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Antoine J.
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4,0
Publiée le 2 novembre 2016
Daniel Blake, charpentier, la soixantaine, a eu une crise cardiaque au boulot. Ses médecins lui demandent de ne pas travailler le temps qu’il se remette complètement, l’affaire d’une poignée de mois. En attendant de reprendre son travail, il demande à bénéficier d’une pension d’invalidité. Laquelle lui est refusée par le Ministère du travail. Il fait appel, mais dans l’intervalle, il doit s’inscrire au chômage et rencontre Katie – Hayley Squires -, jeune mère célibataire fraîchement arrivée en ville avec ses deux enfants, et qui elle aussi va se confronter à la cruauté du « pôle emploi » anglais.
I, Daniel Blake, c’est une histoire d’entraide. Entraide, à ne pas confondre avec charité. C’est une histoire où ce qui est donné ne s’achète pas. Où ce qui est vendu ne devrait pas l’être. C’est la dénonciation simple, sans emphase, factuelle, implacable de l’idéologie libérale où les chômeurs sont a priori considérés comme des parasites qu’il convient de décourager à tout prix de se satisfaire de leur état. Comme si c’était possible de s’en satisfaire. C’est la simplicité du film qui fait sa beauté, sa valeur. Difficile de ne pas être hanté par le personnage campé par Dave Johns.
Un film à la fois magnifique et plombant, d'une puissance rare. Ken Loach croque l'absurdité d'une société qui, à force d'économies à tout va, précarise ses citoyens jusqu'à les pousser à la rue, et l'on prend peur en se disant que c'est exactement vers cela que l'on tend, en France aussi. Et puis il y a ces scènes extrêmement touchantes, portées par des acteurs formidables et d'une très grande justesse. La Palme d'Or était méritée. Ne passez pas à côté de ce grand film !
Face à un système de protection sociale qui se durcit pour cacher son incapacité à faire face à l'afflux des demandeurs, Ken Loach nous montre la seule voie: le partage, la générosité. Des rapports humains très riches entre une galerie de personnages: des jeunes qui tentent de jouer à détourner les règles de la mondialisation à leur benefice, des vieux qui se trouvent completement depassés, des mères seules, des enfants devenus hyperactifs pour être écoutés, des employés cermonés car trop aidants....
Bouleversant. Et tellement réel. Préparez vos mouchoirs avant d'y aller. S'il fallait un film pour montrer une certaine absurdité de notre système actuel, c'est celui-là.
Daniel Blake, menuisier à Newcastle est en arrêt de travail suite à un accident cardiaque, mais l’expert de santé de la sécurité sociale ne reconnaît pas ses difficultés de santé. Il n’a droit à aucune indemnité. Il se voit contraint de devenir demandeur d’emploi et se trouve dans une situation sociale aberrante : ne pouvant travailler pour des raisons de santé, mais contraint de chercher un emploi pour percevoir des indemnités. Lors de son parcours du combattant il se lie d ‘amitié avec une jeune mère de 2 enfants, Katie.
Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce film :
la précision, la qualité, la sobriété du scénario, fait de vécu et réaliste. L’humilité, l’accessibilité du propos et de la réalisation, alors que le réalisateur est très célèbre et n’a plus rien à prouver. La critique très juste d’un système déshumanisé avec une subtile mise en cause de l’attitude de certains protagonistes. Les bénévoles de la banque alimentaire sont tout de même présentés sous un meilleur jour que l’un ou l’autre employés du pôle emploi britannique : chacun dans notre société a des responsabilités morales dans le rôle qu’ils occupent. L’amitié atypique entre Katie et Daniel, les autres amitiés de ces compagnons d’infortune et le jeu très réaliste des acteurs.
J’ai juste regretté qu’il n’y ait pas pas davantage de cocasserie dans l’humour pourtant présent, me référant à « La part des anges » que j’avais adoré.
Ken Loach reste incontournable dans le genre du cinéma social.
Ce film est un petit bijou d'humanité et de sensibilité. C'est vraiment réconfortant le coup de gueule poussé par Ken Loach. Par ailleurs, je suis abasourdie par les "quelques" critiques négatives tout à fait injustifiées.
C'est un film tout simplement remarquable humainement. On a de plus en plus besoin de films de ce genre pour dénoncer l'inhumanité chronique du système économique occidental. Des personnes sont en grande difficulté car pauvres et/ou malades et ce n'est pas tolérable. Ce film dénonce bien la déshumanisation et c'est tout à son honneur.
Affligeant, et j'oserais même dire scandaleux. Ken Loach, cinéaste de gauche pour bobos de droite. Et avant de me mettre une grimace rouge, écoutez les 20 premières minutes de "La Dispute" du 25 octobre 2016, disponible sur le site de France Culture. Tout est dit sur cette arnaque absolue aux sentiments, sur cette Palme d'Or usurpée, sur ce film programmatique, qui déroule comme sur des rails toute la misère du monde. Quant à la fin... n'en jetez plus, la coupe est pleine ! Vraiment, la révolte qui m'anime à la vision de ce film n'est pas celle que vous croyez.
