Okja
Note moyenne
3,9
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279 critiques spectateurs

5
53 critiques
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selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2017
Le héros est donc bel et bien un gros cochon, ou plutôt une nouvelle sorte de pachyderme inventé par une multinationale qu'on devine être un pastiche du nauséabond Monsanto, et qui doit être le nouvel eldorado des supermarchés pour les citoyens moutons du monde. Si le film oscille entre comédie et drame le propos est toujours d'un sérieux de fond assumé et assuré pour en faire d'abord une satire anti-capitaliste assez violente qui fera de plus plaisir aux végétariens de tous poils. A voir et à conseiller !
Site : Selenie
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2017
Un très bon film qui est clairement un pamphlet contre la surproduction de viande, la surpopulation, l'industrialisation de la nourriture, mais aussi et surtout le rapport avec la nature et le respect de la vie animale. Une approche originale et très bien réalisée.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 301 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juillet 2020
Ce film est un étrange alliage entre le conformisme hollywoodien et des prises de positions que l'on peut considérer comme radicales au vu du public mainstream visé. Les scènes abattoirs, le choix de conserver le coréen pendant une partie du récit, l'irruption d'explosions de violence dans la tradition des films asiatique et la trahison de la confiance d'une enfant dont on devient complice. Okja c'est aussi ça, la confrontation d'une fable, l'histoire d'une enfant innocente et de son animal apprivoisé, que l'on confronte au cynisme industriel et communicationel/marketing d'une multinationale. spoiler: Bong Joon-Ho saupoudre son récit d'idées assez géniales comme de faire virer sur un coup de tête l'employé le plus zélé de la société. Son sort est réglé en une seconde mais annoncé dans une scène précédente lorsqu'il se prend une portière en pleine tronche juste après que l'on entende : "This is what company loyalty looks like"
. Gillengaal prouve qu'il peut tout faire, ce mec est vraiment génial. Le réalisateur ne se prend pas toujours au sérieux comme en témoignent les innombrables excuses de leur violence par les terroristes ou lorsque Jay nous fait une sortie d’hôtel à la superman en balançant à terre sa veste de costume (fabriqué par des chinois sous payés). Au final Okja est un divertissement réussi doublé d'un pamphlet politique efficace, plaidoyer convainquant pour le végétarisme et contre la violence animale. Le combat contre la souffrance animale s'affirme de plus en plus comme un objet de ralliement de notre génération.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juillet 2017
Une histoire bien racontée malgré des personnages caricaturaux mettant en exergue le cynisme des financiers face à la cause animale.
Sebastien B
Sebastien B

3 abonnés 38 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 juillet 2017
Quelques bonne idées de mise en scène, du second degré et un casting de luxe ne peuvent faire oublier la bêtise hallucinante du récit. Des effets spéciaux médiocres. Trop sage pour les grands, trop bizarre pour les petits, personne n’y trouvera son compte. La bienveillance des critiques pour ce film est incompréhensible…
Jules MD
Jules MD

