Certaines Femmes
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traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2017
Kelly Reichardt est une cinéaste du paysage. Comme ceux du Montana dans Certaines femmes, tiré de trois nouvelles. Trois (voire quatre) portraits ou esquisses plutôt, avec pour seul lien les espaces de cet Etat américain. Pourquoi en demander plus, c'est à dire à ce que que les récits se croisent comme dans une oeuvre chorale ? Il est vrai qu'en France, contrairement aux anglo-saxons, on lit très peu de nouvelles, justement. Alors qu'il y a là souvent des rapports ténus entre celles-ci même s'ils ne sont pas d'ordre narratif. Et c'est le cas dans Certaines femmes où il est question de solitude, de vieillesse, de dénuement, entre autres thèmes, peu ou pas approfondis volontairement mais qui forment comme un camaïeu de sensations et s'intègrent, on y revient, à un paysage global. Le film de Kelly Reichardt est attachant par sa délicatesse, sa volonté de ne pas expliquer outre mesure et de laisser les non dits interpeller le spectateur. Tout l'inverse d'un autre cinéma américain, largement dominant, fast food de la pensée, dynamité par l'action pure et les effets spéciaux pour un prêt à consommer dans l'instant. Ce qui peut être déstabilisant cependant dans Certaines femmes est non seulement l'absence de péripéties (le deuxième segment, le plus faible, laisse dubitatif) mais aussi de psychologie. Mais il suffit de se laisser porter pour entrer dans le quotidien de ces femmes qui est tout sauf documentaire. Ici la fiction ne s'impose pas de force mais se glisse dans les interstices. Quatre magnifiques actrices se mettent totalement au service de ce cinéma subtil et touchant : Laura Dern, Michelle Williams, Kirsten Stewart et la moins connue Lily Gladstone, qui a la chance et le privilège d'incarner la figure majeure de la troisième partie du film, de loin la plus émouvante par son incroyable tristesse.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2017
Il me semble avoir lu (peut-être dans le « Journal » de Julien Green) que, contrairement aux lecteurs français qui n'en sont guère friands, les anglo-saxons apprécient grandement ce qu'ils appellent la « short story », en français la nouvelle. Ce dont je suis sûr, en tout cas, c'est qu'il n'est pas moins difficile, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, d'écrire des histoires courtes de 20 ou 30 pages que des romans de 200 ou 300 pages, voire plus encore. En raconter suffisamment tout en restant économe, entrouvrir un peu du secret des êtres tout en gardant une grande part de mystère, c'est tout l'art de qui écrit des nouvelles et il faut être doté de beaucoup de talent pour y parvenir. Et il faut aussi, quand on est auteur de nouvelles, miser sur le lecteur, sur sa sensibilité, son intelligence et son imagination qui sauront pallier tous les manques.
Eh bien, les films de Kelly Reichardt me donnent immanquablement une impression du même ordre. Même si ce sont des longs-métrages, ils sont conçus et réalisés sur le mode minimaliste de la nouvelle (le qualificatif « minimaliste » n'ayant rien de péjoratif sous ma plume, bien au contraire). Que ce soit dans « Old Joy » (2006), dans « La dernière piste » (2010) ou même dans « Night moves » (2013), la réalisatrice américaine ne s'encombre ni de discours ni d'explications. Avec elle, il faut se contenter de peu, elle filme comme personne ce qu'on pourrait appeler « les temps morts », des temps qu'il faudrait plutôt appeler des tranches de vie sans événement particulier. Or ce sont précisément pendant ces moments-là qu'il faut scruter les personnages : ce qu'ils laissent deviner d'eux-mêmes, sur leurs visages, à travers leurs gestes et leurs rares paroles, n'a rien d'insignifiant, mais au contraire en révèle beaucoup sur ce qu'ils sont.
Ces appréciations semblent encore plus exactes aujourd'hui, puisque, pour ce nouveau film, Kelly Reichardt a adapté trois nouvelles de l'écrivaine Maile Meloy. Nous voilà transportés au cœur du Montana et invités à la découverte de quatre femmes. Trois récits nous sont proposés successivement, chacun d'eux ayant droit à une petite reprise à la fin du film. Le premier, le plus riche en événements, met en présence une avocate (Laura Dern) et son client mécontent. Le deuxième se focalise sur Gina (Michelle Williams), une femme mariée qui, avec son mari, cherche à s'approprier les briques d'un grès rare appartenant à un voisin. Enfin, le troisième narre la rencontre de deux femmes issues de deux univers très éloignés l'un de l'autre : une ouvrière agricole amérindienne (Lily Gladstone) travaillant dans un ranch et une avocate (Kristen Stewart) venu donner un cours à quatre heures de voiture de chez elle.
Excepté peut-être dans la première de ces trois histoires, il n'est rien raconté ici d'extraordinaire. Ce ne sont que des petites tranches de vie, des portraits de femmes ni plus ni moins intéressantes que d'autres mais qui, comme dans les nouvelles les mieux écrites, laissent deviner des réalités cachées et des secrets enfouis. Fautes, culpabilité, remords, pardon, désirs inavoués : derrière les apparences, pour le spectateur attentif, tout cela se laisse deviner. Faisant la preuve, une fois encore, de toute sa subtilité de metteuse en scène et de tout son art de la suggestion plutôt que de la démonstration, Kelly Reichardt fait manifestement partie de ces cinéastes qui, lorsqu'ils réalisent un film, ne le font pas pour la satisfaction de leur propre ego, mais pour le spectateur, en se mettant, en quelque sorte, à sa place, et en lui octroyant un espace dans la conception même de l'oeuvre. Cela donne un cinéma exigeant, qui n'est certes pas adapté aux spectateurs paresseux, mais qui, pour les autres, offre mille occasions de mettre à l'oeuvre ses émotions comme son intelligence et son imagination. Je l'ai déjà dit en commentant d'autres cinéastes, mais je le répète à nouveau : j'aime ce cinéma-là ! 8/10
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 février 2017
Laura (Laura Dern), la cinquantaine, est avocate dans une petite ville du Montana. Elle est harcelée par un client désespéré qui ne parvient pas à toucher de son assurance l’indemnité qui lui est due suite à un accident du travail.
Gina (Michelle Williams), la quarantaine, construit avec son mari une maison dans un champ désertique et sollicite un voisin pour qu’il lui cède de vieilles pierres.
Jamie (Lily Gladstone), la petite trentaine, travaille dans un ranch et tombe amoureuse de Beth (Kristen Stewart), une jeune avocate qui arrondit son salaire en donnant des cours du soir.

