Imaginez à la même affiche : Vincent Lindon, Daniel Auteuil, Isabelle Huppert, Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Louis Garrel, Léa Seydoux, Romain Duris, Yvon Attal, Aurore Cément… Un casting dix étoiles, Royal canin ! Ces stars cabotines prêtent leur voix, aux héros poilus accusés de véhiculer la grippe canine dans une cité japonaise imaginaire et exilés sur une île transformée en immense décharge à ciel ouvert. Mauvais prétexte et bon débarras pour leurs soi-disant meilleurs amis.
Attari, 12 ans, échappe à un maître tyrannique et sous influence, vole un avion et atterrit sur l’île pour retrouver Spot, son chien lui aussi déporté. Aux côté de Chief, le chef de meute rebelle, il va bientôt organiser la résistance de Rex, Duke, Boss, King et quelques autres… Le film d’animation de Wes Anderson est une fable magnifique et féroce sur l’intolérance. Une satire mordante contre le cynisme de notre époque. Avec en filigrane, une dénonciation de la ségrégation et une allégorie en faveur des bannis de la société.
Truffée de de trouvailles et d’effets visuels, la réalisation a eu recours à un millier de marionnettes. Prouesse technique, l’Île aux chiens est surtout très réussi du point de vue plastique. Avec des « personnages » entre vraisemblance et caricature et des décors spectaculaires. Et une référence constante au cinéma d’animation japonais et à l’art des estampes. Le dernier bijou de Wes Anderson est aussi bluffant du point de vue esthétique, que convaincant dans son plaidoyer humaniste. Il faut aboyer avec la meute. Ouaf, ouaf !