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Kubrock68
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4,0
Publiée le 22 novembre 2020
Un jeune soldat rend visite aux parents d'un soldat allemand mort. Tiré d'un film de Lubtisch exceptionnellement non comique, celui ci pousse l'histoire au delà de l'original. Ne recherchez pas le titre du film original si vous ne voulez pas vous gâcher le plaisir de la découverte. On découvre une actrice gracieuse et talentueuse avec Paula Beer et une confirmation du talent de Pierre Niney dont l'allemand m'a paru époustouflant. Cela peut paraître lent mais pour moi cela fait partie du plaisir que l'on a à se laisser porté par un récit délicat et romantique. Une re-découverte.
« Frantz » a été réalisé en 2016 par François Ozon ce qui est déjà un gage de qualité. Ce film se déroule en 1919 dans une petite ville allemande sur un fond de sentiments nationaux : le patriotisme voire le nationalisme (scènes de la taverne en Allemagne et du bistrot à Paris) face à la nécessité de défendre la patrie (« Qui les a envoyés [les fils] au front ? Nous, leurs pères et nous sommes les responsables [de leur mort] ») ou le pacifisme. Il raconte surtout une histoire d’amour tout à fait insolite et complexe entre Anna (stupéfiante Paula Beer) recueillie par la famille de son fiancé Frantz, fils unique mort à 23 ans au combat en France, et Adrien (Pierre Niney), français, « artiste et fragile » qui a dû lui aussi combattre et dont le chemin a croisé par hasard celui de Frantz un jour dans une tranchée. Adrien, chargé d’un lourd secret, va aller en Allemagne sur la tombe de Frantz, rencontrer Anna et sa nouvelle famille et parler de son amitié avec Frantz à Paris lorsque celui-ci faisait ses études. Le film excelle aussi par le « ménagement » qu’exercent Anna et Adrien vis-à-vis des parents de Frantz dont les yeux dégagent des sentiments très profonds. La scène où Anna va se confesser est superbe. Superbe également sa décision finale lorsqu’elle ira en France à la recherche d’Adrien qui n’écrivait plus… En dehors de quelques passages à la couleur parfois discutables, le noir et blanc du film est extraordinaire que ce soit dans les scènes au cimetière, dans la ville parfaitement reconstituée en termes de décors et de costumes, dans la famille de Frantz. Il est magistralement interprété avec une bande son sobre mais bien maitrisé sachant qu’Adrien était violoniste professionnel et Frantz amateur et à ce sujet la scène où le père de Frantz offre à Adrien le violon de son fils mort est sublime. Un film d’une excellence justesse sur certaines conséquences de la Grande Guerre :,le traumatisme, le deuil et le pardon « à l’écoute du bruit du vent dans les feuilles » et des poèmes de Verlaine… mais aussi de la toile de Manet !
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1,5
Publiée le 22 septembre 2020
Après avoir vu la bande-annonce j'étais vraiment intéressé par Frantz. Mais j'ai senti que la Première Guerre mondiale et les années d'après-guerre étaient généralement sous-représentées dans les films., La bande-annonce promettait une romance mystère et pleine de suspens. Mon enthousiasme s'est transformé en déception après les 30 premières minutes du film. Les dialogues clichés que je pensais d'abord être un dispositif stylistique sont devenus simplement répétitifs. Il semblait que les personnages émettaient constamment des lignes mélancoliques et éclataient en larmes apparemment au hasard. Le jeu de certains acteurs en bois n'a pas du tout aidé. En fin de compte j'ai trouvé assez bouleversant que les souffrances de la Première Guerre mondiale soient exploitées pour un film aussi terne dans un noir et blanc prétentieux. Les thèmes du rapprochement européen après la Première Guerre mondiale et du pardon individuel avaient à mon avis beaucoup de potentiel mais dans la manière dont ce film les traitait ce potentiel était presque entièrement gaspillé (c'est mon avis)...
