Un citoyen lambda, et même des moins attirants, que ce "Duval"... Proche de la retraite, vivant seul dans un appartement sinistre, avec pour seul loisir faire d'interminables puzzles, ce comptable honnête et terne s'est retrouvé licencié à la suite d'un "burn-out". 3 ans plus tard, déprimé et alcoolique, il a quand même réussi (un peu) à remonter la pente, grâce aux "AA" (où il vient de rencontrer une infirmière italienne - créature fragile à prendre sous son aile...), et pense que la chance lui sourit enfin, avec la proposition d'emploi (grassement payé) d'un certain "Clément" (1.500 euros la semaine - en espèces). Mais est-ce bien la providence qui lui a fourni cette prébende ?... Et un premier grain de sable vient rapidement gripper "La mécanique de l'ombre" (sous la forme d'un certain "Gerfaut"). Suivi de pas mal d'autres, le travail de bureau se transformant en tâche à risque(s), grand(s) risque(s)... Une histoire bien écrite, une mise en scène redoutablement minimaliste, une excellente distribution (François Cluzet, Denis Podalydès, Simon Abkarian, Alba Rohrwacher...) - voilà qui fait de ce premier "long" (par Thomas Kruithof) une très bonne surprise, celle d'un cinéma de qualité, dans une veine peu brillamment illustrée en général dans le cinéma français récent, celle du "thriller", entre (contre)-espionnage peu reluisant et magouilles politicardes. Sous l'oeil d'un témoin "civil", pas si dépassé que cela par le cynisme de la « raison d'Etat », et les impératifs du « secret-défense »....comme on le verra.
François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila sont à l'affiche dans ce premier long métrage d'espionnage, froid et grinçant, épuré et maîtrisé. Après 11.6 ou Ne le dis à personne, qui a valu à l'acteur sexagénaire un césar, est-il encore bon de s'enfermer dans un énième film d'espionnage qui malgré un construction impeccable et un réalisation irréprochable aurait gagné à être plus sanguin...
SI le film souffre d'un grave défaut structurel qui nuit à l'adhésion du spectateur (spoiler: On peut penser un moment que le chômeur en fin de droits embauché est le pion/fusible/bouc émissaire nécessaire dans une sombre machination mais il s'avère assez vite que machination il n'y a pas, juste un règlement de comptes entre différentes factions. Dès lors comment admettre qu'une officine extra-gouvernementale engage quelqu'un d'extérieur à son organigramme pour le payer grassement à retranscrire des écoutes téléphoniques, sachant qu'il les devinera vite illégales et risque d'y entendre des choses qu'il n'est pas censé savoir - ce qui arrive fatalement puisque toute l'intrigue en découle - ?), il peut quand même se voir comme le parcours vers son émancipation d'un individu timoré et moutonnier, archétype de l'Homme sans qualités de Musil, qui a tout pour devenir l'esclave fortement rémunéré d'un employeur roublard et sans scrupules, le devient, mais finit par briser ses chaînes ( avec l'aide équivoque d'un agent de la DGSI, il est vrai ). Ne serait-ce que pour le côté éducatif de cet affranchissement libérateur, la Mécanique de l'ombre - par ailleurs excellemment interprété par tous ses protagonistes et sobrement mis en scène - vaut le détour.
Voilà un premier film prometteur. Le scénario n'est pas novateur, mais il est suffisamment efficace pour nous tenir en haleine jusqu'au bout, et le personnage incarné par François Cluzet est bien "travaillé". La réalisation sans esbroufe, le jeu tout en retenue des acteurs, la froideur des décors, l'accompagnement musical discret... tout concourt à créer et entretenir tout au long du film un sentiment de malaise qui fait sa force.
Sur une trame somme toute assez banale voilà un film qui nous prends aux tripes, excellent thriller avec une histoire qui ne nous lâche pas jusqu'à la fin Etienne Duval nous emporte dans son chaos François Cluzet est comme dab super ce rôle lui colle à la peau et lui va à merveille Denis Podalydès est cynique et glaçant à souhaits Simon Abkarian et Sami Bouajila ne sont pas en reste ainsi que la jeune actrice slave bref courrez voir ce film formidable
Un cinéaste qui cite Pakula et Pollack dans ses références ne pouvant être mauvais, c'est plutôt bien disposé que le spectateur prendra son ticket pour La Mécanique de l'ombre. Et la première demi-heure, intrigante à souhait, lui donnera raison. Mais l'histoire virant au thriller classique avec gros bras brutaux et morts violentes et le personnage principal d'employé manipulé étant trop longtemps passif pour susciter l'empathie, le spectateur ne pourra se défaire du sentiment déceptif qui l'envahira lentement. Et ce, malgré les jeux impeccables de Podalydès en barbouze cynique et de Bouajila en agent de la DGSI impassible et l'ultime révolte de la marionnette - au prix de sa morale personnelle - jouée ( brillamment, c'est le rôle qui est ingrat ) par Cluzet. ll sera néanmoins reconnaissant à Kruithof d'avoir essayé de remettre au goût du jour un genre plus guère en faveur dans le cinéma fr.ançais
Un film d'espionnage assez habile et très bien réalisé. Pour pénétrer les coulisses de la raison d'état et les arcanes du pouvoir. Tout le casting est très bien.
