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Un visiteur
3,5
Publiée le 1 septembre 2016
Dire que la seule performance de l'actrice Oulaya Amamra est en soit une excellente raison de courir pour voir "divines" où se mêlent leçon de vie, de courage, d'humanité avec des scènes troublantes de beauté.
Criant de réalisme , rien n'est noir ou blanc , à la fond sombre et profond mais également beau et drôle parfois . un film boulversant sans aucun doute.
Très bon film, magnifiquement interprêté par l'actrice principale (les autres assurent aussi), et beaucoup de finesse et de sensibilité sans tomber dans la sensiblerie. Un magnifique moment.
je pense que le titre est sous évaluer compare à l effet que ce film peut procurer ! Veritable descente aux enfers autant le personnage que mon coeur ! jamais un film ne m as autant chambouler au cinéma ! je m y attendais pas ! une jeune de cite va essayer de vivre son reve: rassembler de la thune quitte a tomber dans des magouilles ! elle est lie d une amitié forte avec sa copine qui est en intro du film en version téléphone ! ce film regorge de trouvailles visuel , d un sens des sentiments humain profond ! mais il est aussi très violent dans ses images et sa beauté! il va conjuguer beauté et violence lors de séquences danses magnifiquement rythmes interpréter ! un bouleversement des corps et surtout cela apporte au film une sensibilité ! que je qualifierais de féminine car finalement ce film est un putain d hommages aux femmes , à leur douceurs , à tout ce qu elles représentent ! Ce film m a amener a une apothéose émotionnelle dans son dernier demie , entre subjugation et angoisse profondes ! un film d une beauté qui transpire et nous imprègnent ! un grand bravo aux trio d actrice , entre la black rigolote qui est le courant d air frais du film, la dealeuse avec ses tatouages , et surtout Doumia qui est le personnage central virulent du film ! qui impulse le film à des hauteurs inimaginables ! la réalisatrice réussit à nous bluffer lors de séquence complètement ahurissantes de creativite , la scène imagine de la Ferrari un grand moment de cinéma d émotions ce pourquoi je vais au cinéma le cinéma français fait plaisir ! ca fais du bien ( même si j ai souffert) de voir des films comme ce on se dis que la France à un grand potentiel ! une pépite ! le film français de l année ! et surtout une tuerie émotionnelle ( autant figure que propre )
après une scène d'ouverture grandiose pour devenir hôtesse d'accueil nous suivons le quotidien d'un petit groupe de filles dans les cités. les rencontres fortuites et les trafics en tout genre sont leur quotidien mais le film reste optimiste malgré tout et la violence n'est pas du tout omniprésente. un succès cannois amplement mérité. Oulaya Amamra est tout simplement magistrale.
Il paraît que les marocaines sont des sorcières, Houda Benyamina est donc sacré-ment marocaines, c'est même une magicienne et son film un divin envoûtement. Divines porte bien son nom, on est transporté dans un au-delà, par delà le bien et le mal. Le film n'est pas un film de banlieue mais un film sur notre société, sur la vie. On rit, on pleure, on se prosterne devant la magie de ce film. Les benjaminas et leurs complices sont épuisants de beauté. A voir absolument.
Quelle belle surprise ! Divine nous plonge au cœur d'une amitié profonde et sincère entre deux jeunes de cités Dounia et Maimouna. Bercées par des fantasmes de gloires et de richesses, elles empruntent ensemble le dangereux chemin des dealeuses de drogue. A priori un scénario classique, déjà vu et sans grand intérêt... Mais c'est réellement par la réalisation (et l'excellent jeu des comédiens ! ) que ce film se distingue. La réalisatrice, transforme chaque séquences en un spectacle grandiose, souvent décalé avec le "décorum" de la cité. Au début tout semble emprunt de poésie et de liberté ; mais le film bascule tout en finesse dans la violence et la dure loi du ghetto, tant et si bien qu'on se demande à quel moment la légèreté a prit le large. Houda Benyamina, pour son premier long métrage, nous offre un film d'une belle profondeur entre douceur, sensualité, violence et injustice qui, finalement, nous laisse un arrière gout doux-amer reflet d'une cruelle réalité.
