Une jolie fable poétique, muette du début à la fin pour en suggérer toujours davantage, et dans un style visuel de très grande qualité. Il faut plonger volontairement dans la fantaisie et ne pas s'attendre à un discours réaliste, ici tout est fait pour faire rêver le spectateur, même le silence s'impose de lui-même pour laisser l'imagination combler le vide. Les passages de pure poésie sont nombreux, à commencer par les songes en noir et blanc que font les protagonistes, et la magie de la rencontre entre l'homme et la tortue rouge. Mais à la magie succèdent les émotions plus fortes : la violence extrême au début du film (j'ai réprimé un juron lors d'une scène que vous ne pourrez pas manquer, sans en dire plus... tant le fait mal au cœur) et la fin d'une tristesse sublime (j'ai pleuré bien rapidement). Les dessins faits à la main sont tout simplement bluffant de réalisme et de beauté, on aimerait presque prendre quelques minutes pour en contempler certains décidément magnifiques. Le côté fantastique pourra en rebuter quelques-uns, alors trop sérieux pour la magie des yeux et du cœur qu'est La Tortue Rouge... Une histoire fabuleuse et touchante.
Très beau film, onirique. L'absence de dialogue donne une rare épaisseur, presque une gravité initiatique, à ce long métrage. L'animation est impeccable et enchanteresse.
Le style épuré donne une esthétique singulière plutôt belle. Le film est poétique, mais l'absence de dialogues est assez décontenançant et donne lieu à des longueurs.
Tels un compte, on se laisse envoûter pas la beauté des images et les multiples visions qu'offre le film. Une part de rêve, ou un homme comblé par l'amour, seul sur son île déserte. Des multiples scénario s'offrent à nous dans un vent paisible de beauté et de repos. À voir.
Trop souvent considéré comme genre mineur, le film d'animation s'est, l'année dernière, illustré, avec brio, à Cannes. "Ma Vie de Courgette" a bouleversé plus d'un spectateur à la Quinzaine des Réalisateurs. Egalement, "La Tortue Rouge" a su se démarquer du genre en remportant le Prix Spécial du Jury (Un Certain Regard). En effet, ce film est un nouveau regard sur un thème déjà connu : celui du naufrage. Merveilleux conte poétique, à l'émotion esthétique et musicale, c'est une réinterprétation épurée de l'existence humaine. C'est l'esquisse d'une vie. Entre naturalisme et échappés oniriques, Michael Dudok de Wit nous parle de nous-même, de notre vie, de notre rapport au monde. Tout ça tranquillement, autrement, hors du temps.
Pour revisiter le mythe du naufragé échoué sur une île déserte, il fallait une proposition radicale. Entièrement dépourvu de la moindre parole, "La Tortue Rouge" ne développe pas vraiment d'histoire, au sens propre du terme. Ou alors si banale que la raconter la déleste de sa poésie et de son mystère. A partir de quasiment rien, d'une point 0, le film montre tout simplement le parcours d'une vie. Mais le film parrainé par le Studio Ghibli, il faut donc s'attendre à autre chose ... le merveilleux va alors venir se glisser doucement dans les pas du récit traditionnel de la survie. Car une force mystérieuse empêche le naufragé de quitter l'île. Chaque tentative se solde par la destruction de son radeau à quelques mètres à peine du rivage. La responsable de ses malheurs ? une immense tortue rouge qui, telle une métamorphose, bouleverse la vie du naufragé et, en même temps, la temporalité du film.
"La Tortue Rouge" dispose d'un style visuel plutôt unique ; une palette assez limitée en couleurs, vives avant tout, des textures au sol volontairement plates et l'arrière-plan manque de relief. C'est volontaire et c'est très beau ainsi, car ça permet la mise au premier plan des personnages et émotions. On ne reniera pas les magnifiques panoramas offerts par une direction artistique lumineuse et chatoyante. Minimaliste, la mise en scène est travaillée. Le film est avant tout pour les moins jeunes, mais les enfants pourront y trouver leur compte, mais ne pourront tout comprendre.