17 abonnés 20 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 septembre 2019
Un film qui tente de montrer d'une façon assez disfonctionnelle, les méthodes de l'élevage avec des créatures ignoblement laides... C'est d'un ennui éprouvant...
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2017
Okja n'est pas projeté dans les salles. Okja n'est visible que sur Netflix. C'est un gâchis quand on voit le potentiel du film de Bong Joon Ho. Et une réalité économique, aussi, il restera aux écrans de cinéma les blockbusters américains décervelés (soupir). Sans être le meilleur film du cinéaste coréen car tout de même soumis à certaines contingences commerciales qui l'emmènent parfois trop vers le divertissement familial, Okja témoigne d'une maîtrise et d'une science narrative ébouriffantes. Les ruptures de ton y sont moins marquées que dans d'autres films de Bong mais l'humour, la causticité et la créativité se relaient avec un certain bonheur dans cette fable écologiste qui s'en prend aux industries agroalimentaires et au marketing de masse sans ménagement. C'est la règle de jeu, certes binaire, que d'identifier aisément les bons et les méchants mais on peut regretter un excès caricatural quant aux derniers, surtout visible dans l'interprétation outrancière de Tilda Swinton et surtout de Jake Gyllenhaal. Mais bon, le message sur la maltraitance animale et les conditions de détention abominables passe comme une lettre à la poste. La première partie du film, celle des montagnes coréennes, est angélique et jolie comme tout mais réussit à ne pas être mièvre grâce au talent du metteur en scène et à sa créature numérique : une belle réussite que ce super-cochon, monstre aux yeux tendres. C'est finalement un sacré paradoxe que de donner la vedette à un animal génétiquement modifié alors que le film combat justement ces pratiques destinées à nourrir une population humaine affamée. Derrière les évidences thématiques d'Okja, se cachent d'ailleurs d'autres sujets comme celui de la ruralité coréenne qui comme partout a tendance à créer des citoyens méprisés car peu enclins à s'intégrer dans la machine capitaliste, quoique. Avec quelques longueurs, de menues incohérences et un soupçon de compromis, Okja reste encore très au-dessus de la majeure partie de la production déversée chaque semaine dans les salles de France et de Navarre. Au risque de se répéter, son absence dans les cinémas, c'est vraiment là que le bât blesse.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2017
Pour mieux appréhender ''Okja'', faisons comme Bong Joon-Ho et mettons tout de suite de côté la polémique Netflix qui a agité le festival de Cannes et qui fait encore parler d'elle pour se concentrer sur le film. La question n'est d'ailleurs pas de savoir si un film produit par Netflix mérite d'aller en festival et d'être projeté sur grand écran mais bel et bien pourquoi un film tel que ''Okja'' n'a pas pu se monter autrement. Qu'on apprécie ou non la politique de Netflix qui nous prive du plaisir du grand écran, on ne peut que tirer notre chapeau à leur démarche qui consiste tout simplement à donner carte blanche à certains cinéastes pour qu'ils puissent livrer le film qu'ils veulent. Avec ''Okja'', Bong Joon-Ho semble abandonner en premier lieu le pessimisme de ''Snowpiercer'' pour nous offrir le récit d'une amitié entre une jeune fille et un super cochon attachant créé par une firme agroalimentaire. Seulement très vite, la réalité rattrape leur amitié : Okja, condamnée comme ses congénères à finir dans un abattoir, risque la mort après avoir été exhibée fièrement devant un public avide de nouveautés. Dès lors, la course contre la montre commence alors qu'une organisation luttant pour la libération des animaux entre en jeu... Ce qu'il y a de toujours aussi admirable chez Bong Joon-Ho, c'est sa capacité à dynamiter nos attentes. Chez lui, on se retrouve souvent en terrain connu, du moins en apparence. Car il vient toujours dynamiter le genre qu'il explore, faisant voler nos attentes en éclats, recommençant ici lors du dernier acte du film, bouleversant, cruel et totalement anti-conformiste quand on voit ce qui se fait à Hollywood. Tout son film, rapidement touchant grâce à la bouille rondelette d'Okja, finit par devenir assez cruel et dénonce de manière virulente la société de consommation dans laquelle on vit, nous donnant envie d'être végétarien au passage sans pour autant donner l'impression de donner des leçons. Au contraire, le cinéaste se concentre sur la force de son récit, sur le pouvoir des images, sur ses choix de casting malins et inattendus (avec un Jake Gyllenhaal particulièrement survolté et un Paul Dano bienveillant) et donne toujours l'impression de maîtriser sa barque, oscillant parfois entre deux genres, se montrant tantôt décalé, tantôt bouleversant (essayez de retenir vos larmes à la fin !) mais souvent plus cruel qu'on ne l'aurait attendu, nous rappelant la force de son cinéma sans concession et son talent de conteur qui n'est définitivement plus à remettre en question, Netflix ou pas Netflix.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 juin 2022
On attendait tout de même beaucoup mieux du réalisateur de Snowpiercer et Parasites. Okja oscille entre le gentil conte pour enfants et le burlesque parfois grotesque. Certes, c'est magnifiquement filmé et Tilda Swinton est à son habitude formidable. Mais, que de longueurs, de bavardages et de répétitions. Tout cela pour dénoncer le traitement, certes affreux, des animaux dans les abattoirs et la malfaisance de Monsanto et des organismes génétiquement modifiés. On a connu Bong Joon Ho plus subversif et plus inspiré.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 octobre 2017
Jusqu'à ce jour, j'ai toujours beaucoup apprécié les œuvres de Bong Joon-Ho, et je plaçais de fortes espérances dans sa dernière réalisation. Ce film militant et original est véritablement un curieux objet. A la fois fascinant et énervant, rythmé et lent, beau et laid (les effets spéciaux ne sont pas terribles alors que certaines scènes sont admirablement réalisées), drôle et dramatique, "Okja" plait et déplait, d'où sa note finale moyenne.
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 octobre 2020
Okja est un film bouleversant qui ne pourra vous laisser de marbre. Sous fond de comédie burlesque, un message très fort est passé dans ce film ou les larmes se disputent aux rires. Si l’on occulte l’aspect peu crédible du Front de Libération des animaux, le coté guignolesque de Jake Gyllenhaal et les facéties pipi caca du gros cochon, on se retrouve face à une critique profonde de notre société actuelle. Par l’intervention d’un monstre imagé, on montre la dérive de notre mode de vie, la surconsommation, la pollution, l’appât du gain, le marketing et la manipulation de masse. Sa dernière partie, assez terrible, peu convertir bon nombre de personnes au veganisme car, sous un faux ton de comédie, on se rend compte que tout cela existe vraiment. Après 1h30 à s’attacher à ce gros personnage, on réalise que nos être vivants ont des sentiments et cela nous fait réfléchir sur notre façon de vivre et de consommer d’aujourd’hui. Le réalisateur coréen Bong Joon Ho arrive à transmettre ces différentes émotions par sa maitrise insolente des émotions, où comment retranscrire un trop plein d’émotion contraire en un laps de temps réduit ! Ce cinéaste a du talent et décrochera quelques années plus tard l’Oscar avec Parasite, voici donc un talent de l’autre bout du monde à suivre.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 16 juillet 2017
Bon, il y va y avoir beaucoup à dire sur ce film...

