L'oeuvre de De Palma a toujours oscillé entre le brillant et le trivial. Avec Mission to Mars, le cinéaste s'essaie à la SF, un genre loin des thrillers ''putrides'' un brin putassiers, souvent proches du coup pour rien, qui ont fait sa réputation. Touche-à-tout sans rien saisir, il signe ici l'une de ses plus mauvaises réalisations avec cette sorte de film primaire replié sur les canons hollywoodiens les plus basiques. Les amoureux de son cinéma préféreront ne pas comprendre.
Mission to Mars, c'est deux heures affligeantes de monotonie, un scénario hyper rachitique qu'on essaie d'hyper alambiquer, d'assommants moments de solitude si mal coordonnés qu'ils dégagent un sentiment de remplissage, des bavardages à la naiveté effarante et surtout, une mièvrerie qu'on peine à croire de la part d'un auteur aussi enclin au scandaleux. Après son très bon Snake Eyes ou l'exercice de manipulation formelle qui lui est cher trouvait un point d'aboutissement, De Palma s'enquiert d'une petite promenade dans l'espace, même pas de santé, mais de digestion.
Sur le plan technique seul apparaît l'ébauche d'un film : visuellement, certaines séquences dans l'Espace aspirent à une timide inventivité ; ''le visage'' notamment est un gimmick plein de mystères. Mais le film est focalisé sur les histoires insipides de personnages en carton pâte. Il faut voir la scène d'exposition, d'une remarquable intelligence cinégénique, mais au service d'une banalité de chaque instant. Mission to Mars a beau expédier en dix minutes une foule d'information en présentant la dernière journée sur Terre des futurs spationautes [et leur petite vie d'ici-bas, les enfants qui pleurent, les femmes qui rient...], il ne décollera jamais pour autant de ce laborieux état de plate et littérale description. Redondances assurées.
Avec ses allures de série Z de luxe, le pire pourra éventuellement donner le sourire. De Palma se perd alors dans la métaphysique de petite section en spéculant sur les origines de l'humanité. On se surprend à se demander alors, légitimement, s'il n'avait pas pas l'intention finalement de faire un grand film. Ou s'il est totalement désengagé et complaisant vis-à-vis d'une telle farce. Quoiqu'il en soit, avec son psychédélisme du pauvre, ses essais contemplatifs infondés et ses fumisteries sans objet, Mission to Mars est un peu le 2001 de l'abruti.