Alors, voilà, c'est l'histoire d'un couple de sourds muets, avec des nez pointus, tous les deux champions en apnée, mais pas trop doués en construction de cabane, sur une île déserte. C'est très beau, les dessins sont sublimes, sauf les nez. Mais il faut reconnaître qu'à part naissance de la Madame, issue de la carapace d'une tortue, et un raz de marée, il n'y a pas beaucoup de rebondissements. 3 étoiles quand même, pour la beauté des tortues et la belle fin émouvante.
"La tortue rouge" démarre comme un Robinson Crusoé avant de se transformer en conte pseudo-philosophique sur les étapes de la vie. "La tortue rouge" se décrit comme un film d'animation très épuré, poétique et philosophique, dénué du moindre dialogue, et laissant les interprétations du spectateur prendre la relève en essayant de déceler ce qui est réel et quel message s'y cache. L'originalité est donc là, mais elle ne rime pas forcément avec qualité ! Effectivement, ce film, s'inscrivant pourtant parfaitement au sein du studio Ghibli, ressortira malheureusement trop mielleux et trop vide, et n'arrivera pas à nous étonner avec ce qui ne restera finalement qu'une tentative poétique, devenant plus ennuyeux qu'autre chose. Sans réelle trame directrice, le film se cherche un genre malickien en vain, où le spectateur ira chercher ce qu'il veut là-dedans tant celui-ci ne propose rien en définitive. Original mais inintéressant donc, Michael Dudok de Wit nous met des pièces sur le tapis en oubliant la magie, tout comme les fameux détails qui font que, et laissera l'imagination et la réflexion du spectateur faire tout le boulot. Finalement bien plus facile qu'il ne laissait présager, "La tortue rouge" agira avant tout comme un somnifère !
Enfin, enfin un film silencieux et lent. Les adeptes de films braillards et speed à l'américaine détesteront. Les autres adoreront. On laisse enfin au spectateur le temps de se questionner, de s'interroger... tout en lui offrant de superbes graphismes. C'est calme et lent, c'est inhabituel, c'est à voir.
Ce film d’animation nous offre un pur moment de poésie et de contemplation avec ses graphismes épurés mais néanmoins somptueux, sa mise en scène aboutie et son histoire sans paroles mais non dénuée de paraboles, aux frontières de la féerie. Il nous offre en effet tout cela, du moins durant les 20 premières minutes, et tant que l’on ne réfléchit pas plus loin que ce que l’on voit. Au-delà, on constate moult incohérences, des raccourcis en veux-tu en voilà et des situations qui ne tiennent pas la route. Bref c’est beau mais creux comme une coquille…pardon une carapace vide.
Difficile de ne pas qualifier ce film de chef d’œuvre car c'est une véritable œuvre d'art, même s'il n'est pas sans défaut. Le film peut se présenter comme une succession de tableaux sublimes (cela m'a un peu fait penser aux peintures de Ferdinand Hodler, notamment Le Promeneur à l'orée du bois pour ceux que ça intéresse ;)). Visuellement, c'est magnifique et c'est la principale qualité du film. Le film se situe un peu entre du Miyazaki (Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké), du Michel Ocelot (Kirikou, Azur et Asmar), et même parfois hors film d'animation à du Naomi Kawase (Still the water). Le film est très poétique et certaines scènes émeuvent. Cependant, le film souffre peut être un peu de l'absence de dialogue qui lui donne une certaine lenteur ainsi qu'une construction peut être un peu trop métaphorique, sans réelle clé de lecture. J'ai notamment préféré la première partie à la deuxième. Mais c'est globalement un très beau film qui mérite d'être vu.
Un peu lent, très poétique. Sorte de fable écologique à la Myasaki en plus lent et un peu moins joli. J'ai emmené ma fille de 9 ans, c'est vraiment la limite basse en âge, celle de 7 se serait ennuyée.
Les japonais sont doués pour les films d'animation, et ils le montrent encore une fois. Perso je n'ai pas accroché avec l'histoire, mais ça n'enlève rien à la qualité du film, que j'ai quand même apprécié pour sa beauté et sa capacité à faire rêver et réfléchir. La présence d'européens (et de français =)) dans l'équipe de production aux côtés du studio Ghibli fait plaisir.