Le postulat de base est intéressant : une multinationale, la société Mirando, lance un programme scientifique ayant pour but de créer des "SuperCochons" OGM en implantant des élevages tests aux 4 coins du globe pour analyser l'impact des techniques d'élevage 'traditionnel' sur le développement de leur animal-éprouvette.
spoiler: L'autre objectif de ce programme pour Lucy Mirando est de redorer le blason de l'entreprise, qui baigne dans un scandale sur fond de déchets chimiques à cause de sa soeur Nancy Mirando, via une émission de télé réalité / docu intitulée "Les Animaux Magiques", animée par l'excentrique Dr.Johnny Wilco/Jake Gyllenhaal (je reviendrais sur ce point plus tard).


On se retrouve projetés 10 ans plus tard dans les montagnes Coréennes en compagnie de la charmante Mija, jouée par Seo-Hyun Ahn. Cette petite orpheline file le parfait bonheur avec son SuperCochon, Okja, avec qui elle vit en compagnie d'un vieux fermier. Malheureusement, un beau jour, le tonton, en compagnie du Dr Wilco, vient récupérer Okja dans le but de l'emmener à New York car c'est le meilleur SuperCochon du programme de test de la société Mirando. Mija va donc fuguer pour tenter de retrouver son ami Okja à Séoul, puis New York.

Jusqu'ici tout se passe plutôt pas mal, on a le droit à une jolie photographie, des plans plutôt travaillés bien qu'un peu gratuits (notamment lorsque la jeune Mija arrive à Séoul et fait demi-tour dans les escaliers de la métropole, vêtue de sa parka rouge, allant à contre-courant de la marée humaine gris-bleutée, comme pour bien souligner son décalage avec le reste du monde).

Mais de fil en aiguille, le film va se montrer bourrée d'incohérences et le scénario, extrêmement premier degré, va se révéler d'une platitude improbable, multipliant les lieux communs avec en toile de fond une pseudo morale anti-capitaliste amenée de manière très hypocrite et maladroite...

