Une chose est sûre, ce thriller espagnol bénéficie d’une écriture implacable dans la gestion de ses retournements de situation et de ces multiples rebondissements. Dès le départ, la confrontation entre cette avocate et le suspect d’un crime pour démêler les fils d’une histoire remplie de faux-semblants nous tient en haleine pour ne plus nous lâcher jusqu’à l’ultime seconde. Le volte-face final est d’ailleurs sacrément étonnant et fait pour beaucoup dans la réussite de ce suspense hitchcockien. « L’Accusé » parvient à constamment rebattre les cartes et les points de vue pour nous embobiner de manière fluide et pertinente. Il n’y a donc rien à redire sur la qualité du script qui, s’il n’est pas d’une originalité sans bornes dans le fait de prendre le spectateur par surprise, arrive néanmoins à ses fins.
Le point négatif que l’on pourrait retirer de cela est en revanche la crédibilité de ce sac de nœuds avec maîtresse, accident, cadavre et prémices de procès. Le déroulement narratif constitué de flashbacks et de changements de points de vue est tout à fait adapté au plaisir du spectateur. C’est jouissif et ludique et on peut dire que ça passe magnifiquement à l’écran mais il faut avouer que tout cela semble quand même tiré par les cheveux et quelque peu invraisemblable par moments. Et lorsqu’on se remémore tous les tenants et les aboutissants de cette histoire, il y a quand même des incohérences frappantes, un peu comme l’un des musts de ce genre de films à multiples tiroirs, l’excellent « Sexcrimes ». « L’Accusé » est donc davantage un film qui divertit en maintenant constamment notre attention et notre curiosité en émoi mais qui échoue à convaincre sur le pan de la logique et de la cohérence.
La mise en scène d’Oriol Paulo est toute aussi soignée que son script, se complaisant dans les tonalités froides et les plans fixes en grand angle. Il y a une certaine froideur, notamment parce que le long-métrage se situe pour une bonne part dans les montagnes espagnoles en hiver et entre les quatre murs d’un appartement ultra design, qui correspond parfaitement au contenu. Le quintet d’acteurs principaux fait le travail entre manipulation et dissimulation et on ne s’ennuie pas une seule seconde. On ne se souviendra peut-être pas de « L’Accusé » comme du thriller du siècle, comme il pêche par excès de zèle dans sa vraisemblance, qu’on n’est pas né de la dernière pluie et surtout qu’on a déjà vu cela en mieux. Néanmoins c’est un thriller haut de gamme hautement recommandable et efficace qui n’a rien à envier à ses cousins américains ou autres.
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« El cuerpo » a lancé la carrière d’Oriol Paulo sur le grand écran en 2012 et le réalisateur espagnol ne s’arrête pas là, convaincu qu’il pourrait davantage explorer les thrillers. Très inspiré des romans d’Agatha Christie, ainsi que des œuvres d’Alfred Hitchcock, en passant par David Fincher et même Stanley Kubrick, il parvient à instaurer une certaine aura ténébreuse, sans pour autant briller dans la gestion de ses informations. Ce qu’il réussit cependant, c’est d’avoir travaillé l’environnement où des personnages imparfaits évoluent. Avant l’enquête, il est question de la passion et de l’art de la manipulation. Le film est truffé de bluffs en tout genre et c’est lorsqu’il nous amène à nous interroger qu’il rebondit, encore et encore, suivant les codes des œuvres policières préalablement dépoussiérées.
Tout est une question de perspective et dès l’introduction, on nous emmène dans l’antre de la bête. Le tout est de savoir l’identifier et donc le jeu repose sur cette piste qui oscille entre une vengeance personnelle et un procès avant l’heure. Adrián Doria (Mario Casas) et son amie Laura Vidal (Bárbara Lennie) partagent un passé commun qui les rattrape. Sans surprise, ce sera sur un fond de dérapage que la psychanalyse rentre en jeu. Et sur ce point, le film manœuvre parfaitement son lot de mystère et la mise en scène l’entretient également. Cependant, cette fin d’épisode est hachée au montage, car elle souhaite habilement éclipser des informations clés. Semer le doute semble être tout l’enjeu d’un film qui mise tout sur la surprise. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour le soupçonner, ni besoin de trop s’en rapprocher pour démonter la narration prévisible et rocambolesque. C’est dans ce premier doute que le spectateur analyse une rupture trop étincelante pour ne pas l’ignorer.
