Cinema Perverso - Le merveilleux monde perdu des cinémas de gare
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

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3,0
Publiée le 1 décembre 2025
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, lors de la reconstruction des grandes gares du pays (Francfort, Munich, Cologne, Düsseldorf, Stuttgart, ...) et par la suite, dans d’innombrables autres gares, la Deutsche Bahn (la compagnie ferroviaire allemande) fit construire des salles de cinéma dans lesquels les voyageurs pouvaient patienter avant de prendre leur train. La programmation était volontairement orientée vers le "cinéma d'exploitation" et ce phénomène (propre à l’Allemagne, car à ma connaissance il n’existe pas d’autre pays qui proposait des cinémas dans ses gares) connaîtra son âge d’or dans les années 50 / 60, avant de péricliter vers la fin des années 80.

On connaît tous le terme "romans de gare" mais qui a déjà entendu parler des "cinémas de gare" ? Pas, voire peu connus du grand public, hormis des allemands, cela va de soi, ces salles de cinéma situées exclusivement dans les gares avaient une programmation propre à elles, que l’on ne retrouvait pas dans les cinémas de quartier (et la télévision n’est arrivée qu’au milieu des années 50). Dans ces « Bahnhofslichtspiele » (non officiel de ces "cinémas de gare"), mais raccourcit pour des raisons évidentes en "Bali" ou "Kino Bali" s’étaient fait une spécialité de ne projeter que des films de seconde zone, en commençant par le péplum, des Séries B (surtout des Z), des westerns spaghettis, de la Sci-Fi low-cost, des films scabreux (des mondo ou racoleurs), des films érotiques, du porno et des films de kung-fu. Il y a même eu une période où, comme en France, on pouvait y voir des actualités.

Contrairement aux cinémas de quartier qui projetaient les nouveautés ou les films à gros budgets, les cinémas de gare se satisfaisaient en ne proposant que des films bas de gamme et surtout, ils projetaient les films en continue, non-stop (ainsi, vous pouviez arriver à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, en attendant votre train, pour assister à une séance et enchainer sur la suivante si vous aviez raté le début).

Prévu initialement pour faire passer le temps aux voyageurs avant leur train, le public était composé d'adultes et de familles, mais avec le temps et surtout, avec une programmation de plus en plus tournée vers l'horreur (et essentiellement le porno), les cinémas de gare sont devenu des lieux exclusivement fréquentés par les hommes. A l’orée des 80’, faute d’entretien, les cinémas tombent en désuétude, mais c’est l’avènement de la VHS qui finira par tuer les cinémas de gare, les vouant à disparaître et à tomber dans l'oubli pour les nouvelles générations (soit, le même destin que connaîtront les vidéo-club à la fin des années 2000, avec l'expansion d’internet et la VOD).

Cinema Perverso (2015) est une superbe capsule temporelle qui nous fait découvrir une pratique cinéphilique insoupçonnée alors-même qu’elle avait lieu de l’autre côté de la frontière. En l’espace de 60min, c’est un véritable bond dans le temps, avec des photos d’archives et des commentaires passionnants d’acteurs & réalisateurs tels que Jörg Buttgereit (Nekromantik 1 - 1987 & 2 - 1991), Uwe Boll (House of the Dead - 2003) ou encore Christian Anders (Camp d'amour - 1982).

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