L’écrivain français Pierre Michon avait signé un recueil de nouvelles intitulées « Vies minuscules ». Ce titre aurait fort bien convenu au film de Kelly Reichardt, adapté de trois nouvelles de Maile Meloy (non traduites en français). Comme le livre de Pierre Michon, « Certaines femmes » raconte trois pans de vie minuscules. La construction est périlleuse : la mode des films à sketches est passée depuis longtemps et la juxtaposition de trois histoires conduit immanquablement à s’attacher à l’une plus qu’aux autres.

Indépendantes les unes des autres, ces trois histoires ont, à y regarder de plus près, beaucoup en commun. Elles ont toutes trois le même cadre : les plaines enneigées du Montana d’où transpire une ineffable tristesse. Ce paysage hivernal était déjà celui des précédents films de Kelly Reichardt, tous tournés dans l’Oregon proche.
Elles ont des héroïnes similaires : des femmes ordinaires confrontées aux défis ordinaires d’une vie ordinaire

Ces histoires flirtent avec l’insignifiance. C’est ce qui fait la beauté du film ; c’est ce qui constitue aussi sa principale limite.
Car de deux choses l’une. Soit on se laissera séduire par la petite musique triste que « Certaines femmes » distille. Soit on s’ennuiera ferme devant un refus si radical de toute dramaturgie.
Flaw 70
Flaw 70

