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Newstrum
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4,0
Publiée le 21 octobre 2016
La messe est finie (1985) de Nanni Moretti raconte l’histoire d’un prêtre qui traverse une crise existentielle. Cinéaste du doute, Moretti y décrit la confrontation entre les idéaux et la réalité, confrontation qui est récurrente dans son oeuvre. Un film fort et émouvant, peut-être le plus beau de la filmographie de Moretti. La critique complète sur mon blog :
Un film au montage brouillon dénonçant une église engoncée dans ses principes fondamentaux et totalement impuissante à s’adapter à l’évolution du monde moderne, et en particulier à l’avortement.
Un jeune prêtre convaincu de sa foi catholique est confronté à la déliquescence des règles religieuses de retour dans son village natal où il vient d’être muté, jusque dans les membres les plus intimes de sa famille. Prêtre démissionnaire séduit par l’amour d’une famille, adultère romantique, avortement salvateur, délinquance compréhensible, épanouissement des mœurs et du sexe, secours par la psychologie, adoption poignante d’enfant illégitime, isolement spirituel, à part quelques enfants et désœuvrés qui se convainquent hypocritement d’embrasser la religion, tout dans cette société clame sa soif de progrès, de liberté, de nouveauté et de joie, et semble contredire légitimement les dogmes religieux, quand ceux-ci ne sont pas eux-mêmes responsables de leur propre fin. Cette comédie dramatique nous livre l’agonie logique et désolée de mœurs périmées et la déstabilisation vécue du point de vue d’un ecclésiastique bon et sincère. Le mélange de joie et de malaise paradoxaux constitue la singularité de cet intéressant vaudeville spirituel.
Le jeune prètre tente vainement d'apporter aux gens qui l'entourent de l'aide pour surmonter les difficultés de leur vie quotidienne. Il montre ainsi le décalage grandissant entre la religion et la vie moderne. On retrouvera un style similaire dans Palombella Rossa, lorsque Nanni Moretti s'interessera à la politique. La touche personnelle de l'auteur, bien connue désormais, consiste à poser des questions existentielles sur le ton léger de l'humour et de la dérision.
"La Messe est finie" est le cinquième long-métrage de Nanni Moretti et à mes yeux le premier à s’inscrire dans une certaine maturité tant esthétiquement que par sa mise en scène. “Bianca”, réalisé deux ans auparavant, n’avait bien sûr rien d’un film de fin d’études, mais là, Moretti passe à autre chose. Et puis c’est le premier (et le seul) film où Nanni joue ... un rôle de composition. Nanni ne fait pas du Nanni mais il incarne un prêtre. Lors de ma courte conversation que j’eus avaec lui à la Cinémathèque, il me demanda si comme lui j’étais communiste et supporter de la Roma ...Là notre prêtre joue un peu au football certes mais il tombe vite au sol déjà dépassé par les enfants ... et il est moins drôle que dans “Bianca”. Plus désabusé que jamais et à bout de croyances spirituelles, l’être humain ne lui apporte que déception sur déception et il n’arrive plus à aimer ceux qu’il aime. Nanni, en même temps que sa qualité de metteur en scène (meneur de jeu) à un visage pourvoyeur d’émotions fulgurantes et inattendues. A découvrir absolument.
Nanni Moretti réalise un film sur l'église. Ce n'est pas la première fois qu'il s'attaque a ce genre de film. Ce film se laisse voire mais c'est un peu long par moment. La réalisation est assez classique, peu de trouvaille. Le film est bon mais on l'oubliera assez vite. C'est pas du Robert Bresson ou du bergmann...