Je n’étais pas plus enthousiaste que cela de voir ce film et pour tout dire je n’étais même pas sûr de même le regarder un jour… ; heureusement je l’ai quand même fait. Heureusement, parce que « Ce qui nous lie » est une belle chronique familiale, sur la fraternité (en tant que lien unissant frères et sœurs), la transmission, l’héritage, le terroir, la tradition. Bref, des concepts qui tout en étant universels se fondent de façon totale dans l’univers viticole. Le film nous place dans les bottes de Jean qui a fui sa famille et le domaine viticole qu’elle possède pour voyager (loin) et se trouver, étouffé qu’il était par un père très présent et un environnement qu’il voyait comme sclérosant. Héritant, avec son frère et sa sœur, du vignoble, les voilà obligés de penser à l’avenir de l’exploitation et à travers celui-ci à leur propre futur. Au sein de cette trame se tissent trois sous-intrigues qui la nourrissent, chacune attachée à un des trois membres de cette fratrie. Jean, qui ne sait pas où est sa maison, Juliette qui doute d’être bâtie pour diriger le domaine et Jérémie qui ne sait pas s’imposer face à son frère et sa sœur, tout comme face à son beau-père. Au travers des saisons (sagement suivies par le réalisateur), le film laisse maturer l’intrigue et avec elle ses personnages. C’est touchant, drôle et, il faut le dire, passionnant, tout cela donnant un film qui fait écho avec chacun. Ce genre de film ni trop mièvre, ni trop bien fait, est sans nul doute le meilleur du cinéma français. Et ce n’est pas un hasard si c’est Cédric Klapisch qui l’a écrit et réalisé. Un drame profond et émouvant qui mérite, sans hésitation, d’être vu.