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VodkaMartini
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5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Noir, c'est noir. Dans le genre glauque, Cassavetes fait très, très fort. Voici le thriller le moins glamour de l'histoire. Pas de suspense haletant, pas de personnage haut en couleurs, rien de tout ce qui fait habituellement la force d'un film de ce genre. Mais ce bijou de film montre ce que les autres films ne montre que jamais. De la saleté des trottoirs à la médiocrité des hommes, de leur désarroi à la banalité de leur violence et de leurs tragédies, et ce jusqu'à filmer l'ennui qui les frappe, Cassavettes plonge le spectateur au coeur même de l'horreur quotidienne . Ca peut déplaire mais pas laisser indifférent.
C'est toujours avec la même interrogation que je finis un film de Cassavetes. Que veut-il montrer ? Une action ? un type qui en tue un autre. Si c'est cela, c'est raté. Cherche-t-il à nous montrer des nibards ? J'ai vu plus réussi. Cherche-t-il à nous montrer la profondeur d'un personnage, son ambivalence, sa sympathie et son empathie qui ne l'ont pas empêché de tuer un homme pour de l'argent ? C'est mauvais. Les plans ne sont pas mal composé, le montage est bon, mais il y a trop de digressions inutiles, trop de fioritures de films indépendant. Comment peut-on sérieusement apprécier un film de Cassavetes ? Comment peut-on trouver la photographie exceptionnelle, les plans sublimes, les acteurs géniaux ? Cassavetes est le Godard américain : je ne comprendrais jamais.
J'ai vu la version longue qui pour pas mal de personnes est un peu trop longue donc peut-être que j'aurais mieux apprécié ce film, considéré comme un des chefs d'oeuvre de son réalisateur, si j'avais regardé à la palce la version cinéma plus courte et au montage différent... Ça met trop de temps à démarrer et ça met trop de temps à se terminer, conséquences des digressions que Cassavetes a inclus inutilement dans l'histoire, mais entre les deux quand on est vraiment dans le vif du sujet, en particulier quand on est en plein de ce qu'évoque le titre, il faut bien dire que la tension et la puissance sont au rendez-vous ; et puis Ben Gazzara porte sans mal sur ses épaules charismatiques le film.
En nous faisant suivre le quotidien d’un individu aux prises avec la mafia, John Cassavetes n’a pas réussi à rendre tangible l’étau psychologique dans lequel celui-ci se retrouve enfermé lors de sa prise dans une spirale de violence, mais plutôt à dessiner un personnage caricatural qui deviendra un modèle au stéréotype du patron de boite. Même si Ben Gazzara est un excellent acteur, la mise en scène du film ne parvient pas à mettre en avant la tension et la culpabilité qu’il peut éprouver. C’est donc plus dans la description qui est faite des milieux de la mafia et du business nocturne, avec leurs personnages hauts en couleurs, que l’écriture trouve son ton juste qui sied à ce témoin des années seventies qu’était Cassavetes.
Je retrouve ici le style de John Cassavetes que j'affectionne. scènes intimistes, tremblements de caméra assumés, plans serrés sur des détails, jeux d'ombres, etc. Cette façon de filmer donne littéralement vie aux différents personnages. Toutefois, Cassavetes alterne les plans réussis avec d'autres plus hasardeux, inutiles, ou incompréhensibles. Les premières scènes montrant Ben Gazzara en nouveau nabab, ne sont pas les plus réussies. Le scénario est sombre, bien rendu, mais un peu trop simpliste à mon goût. Quand au rythme, qui est haché, ce n'est pas la plus grande réussite du réalisateur. Du bon et du moins bon, donc. Un film fait de charme, de sensualité, mais parfois un peu déroutant, et qui ne tient pas toutes ses promesses.
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1,0
Publiée le 19 juin 2021
Meurtre d'un bookmaker chinois est film pseudo artistique qui se fait passer pour un film de gangsters mais qui est tellement ennuyeux que c'est une forme de punition de la regarder. Les répliques sont marmonnées et dans de nombreux cas inaudibles même si rien d'intéressant n'est dit de toute façon. Avec un montage incroyable des scènes redondantes et insignifiantes comme celle du club de strip-tease qui sont répétées à l'infini. Aucun autre personnage que celui de Ben Gazzara n'est développé même de loin. Les gros plans extrêmes et la caméra tenue à la main donnent mal à la tête. Les fréquents éclats de lumière dans l'objectif de la caméra et les scènes de nuit trop sombres ne font qu'ajouter à l'ineptie de ce gâchis improvisé...
