708 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
89 critiques spectateurs
5
16 critiques
4
36 critiques
3
20 critiques
2
7 critiques
1
4 critiques
0
6 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
poet75
298 abonnés
703 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 16 mars 2018
Faire un film choral n’est jamais chose aisée et, malheureusement, Nabil Ayouch n’a pas su totalement éviter de lorgner du côté des simplifications et des clichés. « Razzia » brasse large, très large, convoquant des personnages de différentes époques et de différents lieux, tous victimes de préjugés, dans le but évident de réclamer davantage de tolérance. Cet objectif ne manque pas de noblesse, bien évidemment, mais les personnages et les situations mis en scène dans le film ressemblent tout de même un peu trop à des stéréotypes pour convaincre entièrement. Le réalisateur semble s’être contenté de dérouler le catalogue de toutes les exactions et de tous les partis pris possibles dans son pays, le Maroc, les illustrant par une galerie d’individus représentatifs et évoluant entre le Haut-Atlas et Casablanca sur une trentaine d’années. Défilent donc à l’écran un instituteur laïc, un homosexuel, un juif, une femme insoumise et une adolescente en rébellion, chacune et chacun étant la cible d’une répression plus ou moins affirmée. Chaque histoire et chaque personnage apportent leur lot d’émotion, c’est certain, et l’on ne peut que ressentir de la sollicitude pour chacun d’eux. L’instituteur enseignant dans les montagnes de l’Atlas devient la cible d’envoyés du gouvernement parce qu’il parle à ses élèves en berbère et non pas en arabe et parce qu’il leur apprend la poésie (les poètes libres et insoumis ne sont-ils pas toujours persécutés par les autocrates et les dictateurs ?). Le juif de Casablanca essaie de rassurer son père comme il peut : « Il y aura toujours assez de juifs à Casablanca pour nous enterrer », dit-il. L’homosexuel, qui ne peut afficher sa différence, se réfugie dans la musique. Les femmes aux tenues jugées provocantes risquent d’être injuriées par les passants. Et quand elles veulent danser, il est préférable qu’elles le fassent entre elles. Le courroux des religieux intégristes, au Maroc comme dans beaucoup de pays musulmans, menace volontiers les réfractaires. En tant que spectateurs, on a de quoi être émus et indignés à juste titre et, de ce point de vue, le film atteint son objectif : on le perçoit vraiment comme un vibrant appel à la tolérance. Dommage tout de même que le cinéaste n’ait pas su davantage éviter les schématisations, par exemple en penchant systématiquement du côté de la culture anglo-saxonne dès qu’il s’agit d’affirmer une certaine liberté de penser (la musique du groupe Queen, « Sur la route » de Kerouac et le film « Casablanca » avec Humphrey Bogart sont les références bégayantes du film !).
franchement je suis surprise mais c'est beaucoup moins bien que much love. là où il y avait une intensité, une intrigue, on a avec razzia tout perdu. L'arrogance du propos est très pénible, tout est ultra fabriqué, contrôlé, aucune place pour l'émotion. c'est comme si le realisateur avait fait ce film pour que ça marche, il a trouvé le bon filon, la difficile condition des femmes maghrébines. y a rien de neuf et c'est dommage.
Le réalisateur a touché tous les points sensibles de la vie au Maroc bravo les acteurs � très poignant du début à la fin. ☮�✡�☮�☪�☮�♓�☮�Shalom & Salam..
Un très beau film, bien documenté, des paysages de rêve marocains, des acteurs bien dans leur peau, un scénario qui ne ralentit jamais voilà un résumé de Razzia. Beaucoup de sujets actuels et brûlants sont évoqués sans fards et sans complexe. Ayoud est un grand réalisateur.
