Sans artifice, sans voix off ni interview face caméra, "Ni juge, ni soumise" est de ces documentaires qui font le choix de saisir des instants, n’utilisant que le montage pour appuyer le propos. On a ici le portrait d’une femme forte affrontant des situations ubuesques ou terrifiantes sans jamais perdre la face.
Vision d'un professionnel de la justice : en effet, ce n'est pas du cinéma, c'est bien pire, comme dit le résumé. Déjà qu'une après-midi en comparution immédiate vaut largement une séance de ciné. Alors les dossiers d'instruction, même le plus talentueux des scénaristes est loin d'imaginer ce qui s'y passe ... Madame la Juge est totalement politiquement incorrecte mais demeure humaine et parfaitement dans son positionnement. C'est qu'il en faut, de la dérision, de l'humour et de la fermeté pour supporter / diriger toutes ces enquêtes criminelles pendant des années et des années. Le format "strip-tease" est parfaitement adapté pour laisser libre-cours à la magistrate. J'ai éclaté d'un rire mâtiné de gêne à plusieurs reprises, au diapason de la salle. Ces scènes surréalistes me rappelaient mes dossiers... En regardant les déambulations de cette magistrate, on ne peut s'empêcher de se dire que quand même, ce n'est pas si simple de rendre la justice, et qu'on est bien loin des "y a qu'à faut qu'on"...
Adapté de la célèbre émission de télévision belge "Strip Tease", Ni juge, ni soumise (2017) reprend le même procédé que celui de son aîné, les réalisateurs s’effacent au profit des protagonistes et pas n’importe lesquels puisque l’on fait la connaissance de la juge Anne Gruwez, une habituée de "Strip Tease" puisqu’elle y était déjà apparue en 2008 dans l’épisode "Le Flic, la Juge et l'Assassin" ainsi qu’en 2012 dans "Madame la juge".
Un format long qui lui est entièrement consacré et à travers lequel on la découvre en pleine instruction de dossiers criminels ou délictuels. On y découvre notamment l’affaire d’un cold case vieux de 20ans où deux prostituées ont été assassinées, une mère de famille accusée d’infanticide et qui délivre un discours particulièrement glaçant (elle a poignardé son fils parce qu’il était Satan), on y découvre aussi une famille de consanguins, un mari qui bat sa femme ou encore l'exhumation d'un corps pour le bien d’une enquête. Divers sujets et divers protagonistes qui ont tous pour point commun de croiser la juge Anne Gruwez, devant faire face à son flaire, son bagou et cette incroyable carapace qu’elle s’est forgée avec le temps pour face à toutes ces horreurs du quotidien (voleurs, menteurs, violeurs, meurtriers, …).
Anne Gruwez a été filmée pendant 3 ans, durant lesquels elle a laissé les réalisateurs filmer tout sans la moindre retenue (du moins, c’est ce qu’il en ressort). Cette juge d'instruction à Bruxelles ne laisse clairement pas indifférent, elle a du charisme et ne se laisse pas impressionner ou marche dessus. En renvoyant coup pour coup, elle n’y va pas avec des pincettes et à un franc parlé.
Il en résulte un documentaire passionnant, digne de Raymond Depardon (Délits flagrants - 1994). Entre la paperasse, les auditions et les investigations, on ne voit clairement pas le temps passer, surtout avec une telle galerie de personnages.
Immersion dans le cabinet de la juge d'instruction Anne Gruwez qui joue son propre rôle. Elle est atypique, non dénuée d'humour et déterminée… et c'est passionnant. Deux réflexions : certains ont parlé de racisme, c'est quoi cette manie qu'ont certains de crier au racisme dès qu'un immigré est en difficulté pénale, c'est du même niveau que l'arabe à qui je reprochais de poser ses pieds sur la banquette du train et qui n'a trouvé comme défense que de me traiter de raciste ! Le film a aussi le courage de nous parler spoiler: des dérives du multiculturalisme. Il y a plusieurs réflexions intelligentes et à contre- courant de la pensée unique énoncées par la juge sur les prostituées bruxelloises, (ça nous change des abolitionistes psychorigides) Et puis il y a cette dernière scène surréaliste (judicieusement choisie) qui nous montre jusque dans quel délire peuvent nous amener les religions, car non ce n'est pas juste l'invention d'une foldingue, lisez la Bible (Genèse 22 / 1 / 14 le sacrifice d'Isaac.)