C'est un film qui m'a laissé pantois. Tant par son style, que par son histoire. Le film de J. Cassavetes a une image sombre, presque sale et réaliste. C'est ce qui m'a marqué dès le début. On oscille entre le documentaire et la fiction. Caméra à l'épaule, on suit le patron (B. Gazzara) d'un strip-club chic, entouré de femmes sexy et d'un staff un peu fatigué et bouru. L'ambiance des nuits américaines des seventies est impeccable et le tout se suit avec une certaine curiosité. Malgré le noir constant à l'écran et le flou constant qui donne un certain charme au film. Finalement, il semble que le tout ne soit pas si important dans le film, très calme mais en même temps vivant. L'aspect réaliste du film offre une linéarité moins cinématographique et les décors redondant, une boucle narrative assez lassante. Mais le film possède aussi sa force dans sa faiblesse. La tension qui monte, l'imprévisible qui sommeil, ce charme de l'instant. Du coup, même lassé à certains moments, le film dégage suffisamment d'aura pour toucher la corde émotionnelle, même s'il reste à la fin comme un goût amer et un certain ennui d'un récit un peu décousu et des dialogues parfois lourds.
Cassavetes semble prendre plaisir à déjouer nos attentes et les codes du film noir puisque les éléments centraux du récit sont laissés dans l'ombre, à l'inverse du quotidien du héros (d'abord étonnamment peu concerné par sa dette de jeu) dont on suit les illusions de succès et d'élégance entre danseuses peu distinguées et scènes de cabaret passablement inintéressantes. Pour épouser cette atmosphère artificielle, la réalisation opte pour un grain grossier, une caméra agitée, un montage haché. Or, l'ennui s'instille rapidement, d'autant plus que les enjeux annoncés ne sont qu'un leurre pour l'étude psychologique d'un homme qui allégorise le déni. Audacieux mais infiniment ennuyant!
Dans une ambiance qui m a fait beaucoup penser à Mean Streets mais de l autre côté de l Amérique, John Cassavetes signe un excellent polar. Un polar ou un homme qui croyait toucher le succès provoque lui même sa chute et semble se débattre dans des sables mouvants. Ben Gazzara fait merveille avec ce personnage qui veut en mettre plein la vue mais qui sent bien que son château de carte menace de s écrouler à tout instant. C est un excellent polar d ambiance et de personnages, un film fataliste et pessimiste.
Cassavetes suit les codes du film mafieux par excellence dans "Murder of a Chinese Bookie", tous les éléments sont là: club de Strip Tease, dette de jeu et meurtre. Cependant, le réalisateur aborde le genre d'une manière un peu différente de Scorsese ou encore Coppola. Plus que l'intrigue, c'est surtout l'humain qui l'intéresse. Cosmo Vittelli (Ben Gazarra) aime plus que tout au monde ce club, une création de sa personne, une fierté pour un être marqué par la guerre et le manque d'amour de ses parents. Creuser la psychologie de ce personnage est presque le seul but de Cassavetes, le scénario quant à lui étant très classique. Ce qui l'est moins est par contre la façon de l'aborder. La scène du meurtre ne ressemble pas aux classiques du genre, tout est suggéré. Cette scène est d'ailleurs très réussie, pleine de suspense. Ce Cassavetes n'est pas un polar mais film sur un homme, sur l'humain, sa psychologie, ses sentiments. Un polar "auteuriste" américain comme il y en a peu.
Un très grand film, réalisé par John Cassavetes qui est certainement l'un des meilleurs réalisateurs de l'histoire du cinéma. Film sur l'art, la vie, la mort, la société, l'amour et d'autres thèmes encore... Film de grande classe qui marque longtemps après son visionnage. En observant les différentes pages du livre, je constate avec étonnement que l'on parle de "Meutre d'un bookmaker chinois" comme d'un thriller, d'un film noir... Alors qu'il me semble que le thème principal du film est la passion, la passion d'un homme pour son art. Capable de tuer pour le préserver, capable de se laisser mourir. Le meurtre en lui même ne dure pas longtemps, et il est même accompagné d'un coup de fil de Gazzara à sa boite. Cassavetes filme, comme à son habitude, l'homme fatigué. Fatigué dans ce monde dominé par l'argent (un acteur dira "l'argent est le Dieu suprême), les pulsions sexuelles, la corruption. Ainsi en réaction face à cela, Gazzara fait de l'art; à partir d'une simple boite de strip tease. Il met en scène tous les numéros avec une grande implication, avec un amour intense. Et cet amour que la caméra de Cassavetes traque à travers le meurtre du bookmaker chinois. Son art lui permet de retrouver sa liberté perdue et ainsi de vivre réellement. Gazzara, qui signe une prestation incroyable dans le film, ne semble pas réellement être un personnage réel, dans le sens où ses sentiments ou ses pensées peuvent conduite à l'étonnement. En effet, il n'est pas triste en tuant et il ne semble pas avoir peur d'être tué. Certainement, qu'appart sa boite, il ne tient pas à grand chose. Il ne tient peut être même pas à la vie. Concernant la mise en scène de Cassavetes : elle est flamboyante. Flamboyante déjà pour la prestation de Gazzara mais pas seulement. Chaque plan est magnifique. La gestion du mouvement est originale, aboutie et émouvante. La musique est de qualité et est bien utilisée. La conjonction des différents éléments offrent des séquences d'une beauté incontestable comme l'audition de la serveuse ou (la plus belle) celle ou Gazzara redonne l'envie à sa troupe. En conclusion, "Meutre d'un bookmaker chinois" est un film complet, vaste et qui conserve un grand mystère. A voir et à apprécier pour ceux qui savent regarder. (15.5/20)
Cassavetes représentant emblématique du cinéma américain indépendant, réalise avec ce film le seul polar de sa carrière de metteur en scène (1976).
