle dans ce film sur l'après-guerre un vent de rancoeurs, de mélancolie, de culpabilité, de souffrance tant physique que psychique mais également de reconstruction. L'art sert d'exutoire en particulier la poésie, la musique et la peinture. Impeccable Pierre Niney une nouvelle fois, mais également Paula Beer ; ils campent des personnages martyrisés par les atrocités de la guerre. L'image sert le propos : noir et blanc pour les jours sombres, couleur pour l'espoir et la vie !
Très bon jeu d'acteurs, juste dans l'émotion mais sans excès. Notamment grâce à a jeune actrice Paula Beer qui crève littéralement l'écran... Pierre Niney est bien mais un peu en dessous (c'est le parti pris du film de nous faire nous identifier à l'héroïne donc c'est normal aussi). L'histoire en elle-même est vraiment très touchante, on se laisse transporter de bout en bout -en oubliant même le fait que l'image soit en noir et blanc-, très bon film !
François Ozon qui affiche dix-huit long métrages, réalise son film le plus abouti et sensible. FRANTZ se clôt dans la contemplation et sur une envie de vivre, de quoi en faire, certainement, l’un de ses meilleurs films.
Une magnifique histoire, joliment mise en scène par un François Ozon inspiré. L'interprétation toute en finesse et mesure des acteurs franco-allemands n'empêche pas l'intensité dramatique de se mettre en place. Quelques scènes poignantes, et des dialogues magnifiques, "Frantz" est une belle réussite pour le réalisateur français, qui montre la difficile réconciliation franco-allemande au lendemain de la guerre 14-18, tout en brassant des thèmes comme le pardon, le deuil, l'amour avec justesse. Un film à voir.
Belle réalisation de François Ozon. C'est un vrai cinéaste, une très belle photographie, couleurs et noir et blanc, une technique assurée, rigueur et esthétisme réunis. Un peu trop mélo vers la fin, mais la qualité est là, les acteurs sont bons, même les seconds rôles, et la musique est bonne.
Un drame poignant sans jamais avoir besoin du mélodrame larmoyant, un film sobre et esthétique, qui est largement soutenu par un jeu d'acteurs très talentueux. Un film qui aurait mérité quelques récompenses de plus lorsque l'on voit la beauté du travail accompli, la force d'engagement dans cette histoire incroyable et pourtant vraie, et la leçon de tolérance humaine qui en découle, sans parler du repentir qui trouve ici son paroxysme... On finit en ayant l'impression d'avoir vu un grand film, alors que rien n'y est pimpant, peut-être cette modestie est-elle une leçon à prendre pour bien d'autres films. Le noir et blanc qui s'estompe parfois et laisse place à la couleur lors des souvenirs est très intelligemment amené, et la fin reste une énigme pour certains qui y voient des possibilités diverses... Pierre Niney tire son épingle du jeu, sans jamais trop en faire et en restant grand monsieur, tout simplement. Les autres acteurs n'étant bien sûr pas en reste, loin de là. La famille allemande nous bouleverse car l'on est rarement confronté à l'envers du décor dans les films sur la guerre, chauvinisme oblige. Ouvrir sa perception de ces terribles événements à de nouveaux horizons est le fil conducteur du film, son superbe repentir.
Frantz fait montre d'une maîtrise totale dans cette observation de vies anesthésiées par le malheur et dans l'illusion d'une renaissance. Ce n'est pas d'une gaieté folle mais c'est incroyablement beau et douloureux.