Le cinéma français contemporain, d’Audiard (Dheepan) à Sciamma (Bandes de Filles), tente de construire un regard sur la banlieue. Il cherche à s’accaparer cet univers qui, pour beaucoup, à commencer pleinement à exister par la médiatisation des émeutes de 2005. La périphérie devient paradoxalement le centre (d’intérêt) par une volonté sociale d’un cinéma français soi-disant républicain, mais qui ne cherche finalement qu’à reproduire cet espace à « nettoyer au karcher » comme le disait Sarkozy. On renoue ici avec la tradition des Apaches du début du XXe siècle, cette catégorie sociale – faite d’habitants des faubourgs – inventée par la littérature et le cinéma pour menacer l’ordre bourgeois. La banlieue est présentée, dans la même logique de recherche du sensationnel que les chaînes d’informations continues, comme une « no go zone » où se rencontrent des destins cinématographiques empruntés à Scarface.
Divines d’Houda Benyamina semble pourtant cerner la banlieue dans son essence même en décidant d’ouvrir son film avec un générique présentant en fond des Snaps de Dounia (Oulaya Amamra, épatante) et Maimouna (Déborah Lukumuena, irrésistible). Par cela, la réalisatrice pénètre alors pleinement dans le « film de banlieue » en collant à la récurrence interactionnelle de l’amitié comme valeur absolue. Mais surtout, elle capte la force de représentation de cette jeunesse qui parvient à exister par les réseaux sociaux, vus comme accès démocratique à la production et à la diffusion d’images. Une façon de survivre, au même titre que la religion présente dans le film, dans un environnement en plein délitement. Le capitalisme a transformé le rêve urbain des Trente Glorieuses en un cauchemar que Benyamina saisit par sa caméra en se focalisant frontalement sur des tours en ruine et particulièrement en ponctuant ses plans de grilles de chantier – vestige d’une action étatique –. Dounia s’insère dans cet espace en survivance en se présentant derrière ces dernières ou en les caressant tel des barreaux de prison.
Divines présente également en sous-texte la faillite du rêve républicain : les institutions sont devenues les ennemies irréductibles des Banlieusards en participant à la création de cette marginalité précaire et ethnique. L’école ne s’incarne plus que dans son arrêt puisque Dounia la quitte, par choix, après une altercation avec une professeure de BEP Métiers de la Relation aux Clients et Usagers. La force de cette scène est de participer aux cris d’une génération dont l’Etat attend qu’elle se batte, avec entrain, pour atteindre uniquement le bas de l’échelle salariale. Ces jeunes veulent se battre non pas pour un SMIC, mais pour un ailleurs. Un ailleurs d’autant plus politique dans le film qui consiste à une sortie totale de la France – chacun rêvant de la Thaïlande –. Marianne perd sa dimension de patrie maternelle aux profits des phares du capitalisme. Benyamina comprend bien que la banlieue est surtout un microcosme mort d’imaginaires qu’il faut apprendre à reconstruire à l’instar de cette scène, la plus belle du film, où Dounia et Maimouna miment un trajet en Ferrari sur la côte thaïlandaise. Par leur fougue, elles prennent le contrôle de la caméra et de la bande son pour s’échapper d’un monde où le sable est du béton.
Un horizon qui paraît atteignable seulement, aux yeux de Dounia, par le cercle vicieux de drogue de la même manière que dans Bande de Filles de Sciamma – dont le film reprend clairement la trame –. Par ce choix, Houda Benyamina tombe dans le piège de la représentation de la banlieue comme exotisme morbide pour son spectateur. En effet, elle pousse ses faits à l’extrême pour tenter de trouver un sensationnel qui la distinguerait de ses prédécesseurs. Dans un souci misérabiliste, elle exile sa protagoniste – arabe – de la banlieue vers un camp de Roms pour filmer une misère plus forte médiatiquement, celle du tiers-monde. Divines veut également se présenter comme une œuvre féministe en mettant à l’écran un monde de femmes régenté par un slogan réussi, « T’as du clitoris » annoncé par Rebecca (Jisca Kalvanda), la caïd du quartier. Néanmoins, le vrai féministe aurait été de sortir pleinement des cadres de pensée masculins : ne pas créer un jugement sur cette mère enfantant une « bâtarde » ou encore ne pas voir dans la romance – et les codes éculés de la comédie romantique – la seule échappatoire d’une femme.
