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Emy
3 critiques
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4,0
Publiée le 30 juin 2020
Vous n'apprécierez ce film qu'en parvenant à séparer le fond de la forme. J'ai beaucoup ri, j'ai aimé l'esthétique et surtout la morale sur le rapport plastique/société.
elles sont rares , les oeuvres de ce genre , si déroutantes , si enveloppantes que dès la premiere minute on se sent plonger dans la poésie à l'etat pur du Chten Andalou ou de Freaks de Broxning . Un autre Cinéma , bien sur , qui peut heurter ou que l'on peut ne pas ressentir en ses veines ....mais une oeuvre à jamais dans le coeur et l'àme de ceux qui ont vibré . Le cinéma Espagnol avance si vite , dans les pas de Bunuel et bien d'autres
Les premières images sont déstabilisantes : spoiler: en 2000, un homme dont la femme vient d’accoucher d’un garçon, refuse d’aller la voir et se rend chez une mère maquerelle, nue, vieille et obèse pour une relation avec une jeune fille et à qui il offre 2 pierres roses à placer sur son visage sans yeux . Nous voilà embarqués dans un monde glauque, essayant d’imaginer la suite (qui se déroule 17 ans plus tard) et ne sachant quel sentiment éprouver… Eduardo Casanova fait preuve d’une grande maitrise en restant sur le fil du rasoir. Son 1er film, à 26 ans, c’est « La monstrueuse parade » (« Freaks ») (1932) de Tod Browning, revisité par Pedro Almodóvar ! Du grand art ! Malgré le sujet grave et douloureux, l’humour noir et décalé est toujours présent. Quatre personnages défigurés, en marge de la société et souffrant, en plus de leur handicap, de leur solitude, vont se croiser dans des décors improbables où le rose, le mauve, le parme et le lilas sont les couleurs dominantes :spoiler: un homme au visage brûlé, Laura, femme sans yeux qui se prostitue, Samantha, une femme au tube digestif inversé (l’anus à la place de la bouche et vice-versa, il fallait oser !) et Ana, femme à la moitié du visage flasque. Sans oublier un homme qui rêve d’être une sirène, une femme obèse et une naine contrainte de se déguiser. .
Film tordu effectivement mais quand on cherche a voir un peu plus loin, a réfléchir un peu plus, on découvre plein de choses intéressantes. Ça peut parfois être choquant, ou paraitre idiot et pourtant il y a une morale derrière...bref, en tout cas je le conseil et vous en ressortirez un peu décontenancé, de toute façon on aime ou on aime pas. Au début j'ai failli zapper, puis finalement je me suis laisser happer par la folie douce du réalisateur et j'ai pas regretté !
Je ne peux pas dire que j'ai véritablement apprécié ce film, mais il faut lui reconnaître un sens de l'audace rarement vu. "Pieles" crée même une forme de malaise tant ses personnages monstrueux mettent mal à l'aise. Les situations auxquelles ils sont confrontés tout du long amplifient encore ce sentiment désagréable. Evidemment le réalisateur provoque son spectateur, jusque dans quelques scènes un peu limites, pour poser sans détours ou fausse pudeur la problématique du physique dans la relation aux autres. Il montre brutalement la souffrance qui peut découler de son aspect, de sa différence, du rejet de son corps. Il faut aussi reconnaître à Eduardo Casanova un véritable sens de l'image : il nous emballe toute cette laideur physique et morale dans des décors rose bonbon, en totale contradiction avec les propos de son film, créant ainsi quelque chose de visuellement unique. Finalement, il n'y aurait pas du Lynch ou du Greenaway chez ce jeune réalisateur ?
Un film surprenant où l'on peut voir de la nudité et pas forcément de bon goût mais surtout des "freaks" de la nature, sur fond de décors façon guimauve que ne renierait pas Jacques Demy ! Seulement voilà, tous les personnages ont des mœurs et comportements bizarres, voire malsains dans ce métrage qui aurait pu être réalisé par Gregg Araki avec ses protagonistes isolés et imprégnés d'angoisse existentielle ! Si le début est prometteur, la suite laisse un peu à désirer puisqu'elle enchaîne les scènes comme des clips, pas étonnant puisque c'est ce que réalisait juste avant Casanova, dont c'est là le premier long-métrage ! Alors avec un scénario un peu plus étoffé et moins de violet ou de rose partout, on aurait pu avoir un grand film, au lieu de cela, on a juste une curiosité. Un peu dommage !
Véritable ovni, ce film outrancier parvient à faire passer un beau message sur l'acceptation de soi. L'atmosphère de cette œuvre est originale et les effets spéciaux (maquillage) réussis. Un conte pour adultes à découvrir.
Super décalé comme film mais qui, à l'instar de Freaks de Tod Browning, va mettre le doigt sur les acceptation de l'autre, son regard et celui qu'on se porte à soi même. Dépaysement garanti.