Après Marvel et DC, une nouvelle saga à base de cross-overs dantesques qui n'en ont que le nom puisque ce nouvel univers cinématographique puise essentiellement dans plus de 50 ans de kaiju où Godzilla se coltinait Mothra, Hedora, Ghidra...et King Kong. Rien d'extraordinaire donc à ce duel, si ce n'est les moyens actuels démesurés pour offrir un spectacle total.
Et oui, ça dépote, ça détruit massivement, ça se torgnole méchamment, ça ne s'embarrasse pas de sentiments. Le tout en mode disco-flashy - si bien qu'on se croirait parfois dans une rave party pour la partie Godzilla -, et soleil couchant et toute la palette de couleurs chaudes et peu naturelles, quoique le but soit le contraire, pour la partie Kong. On a bien compris le combat, il n'est pas uniquement à base de po-po-po-po, il est également dans ce que chaque titan représente : la nature immaculée, et la nature violée.
Dans leur rapprochement final contre MechaGodzilla, c'est encore plus la nature contre la technologie.
Pour autant, une fois qu'on a retrouvé les plans iconiques d'une bande-annonce tellement matraquée qu'ils ont été vidés de leur force de frappe, Godzilla Vs Kong ne propose rien, ou pas grand'chose : les enjeux, néants, sont inutilement compliqués pour essayer de faire bonne figure, et hormis la mignonne gamine handicapée (juste sourde et muette, faut pas exagérer) qui apporte un soupçon d'émotion dans sa relation à Kong, les humains sont réduits à être des gadgets auxquels il est impossible de s'identifier - encore moins à une Millie Bobby Brown qui prend le même chemin de gâchis que Chloé Grace Moretz.
Alors bon, quand on voit le cursus d'Adam Wingard (le reboot Blair Witch, Death Note), on ne pouvait sérieusement espérer un blockbuster révolutionnaire. Et même si c'est joliment fait, visuellement impressionnant, il serait de bon ton qu'on arrête de nous frustrer avec ces coquilles vides remplies au pop-corn.