276 abonnés 422 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 février 2017
Kelly Reichardt s’est, depuis quelques années déjà, imposée comme une portraitiste de talent notamment pour exprimer avec une rare délicatesse l’intime et le mal être de ses personnages. Composant un cinéma féminin régi par l’abstrait et la poésie, elle a apporté des œuvres parfois difficiles d’accès pour son spectateur mais contenant de formidables joyaux pour celui qui avait le courage de s’y laisser bercer. Pourtant avec un style pareil à aucun autre et ses thématiques auteuristes appuyées, elle commence à devenir la caricature d’un cinéma indépendant américain qu’elle avait jusque là si bien évité. Mais allant de plus en plus loin dans l’épure et l’abstraction, elle cédait à une froideur qui marquait déjà une cassure avec son spectateur lors de son précédent film, Night Moves, réflexion écolo beaucoup trop statique menée par Jesse Eisenberg et Dakota Fanning. Son dernier film, Certain Women, s’inscrit dans cette logique et peine à convaincre.

Visuellement, Reichardt n’a rien perdu de son talent. Filmant ses personnages avec une grâce désespérée, elle transcende la condition très terre-à-terre de leur quotidien pour en faire quelque chose de tourmenté et crépusculaire. La sublime abstraction qui émane des plans rappelle les plus belles heures de la peinture impressionniste. Le travail sur les cadres et leur composition est assez impressionnant surtout dans sa manière de capter le mouvement mais surtout son absence. Malgré le quotidien chargé des personnages, celui-ci semble figé dans le temps, voué à se répéter à l’infini. Il y a une vraie poésie des images qui émane de l’œuvre et même si on parvient à l’admirer, sa froideur rugueuse empêche de pleinement s’y investir. Le rythme en devient très lourd par son approche mécanique du film choral, les récits s’enchaînant laborieusement sans vraiment de liens logiques. Surtout que les films chorals ont tendance à manquer d’émotion car l’on ne passe pas assez de temps avec les personnages pour se sentir concerné par eux. Ici, c’est le cas et le choix n’apparaît pas des plus judicieux, surtout traité de manière aussi quelconque. Le film loupe le coche d’un drame profond pour n’être qu’un exercice de style qui finit par tourner en rond.

S’intéressant à la solitude inhérente au genre humain, la cinéaste se focalise sur le destin de trois femmes isolées au sein de leurs propres vies. Dans le premier segment on voit une femme qui peine à exister en dehors de son travail, un travail où elle a du mal à s’épanouir en raison de sa condition de femme. Dans le second, c’est une femme qui ne trouve plus sa place au sein de sa famille et qui se berce dans l’illusion de construire un foyer tandis que dans le dernier tiers, on suit une femme isolée des gens, en quête désespérée d’un contact humain. Les deux premières histoires, surtout la seconde, peinent vraiment à accrocher le spectateur par leur aspect presque dérisoire. Dans la première partie, c’est le personnage secondaire qui se révèle plus intéressant que le personnage que l’on est censé suivre, à tel point qu’il semble totalement déconnecté du récit. Le problème du segment autour du personnage de Michelle Williams, le deuxième, c’est qu’il se révèle relativement attendu. Son économie des mots est admirable mais la moralité et la substance du propos sont connues avant même que l’histoire ne se lance, enlevant tout intérêt. Il n’y a que le dernier acte qui parvient à exister car c’est le seul qui arrive à se lover dans le forme abstractive de Reichardt. Elle magnifie cet amour qui n’ose s’exprimer et c’est là qu’elle dépeint vraiment le vertige terrifiant de la solitude. Le casting fait de son mieux pour nous maintenir éveillé et il faut reconnaître qu’il fait du bon boulot. Laura Dern, Michelle Williams et Lily Gladstone rivalisent de justesse pour nous faire nous attacher à leur personnage et parviennent toujours à apporter un semblant d’âme à ceux-ci. Ce qui n’était d’ailleurs pas forcément perceptible à l’écrit. Les trois sont soutenues par des seconds rôles forts, dont on retiendra l’excellent Jared Harris, brillant de naïveté et de pathétisme, et Kirsten Stewart au charisme toujours aussi éblouissant.