Frantz constitue, à n’en pas douter, la plus grande et atypique réussite de François Ozon au sein de sa filmographie. Il est d’abord le portrait d’un contexte historique peu représenté au cinéma, brossé depuis un point de vue non pas français (ou allemand) mais européen. L’entre-deux-guerres apparaît comme une période de reconstruction morale et de deuil collectif prise en charge par une exacerbation du sentiment patriotique – voir les deux scènes, construites en miroir l’une de l’autre, où les pères allemands et français chantent leur hymne national respectif. Néanmoins, ce contexte historique est relégué au second plan, il devient une toile de fond – telle cette incrustation d’image de ferme agricole désolée et en ruine sur la vitre du train, lorsque Anna part à la recherche d’Adrien – sur laquelle sont peints, au premier plan, deux personnages tourmentés et qui vont s’aimer dans le mensonge. Frantz est un film sur le double et sur la lâcheté humaine, surtout masculine, puisque les hommes à l’origine de la guerre rejettent sur autrui leur responsabilité dans la mort de leurs enfants. Il est aussi un immense film sur la propension de l’art à constituer un langage commun apte à rapprocher les êtres, à panser les blessures, à tirer du singulier un collectif de la douleur. Il y a d’abord le poème de Verlaine, « Chanson d’automne », que l’actrice Paula Beer récite en français, mais dans un français teinté d’allemand. Comme le titre d’ailleurs laisse entendre la francisation du prénom Franz. Ensuite la chanson « Nuits d’étoile », chantée par la promise d’Adrien, qui indique la désillusion d’Anna et sa solitude profonde. Enfin, le tableau de Manet, Le Suicidé, qui fait prendre conscience à Anna que la peinture qui obsédait tant Adrien et Frantz au cours de leur amitié chimérique à Paris représente la mort à soi, fait d’Adrien un mort-vivant hanté par son crime et condamné à errer dans sa luxueuse propriété, aux bras d’une femme qu’il n’aime pas. Frantz est un œuvre sur l’art qui fait mémoire et qui immortalise la douleur humaine universelle. La mise en scène de François Ozon compose une succession de petits tableaux souvent statiques – ce plan magnifique où les deux amants d’Outre-Rhin sont assis sur l’herbe devant le lac n’est pas sans rappeler les toiles romantiques de Caspar David Friedrich – et sublimés par le noir et blanc qui se charge de couleurs à mesure que le mystificateur oublie, un instant, le mensonge qui le définit pour vivre une idylle amoureuse. C’est un film romanesque et romantique, âpre et sensuel, qui fascine à chaque visionnage, et qu’il faut voir et revoir, encore et encore, pour en apprécier la beauté ténébreuse, comme un tableau dont les motifs, dont les touches de couleur prennent vie selon un éclairage particulier.
Je m'attendais à beaucoup mieux compte tenu des excellentes notes de la part des spectateurs et de la presse. Mais je savais également que le film reposait sur une histoire d'amour, et comme ce n'est pas forcément le genre de film qui me passionne, je ne suis qu'à moitié étonné d'être déçu. Sur toute la première partie où les personnages font connaissance, j'ai trouvé Ninet assez mauvais. J'ai trouvé qu'il forçait trop sur le coté sensible de son personnage, son jeu d'acteur m'a semblé exagéré et donc peu convainquant. Le scénario est original et il dispose d'un beau potentiel. On découvre les 3 principaux personnages : Anna, Frantz et Adrien, jusqu'à ce qu'on apprenne la vérité sur la relation entre les deux hommes. J'étais persuadé qu'ils avaient eu une relation amoureuse et que l'amitié racontée par Adrien cachait en réalité des sentiments plus forts... et bien force est de constater que je m'étais complètement trompé ! En fait, jusqu'au moment où l'on apprend la vérité, le film ne m'avait pas vraiment déçu (à part Ninet), mais la suite était interminable et la fin vraiment décevante. Dommage.
Un beau film de François Ozon même si on ne reconnait pas son style transgressif habituel. Les acteurs sont très bons et le scenario très bien écrit. La photo est superbe. Personnellement en revanche je n'ai pas trouvé grand intérêt au noir et blanc.
Quel film... D'autres l'ont dit, l'actrice principale, Paula Beer, est excellente et rappelle le jeu et la beauté de Romy Schneider. Tous les acteurs sont bien pensés et trouvés pour interpréter leur personnage à la perfection, c'est le cas aussi pour les beaux-parents allemands et la famille du jeune Français. Quant à l'histoire, elle n'est pas si simple qu'il n'y paraît. On pense être détrompé sur ce qu'on croyait au départ de la relation des deux soldats, mais peut-être pas finalement, tout du moins dans l'esprit de Pierre Niney, torturé à souhait. L'histoire est touchante, profonde, surprenante, contrariée... Le film est long, on ne s'ennuie pas un seul instant, il aurait pu durer encore plus, on est conquis. Ozon est vraiment très fort.
J'ai un peu honte mais je ne connaissais pas du tout ce film d'Ozon. Je suis tombé dessus par hasard et je suis non seulement tombé amoureux de Paula Beer mais aussi de ce film somptueux. Un très très beau film !!
Un film qui laisse un sentiment mitigé. Très réussi et soigné dans sa réalisation, le scénario reste peu crédible. On ne comprend pas la psychologie du personnage , pourquoi cette recherche du pardon? Et encore moins les sentiments de la jeune allemande. Tout cela fait très "romanesque" , mais beaucoup trop abstrait. Les acteurs sont très bons..