9181 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
451 critiques spectateurs
5
107 critiques
4
200 critiques
3
93 critiques
2
29 critiques
1
14 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
chas
38 abonnés
180 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 1 novembre 2016
Daniel Blake, le menuisier aimerait bien travailler, et malgré des problèmes cardiaques qu’il n’arrive pas à faire reconnaître, il doit déposer ses C.V chez des employeurs, bien qu’il ne soit pas « employable ». La révolte peut-elle venir à bout de l’absurdité ? Pourtant qui n’a pas été troublé par des récits concernant des individus qui abusent des allocations, alors que la fraude fiscale représente 70% des manques à gagner pour l’état, contre 30% concernant la fraude sociale ? Ce film utile nous remet du côté des pauvres, du côté des « éligibles » - les moins nombreux possibles - aux aides. Contrairement aux productions françaises dont nous reconnaissons d’abord les acteurs avant d’identifier un ouvrier ou une mère célibataire, nous poussons la porte des appartements des plus humbles à Newcastle et partageons leur combat quotidien pour survivre. Au-delà de la dénonciation de lourdeurs administratives outre Manche, ce sont les conséquences implacables de la privatisation qui sont démontrées intelligemment. Et finalement peu importe que certaines scènes soient trop appuyées quand il s’agit de défendre la dignité. Contre l’exclusion par Internet, la culpabilisation et la déshumanisation, les call center, les vigiles à l’accueil, la fraternité est là. Tous les employés du « job center » ne sont pas des machines et les enfants sont des boosters à résilience. Cannes l’a récompensé et les « Indignés » vont aimer, bien qu’il n’y ait pas de quoi en faire un programme. Mais face à la misère qui vide de ses meubles les intérieurs miteux, sont attaquées jusqu’à nos espérances. Les machines ont gagné pas seulement par leurs algorithmes mais dans ce que nous avons perdu en estime des autres et donc de soi. Dans la filmographie de l’octogénaire, cette heure et demie est plus proche du sombre « Jimmy’s hall » que de l’enjoué « La part des anges ». On a beau répéter que « L’humour est la politesse du désespoir », le tag final, affirmation désespérée de l’individu, apposé à la surface d’un « monument en airain », souligne une solitude que des bouffées de solidarité n’ont pu résoudre.
Film qui décrit bien son époque, mais aucune porte de sortie, ni pour les personnages ni pour personne. Belle rencontre mais sans avenir ; les films plus ancien du réalisateur avaient au moins pour eux de proposer un peu d'espoir du côté de la révolte, ou au minimum montraient des gens qui ne se laissent pas écraser. Ici rien, c'est dommage, même si c'est dans l'air du temps. Film après film, le cinéma de Loach est de plus en plus sombre et déprimant. Comme notre société, meuf au cinéma j'aimerais justement un peu plus.
Daniel est un "vieux" travailleur qui se retrouve au chômage la cinquantaine passée à la suite d'un accident cardiaque, complètement inadapté aux méthodes de recrutement moderne...ses toubibs lui disent pas question de reprendre, le système n'est pas d'accord, et ses rouages sont bien huilés, jusqu'à l'absurde...il va rencontrer une mère célibataire et essayer avec elle de sortir de la galère, mais l'Administration veille, et du coup, rien, mais vraiment rien, n'est facile. Pas vraiment de méchants dans l'histoire, ça se partage entre bons petits soldats et gens compréhensifs, aidants, dans la mesure de leurs moyens. De beaux portraits donc, et un film social, comme d'habitude chez Loach, mais d'une soigneuse qualité: un côté documentaire (glaçant), mais aussi du vrai cinéma avec son style particulier. Bon, c'est bouleversant parce que tout coule de source et qu'on se dit que chaque séquence a du se passer dans la réalité, et voir ce brave type malmené par un ennemi invisible fait froid dans le dos. Je ne sais pas si le système français est capable de telles inepties, mais...Le réalisme des acteurs est incroyable (quel casting!), l'histoire est belle. Un regret? La fin, un peu téléphonée. Mais ce n'est pas grand chose en regard du reste...Palme d'Or à Cannes? On a surtout envie de dire: Encore heureux!
Une merveille ! Ken Loach signe ici un intense bijou d'émotion pure ! On se resort pas indemne de ce film. Il vous cabosse comme la vie cabosse les héros face à une institution qui reste sourde aux appels de détresse de Dan et Katie. Leur amitié et la solidarité qui se crée avec des amis ou des voisins est simplement bouleversante. La question ne se pose même pas : la palme est amplement méritée !
Avec sa ligne narrative très claire et parfois un peu trop manichéenne, Moi, Daniel Blake a un côté un peu agaçant. Mais on finit par se faire entraîner par la dignité du personnage principal et la fraternité qui est au cœur de l’histoire de cet homme qui tente de se débattre dans un système de plus en plus déshumanisé, tout en aidant son prochain. Une belle Palme d’Or, qui fait aussi beaucoup réfléchir.