Après le très controversé Much Loved, Nabil Ayouch est de retour avec un film aux ambitions folles : Razzia. Une oeuvre chorale au sens le plus fort du terme, avec au moins 5 intrigues distinctes, commençant en 1982 dans les montagnes de l'Atlas et se terminant de nos jours dans les rues de Casablanca. Une ville au bord de la crise de nerfs peuplé de personnages en quête de libertés individuelles, personnelles et intimes, des thématiques que l'on retrouve dans tous les métrages du cinéaste. Le réseau narratif que Ayouch a mis en place fonctionne parfaitement comme entité globale et un tout petit peu moins quand on prend les différentes histoires séparément, certaines d'entre elles sortant vraiment du lot. Dans ses meilleurs moments, il se dégage du film une puissance extrême qui se mêle heureusement avec une poésie âpre et un art de la provocation qui le fera sans doute difficilement accepter par certaines communautés au Maroc. L'ensemble est une critique assez dure d'un pays miné par la corruption, les inégalités sociales, le fondamentalisme religieux ou encore la frustration sexuelle. "Il n'y a rien de plus beau que le ciel de Casablanca" s'exclame l'un des principaux personnages. De là à le voir bientôt s'embraser et être le témoin d'une contestation de plus en plus violente, il n'y a qu'un pas que Nabil Ayouch semble près de franchir. A ce titre, son film, par ailleurs superbement réalisé, semble aller bien plus loin qu'un simple constat de déliquescence vers une prophétie tragique.
très ennuyeux, d'ailleurs je n'étais pas la seule dans la salle. tout est "truqué", ne parait pas vrai, on sent que nabil ayouche qui avait pourtant vraiment réussi much love est à cours d'idée, comme si il ressassait la seule et même idée à toutes les sauces... décevant, domage
Apres Much Love....Razzia de Nabil Ayouch nous interpelle sur l avenir de la jeunesse Marocaine......coincée entre une culture ancestrale, les extremismes de tous bords, et l évolution cuturelle et économique. Cette jeunesse est déjà en mouvement pour le changement....ça ne se fera pas sans heurts.... Nabil Ayouch a l art de filmer la réalité. Contrairement à Much Love, Razzia n a pas été interdit au Maroc.
Le destin de plusieurs marocains sont liés, tous rongés entre le « bien » et le « mal » sur fond de luttes réelles au Maroc , que le réalisateur retranscrit à merveille !
"Razzia" - Rafle: 1. nf. Action de tout emporter, de rafler, ce qui en résulte. 2. nf. Arrestation en masse faite à l'improviste par la police. Une rafle culturelle, une rafle vicieuse, cachée, une rafle à 24 images secondes qu’on se prend en pleine gueule. Nabil Ayouch est sorti de l’ombre avec son précédent film choc "Much Loved", qui dépeignait la prostitution à Marrakech, il est maintenant passé au niveau supérieur. "Razzia" est un film qui critique et soulève un grand nombre de tabous de la société islamo-marocaine, sans retenue, sans manipulation. Ce film expose avec un point de vue clair, une situation qui les beaucoup moins. De cette situation, Ayouch développe un panel de tabous, certains directs, d’autres engrangés par certains déjà traités, qui ronge les personnages, qui eux-même sont dirigés à la perfection pour représenter ni plus ni moins que la société. Éducation, avortement, place de la femme dans le mariage, éducation sexuelle, homosexualité, respect de la religion musulmane, violence, sexe et amour; tous traités sans manichéisme, représentés par des personnages profonds et extrêmement bien interprétés, par un scénario choral béton et une réalisation sans failles. Les choix du réalisateur s’emboîtent parfaitement dans des cases où il est si simple de défaillir. Aucune faille, aucune erreur, aucune longueur. La photographie, un point sur lequel Ayouch a fait bien plus que ne pas défaillir, il a brillé. Des images à couper le souffle, au sens propre. Un travail de la lumière largement digne de film comme "La liste de Schindler", "In the Mood for Love" ou encore "Drive". Encore un point qui explose tout, le son. Un mixage d’une finesse incroyable pour ce type de film, mais tous simplement magnifique en général. Je pourrais continuer à énumérer plan par plan les émotions très fortes ressenties, les dialogues frappant et beau…Mais je dirais simplement que "Razzia" est sûrement l’accomplissement d’une carrière, et j’espère de tout coeur que ce ne sera pas le cas, que Nabil Ayouch seras devenir un réalisateur iconique et impossible à ne pas enseigner, autant pour l’estime que j’ai maintenant de lui que pour l’argent que vaudra ma photo avec lui. À découvrir en salles le 18 mars 2018.