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Jmartine
203 abonnés
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4,0
Publiée le 12 octobre 2016
Un film âpre, nerveux, très prenant…certes on n’apprend pas grand-chose de neuf sur la vie des quartiers nord de Marseille. L’excellente enquête documentaire de Frédéric Ploquin ( Les gangsters et la République) , présentée cette semaine sur France 5, montrait dans un de ses volets, la situation de ces quartiers, gangrénés par le commerce du cannabis, véritable économie parallèle qui faisait vivre une partie de la population, et non seulement les jeunes…on voit dans le film une mère qui n’hésite pas à demander à son fils petit trafiquant, l’argent de la cantine de la petite sœur, et celui de la facture EDF…on y voit des policiers ripoux qui viennent toucher leur enveloppe, des politiques qui achètent la paix social en fermant les yeux sur les trafics…Le réalisateur Karim Dridi a construit une histoire autour du jeune Sofiane qui a quitté ces quartiers pour des études en école de commerce à Lyon…alors qu’il revient parmi les siens, son frère Slim, second du réseau local dirigé par Reda, est exécuté au bas de son immeuble…Sofiane veut connaitre la cause de cette exécution et le venger…alors que tous y compris les trafiquants amis de son frère, l’incite à retourner à ses études, il s’incruste et comme le Michael Corléone du Parrain, il va jusqu’à utiliser ses connaissances de gestionnaire pour faire évoluer le trafic…le réalisateur a fait appel à des habitants de ces cités et les a préparés pendant deux ans au métier d’acteur. Le résultat est stupéfiant, ils manient une langue drue, crue et parfois obscure, au débit précipité qui mériterait parfois un sous-titrage…plus encore que le personnage de Sofiane, c’est celui de Reda , interprété par l’impressionnant Foued Nabba, qui crève l’écran, colosse à la voix douce même quand il prononce un arrêt de mort…drogue, armes de guerre, vies foudroyées, tout y passe…y compris la référence à Farid Berrahama, dit le rôtisseur, dans la façon de faire disparaitre les corps…le film allie âpreté documentaire et noirceur d’un polar ..C’est efficace, réaliste et quasiment sans espoir !!!
Quelle histoire dramatique ! Le film est bien réalisé et bien amené. On est en plein dans les trafics de cité et c'est pas facile. Aussi le personnage principal est attachant et cela sauve le film.
Mention spéciale pour ce film, dont pour la plupart des acteurs jouent leur premier rôle . Très prenant et intéressant jusqu'au bout ce scènario dont l'action se situe au coeur d'une cité de Marseille . Immersion totale dans un univers où la loi n'existe pas .
Ah Marseille, son accent chantant, son port, ses calanques, sa bouillabaisse. Et puis ses cités gigantesques aussi, ses dealers, ses gangs, ses règlements de compte, ... Pour coller au plus près de ce qui constitue certainement l'un des endroits les plus dangereux en France, le réalisateur Karim Dridi s'est installé au coeur d'une cité marseillaise pour mieux appréhender le quotidien de ses habitants. Et pour que son film ait l'air encore plus réaliste, le metteur en scène n'a engagé que des comédiens non-professionnels. "Chouf" est une plongée totale dans l'univers du grand banditisme marseillais sous forme de docu-fiction. Dridi a ici grandement privilégié le réalisme et la critique sociale à toute forme de sensationnalisme ou de tragédie. Et pourtant, dans un tel contexte, ce choix n'apparaît pas forcément judicieux. Explications. Si le réalisateur maîtrise visiblement les codes dont usent les protagonistes de son film, il n'en est pas autant du spectateur lambda. Les motivations du personnage principal apparaissent très souvent floues et vides. En effet, s'il se retrouve très souvent confrontés à ses "pairs", qu'en est-il de son évolution au sein de sa famille? Les choix du personnage auraient étés intéressants à observer à travers le prisme de sa relation conflictuelle avec ses proches et pourtant, seulement deux scènes nous éclairent sur ce point. Par ailleurs, le message du film est très clairement celui d'un déterminisme social porté par ces jeunes de cité à qui l'on offre aucun avenir. Pourtant, aucune réflexion n'est développée et l'on se retrouve à regarder défiler des scènes où une certaine réalité nous frappe en plein visage sans que ne soit dénouées les racines de cette situation. En privilégiant l'aspect documentaire, Karim Dridi nous livre un hybride à la croisée de "Dheepan" et d'une émission Arte. Sauf que "Dheepan" contenait beaucoup de coeur et de cinéma et parvenait à rendre son sujet grave et spectaculaire à la fois. Ici, il faut avouer que l'on s'ennuie vite...
Moi qui m'attendait a un petit film de banlieue mal joué je me suis trompé. On découvre un film très réalise, à la limite du documentaire et une fin assez inattendu. Presque aussi fort que la haine.