Ok, le film ne valait peut-être pas une palme d' or (en tout cas, face à "Toni Erdman") mais c'est quand même un sacré bon film, crédible et réaliste (je ne sais pas si ça se dit des films de Loach tellement c'est une évidence!) acteurs convaincants et attachants etc... Mise en scène simple, directe, efficace... Pas d'effet tape-à-l'oeil, Comme d'hab... Comme d'hab' : C'est d' ailleurs pt être le seul reproche que je ferais au film puisque de ce côté là, il faudra pas chercher même un tout petit peu d'originalité.... il ressemble à tous les autres ("My name is Joe" ! forccément !) Mais ça marche: Ca prend aux tripes, on comprend et on ressent l' agacement de Daniel Blake qu'on balade de droite à gauche pour entendre les absurdités de l'administration. Sa rencontre avec cette jeune femme (parfaitement interprétée par Hayley Squires, bluffante de justesse) dans une situation quasi identique qu' il décide d'épauler tient debout et apporte beaucoup en émotion au film .... Grâce à elle, le film n'est plus seulement révoltant, elle le rend plus touchant plus émouvant plus humain... On a reproché au film d'être trop tire-larmes mais mis à part la proposition d'Ivan qui en rajoute un peu trop, c'est le genre de situation qui pourrait arriver à n' importe qui .... Ken Loach nous le montre une nouvelle fois avec tout son savoir-faire et sa direction d'acteurs toujours aussi niquel. Ceux qui apprécient ses films ne seront probablement pas déçus . Ceux qui attendaient que le réalisateur engagé se renouvelle et apporte un peu de nouveauté dans son taf le seront par contre certainement ... Perso, j'aime bien les histoires de Loach puisqu'on s'identifie facilement, on comprend facilement les personnages et les situations qu'ils traversent.... Même si ici, l'histoire force un peu trop le truc et perd d'un peu de crédibilité, c'est un film à voir indiscutablement.
Magnifique !! C'est un "Ken Loach" et donc une référence... Il nous fait plonger dans les méandres administratifs... qui se passent outre manche - mais cela pourrait être de ce coté-ci sans problème. La difficulté des pauvres et démunis est poignante et l'interprétation de Dave Johns et Hayley Squires et la mise en scène sont tous simplement parfaites... Palme d'or tellement méritée.. rien à dire, sauf mon admiration pour un incontestable Chef d’œuvre !!**
un film poignant, magnifique. une mise en scène soignée et une réalisation parfaite. on a envie de hurler de voir tant de rigidité, d'absurdité et de bêtises dans un système fermé et cloisonné par l'imbécilité des règles établies sans se soucier du cas de chacun. c'est horrible ! les acteurs sont tellement bien choisis et jouent si vrai qu'on vit leur vie et désarroi.
Décu par cette Palme d'or. Quelques scènes poignantes mais l'ensemble manque de souffle. La scène du tag notamment manque cruellement de crédibilité, c'en est presque gênant. L'intrigue peine à captiver et ne dénonce finalement pas grand chose de nouveau. Kafka déjà critiquait les abus d'une administration déshumanisée.
Un film extraordinaire, magistralement interprété sur fond de misère sociale qui dénonce l'absurdité du système social anglais . J'ai été révoltée par le sort de cet homme honnête, généreux .
Ken Loach et son scénariste Paul Laverty, unis au sommet de leur art, nous offrent un film qui donne envie de ruer dans les brancards, invite à ne pas courber l'échine. Qui dresse un tableau à la fois terrible et magnifiquement humain du délabrement du modèle social anglais – mais on a tôt fait de comprendre que notre sort n'est pas tant éloigné de celui de nos voisins d'outre-Manche. Ils n'ont sans doute qu'une encablure d'avance. Après des mois d'enquête sur le terrain, le récit de Loach-Laverty est un condensé de situations si dramatiquement ubuesques qu'il a même fallu les édulcorer pour les rendre crédibles à l'écran. Nul besoin d'effets de style pour ce cinéma-là ! Le sujet est tellement fort, le propos si limpide qu'il ne s'embarrasse pas de fioritures. Ken Loach s'efface derrière ses personnages et les situations qu'ils traversent avec tact et grâce, humblement, faisant presque oublier qu'il y a derrière la caméra une équipe de choc et la patte d'un immense réalisateur. Daniel Blake, Katie deviennent peu à peu comme des extensions de nous-même, de nos parts lumineuses, de nos destins brisés ou de nos déchirures. C'est beau à tomber, puis à se relever pour lutter.
Un film qui veut dénoncer le côté inhumain de l'administration, des multiples démarches à effectuer pour toucher la moindre indemnité, des ordinateurs, etc. On voit un homme, menuisier de son état et dans l'incapacité de travailler suite à un accident cardiaque broyé par le système. Le film manque vraiment de nuances, avec le côté "rouleau compresseur" de l'administration, les incohérences entre les décisions médicales, le pauvre Daniel dépassé par le maniement de l'ordinateur, et la mère célibataire (bien sûr mère de deux enfants visiblement de deux pères différents) dotée d'enfants au coeur pur, l'entraide entre démunis, etc, tout cela est beaucoup trop appuyé. J'aurais aimé que les caractères soient un peu plus complexes, car bien évidemment on s'attend spoiler: à ce que la machine mise en marche finisse par achever le pauvre Daniel Blake, et c'est bien ce qui arrive. On suit le film avec intérêt, mais les ficelles sont tout de même épaisses.
Un des meilleurs Ken Loach, et pourtant il en a réaliisé de bons films. C'est criant de vérité, révoltant, émouvant, poignant. On a la gorge nouée en sortant du cinoche.
Il faut absolument aller voir ce film de toute urgence avant d'aller voter pour les candidats aux élections qui prônent la privatisation de pôle emploi qui conduit fatalement à la rentabilisation des services et donc à l'élimination des candidats difficiles à placer parce que plus assez performants, âgés et usés ou tout simplement dépassés par les technologies réputées incontournables aujourd'hui (smartphones, internet ...). Certes la violence sociale est sans doute plus grande outre-manche mais elle existe bel et bien aussi dans notre pays, il suffit de lire les témoignages dans les journaux de ce qui peut vous arriver lorsqu'un service social ou pôle emploi est défaillant ou dérape (voir en particulier la rubrique "faits divers" du canard enchainé par exemple). Ken Loach est (malheureusement) un nouvel Emile Zola de notre siècle!