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Raw Moon Show
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3,0
Publiée le 1 septembre 2021
J'en avais tellement entendu parler. Très souvent, c'est la déception qui prédomine (je me rappelle de Usual Suspects qu'on m'avait tellement survendu. Plus récemment The Guilty, assez quelconque exercice de style dans la veine de la série Calls). Probablement grâce au fait qu'il se termine sur une note légère, qu'il n'est pas dénué d'un humour salvateur (le copain du héros est là pour irriguer le film de cette fraîcheur bienvenue), j'ai plutôt apprécié. Comme je suis sensible au choix des musiques (particulièrement celle qui accompagne le chemin à l'aller puis le générique de fin), au ton décalé, à l'originalité de la pensée qui s'incarne à l'écran, au jeu des acteurs (tous épatants, notamment dans cette capacité à changer du tout au tout leurs expressions de visage au gré du poison qui baigne leurs âmes). Ainsi que la mise en scène mais pas immédiatement. La première partie est plutôt quelconque de ce point de vue. C'est quand les enjeux dramatiques prennent une dimension aigüe que le travail sur le son, l'image et le rythme devient bluffant.
Mais à y repenser, le métier d'origine de Jordan Peele (humoriste) est forcément pour beaucoup dans l'angle d'attaque, genre et sujet confondus (l'épouvante et le racisme ordinaire)... Un merveilleux sketch ne commencerait pas autrement : "tu sais pas ? j'ai découvert que ma copine blanche avant moi sortait déjà qu'avec des blacks... Trop chelou qu'elle m'ait rien dit... Surtout quand elle m'a précisé que son père ne jurait que par Obama... Ca cache quelque chose moi je dis. C'est comme le gars raciste qui dit qu'il a de très bons amis musulmans...". Même accroche de sketch avec la réflexion sur le Noir traître à ses origines qui parlerait comme un Blanc... "J'ai été chez les parents de ma copine blanche justement. Son pote black d'enfance, laisse tomber mec, il parle comme un blanc, il sert la main comme un blanc... C'est un bounty mec. Noir dehors blanc dedans". C'est d'ailleurs le deuxième postulat du film. Des Blancs racistes sur les bords veulent entrer littéralement dans la peau de jeunes noirs... Jordan Peele a pris ce postulat au pied de la lettre. S'ajoute à toutes ces observations le vécu et le nécessaire ajustement qu'a dû élaborer Peele dans sa jeunesse en sa qualité d'enfant né d'une double culture, pour se confronter et à la communauté noire américaine et dans le même temps à celle de sa famille blanche héritière d'une tradition possiblement WASP. Une histoire d'ajustement et de codes à intégrer qui transpire et donne au film une certaine authenticité.
La genèse devient dès lors plus lisible. Il est question par le biais d'une problématique vécue de l'intérieur par Jordan Peele de donner à comprendre comment l'on s'adapte aux convenances sociales et comment l'on choisit les masques de circonstance en société. Le film ne dit pas autre chose. Repas, présentation aux parents, beaucoup de non dit et la pièce rapportée devant lutter avec tout ce qui s'agite en lui dont un passé traumatique, une culpabilité liée à sa mère.. Et derrière son histoire c'est l'histoire de tous les descendants d'esclaves qui flotte, qui pèse sur ses frêles épaules et qui l'entraîne vers le fond de son "gouffre de l'oubli". En filigrane ce qui se joue dans cette famille et ce décor "sudiste" dont on imagine autour des champs de coton à perte de vue, c'est évidemment l'esclavage encore frais dans les esprits nords-américains.
Voilà ce que je retiens si je ne peux pas faire la fine bouche : un talent singulier pour allier épouvante, distanciation par un humour bienvenu, message politique sur les handicaps avec lesquels les membres d'une communauté doivent composer sur le chemin de leurs épopées individuelles...
En revanche, si l'on veut être honnête, le film n'est pas exempt de gros défauts qui agacent et affaiblissent son impact. Défauts qui selon moi proviennent d'une difficulté à choisir entre fable fantastique et chronique plus terre à terre d'un scabreux fait divers. Cette dernière option semble privilégiée à travers les diverses révélations et oblige donc à une certaine cohérence des éléments de narration or il s'avère que le projet diabolique en gestation est surtout construit sur du sable. D'abord si l'on dissèque la façon d'opérer de ces prédateurs agissant sur le mode familial et même communautaire, il y a trop de choses qui clochent. La séquence d'introduction, déjà, pas bien crédible (masque + étranglement arrière + phrase lourdement soulignée sur la présence d'un noir mal vécue dans un quartier blanc, ça fait beaucoup...). Dans un tel contexte, la famille Frankenstein devrait aller chercher et enlever des gens que personne n'attend plus nulle part. Des SDF, des gens à la marge, des laissés pour compte, des originaux (comme dans Wolfen). Le fait de choisir des cibles (ici un photographe) avec une vie sociale est peu crédible. On s'expose à connaître leurs meilleurs amis qui pourront dès lors tranquillement mener l'enquête dès la disparition constatée !!! Même faiblesse lorsqu'on laisse le héros appeler son pote à de nombreuses reprises pour dire ses doutes et lui mettre "des rats dans la tête"... Tu faisais disparaître le téléphone dès le début et basta ou tu faisais en sorte qu'il n'y ait pas de réseau sur place... Elle pouvait même lui vendre le truc "On se fait un week-end sans portable. Week-end detox", bref... De même qu'il semblait plus aisé dans cette lecture réaliste de le droguer dès le premier repas plutôt que de passer par une hypothétique séance d'hypnose à base de tasse et de cuillère en comptant sur le fait qu'il ait envie de fumer une cigarette au coeur de la nuit... Mouais. Et s'agissant de ces employés de maison, pourquoi en faire des employés puisque leurs pensées sont désormais celles de Papy et Mamie Whitee ? Autant les présenter comme un couple ami de la famille ? Et côté expérimentations à la Frankenstein pour finir, c'est franchement too much. Difficile d'adhérer à cette idée de vente aux enchères suivie de décapsulage de calotte crânienne... D'ailleurs, le film passe trop rapidement sur la genèse du projet "dingo-agula" de la petite famille barrée tout comme il enchaîne limite bâclage le dénouement jusqu'au happy end. On sent que ça intéresse moins Jordan Peele. L'arrivée du copain en voiture de police (malgré le clin d'oeil final à La nuit des Morts-Vivants et à la bavure policière contre les noirs banalisée aux US ces dernières années) pour finir est de ce tonneau-là... Comment est-il arrivé par lui-même ? Que fait-il au volant de cette voiture de police tout seul ? On ne s'embarrasse pas d'explications et c'est un peu dommage tout de même...