À mi-temps du diagnostic complet d’Adrián, le suspect présumé, la machinerie s’embourbe et n’a pas d’autres choix que d’accélérer. Pourtant, l’entretien avec l’avocate Virginia Goodman (Ana Wagener) est une bonne raison de s’intéresser davantage à ce complot. Bien que son autorité et sa crédibilité montent rapidement d’un cran, elle n’est pas à l’abri de multiples flash-backs intensifs et qui nous égarent plus qu’ils nous divertissent. Rien de nouveau juste là et c’est bien le handicap principal d’une œuvre qui se repose trop sur des fondamentaux. Le scénario a beau avoir été soigné pour limiter les incohérences, mais il ne reste pas invraisemblable pour autant. Une double lecture se dessine d’ailleurs trop rapidement pour qu’on prenne au sérieux tous les « mensonges et manipulations » que l’on énumère intentionnellement, dans le but de servir un dénouement, certes revisité, mais d’une justesse recommandable.
Outre ses titres internationaux (l’Accusé/The Invisible Guest) banalisant le réel intérêt de l’œuvre, « Contratiempo » nous autorise à douter et revient sans arrêt avec de nouveaux ingrédients afin de démasquer le véritable stratège du récit. Sans révolutionner le genre, le film prend tout de même le temps de bien faire les choses, notamment sur une photographie glaciale, annonçant déjà que toute décision est irréversible. Ce parti-pris néglige donc une partie d’une enquête, que l’on étire à tort, passé une bonne heure de réflexion. Que pouvons-nous croire ? Que pouvons-nous deviner ? Tout est possible, mais tout n’est pas nécessaire pour autant. Depuis, deux remakes ont vu le jour sur le sol Italien et Indien. Il est sage de penser piéger une audience avec les bons moyens, encore faut-il y parvenir avec plus de lucidité, si possible.
La principale force de ce film radiée réside en la qualité d'écriture de son scénario. C'est un univers à la Agatha Christie, qui captive le spectateur jusqu'à l'épilogue, particulièrement soignée. Je reste plus mesuré sur le jeu d'acteur, loin d'être à la hauteur de cette histoire "diabolique", et d'une réalisation manquant d'ambition dans le rendu de cette pesante atmosphère.
Oriol Paulo est le genre de réalisateurs qu’il faut suivre, des scénarios noirs et machiavéliques à la Hitchock, les détails et le scénario sont méticuleux et vont preuve d’un savant travail, rien n’est laissé au hasard. La fin est un peu grosse et prévisible mais c’est toute la magie du cinéma. Du bon gros thriller noir comme on aime.
Un thriller policier qui fonctionne bien, mais je dois reconnaître que je m'attendais à un peu mieux. Oriol Paulo se contente de capitaliser sur un très bon scénario et d'en faire une mise en scène assez banale. Les acteurs sont bons sans être excellents (à part peut-être l'acteur qui joue le rôle du père de la victime), la lumière est bonne mais sans identité, comme l'est tout le reste. On ne s'ennuie pas une seconde, le tout est bien ficelé alors si je peux donner un conseil à ceux qui me liront c'est de ne pas s'attendre à un excellent thriller dont ils se souviendront longtemps, mais plutôt de voir un bon film de genre qui ne déçoit que si on part avec trop d'à priori positifs.
J'ai failli arrêter le film au début car je trouvais le rythme lent au final j'ai persévéré et décider de le voir en entier. Mais quelle claque le final. Je ne m'attendais pas ça. Bravo pour cette fin pleine de rebondissement.
Une bombe tout simplement , j'ai adoré tout simplement , un thriller espagnol palpitant qui brouille les pistes tout au long du film, les flash-backs apportent au film cette ambiance que j'adore , la réalisation est juste, l'interprétation magistrale, ce film aurait du sortir au cinéma , on pense le film prévisible et finalement la fin vous laissera sans voix, une claque magistrale , Enorme tout simplement
Excellent policier! C est bien constitué du début à la fin en nous faisant tourner en rond à travers un jeu de fausse piste manié avec intelligence. Très bonne surprise.
un film surprenant qui sait manier le suspense et les retournements malgré quelques invraisemblances. Jusqu'au bout le spectateur se fait trimballer avec bonheur selon les explications des uns et des autres, dans une mise en scène soignée à la Hitchcock. Un plaisir jubilatoire venu du pays ibérique, dont les qualités en matière de cinéma ne sont plus à prouver...
excellent thriller : on croit tout savoir mais on reste en haleine tout le long du film ; "tout est une question de point de vue" comme le dit l'avocate ; les rebondissements sont crédibles , on n'est pas perdu. BRAVO
Dans la nullité des scénarios actuelle, je suis heureuse d'avoir vu ce film qui m'a bluffé. Acteurs excellents dont l'avocate qui est extraordinaire. Le scénario est prenant et le suspens dure jusqu'au bout. Un régal de cinéma.
Le cinéma espagnol est assez méticuleux dans les émotions et les expressions de celles ci. Le thriller est pas mal mais s’inscrit comme une copie des films de seconde zone américain ou malgré tout on tombe dans tout et rien Et qui essaie de nous la jouer innovant .