Certain Women apparaît comme la confirmation que Kelly Reichardt se répète malgré son talent plus qu’évident. Le film est somptueux par sa réalisation et solide grâce à la justesse de son casting. Mais en dehors de ça, on se heurte à une œuvre bien trop froide et mécanique pour que l’on puisse s’y investir. Seule la dernière histoire du récit parviendra à éveiller l’émotion du spectateur qui regardait jusque là ces quotidiens statiques, d’un ennui poli. Beaucoup trop lent et probablement beaucoup trop long aussi, le propos de Certain Women ne survit que rarement à sa forme abstraite qui évapore sa substance, à savoir l’émotion humaine dans sa forme la plus brute. Reste un exercice de style tout juste moyen qui est certes joli mais qui sonne creux et tourne en rond.
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 février 2017
Quatre femmes. Quatre vie. Quatre ennuis. On a d’abord une avocate qui tente d’aider un client désemparé qui a pris en otage un futur roi samoan. Vient ensuite une mère de famille qui veut acheter des cailloux. Suivie d’une prof de droit scolaire qui ne connaît rien en droit scolaire. Et pour finir, une éleveuse de chevaux lesbienne. Tout cela paraît absurde, tout comme l’idée de faire un film dépourvu d’histoire. Pourtant, Kelly Reichardt l’a fait ! Il ne se passe rien. Les scènes trainent en longueur. Les dialogues n’existent que pour sortir les spectateurs du sommeil. Certaines femmes n’a rien à dire et se contente de faire défiler les images de quatre existences misérables dans l’Etat du Montana.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 février 2017
Kelly Reichardt n'a jamais versé dans le sensationnalisme narratif. Ses films sont d'une simplicité à tout épreuve, presque à l'opposé d'une véritable construction dramatique. Autant ''Night Moves'' reposait sur un postulat de départ classique et clair, autant ''Certaines femmes'' est dans l'errance la plus totale, se contentant de capter des moments dans la vie de quatre femmes faisant face à leurs vies respectives dans le Montana. Anti-dramatique, le récit du film frôle l'ennui alors que les séquences s'enchaînent à un rythme laconique, sans vraiment de fil rouge. On aura alors bien du mal à expliquer ce qui a pu pousser la réalisatrice vers ce film déroutant et très lent qui offre tout de même de très beaux moments. L'Amérique profonde telle qu'elle est montrée par la réalisatrice ne manque de beauté, moments infimes plus mélancoliques que joyeux et la cinéaste sait faire naître l'émotion à partir de rien, un mouvement, un regard... En cela la direction d'acteurs est exemplaire : Laura Dern se retrouve avec plaisir, Michelle Williams se montre toujours aussi lumineuse, Kristen Stewart apparaît sans fards mais la surprise vient de Lily Gladstone dans un rôle de femme réservée qui s'imagine une relation qui n'existe pas à son plus grand désarroi. Les seconds rôles masculins s'apprécient également, chacun étant une ''gueule'' de cinéma que l'on ne voit pas assez : Jared Harris, James LeGros, René Auberjonois ou encore John Getz. Si la beauté s'aperçoit donc chez Reichardt, c'est au prix d'une patience infinie, celle du spectateur qui doit tout de même endurer trois scènes un brin chiantes pour une scène vraiment réussie. Mais quand une scène est réussie, elle reste dans nos mémoires...
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 février 2017
Vu et avis le 20170216
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Peu convenir à certains. Ne m'a pas intéressé.
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Je l'ai vu avec question/réponse avec la réalisatrice. Malgré ses explications, je ne vois toujours pas vraiment l'intérêt de son film. Elle a dit qu'elle souhaitait que son film s'élargisse : Qu'au début il soit serré sur les 4 femmes, sur les gens, et que plus le film avance, plus il s'élargisse, plus il prenne de l'espace. Je vois à peu près à quoi cela correspond dans le film, je comprend l'idée. C'est l'intérêt de la chose qui me passe à côté.
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Dans la salle, quelqu'un a levé l'idée que le film montrait que lorsqu'on n'avait rien à donner, il restait le temps, qu'il était toujours possible de donner du temps à autrui et que c'est un cadeau appréciable.L'idée m'a bien plu^, je la vois dans le film, mais pour moi le film n'est pas cohérent autour de cette idée.
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D'une façon générale, le film parle de 4 femmes à travers 3 histoires. Lors de la rencontre avec la réalisatrice, lors des interventions des autres spectateurs, l'histoire de la femme chef d'entreprise -Michelle Williams- a tout le temps été isolée. Si encore entre les deux autres on peut trouver des points communs, des raccords, c'est bien plus difficile avec cette histoires là. Les deux autres sont bien plus dans l'humain, la vie en société. Cette histoire là a à la rigueur trait à la famille.
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Pour ce que j'ai pensé du film : film assez agréable mais lent et mou.Peut-être même désabusé. Même le professeur qui commence à peine sa carrière est déjà désabusé en se disant qu'elle a probablement eu tord d'accepter cet emploi. Que bien qu'elle ait crains pire (jeune, vendeuse semblait sa meilleure opportunité), elle n'est quand même pas satisfaite.
désabusé, pour moi c'est peut être le point commun entre ces femmes. Mais on peut aussi dire que la rancher est désœuvrée, l'avocate dépersonnalisée (elle ne semble pas avoir de but dans la vie, ni d'envie, ni d'estime pour elle-même, ni ... Une absence de personnalité, elle vit à travers les autres et se laisse porter par eux, fait ce qu'on lui demande de faire). La chef d'entreprise enfin, dépitée (sa fille avec qui elle a du mal, son mari qui n'est pas comme elle espère). Finalement cette absence d'égo, d'envie, ce refus de choisir est probablement le sujet du film. Du coup, le film est passablement pessimiste.
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Je susi quand même convaincu qu'il peut parler à certains, plaire à ceux qui ont envie de calme et de broyer du noir. Ca peut faire beaucoup de bien parfois un peu de pessimisme, d'auto apitoiement etc.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 novembre 2016
Comme l’indique son titre et son affiche, le film fait le portrait de 4 femmes vivant à Livingstone, ville de 7000 h (sur la rivière Yellowstone, dans le comté de Park) au centre du Montana : une avocate (Laura Dern, 49 ans) qui vit seule et assiste son client, un homme qui a eu un accident de travail et qui voudrait obtenir plus d’indemnités, une jeune femme qui « porte la culotte » au sein de sa famille constituée d’un père faible et d’une adolescente égoïste, une jeune indienne, palefrenier et qui rencontre, par hasard, une jeune avocate (Kristen Stewart) venue donner des cours sur les droits des élèves. Malheureusement, le film dure 110 mn : c’est long et lent comme la 1ère image du film où passe un long train de marchandises. Il ne se passe pas grand-chose dans leur terne vie, d’autant plus que cela se passe en hiver. .
FaRem