Cependant, le principal problème discursif de Divines est le besoin d’avoir recours à la « Grande Culture » pour légitimer son propos. En dehors de la place donnée de manière bancale à la danse contemporaine, c’est l’utilisation de la musique qui synthétise principalement cette nécessité de se rapprocher d’un regard extérieur pour englober le plus de spectateurs possible. Comme si ces derniers devaient être protégés d’une immersion totale. La scène avec Diamonds de Rihanna chez Sciamma était forte, car elle se plaçait au niveau de ses protagonistes pour écouter les idoles qui façonnent leurs imaginaires et rendent possible une sortie de la précarité. Benyamina donne l’impression que l’émotion devrait être uniformisée à la manière des classes supérieures. Elle ne laisse affleurer le sentiment que sous les sons d’instrument légitimes pensés par Mozart ou Vivaldi. La musique originale de Demusmaker ne déroge pas à la règle en proposant une transcription sonore à base de violons pour les moments tristes ou de guitares électriques pour les moments de rage. Divines réduit la musique urbaine – présente à travers Azealia Banks et le rappeur Siboy – à n’être qu’une musique de boîte de nuit.
Avec son premier long-métrage, Houda Benyamina montre ainsi un véritable potentiel cinématographique. Néanmoins, elle fait de la banlieue un Disneyland pour festivaliers. Elle en reproduit les archétypes médiatiques en se choisissant un réalisme trafiqué pour répondre à son besoin de sensationnel. Une position d’autant plus alarmante qu’elle provient, pour une fois, d’une voix interne de la culture urbaine.
Un premier film qui fait l’effet d’une petite claque et qui souffle un gros vent d’air frais sur le cinéma français en dépit de quelques scories. On pourra en effet trouver à redire sur le fond qui a tendance à verser un peu trop dans le misérabilisme social, un peu comme le « Precious » de Lee Daniels. Le portrait est très chargé pour le personnage principal et le film n’évite pas quelques clichés. Pareillement, on regrette que la banderole du féminisme pur et dur soit si fortement mise en avant quitte à froisser une échelle des valeurs ancestrale. Il n’est parfois pas nécessaire de ruer autant dans les brancards pour faire passer un message et Houda Benyamina n’y va pas de main morte en inversant la polarité des genres de manière excessive.
Si l’on fait l’impasse sur ces excès, souvent inhérents aux premiers films et encore plus lorsqu’ils portent un message, on se prend plus d’une heure et demie de cinéma fort en pleine tête, un cinéma engagé qui prend aux tripes. La réalisatrice aime ses personnages et les filme avec une énergie folle qu’on peine à trouver sur grand écran actuellement. La Caméra d’Or à Cannes est amplement méritée tant ses images virevoltent au diapason de ses héroïnes. Certains plans sont même empreints d’un certain lyrisme qu’on n’attendait pas ici. Un lyrisme épique lors d’une fin déchirante mettant en branle la cité et un lyrisme romantique lorsque Dounia rencontre un danseur qui la fascine (merveilleux Kevin Mischel). Leurs scènes en duo sont d’ailleurs envoûtantes et apaisent un peu la guérilla féminine qui se joue en parallèle.
Il y a quelques invraisemblances, certaines images sont un peu grandiloquentes et un peu trop inspirées mais, embarqués que nous sommes dans cette histoire, on suit « Divines » avec passion. Un film qui fait miroir à « Bande de filles » de Céline Sciamma en version encore plus enragée et qui nous rappelle au bon souvenir de « La Haine » au travers de quelques plans. Les actrices sont de surcroit exceptionnelles et Oulaya Amamra ne volerait pas un prix du meilleur espoir féminin aux prochains Césars. Ce film c’est beaucoup : c’est l’histoire d’une fille qui veut s’en sortir, d’une fille qui n’a pas eu de chance dans la vie, un récit d’apprentissage autant qu’une belle histoire d’amitié et d’un début d’histoire d’amour. La conclusion est cinglante et le film imprègne la rétine durablement car il parvient à émouvoir tout autant qu’à révolter avec une sincérité et une énergie folle.
Complètement chamboulé par ce chef d'œuvre. Les personnages sont touchants, la réalisation soignée. Et le parcours de cette jeunesse en perdition semble plus vrai que nature. Bouleversant.