Après que son frère ait été abattu, Sofiane qui se consacrait jusqu'à présent à ses études essaye de se rapprocher du gang dont il faisait parti et va peu à peu s'intégrer au milieu du banditisme marseillais. Ce film décrit le milieu des trafiquants à Marseille en montrant une ville semblant fantasmée dans laquelle règnent la violence et où la police est corrompue. Tout cela est toutefois abordé de manière très crédible et j'ai trouvé l'histoire captivante.
Mais comment diable est-ce possible ? Toi qui pensais avoir déjà tout vu sur le trio « cité, drogue, violence », vas voir le dernier film de Karim Dridi. Sa proposition est très intéressante dans ce genre déjà vu et revu et elle ne manque pas assurément pas de piquant. Forcément, tu veux savoir comment il parvient à sortir sa seringue du jeu. Voici quelques éléments de réponse. Tourné dans une vraie cité, mais pas à la façon d’un documentaire, avec un talent qui lui est propre, Karim fait de nous le témoin (ou devrais-je dire l’otage) en immersion dans la vie dans cette zone de non droit. C’est ainsi que l’on voit des familles en totale opposition : entres celles qui refusent la violence et le trafic et celles qui en vivent comme si cela était devenu une simple évidence. La plupart des acteurs ne sont pas des professionnels, ils sont pourtant tous criant de vérité, c’est le cas de le dire avec le langage typé de Marseille et leurs attitudes aussi vraies que nature. L’ambiance est lourde comme la réverbération du soleil sur le bitume et l’on comprend que cette noirceur, à la croisée du drame social et du thriller, ne va pas nous épargner. Ici, pas de glorification, pas de complaisance, tout le monde en prend pour son grade, y compris la police. Les engrenages et le nihilisme du système ont rarement été démontrés d’une façon aussi bonne. Trahison, manque total de repères, argent facile, violence, retour à la case départ avec des dealers de plus en plus jeunes… Le cercle vicieux dans tout ce qu’il a de plus horrible. Chouf est stupéfiant, c’est assurément un film à voir !
Rassurez vous, il ne s'agit pas du énième film sur les banlieues. Dridi nous plonge dans le Marseille des faits divers : règlements de compte entre caïds locaux, trafic de drogue organisé avec vie de la cité qui tourne autour. Tout un monde authentique, violent, corrompu par l'argent ou tout le monde est perdant. Fiction et à la fois film document ou rien n'est édulcoré. Un petit bémol quand même, les dialogues auraient pu parfois être sous titrés car il est difficile de comprendre l'argot arabo-marseillais utilisés par les comédiens.
A la fois film d'auteur et film de genre, film de vengeance et d'initiation, film réaliste et tragédie antique. Noir et solaire. Les comédiens sont extraordinaires… Bref, quel bonheur de voir cette pépite relever le niveau du cinéma français !
film exceptionnel illustrant les trafic des quartiers nord de Marseille, le metteur en scène et toute l équipe ont fait un boulot remarquable. film choquant et à voir absolument, félicitations et merci
Un film tellement rare dans le cinéma français et dans le cinéma tout court! Enfin des nouvelles têtes qui nous font du bien avec des vrais gueules! Une réelle ambiance cinématographique avec un mixage de folie qui nous fait nous sentir en bas des blocs des cités. Solaire, un film noir qui va vous skotché au fond de votre siège!
Sofiane, c'est un peu l'enfant prodige qui revient au pays, sauf que ce pays, ce sont les grandes tours blafardes des quartiers Nord de Marseille, où sont perchés, comme sur des miradors, les guetteurs qui surveillent les trafics de drogue. "Chouf" est un film de pleine actualité. Il nous emporte dans les cités tragiques du sud de la France où les règlements de compte entre jeunes hommes criminels se multiplient. Ce n'est plus vraiment "La Haine" de Kassovitz, c'est au-delà, même si la domination sociale continue de mettre au ban du monde, ces familles d'origine immigrée, qui tentent de survivre au milieu de la pauvreté, de la violence, et des cages d'escaliers abîmées. Le droit chemin, comme dit le père, est difficile à trouver quand on peut être interrompu en plein repas de famille par un coup de feu meurtrier, d'autant plus quand il s'agit de son propre frère ou fils que l'on vient d'abattre. "Chouf" n'est pas qu'un film social. Il s'inscrit dans la pleine tradition des films policiers des années 70-80, à la manière d'un Jean-Pierre Melville. Le récit est noir, désespérant, avec en bande-son une trompette mélancolique qui appuie l'épouvante des lieux. Le spectateur est emporté dans ce thriller comme un souffle, jusqu'à la scène finale où le désespoir gagne. Le pire, sans doute dans ce film, c'est qu'il n'est pas qu'une histoire, et en cela, à l'heure où les médias nous abreuvent de radicalisme religieux, au risque de faire silence sur ces milliers de vie pauvres dans les cités de France, "Chouf" est un formidable essai politique.
Tous simplement magnifique, toute l'histoire colle complètement à chaque acteur , ok rit on pleure et on réfléchie surtout une grande claque à voir rapidement