"Meurtre d'un bookmaker chinois" est l'histoire d'un type arrogant et sûr de lui, qui va tout perdre en l'espace de quelques heures. Autrement dit, John Cassavetes s'intéresse au passage d'une situation sereine et donc banale à une situation de crise qui fait réfléchir son personnage sur lui-même et sur la vie en général. Le film est à la fois porté par un Ben Gazzara intense et fascinant dans un rôle particulièrement complexe, et par une mise en scène d'une précision redoutable, construite selon une logique de captation. Ainsi, comme une série de fragments, le film et la personnalité du personnage principal progressent sans cesse et se construisent tel un puzzle. Et si la démarche de la réalisation est passionnante, elle ne parvient pas totalement à habiter chaque scène, et donc de donner ce supplément d'âme qui aurait pu faire de "Meurtre d'un bookmaker chinois" un grand film.
Mon sentiment général est à l'image du film : flou et très partagé. Meurtre d'un Bookmaker Chinois semble en permanence osciller entre narration et captation, plombé par une mise en scène inégale dans ses éclats. Certes Ben Gazzara témoigne d'un réel investissement et sa nonchalance colle bien à ce personnage de paumé séducteur mais sa composition - bien que brillante - s'avère ordinaire et plate. Par ailleurs le film de Cassavetes met très longtemps à démarrer puisqu'il faut attendre la fin de la première heure pour entrevoir les enjeux du scénario, scénario se résumant à une vague affaire de dettes avec meurtre à la clé.... L'ensemble reste trop mou, et surtout trop peu incarné pour vraiment satisfaire. Quant à la bande originale, composée principalement de chants ( a cappella, parfois...) elle aurait mérité davantage d'accompagnements instrumentaux afin de mieux susciter l'émotion. Meurtre d'un Bookmaker Chinois n'en demeure pas moins un film de John Cassavetes ( mise en scène libre d'inventivité, acteurs-montagnes, sujet potentiel ) mais déçoit plus qu'autre chose. Dommage.
Style film noir contemporain. C'est un avis personnel. J'accroche pas du tout au cinéma de ce réalisateur. Il y a une certaine nonchalance des plans. Une sophistication pénible. Et ici manque de bol un thème que je déteste les films de mafia
Le film de John Cassavetes est vraiment ennuyant. L’intrigue, mince comme un fil, peine à tenir pendant plus d’une heure et demie, avec des scènes inutiles et souvent laides qui tirent le rythme vers le bas. La photo est affreuse et n’arrange rien. Seul Ben Gazzara sauve un peu l’affaire avec son jeu correct, mais globalement, le film ne vaut pas vraiment le détour.
Immersion dans la vie de Cosmo Vitelli, gérant d’une boîte à strip-tease minable de la côte ouest, qui se retrouve cerné par des mafieux à cause de dettes de jeu. Mélange de thriller et de film noir très années 70, un Cassavetes intéressant avec, malgré un récit assez décousu, quelques scènes énormes et un sublime Ben Gazzara, ce qui en vaut déjà largement le détour.
Coup de maître, pure merveille de cinéma, chaque plan est un bijou, absolument exemplaire, les fameux cadrages hasardeux touchent au miracle visuel et font mouche, jusqu'au moindre reflet de couleurs, éclats de lumières drapés d'ombres, ténèbres quasiment abstraites dans certaines scènes géniales tant on ne voit rien : on distingue les contours des visages dans la voiture mais on ne voit pas les expressions, pas les bouches : la voix donne les indications, le trajet, la méthode... et après le meurtre, la poursuite dans le garage labyrinthique, peint en blanc, comme un pendant lumineux... éclipse de Cosmo VITELLI soudainement invisible, introuvable, disparu... planqué dans l'ombre. Un chef d’œuvre quoi
Avec ce film, John Cassavetes aborde le genre film de gangster avec un certain talent. En effet, Cassavetes présente son histoire en abordant plus les causes et les conséquences que l'acte en lui même. Ces éléments sont retranscrit à merveille par Ben Gazzara, absolument fantastique dans ce rôle de patron de club de strip tease criblé de dette. Malheureusement la copie n'est pas parfaite : le style Cassavetes est moins présent que dans ses films précédent, la musique est moins bonne et beaucoup moins présente et les dialogues moins recherchés. Néanmoins, Cassavetes parviens à bien mener cette histoire et, exceptionnellement, à bien conclure son film (détail qui, à mon avis, fait défaut à ses autres films). Au final, on a affaire à un film de gangster intéressant mais loin d'être le meilleur Cassavetes.
Un excellent scénario, d'excellents acteurs, une ambiance magnifiquement rendue, caméra à l'épaule... Mais encore trop de longueurs de la part de Cassavettes, dans un style tout 70's. Les séquences de shows sont bien rendues mais interminables... Dommage que le tout manque de punch !
remarquable de naturel et de simplicité,"meurtre d'un bookmaker chinois"est un film d'ambiance(Crazy Horse W,pègre,jeu) juste et prenant par l'humanité des personnages notamment. Ben Gazarra y est admirable et ses "filles" très sexy.
C'est clairement pas le meilleur Cassavetes mais l'ensemble se laisse quand même regarder. La réalisation est pas mal mais sans plus, le thème, lui, est bien mais ça manque de rythme, de quelque chose qui nous emballes quoi. A voir pour la superbe interprétation de Ben gazzara sinon. Assez déçu à chaud là ...
Etrange périple que celui de Ben Gazzara dans ce film...il n'a guère le choix, dans une implacable spirale de l'échec (à laquelle il participe activement) ... Filmé de façon très réaliste, y compris au niveau de l'ennui que génèrent certains personnages (le personnage de cabaret "avant-gardiste", heureusement compensé par les "Gazzarettes" ^^)... un peu déçu malgré tout, par rapport à ce que j'en attendais, mais je suis clairement injuste.
Frère "Losangelesien" de "Panique à Needle Park", le chef-d'oeuvre crasseux de Cassavetes en possède la force et le désespoir, même si le Californien préfère faire tomber les puissants minables. La scène où Gazzara regarde seul une danseuse s'exhiber devant lui ainsi que le meurtre proprement dits sont à elles seules des monuments.
J'avais déjà vu "Opening Night" de John Cassavetes qui m'avait beaucoup déçu par la lenteur des scènes et la monotonie des personnages et du scénario. Dans Meutre d'un Bookmaker Chinois on reconnait le réalisateur par la façon de filmer, les scènes avec des plans fixes. Mais j'ai vraiment apprécier ce film, le réalisateur place en avant la boite de nuit et l'attachement qui la lie à son patron.Cet homme passionné qui tombe contre son grès dans les griffes de la pègre. A voir par un public averti.
Un film a ambiance. Bien que je ne connaisse pas ce milieux, le film semble très réaliste par son coté contemplatif. Le fatalisme du personnage principal renvoie a une dimension philosophique qui me plait particulièrement. Ben gazzara (tres bon !) préfère vivre sa vie tel qu'il l'aime jusqu'au bout bien que se sachant condamné. Une forme de fierté propre a ce milieux à l'époque et qui tend manifestement a se perdre.