spoiler: Premièrement, le concept de l'émission "Les Animaux Magiques" est complètement abandonné passé les 15 premières minutes du film, et le personnage du Dr Wilco se révèle complètement inutile et unidimensionnel : on ne sait ni d'où il vient, ni qui il est... C'est en toute honneteté la première fois de ma petite vie cinéphile que je me suis retrouvé déçu par un personnage interpreté par Jake Gyllenhaal ! Ensuite, la manière dont est dépeinte les militants de l'ALF (Animal Liberation Front) me laisse perplexe. Ils sont tous très premier degré, tout de noir vêtus, jeunes et minces voire rachitiques, avec un look punk-rock réchauffé dont on se serait bien passé dans le contexte tellement l'ensemble est embarrassant. Ces personnages, très très creux et unidimensionnels, deviennent pourtant les protagonistes principaux pour l'heure et demie restante du film, releguant Mija au rang de personnage secondaire, voire carrément de prétexte (on les retrouve même après le générique, c'est dire à quel point Mija et ses sentiments sont anecdotiques dans cette histoire !). Complètement raté de ce point de vue, tant il y aurait eu à faire avec la jeune Mija qui se retrouve dépeinte comme une gamine bourrue et autiste, un peu facile... Pour continuer avec les platitudes, on notera le fait que les thèmes de la condition animale sont bien abordées (d'un angle tantôt "welfariste", tantôt "anti-exploit"), mais personne, que ce soit la population ou les militants de l'ALF, ne semble rien trouver à redire quant au fait que les animaux soit crées en laboratoire, assez surprenant... Quant aux incohérences, personne ne semble surpris qu'à la fin du film, plusieurs milliers de SuperCochons soient emmenés à l'abbattoir, alors même qu'il est clairement dit au début qu'un échantillon de quelques centaines seulement a été crée... c'est même le but du programme d'expérimentation de Lucy Mirando de valider la création d'autres animaux-éprouvette !


Aussi, la manière dont le message engagé de ce film est véhiculée me pose un gros problème d'éthique. Certaines scènes sont clairement mièvres et pas indispensable spoiler: Les ralentis très kitschs lorsque les militants de l'ALF se font interpeller par l'armée, comme pour dénoncer la fameuse "violence policière"... plus premier degré tu meurs!
où le fait que de nombreux placements de produits pour la marque Apple soient présents tout le long du film...

Un comble pour une oeuvre qui se la joue "anticapitaliste", mais ce n'est finalement pas si surprenant quand on se souvient que Netflix est derrière !

Mais hormis ces nombreux éléments qui donnent un méchant côté amateur au scénario et laissent un goût amer de propagande après le visionnage, il y'a d'autres choses qui ne jouent pas en la faveur d'Okja à mes yeux. Le rythme est bancal, si la première moitié est à peu près digeste, le reste du film passe dificillemment tant on enchaîne les longueurs : 2h pour en dire si peu, c'est clairement de la gourmandise. Les choix musicaux sont parfois inappropriés, parfois complètement à côté de la plaque spoiler: on se rappellera sans doute assez longtemps de la scène de la course-poursuite des deux camions tant le montage son dessert complètement l'image !
. Et enfin et surtout, les personnages sont cousus de fil blanc, et il est quasiment impossible de s'attacher à qui que ce soit durant ce film tant la psychologique des héros est premier degré, lisse, sans aucune subtilité.

Bref, pour résumer, Okja est un film qui était prometteur et dont le cadre aurait pu permettre quelque chose de grandiose (et les paysages coréens magnifiques n'y sont pas pour rien !). On aurait pu s'attendre à une fable poétique, authentique, avec toute la sensibilité de la jeune Mija au coeur d'un thème qui est actuel et universel. Bref, un film d'auteur rafraichissant. Mais malheureusement, après visionnage, on a l'impression de s'être mangé 2h de propagande pro-vegan grasse, avec quelques coupures pub pour Apple.

Pas sûr que ce film aurait autant fait parlé de lui si Netflix n'était pas derrière... En tout cas je ne risque pas de renouveller mon mois gratuit !
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2020
Lucy Mirando (Tilda Swinton), la dirigeante hystérique et narcissique d'une firme multinationale, lance à grands renforts de publicité une nouvelle variété de porc génétiquement modifié, plus charnu et plus goûtu. Mi-dinosaure, mi-hippopotame, la truie Okja, le plus beau des spécimens, a été amoureusement élevée en Corée, dans une ferme perdue dans les montagnes, par une orpheline (Seo-Hyun Ahn) et son grand-père. Le vétérinaire de la firme Mirando (Jake Gyllenhaal méconnaissable) est chargé de la convoyer jusqu'à New York où elle devra être exhibée lors d'une parade géante. Mais, la jeune orpheline, aidée d'un groupe de militants du Front de libération des animaux entend bien faire pièce à ce projet criminel.

