Des quelques long-métrages que j'ai pu visionner ci et là ("Le Samouraï", "Le Cercle Rouge", Le Deuxième Souffle"...), en a découlé une nette et irrémédiable impression. A savoir que je demeure totalement hermétique au style de Melville. On a beau s’évertuer sur les prétendues qualités émanant de sa mise en scène, il n’empêche que, quoi qu'on en dise, ses films manquent constamment de rythme. Et celui-là ne sort pas du lot. En effet, avec "Bob le flambeur", le cinéaste réalise son premier film policier, son genre de prédilection dans lequel il s'illustrera maintes fois par la suite. Porté par Roger Duchesne, l'oeuvre reprend le schéma ultra-classique du truand soi-disant "rangé des affaires" qui finira par rempiler pour un ultime (et fatal) coup. A ce manque criant d'originalité s'ajoute un pesant sentiment d'ennui qui vient grossièrement alourdir l'oeuvre jusqu'à son dénouement. Ponctué d'une voix-off complètement inutile en outre, "Bob le flambeur" s'adresse avant tout, vous l'aurez compris, à un public averti. Pour les fans du cinéaste sans aucun doute.
Acteurs qui jouent faux, scénario qui aligne les clichés (le gangster au grand coeur, le novice qui fait des gaffes que rattrape le gentil mentor, la poule bébette à qui il ne faut rien confier...), mise en scène lente... On s'ennuie ferme et on a peine à comprendre comment ce film peut être considéré comme un chef-d'oeuvre !
Un policier absolument sublime, mélancolique et teinté de poésie. L'atmosphère nocturne du Paris des années 50, avec ses bars et ses salles de jeux, est admirablement rendue. Roger Duchesne, dans le rôle de sa vie, est tout simplement magnifique. Hommage à la série B américaine, film-culte, "Bob le flambeur" est l'un des plus beaux polars français.
Tourné quasiment à la même époque que touchez pas au grisbi, ce film tourne le dos au cinéma du moment. C'est pas encore la nouvelle vague et c'est déjà plus le cinéma de papa. Ce film annonce un jour nouveau dans la réalisation. Un chez d'oeuvre absolu plein de nostalgie et de modernité.
Méconnu et c'est bien dommage. "Bob Le Flambeur", mis en scène par Jean-Pierre Melville quelque temps avant l'avènement de la nouvelle vague (1955 très exactement) n'est pourtant pas le banal film de braquage tel qu'il nous l'est présenté, au contraire. Sa première partie s'avère déjà caractéristique du coup de fouet conséquent que subira le cinéma français par la suite. Sorte de chronique dans Montmartre, l'oeuvre présente divers personnages auxquels nous nous attachons très vite grâce à une réalisation allant au contact des caractères qu'elle expose. Narrée entre autres par la voix-off du cinéaste, l'histoire n'a pas tout de suite de but mais ne tourne pas en rond pour autant. Elle creuse les sentiments et se pose presque en drame humain essentiellement psychologique. Vivant, le film offre quelques plans inventifs, de bonnes séquences au naturel édifiant et un portrait féminin auquel nous nous intéressons de près, tant il contribue à la fois à accentuer et démythifier totalement la femme fatale telle qu'elle est perçue à Hollywood. Par la suite, la tournure des événements prend un sens plus précis : prônant une dramaturgie en crescendo assez classique, elle est surtout prétexte à argumenter la maîtrise technique d'un cinéaste gérant bien son affaire. Non content de s'affranchir de sa commande, Melville joue sur le final avec son public et ses attentes pour lui offrir une vision d'un cynisme absolu à la limite de la parodie. Pas mal fait et plaisant, "Bob Le Flambeur" m'a toutefois rebuté de temps à autres dans la mesure où il donne l'impression de se tâter un peu trop, pas sûr du ton à employer ce qui rend le film hésitant. Cela se traduit également par une mauvaise interprétation de la jeune fille dont il est question, laquelle ne sait pas très bien pour quel registre opter. C'est le gros problème de cette oeuvre néanmoins passionnante : ne pas être assez sûre d'elle et de son pouvoir d'attraction. A découvrir.
Classé comme un des films majeurs de Melville, ce Bob le Flambeur n'égale pourtant pas les meilleurs films noirs français ou américains. Début poussif, acteurs moyens, voix off insupportable, scénario bien ficelé mais académisme trop prononcé, Bob le Flambeur essuie les plâtres d'un début de carrière cinématographique. Heureusement, les trente dernières minutes sont d'un tout autre acabit, l'intrigue décolle et, ô miracle, les acteurs trouvent le bon tempo. A voir comme une curiosité.