10 571 abonnés 11 461 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 octobre 2016
Kelly Reichardt adapte trois nouvelles de Maile Meloy sans les lier ce qui donne comme dans un film à sketchs plusieurs segments qui se suivent et s'entrelacent vers la fin. Il y a l'histoire d'une avocate (Laura Dern) et de son client très collant qui va faire une bêtise celle d'une mère de famille (Michelle Williams) qui cherche à acheter des pierres pour sa future maison et pour finir une ouvrière agricole qui va rencontrer et s'éprendre d'une jeune avocate (Kristen Stewart). Quand on lit ça, cela ne donne peut-être pas envie, mais malheureusement, c'est le problème de ce film dont les histoires sont tellement peu développées qu'elles paraissent insignifiantes en plus de ne pas avoir de véritables conclusions. Pour moi, le niveau de ces dernières baisse constamment et celle de la relation à sens unique est la plus mauvaise, car la plus inutile. Je suis déçu, car le casting est très bon et même s'il n'y a rien à reprocher aux actrices, l'ensemble se laisse tout juste regarder.
Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 septembre 2016
La réalisatrice n’arrive pas à trouver un enjeu assez fort capable d’unir ces trois femmes. Et s’il y a bien une chose que ces femmes ont en commun, c’est le rythme extrêmement lent de leurs péripéties qui empêche de rentrer complètement dans leurs histoires.
Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