Le film par lequel le scandale arrive. Souvenez vous. C'était en 2017. En un temps où l'on se serrait les mains, où on allait au cinéma et où le Festival de Cannes avait lieu au mois de mai ! Production phare de Netflix, "Okja" était en sélection officielle alors qu'il n'avait pas vocation à être distribué en salles. Trois ans plus tard, après "Roma" et "Marriage Story", la transgression semble étrangement anodine. L'apocalypse prophétisé par les anti-Netflix s'est réalisé en un clin d'oeil : depuis le 16 mars, plus personne ne va en salles et tout le monde regarde Netflix !

Le confinement m'a donc permis de regarder ce film que son absence de diffusion en salles à l'époque m'avait privé de voir. Ma réception en a été biaisé par ce qui s'est passé entretemps dans la carrière de son réalisateur : en 2019, Bong Joon-Ho sort "Parasite" qui rafle tous les prix (Oscar, BAFTA, Golden Globe, César…). Non pas que le réalisateur coréen en fut à son coup d'essai. Ses précédents opus ("Memories of Murder", "The Host", "Snowpiercer"...) lui avaient déjà taillé une sérieuse notoriété. Mais il a acquis avec "Parasite" une stature mondiale qu'il n'avait pas jusqu'alors.

Aussi est-il inéluctable de regarder aujourd'hui "Okja" à travers le prisme déformant de "Parasite" et d'y trouver les mêmes qualités. D'une part, l'inventivité du scénario. En une époque où les studios hollywoodiens mettent en scène les mêmes personnages répétitifs d'adolescentes mal dans leur peau ou de quarantenaires en crise, il faut reconnaître à Bong Joon-Ho une audace rafraichissante à raconter des histoires décoiffantes.

Il le fait en jouant sur plusieurs registres. Et c'est ce qui fait la richesse de son cinéma, dans "Okja" comme dans "Parasite". "Okja" compte plusieurs niveaux de lecture. C'est un conte à la Miyazaki qui débute dans un Eden campagnard et met en scène des personnages simples vivant en harmonie avec la nature. C'est un film d'action avec une scène de poursuite dans un centre commercial séoulien à la Jason Bourne. C'est un film d'anticipation au budget de cinquante millions de dollars qui fait la part belle aux images de synthèse.

C'est enfin, et surtout, une critique acerbe de notre société contemporaine, de sa dérive consumériste, du danger que fait peser la production d'OGM et de la souffrance imposée aux animaux d'abattoir. Et le moindre des paradoxes d'"Okja" est d'avoir servi de fer de lance à une nouvelle major hollywoodienne disruptive pour casser les règles sur lesquelles le cinéma mondial était assis depuis soixante ans.
djnasty
djnasty

40 abonnés 145 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 mars 2018
Okja, l'histoire d'amitié entre une jeune fermière du fin fond de la Corée du Sud et un super cochon génétiquement modifié, le tout sur fond de dénonciation des dérives de l'industrie agro-alimentaire. On aime ou on aime pas, perso, c'est pas vraiment ma tasse de thé, le charme n'a pas opéré sur moi
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 juillet 2017
À considérer "Okja" comme une fable sur la puissance de l'industrie capitaliste face à l'impuissance du citoyen lambda, il y a de quoi être déçu par le film de Bong Joon-ho. L'ironie et l'humour du cinéaste semblent ici beaucoup plus calibrés qu'à l'accoutumée et la caricature de certains personnages (ceux interprétés par Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal) est assez insupportable, écrasant en partie un propos sur le papier intéressant. Ce qui fonctionne dans "Okja" – ce qui en fait un bon film – c'est l'obstination de Mija (la géniale Ahn Seo-hyun) dans sa quête de sauvetage du cochon géant, bien aidée par des membres du front de libération des animaux. Dans le registre de l'action, le film non seulement divertit grâce à quelques scènes spectaculaires mais crée un groupe de personnages attachants, un mélange entre acteurs coréens et américains avec pour devise "La traduction, c'est sacré". Moins inventif dans son écriture avec un scénario très hollywoodien et assez faible dans ses affects, le film trouve cependant une porte de sortie habile : aucun perdant à noter dans une issue ambivalente puisque le capitalisme sauvage et la courageuse Mija sont tous deux sauvés. Pour son prochain long-métrage qui devrait se dérouler en Corée, on espère tout de même de Bong Joon-ho un retour à un cinéma plus imprévisible et plus habité.
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