Rarement un cinéaste aura autant secoué la fourmilière de la société néo-libérale que Ken Loach. "Moi, Daniel Blake" est un véritable coup de poing pour ceux qui n'auraient pas encore lever les yeux de leur nombril et qui penseraient que nous vivons dans un monde égalitaire et humain. Daniel Blake, c'est le mec proche de la retraite à qui il arrive un sale coup : une crise cardiaque. Et du coup, sorti de sa bulle, le gars va se rendre compte que le monde dans lequel il vit n'est pas fait pour les marginaux, et les plus démunis et surtout pas pour ceux qui sortent de LA case en bas à droite du formulaire 58 page 32. Ne pouvant plus exercer d'activité professionnelle, Monsieur Blake se retrouve littéralement avalé par une machine aux rouages inhumains face à laquelle il va tenter de se battre. Et le combat est de toute beauté. Enfilant la cape du super-héros de par sa nature profondément empathique et son sens des réalités et du relationnel, Daniel Blake va tenter d'obtenir ce que la société lui doit tout en aidant une jeune maman seule fraîchement sortie d'un foyer. Ensemble, ils vont se faire la figure de proue des laissés-pour-compte, lui le retraité pas assez malade pour qu'on l'aide mais trop pour travailler, et elle, la fille-mère qui a sans doute opté pour de mauvais choix de jeunesse qu'on ne lui pardonnera pas. Avec ce film, Ken Loach semble en avoir assez. Assez de ces gens qui acceptent de n'être qu'une pièce d'une machine implacable et déraisonnable. Assez de cette société qui se numérise pour ne créer qu'un gouffre de plus en plus béant entre les nantis et la masse populaire. On se sent très souvent révolté et de plus en plus indigné au fil des minutes lorsque l'on comprend que l'être humain n'a plus sa place dans un cheminement administratif qui ressemble plus à un chemin de croix qu'à un accès aux droits sociaux. Avec deux acteurs formidables (Dave Johns et Hayley Squires) pour l'aider à mener son combat, Ken Loach réalise un film qui pourrait sonner comme l'aboutissement de toute une carrière, une claque énorme se terminant sur un silence de mort, la gorge nouée et le regard plein de fureur après un épilogue tout simplement bouleversant.
il y avait longtemps que je n'avais pas eu la gorge serrée et les yeux humides au cinéma. C'est chose faite... Très beau film. Un peu lent presque trop réaliste, on a parfois l'impression de regarder un reportage. Mais c'est aussi ce qui fait la force du film et l'attachement aux personnages. Un grand bravo aux deux acteurs principaux, justes et bons.
Il me semble que c'est la première fois que je vais voir au cinéma un film de ce réalisateur: par rapport à ce que j'ai pu lire ça et là quant à la palme d'or méritée ou pas, et bien j'avoue être bien rentré dans ce long métrage qui nous plonge dans une réalité quotidienne très réaliste et loin du bling-bling d'un monde dont les médias sont bien plus friands. Les deux personnages principaux sont d'une totale crédibilité, et même si en fin de compte, il n'y a pas de rebondissements particuliers tout au long du récit, leurs descentes aux enfers ou plutôt dans la précarité fait froid dans le dos: alors, effectivement ça se passe en Angleterre, et nous sommes en France, donc en principe en étant mieux protégé socialement, mais pour combien de temps?
Alors qu'il tente désespérément de récupérer son statut d'invalide auprès des services de l'État, Daniel Black rencontre Katie, mère célibataire qui, pour d'autres raisons, est elle aussi aux prises avec les services sociaux. Le film séduit d'emblée par sa façon quasi documentaire de montrer la violence avec laquelle la sécurité sociale et le pôle emploi anglais, moitié public, moitié privé, traitent leurs "usagers". À la recherche de résultats (réduire au maximum le nombre de beneficiaires) ces institutions précipitent les plus démunis dans des situations absolument kafkaïennes et, par ricochets, dans la misère. L'absurde et l'humiliation y règnent en maîtres. La démonstration de Ken Loach, dans des scènes qui peuvent être, à la fois, drôles et bouleversantes, est particulièrement efficace. Ces personnages, victimes ou "bourreaux" sont bien dessinés. Les comédiens, enfants compris, sont parfaits. Dave Jones (Daniel Black), lumineux, créé d'emblée l'empathie. Si le film perd un peu en puissance c'est dans la tournure sentimentalo-tragique que prend le récit dans sa seconde partie. Un traitement qui alourdit inutilement le propos et dont le film n'avait pas besoin pour toucher sa cible.
le sujet est intéressant mais je n'ai pas apprécié la manière dont il a été traité. Trop lent, trop dramatique. j'aurais aimé voir une palette d'émotions plus large.
vu ce matin au Madeleine dans une salle rikiki et en VF c'est quand même la palme d'or du dernier festival de Cannes.... le film brillamment interprété nous montre le parcours de combattant pour pouvoir survivre et dénonce sans fioriture le système moyenâgeux des aides sociales britanniques, édifiant....et dire que nous nous plaignons!!!!