71 abonnés 304 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 septembre 2016
Il n’est pas toujours évident de donner un avis sur film tel que « Certain Women », non pas qu’il nous inspire peu mais parce qu’à la sortie de la projection, nous ne savons toujours pas quelle était l’intention de la réalisatrice ni l’intérêt réel du film. C’est d’ailleurs le sentiment général qui anime bon nombre de spectateurs.

Pour comprendre l’univers présenté dans ce film par Kelly Reichardt, nous nous sommes intéressés à la biographie de sa metteur en scène. Passionnée par la photographie, elle l’étudie à l’université de Boston avant de son plonger dans le monde du cinéma. Ses cinq premiers long-métrages (« River of Grass », « Old joy », « Wendy & Lucy » « La dernière piste » et le remarqué « Night Moves ») montrent par ailleurs son intérêt pour les grands espaces américains et pour la nature humaine. Scénariste de plusieurs de ses films, elle adapte une nouvelle de Maile Melo (tirée du livre « Ways Is the Only Way I Want It: Stories ») pour son dernier long-métrage « Certain Women ».

La photographie de ce film est d’ailleurs très importante (on comprend mieux pourquoi à présent). Les personnages, leur environnement, les espaces naturels qui les entourent sont au centre de son sujet. Kelly Reichardt prend le temps de planter le décor et laisse davantage de place aux images qu’aux mots. L’action se passe en hiver, dans une région des USA relativement peu peuplée, ce qui ajoute une désolation visible à celle présente dans la vie de ses personnages. Les dialogues sont peu nombreux et concis et la psychologie des héroïnes se comprend davantage au travers de leurs gestes et de leurs états d’âmes.

Les femmes qu’elle choisit de nous présenter appartiennent à trois histoires distinctes : Beth (Kristen Stewart) est une jeune avocate qui cumule le métier de professeur de droit scolaire en promotion sociale à 4h de route de chez elle. Grâce à ce job, elle se lie d’amitié avec Jamie (Lily Gladstone), une « élève libre », propriétaire d’un ranch où elle élève des chevaux. Le seul lien social de cette dernière est le cours de droit qu’elle suit totalement par hasard et les repas pris avec son jeune professeur.

Laura (Laura Dern) est une avocate expérimentée à la vie plutôt morose qui défend un client quelque peu intrusif. Victime d’un accident sur un chantier où il travaillait, celui-ci estime qu’il a été lésé par son employeur. Près à tout pour être entendu, il n’hésite pas à prendre sa propre avocate en otage. Enfin, Gina (Michelle Williams, comédienne récurrente dans le cinéma de Reichardt) se lance dans le projet de construction d’une maison et vient chercher des blocs de grès chez un voisin esseulé qui n’a que pour seule compagnie le chant des oiseaux.

Le lien qui unit certaines de ces femmes est plutôt mince. On ne comprend d’ailleurs pas l’intérêt réel de rassembler ces morceaux de vie en un seul film. D’une lenteur incroyable, il nous semble même que le chemin qui mène vers la fin (incisive et non annoncée tant elle est brute) est long, long, long. Malgré le casting féminin plutôt costaud (les comédiens de seconds rôles le sont tout autant), on ne parvient pas à accrocher et à s’enthousiasmer face à « Certain women ». Présenté en compétition lors du 42ème Festival, nous ne misons pas cher sur sa probable possibilité de remporter un quelconque prix et vous conseillons de passer votre chemin à la faveur d’autres films de la sélection.
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