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1,0
Publiée le 23 juin 2020
Quand vous regardez La Mécanique de l'ombre vous pensez qu'il ne démarre jamais. Il s'allonge, s'allonge et rien ne se passe. Toujours la même chose et rien de nouveau. Plus tard, vous pensez y a t'il beaucoup des personnages ? Et je pense que oui. Beaucoup trop et certain d'entre eux ne savent pas qui ils sont ni ce qu'ils peignent dans le film. C'est comme si cela ne pouvait jamais arriver car l'histoire n'est pas crédible. Je ne peux pas dire que les acteurs sont bien car je les vois tellement inertes et je ne sais pas ce qu'ils veulent me dire. Mais je pense que même le réalisateur ne le sait pas. La photographie et la partie technique sont très bonnes et ça n'a pas l'air français, c'est plus américain. Le problème est que c'est juste un bon conteneur quelque chose qui ne dit rien. Que les acteurs semblent perdus sinon laissés. Cela fait plein de scènes qui ne disent rien quoique esthétiquement elles soient très attrayantes. Thomas Kruithof ne sait pas où il va dans ce film. Si vous ne voulez pas penser que vous avez perdu du temps, ne le regardez pas...
Interprété par de grands comédiens français, cette première réalisation est prometteuse et s’attaque à un genre souvent délaissé en France mais qui souffre des mêmes maux que les précédents essais bien de chez nous. On a une ambiance “à l'ancienne" avec un brave quidam se voyant malgré lui enrôlé dans un complot politique qui certes fait parti du paysage mais dont les tenants et aboutissants ici sont difficiles à croire. C'est un peu maladroit mais parvient quand même à des scènes de hautes tension qui valent au moins le détour (le huis clos sur le "lieu" de travail). Pour ce qui est du message ici il est discutable mais c'est surtout le final qui donne l'impression d'avoir été moins travaillé que le reste (même s'il offre que très peu de possibilités, et que l'on ne peut pas en vouloir à Thomas Kruithof d'avoir essayé de nous surprendre). On a donc un honnête thriller dans un format convenable qui s'attaque aux hautes sphères de notre système politique, tout en prenant bien le soin de garder toutes les informations d'une simple fiction pour éviter quelconque amalgame. Denis Podalydès porte un rôle à son envergure et y est carrément bluffant.
très très bon film, si vous aimé cluzet, ne le dit à personne, et les bons film suspense qui parle de sujet intense ce film est pour vous, en plus d'une réal de qualité, la BO nous plonge dans cette histoire très sombre !! un PETIT moins pour la fin, mais je conseille !!!
Encore un bon sujet mal traité: décidément c'est une spécialité de notre cinéma... Les scénaristes devaient être en RTT car l'intrigue est quasi nulle et il ne se passe rien pendant plus d'une heure. Il faut contempler les états d'âme de Cluzet plus proche du suicide que de la réalité. Tout sonne creux, bref on s'ennuie dans ce film sans saveurs. A déconseiller sauf pour y faire sa sieste.
Pas mal du tout ce film j'y sui allé un peu par dépit et je me suis laissé prendre l'histoire accroche, l'atmosphère est un peu poisseuse, c'est lent mais pas ennuyeux, les acteurs sont bien à leur place, quel plaisir de voir Simon Abkarian trop rare au cinéma, c'est bien filmé Bref une bonne surprise
Un thriller politique passionnant, étouffant, l'intrigue est excellente. Le casting réussi à réunir 3 merveilleux acteurs : François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouadjila, sans oublier Simon Abkarian. Très bon film donc !
Le premier film de Thomas Kruithof, également auteur du scénario, est très ambitieux pour un coup d’essai, a fortiori quand il s’agit d’emprunter les codes du genre, le thriller d’espionnage en l’occurrence. Duval est toujours au chômage, deux ans après un « burn-out » qui l’a mis à genoux. Membre des Alcooliques Anonymes, il y fait la rencontre de Sara, une femme fragile à laquelle il s’attache. Un jour, il est contacté par un homme d’affaire énigmatique qui lui propose un job simple en apparence et bien payé : retranscrire à la machine des écoutes téléphoniques. Financièrement vulnérable, il accepte la mission sans trop se poser de questions. Mais très vite, effrayé par le contenu des bandes, il se rétracte. Trop tard. Il en sait déjà trop… Cette immersion dans le monde opaque et souterrain des services secrets est diablement efficace. On devine à quel point cet imbroglio géopolitique a pris sa source dans des affaires loin d’être fantasmées et ne sort pas complètement de l’imagination de Kruithof. C’est d’ailleurs ce qui contribue à rendre le film aussi glaçant. Manipulation, obsession du secret, paranoïa, infiltration, menace, les coulisses du système et du pouvoir font peur à voir en même temps qu’elles captivent. Mais ce qui fascine encore plus, c’est la performance tout en intériorité de François Cluzet, extraordinaire en employé solitaire, fébrile, taiseux et obéissant jusqu’à un certain point. Denis Podalydès est également fantastique dans un total contre-emploi. La mise en scène impressionne par l’attention portée aux décors (étouffants, gris, austères, confinés), à la musique de Grégoire Auger (subtilement flippante) et au rythme de l’image (des plans fixes, des inserts millimétrés). Les amateurs de suspens vont adorer. Les autres aussi.