Bon mais voilà, au final, je passerai sur cette erreur d'appréciation et d'arbitrage entre réalisme et onirisme et je ne retiendrai que l'essentiel et le positif à mes yeux : un film d'horreur original, non dénué d'humour et et qui a quelque chose à dire, et bien, ça faisait sacrément longtemps.
Idée plutôt originale à la base, mais plutôt décevante... Je m'attendais à un film plus subtil, la mise en scène du début fait court métrage sans trop de budget et le film tombe rapidement dans la grossièreté... Déçu mais bon moment quand même !
Voilà un film bien surprenant ! Le traitement de la thématique est plutôt original. Il y a quelques screamers de temps en temps, ce qui permet intelligemment, et dès le début du film, de faire douter du spectateur quel genre de cinéma on regarde (thriller, horreur, comédie dramatique ?). L'ayant regardé en VO, j'ai été subjugué par la qualité des dialogues (les questions sont très bien amenées, on à l'impression que les dialogues sont parfois un peu "surjoués" mais c'est en avançant vers la fin du film que l'on comprend). C'est le genre de film où "tout se passe bien" au début et que l'intrigue avançant on se met à déceler des anomalies, des choses pas normales, jusqu'à carrément que ça en devienne dérangeant et jusqu'au twist final qui nous achève. C'est tellement intelligent d'amener cet univers de plus en plus malsain de cette façon. Sincèrement, un excellent film qui mérite bien la note de 17/20. Tout est parfait : l'ambiance, les jeux d'acteurs, la réalisation, mais surtout, la psychologie du film et le traitement de ce thème récurrent... et l'immersion. Vraiment très bon !
Passer par le film d'horreur pour dénoncer le racisme encore bien présent aux USA est intéressant. Peut-être est ce pour cela que tout le monde a crié au chef-d'œuvre, par surprise. Le thriller est d'abord bon mais tourne ensuite dans une succession légèrement invraisemblable d'évènements. La tension qui monte durant le film atteste de la qualité de la narration, et les acteurs jouent particulièrement bien.
Attention chef d'œuvre ! tout est exceptionnel. le scenario, le choix des acteurs, les dialogues bref on ne s'ennuie pas, un de mes films de ses 10 dernières années
Je suis partagée. J'adore tout le début du film, inquiétant à souhait, mais toute la seconde partie est vraiment loupée à mon avis. Après, ce film a le mérite de m'avoir fait découvrir Daniel Kaluuya, ce qui est déjà pas si mal.
"Get out" est le premier film de Jordan Peel, un mélange entre production horrifique et critique du racisme anti-noir aux Etats Unis. Comme l'ont fait John Carpenter et George A. Romero, Jordan Peele se sert du film d'horreur pour faire de la politique et envoyer un message. Il montre avec vigueur à quel point cette société américaine est oppressive envers les noirs. Chris, un black, doit faire la rencontre de la famille de sa petite amie blanche Rose, il subira en permanence des micro-agressions racistes alors que cette famille soutient Obama et aurait voté une troisième fois pour lui si ça avait été possible. Dans cette grande maison familiale, l'ambiance est de plus en plus étrange à mesure que le temps passe et est à mi-chemin entre un rêve lynchien par une mère hypnothérapeute et un délire cronenbergien d'un père neurochirurgien. Bien que l'ensemble soit agréable à visionner, les éloges que ce film a reçus à sa sortiecriant au chef d'oeuvre ne sont pas justifiés. Rien de bien nouveau à se mettre sous la dent, George A. Romero et Carpenter ont déjà fait le même genre de films dans le passé, Jordan Peele n'a rien inventé de mieux.
Un trés bon film qui tient en haleine jusqu'à la fin. Ce film "d'horreur" fait évoluer les codes et donne une version différente du genre de l'horreur. A voir absolument !
Tout simplement exquis. Jamais un film ne m'a autant tenu en haleine du début à la fin de la sorte. Le suspense qui ne cesse de s'accroître au cours du déroulement de ce superbe scénario rend ce film unique en son genre. Une superbe réalisation, qui prend d'autant plus de sens au bout du second visionage additionée au jeu d'acteur mémorable de Daniel Kaluuya fait de ce film un véritable chef d'œuvre.
Pour une fois qu'il y a une véritable histoire dans un film d'honneur ou les scènes sont vraiment stressantes, ou tu te demandes ce qui va se passer à la fin. [spoiler Jamais je n'aurais pensé que c'était la femme du photographe qui était la méchante. Elle jouait bien celle qui est gentille, mais en fait elle était fourbe.