Invité en avant première avec l'équipe du film Film excellent. Cataloguer ce film comme un film de banlieue aurait autant de sens que de cataloguer ET comme un film sur les extra terrestres ou South of africa sur un film sur la nature. L'idée de mettre des femmes comme héroïnes permet de casser cette image et de dépasser les genres. Excellemment joué, bien cadré, lumière, scénario. Une montée en puissance avec une fin qui donne une nouvelle dimension au film. 2 M€ seulement de budget mais cela ne souffre pas à l'image. Aussi l'idée du dealeur homme plus âgé me paraît une bonne idée au final car cela permet la confrontation au monde des puissants. On le retrouve avec plaisir après l'excellent film "le prodige" Encore bravo pour la caméra d'or et désolé de ne pas avoir écouté le discours lors de la remise (cf question du premier rang). Bien aussi de ne pas trop intervenir sur la scène politique car les artistes se suffisent à mon avis à travers leurs œuvres.
Sans intérêt quelconque. Quand est-ce que le film de Banlieue sortira vraiment des chemins balisés pour exprimer une voie plus singulière comme La Haine avait pu le faire à l'époque? Ce ne sera pas avec Divines vraisemblablement...
si je ne suis pas toujours d'accord avec les prix attribués a cannes, il en va pas de même avec celui çi. Car beaucoup de punch et de sincérité ! en plus d'une histoire attachante entre deux petites nanas d'une banlieue difficile qui essayent de s'en sortir par tous les moyens, il y a surtout une profonde connaissance de la part de la realisatrice des milieus voyous et des codes pour "reussir"...beaucoup d'energies ( pas toujours positives malheureusement ), qui contrairement a d'autres pitreries françaises du moment a le merite de ne pas laisser indifferent !
Réalisé par Houda Benyamina, Divines se place ni plus ni moins comme l’un des films français de l’année. Puissant et plein d’espoir.
Caméra d’or lors du dernier Festival de Cannes, Divines – premier long-métrage de Houda Benyamina – est la vraie sensation de cette fin août. Une plongée fascinante dans le trafic de cité en compagnie de deux jeunes filles qui ont des rêves plein les yeux. Après un été très riche niveau sorties, la rentrée commence très bien.
Caméra d’Or du dernier Festival de Cannes
Au printemps dernier lors de la cérémonie de clôture du 69e Festival de Cannes, Divines avait créé le buzz grâce aux propos de la réalisatrice à la remise de la Caméra d’Or. Au moment de son discours de remerciement, Houda Benyamina avait prononcé « T’as du clito ». Une des répliques du film balancée au plein milieu d’une allocution militant pour une plus grande place des femmes dans le monde du cinéma.
Mais heureusement, Divines va bien au-delà de cette phrase. Autodidacte, la réalisatrice a voulu aller beaucoup plus loin que le simple film de banlieue qu’on peut voir habituellement. Divines, c’est le qualificatif qu’on donne haut à la main aux deux personnages principaux. Dounia et son amie Mamounia vivent au cœur d’un ghetto où règne trafic en tout genre. Désireuses d’une autre vie faite de réussite et de pouvoir, elles vont se lancer dans le business de stupéfiants en bossant pour la dealer du coin Rebecca. Leur objectifs est simple : « Money Money, Money », un rêve très capitaliste, mais qui ouvre les portes d’un Nouveau Monde.
Who run the world?
Interprété par l’excellente Oulaya Amara (César du meilleur espoir féminin direct pour elle en 2017), le personnage de Dounia est froid, avide, mais plein d’espoirs et d’abnégations. Celui de voir un changement dans notre société et la fin d’une injustice. Elle est le reflet de cette génération battante qui évolue très vite. Magnifique dans ce rôle, Oulaya Amara est une actrice qu’on reverra très rapidement.
Divines est par ailleurs un film profondément féministe. La réalisatrice a voulu ici montrer que la femme n’est pas une victime par nature, mais une battante capable de gérer aussi bien et même mieux qu’un homme un business de drogues. On voit à travers Dounia notamment la volonté de faire bouger les choses. De ce point de vue, Divines prolonge ce qu’on a pu apercevoir dans des films comme Mustang sorti l’an dernier.
Outre son écriture magistrale, Houda Benyamina est une metteur scène qui a déjà tout d’une très grande. Divines est un concentré de moments très forts. On ne compte donc plus les scènes puissantes, mais on retient par exemple celle où Dounia et Mamounia imaginent leur vie de rêve faite de fortune, de beaux mecs et de décapotables. Un plan séquence très inventif et mémorable.
Divines se place définitivement comme la très grosse claque de la rentrée. Plus qu’un simple film de banlieue, ce long-métrage est celui du changement. Prenant en considération les émeutes de 2005, Divines peut-être largement comparé à La Haine. Le film de Mathieu Kassovitz a trouvé en Divines son successeur.