Jeune femme, Caméra d'Or à Cannes, le portrait d'une femme abandonnée par son copain dans une ville trop hostile "qui n'aime pas les gens". Le film suit le parcours de la protagoniste d'un coin à l'autre de Paris quand elle essaye de trouver un toit et un travail. Un pitch conventionnel, peut-être, par contre, qui nous permet d'admirer la composition de ce personnage fascinant, centre du film et d'une réalisation si fraîche comme pleine de vitalité.
Le film commence avec une crise de nerfs de la femme, qui se cogne contre une porte. À l'hôpital, pleine de colère, agresse le personnel sanitaire. Laetitia Dosch libère tout son jeu expressif et Serraille suit tous ses mouvements exagérés avec sa caméra, comme une dance entre la réalisatrice et sa muse. L’instabilité du personnage est montrée dès le début pour nous rappeler que Paula n'est qu'une bombe qui pourrait éclater à n'importe quel moment.
Elle doit commencer à zéro. Après un séjour au Mexique pour se retrouver à soi-même, une fois récupérée de ses chagrins, théoriquement, la première chose qui lui arrive à Paris c'est la destruction de son monde. Pas d'appart, pas d'argent, pas d'homme. Cet homme qui la sous-estime mais qui sert comme protection et confort.
Elle est seule et elle doit tout recomposer pour s'en sortir. La frustration des échecs qui se suivent lui donneront la force pour ne pas se rendre. Un hôtel pouilleux, une chambre de bonne, un taf de nounou, un boulot de vendeuse... Des coups qui n'abattent pas notre héroïne, mais au contraire, qui lui font sortir gagnante des adversités, comme sa cicatrice sur le front, qui disparaît petit à petit jusqu'au dernier plan du film. Une fenêtre s'ouvre et la fille aux yeux bicolores regarde au loin, au passée trouble avec un œil, au futur incertain avec un autre.
Une femme qui n'est pas faite pour le cadre qu'on lui impose. Une femme qui met la caméra sous son influence, qui dance suivant avec ses mouvements chaotiques, mais avec une harmonie propre. Une femme avec des soucis réels, qui montre une jeunesse angoissé par l'impossibilité d'un plan de futur et qui voit la vie passer sans rien pouvoir faire, car "trente et un ans c'est presque quarante".
////////////// Encore plus de fautes et d'erreurs sur hommecinema.blogspot.fr