Un portrait de femme doublé d'une passionnante (et parfois terrifiante) plongée dans la vie d'une juge, on l'on découvre son quotidien. Très intéressant.
Un documentaire à la fois excellent et glaçant. Une juge sans barrières qui met les mots où il faut et une immersion dans une partie de son quotidien que je n'envie pas. En face, une partie de notre société sans retour possible et souvent au propos déconcertants. Bien triste ... 4/5 !!!
Coup de cœur pour ce film qui s'appuie sur des faits réels. Il y a de tout, de la gravité, de la légèreté et beaucoup de drôlerie. Le plus impressionnant, c'est l'adaptation de ce juge à des situations très variées et ce sens de l'humain vraiment exceptionnel. Face à la mère infanticide, elle écoute et prend note sans porter de jugement, face au mari violent qui invoque sa culture turque pour se justifier, elle lui rappelle qu'il a choisi d'être belge, face au jeune voleur djihadiste, elle est ferme et distante. Je n'ai pas vu le temps passer et j'aurais volontiers suivi ce juge dans une série tellement il y a de contenu passionnant avec chaque cas.
Cette juge est étonnante, son franc parler son humanité ainsi que son humour pourtant quelques fois dans des situations dramatiques rendent ce documentaire captivant
Premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi la juge Anne Gruwez en Belgique.. Personnalité très dérangeante. Ses propos qui peuvent être considérés comme racistes ou machistes sont consternants. Cependant on ne peut pas lui ôter son abnégation pour aller jusqu'au bout d'une enquête. Par contre la narration typique à StripTease est toujours aussi forte.
Si je devais décrire ce que c'est que d'être la dernière d'écho-nasse (réflexion du son répercuté dans un panier de pêche oblong), je choisirais le personnage de Ni juge, ni soumise. Ce reportage nous montre à quel point elle est bête, méchante, raciste, perverse, lubrique, despotique, bureaucrate, désagréable. C'est la parfaite personnification de la bassesse humaine. Un trésor pour les policiers racistes. Je trouve scandaleux qu'on mette en scène une abjection pareille. J'espère vivement que cela se retournera contre elle. À vomir.
Un documentaire qui ne triche pas ! Hilarant par moment et glaçant à d'autres. Madame le juge est un vrai personnage ! Quand le réel dépasse la fiction !
Striptease a encore frappé et perso ça me manquait. Dans ce docu de société on passe par toutes les émotions. On fait face avec cette incroyable Juge d'Instruction à des affaires criminelles et délictuelles plus ou moins incroyables. Entre les prostituées , les infanticides et les meutres , il y en a pour tous les goûts. Cette femme se tient toujours droite , tantôt froide , tantôt chaleureuse, mais toujours son grain de folie et son serieux dominent. Ce que j'ai préféré : la voir recadrer des sales types communautaires... c'est une sensation qui hélas, est devenu rarissime dans notre Europe laxiste et masochiste. Elle, droite dans ses bottes, la justice de son côté, écrase la bien-pensance, c'est jubilatoire surtout quand l'on se sent muselé par les donneurs de leçons.
Cette Dame tant originale que ferme, est une véritable " Dolores Ombrage " de la justice Belge. Elle ne peut laisser personne indifférent dans ce documentaire.
Je viens de voir le teaser sur netflix... et je n'ai qu'une seule réaction... C'est quoi ce cirque ? Un docu, ca m'étonnerait un peu... beaucoup. Disons qu'ils ont sans doute reproduit des scènes vécues avec le réalisme et le professionnalisme d'un gamin de maternelle déclamant du hamlet... sans que là, c'est du hamlet de banlieue... Comme quoi, on peut être une bonne juge (si elle l'est, je l'ignore) et être sans doute l'une des pires actrices francophones. Festival international du film de Saint-Sébastien 2017 : prix de la meilleure actrice (mention spéciale) pour Anne Gruwez... MDR puisssance 1000 ! Bref, autant dans le teaser, le docu-fiction-réalité-film qu'avec ce prix, c'est le niveau zéro.
La vie d'une juge, la vraie, sans fard, incarnée par une femme dont les oreilles ont tout entendu, les yeux tout vu, et les doigts tout tapé au rythme des auditions et des récits glaçants qu'elle orchestre dans son bureau où s'empilent les vies brisées.