Toutefois, il ne faut pas se tromper, on n'est pas avec " meurtre...." ( A sa sortie en France il avait le titre de " le bal des vauriens") dans le registre du cinéma de genre.
Le canevas du scénario ( le propriétaire d'un club de streap tease contracte une dette de jeu auprès de la pègre. Ces derniers vont l'acculer et lui tendre un piège) est un faux semblant de polar ; il s'agit ici de proposer ( c'est mon hypothèse) le portrait de la solitude de la condition humaine et du sentiment de vide face à l'existence.
Destiné à l'amateur de cinéma d'auteur ( l'action, le meurtre du titre, ne présente qu'un attrait secondaire), l'essentiel du film repose sur la description psychologique du personnage principal ( formidable Ben Gazzara) au travers de ses rapports avec son entourage ( dont certains membres parmi les plus intimes le trahiront).
Sur ce point, il faut être attentif lors d'une des scènes finales, sorte de mise en abyme, ou l'on comprend que Cosmo Vitteli a aussi été trahi de façon encore plus intime qu'on le croyait.
Il existe une version longue du film. Les amateurs de la filmographie de Cassavetes et de cet opus, ne la manqueront surtout pas.
Un grand film noir, dans lequel Gazzara exprime tout son talent. Résolument grave dans tous les domaines, de l'atmosphère générale aux personnages. Les plans, somptueux, donnent une sensation de vertige au spectateur. Une référence.
Pas vraiment un film de gangster ou polar plutôt un drame se déroulant dans le Los Angeles des boîtes de strip (salles obscures, alcool, filles nues et bars, un milieu que j'adore au cinéma). Peu de scènes d'action le centre du film est le personnage de Cosmo Vittelli (Ben Gazzara) que l'ont voit déambulé.
Les années 70 représentent la décennie que je connais probablement le moins, cinématographiquement parlant. La ressortie des films de John Cassavetes était donc une occasion en or. Après coup, on ne met pas longtemps à se rendre compte qu'un long-métrage comme Meurtre d'un bookmaker chinois (et peut-être même tout le cinéma de Cassavetes) a très certainement eu de nombreuses répercussions sur Scorsese ou Ferrara (particulièrement sur son Go Go Tales). Pour sûr, les scènes de mafioso qui composent une certaine partie d'une film sont généralement riches en péripéties et, osons les grands mots, sont parfaitement maîtrisées. Hélas, c'est ailleurs que les failles se trouvent. Dans le calme. En effet, l'ensemble souffre d'un manque de rythme suffisamment présent pour être non-négligeable. Par ailleurs, le manque de rythme aurait pu s'avérer fatal sur la durée, si le film ne disposait pas d'un tel charme seventies, ainsi qu'une telle galerie de personnages, hauts en couleur et soit attachants, soit détestables. Naturellement, c'est avant tout au regretté Ben Gazzara que revient une grande part du mérite, dans la peau de cet infortuné de la vie qui, pourtant, n'a de cesse de s'accrocher et fini par être mêlé à la pègre, contre son gré. Une interprétation respectable pour un personnage aux multiples visages, qui surprend de bout en bout, notamment dans un jeu du chat et de la souris empli d'un suspense haletant. Fabuleux moment de cinéma qui tire visiblement son inspiration des grands films noirs d'Hollywood. Par conséquent, c'est dans le récit de cette descente aux enfers, ponctuée par un fantastique retour à la vie - l'accès à la maturité -, et à un discours final poignant de la part de ce protagoniste fort charismatique, que Meurtre d'un bookmaker chinois trouve tout son intérêt, et parvient ainsi à faire oublier les quelques longueurs qui ont précédé ces moments de gloire. Autrement, on pourra retenir une bonne bande-originale, un jeu de lumière très poussé - qui peut alterner entre les spots et paillettes du cabaret à une obscurité étouffante au coeur d'une voiture -, et un scénario bien ficelé. En clair, les éléments qui constituent un bon film sont présents et on ne regrette que les temps morts entraînés par les choix de mise en scène de Cassavetes.